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Les agriculteurs

Ecrit le 19 novembre 2003

 L’avenir des agriculteurs

Si de nombreux agriculteurs ont été reçus par Hervé Gaymard, Ministre de l’Agriculture, la Confédération Paysanne, elle, n’a été reçue que brièvement en gare de Nantes. Ce syndicat est pourtant majoritaire en Loire-Atlantique.

Au cours d’une conférence de presse, le Président départemental (Patrick Baron, Rougé) entouré de trois autres responsables (Pierre Brosseau-Mesquer, René Ferré-Plessé et Joseph Pelé-Guenrouët), producteurs de lait et de porcs, ont expliqué leurs revendications et les points de vue qu’ils ont présentés au ministre.

Protection sociale, retraites, lait, porcs, sont les principaux points abordés : les dossiers sont techniques et compliqués . (La Mée traitera à part la question du porc)

 Protection sociale : 39 % maxi

Selon la Confédération Paysanne, « Il y a eu trois grandes avancées en matière de protection sociale des agriculteurs avec :
– la couverture accident obligatoire,
– la retraite complémentaire obligatoire
– et pour demain, la mensualisation des retraites.
en plus de la cotisation de base (33 % du revenu) qui couvre le risque maladie, le veuvage, et la retraite.

Mais ... le risque « accident » est couvert par une cotisation égale pour tous (environ 450 € par exploitation).... et .....

La retraite complémentaire obligatoire est couverte par une cotisation minimale pour tous (2,97 % du revenu de base, avec un minimum de 450 € par exploitation).

« Ces deux cotisations font apparaître une très grande injustice puisqu’elles ne sont pas proportionnelles aux revenus des agriculteurs. Ainsi on peut constater des niveaux de contribution allant de 39 % jusqu’à 45 %, 50 % voire plus du revenu, selon les situations financières des agriculteurs. Bien évidemment, ce sont les plus petits revenus qui vont cotiser le plus. Ceci n’est pas acceptable »

La Confédération Paysanne demande au ministère de bloquer les cotisations à 39 %, la part supérieure étant prise en charge par l’Etat. « Ou alors, nous voulons des prix de vente de nos produits, plus rémunérateurs ».

 Retraites


 10 ans = 11 ans

Jusqu’à maintenant, les agriculteurs devaient avoir 37,5 années de cotisation pour percevoir leur retraite. Ils sont passés à 40 ans comme tout le monde. « Et à 41 ans ? 42 ans dans les années à venir ? ».

« A plusieurs reprises, le Président de la République a montré sa volonté de voir prendre en considération les notions d’astreinte, par exemple pour les professions qui doivent prendre des gardes. Nous pensons que cette notion d’astreinte s’applique pleinement à la profession agricole, spécialement pour les éleveurs de bovins, ovins, volailles, etc.. En conséquence, lors de la rédaction des décrets d’application, nous demandons de valider chaque année cotisée, en tant qu’agriculteur, à un taux d’équivalence de 1,1 ». Par exemple, 10 ans dans l’agriculture équivaudraient à 11 ans de cotisation - « Cette petite reconnaissance sociale peut être un élément positif pour que des jeunes choisissent notre profession. »

 Réforme de la PAC

La Confédération Paysanne de Loire-Atlantique a examiné le texte de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) et il a été question du « découplage » des subventions apportées aux agriculteurs (relire La Mée de la semaine dernière).

« Certains peuvent décaler leur départ en retraite, ce qui empêchera l’installation de jeunes. D’autre part le système peut octroyer une survaleur à certaines exploitations mieux dotées en « références historiques », ce qui rendra plus onéreuse la transmission des exploitations »

« Enfin, l’accord PAC met l’accent sur les conditions de travail, le respect de l’environnement et du bien-être animal, ce qui peut accélérer la sélection par la technologie et la surenchère à la qualité et donc la concentration des moyens de production » c’est-à-dire la disparition des petites exploitations. « Avec la réforme de la PAC, on nous amène, d’ici 2013, à une libéralisation totale !. Les technocrates européens ont joué sur la pyramide des âges pour faciliter une forte restructuration »

C’est pourquoi la Confédération Paysanne de Loire-Atlantique demande :
– de préciser rapidement la nouvelle PAC (en particulier comment se fera le découplage)
– de favoriser l’installation de jeunes
– de gommer les injustices sur l’octroi des aides (actuellement 80 % des aides vont à 20 % des agriculteurs, il faudrait donc mieux répartir entre les agriculteurs, sur le territoire national)
– d’assurer une juste répartition des droits à produire et des producteurs sur le territoire.

La Confédération paysanne demande aussi d’encourager la production de protéines au niveau européen (où nous sommes très dépendants de l’importation)

... et aussi de mieux répartir la valeur ajoutée entre les acteurs des filières : « quand montent les prix des produits agricoles, lors de la vente au consommateur, ce ne sont pas les agriculteurs qui en profitent !. Nous demandons un contrôle des marges des distributeurs ».

 Production laitière

Le prix du lait payé aux producteurs est en diminution constante . Il est, en 2003 , inférieur à ce qu’il était en 1989 !

Les baisses du prix du lait sont répétées : moins 15 euros pour 1 000 litres en 2002, (soit, pour une production moyenne de 230 000 litres par an, une baisse de 3450 euros soit 1800 F par mois). La baisse est de 7 euros supplémentaire pour 1 000 Litres pour le premier semestre 2003, et cela va continuer.

Cette forte dégradation des prix a de lourdes conséquences sur le revenu des producteurs de lait. Leurs charges opérationnelles ont augmenté, et ils doivent ou devront faire face à des investissements lourds pour les mises aux normes environnementales.

Or la profession laitière est soumise à des quotas, c’est à dire à une production maximum. Elle devrait donc être bien maîtrisée. Mais en réalité le quota européen est plus important que la demande : les centrales d’achat jouent là-dessus pour faire baisser le prix payé à l’agriculteur.

Par ailleurs la Commission Européenne veut augmenter le quota européen, elle montre ainsi sa réelle intention de prendre les moyens de faire baisser le prix du lait. (baisse qui se répercute sur les agriculteurs mais pas sur les consommateurs).

 Ministre et popolitique

C’est tout cela que la Confédération Paysanne est allée expliquer au Ministre de l’agriculture. Mais celui-ci venait surtout pour faire de la politique, soutenir la candidature de Jacques Lemaître à Rougé. Alors, les problèmes des agriculteurs, leurs propositions .... Bof !

Conclusion : selon Patrick Baron « les agriculteurs, en cet automne 2003, sont KO debout. Les négociations sont difficiles au niveau de l’organisation mondiale du commerce. La situation est alarmante, au point que très peu de productions ont des perspectives d’avenir, ce qui explique le manque de réactions et de manifestations des agriculteurs ».

BP