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Mée-disances du 2 mai 2018

Ecrit le 2 mai 2018

 Rémunération gelée

Les Echos.fr du 27/04 : En 2014, le patron de GoPro Nick Woodman avait le sourire. Sa société, tout juste cotée à New York, enflammait les marchés et lui permettait de devenir le PDG américain le mieux payé avec une rémunération annuelle de 285 millions de dollars (236 millions d’€).

Quatre ans plus tard, le jeune patron du groupe, dont le cours a chuté de plus de 90 % en Bourse, a vu ses revenus s’effondrer. Il est même devenu l’un des patrons américains les moins bien payés.

Nick Woodman s’était engagé en janvier, après les annonces des mauvais résultats et des suppressions de postes, à limiter son salaire à « un dollar » sur l’année 2018. Mais il n’avait pas renoncé à toute forme de rémunération, comme les primes versées au titre de l’année précédente. Son idée était alors d’envoyer un signal au marché... tout en espérant toucher une prime de plus d’un million de dollars au titre de 2017.

Mais c’était sans compter sans le conseil d’administration de GoPro :«  Le comité de rémunération et de leadership n’a pas jugé la performance globale satisfaisante et n’a pas approuvé le versement d’une prime de 1,2 million de dollars à Monsieur Woodman  ».

Pour ne rien arranger, le jeune patron de GoPro n’a pas non plus reçu d’actions gratuites au titre de 2017, selon le rapport qui explique que «  les intérêts de Monsieur Woodman doivent rester bien alignés sur ceux de nos actionnaires  ».

 La leçon de Blanquer

L’Obs du 26/04 : Pour enrayer la baisse du niveau en lecture et en calcul, un manuel est distribué aux professeurs. Mais la pilule passe mal. Une dictée tous les jours, 15 minutes de calcul mental et d’écriture quotidiennes, des comptines pour apprendre à compter, le b.a.-ba avant tout, des manuels plutôt que des photocopies et des cahiers à réglures... Le livret sur « l’apprentissage de la lecture au CP » envoyé aux maîtres et maîtresses par le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer les fait vivement réagir.
 
Des syndicats dénoncent un « pur exercice de communication » qui « veut faire croire qu’on a enfin en France le bon ministre avec la bonne méthode et le bon manuel » alors qu’il « correspond grosso modo à ce que le maître fait déjà en mieux ». D’aucuns y voient aussi une atteinte à leur liberté pédagogique au sein de leur classe, et une démarche infantilisante. 
 
Pour Aliette, 36 ans, enseignante en REP+ dans le quartier de la Joliette de Marseille, il n’y a rien de nouveau dans ces recommandations. « Toutes ces méthodes sont dans le programme depuis très longtemps mais sont laissées au libre choix de l’enseignant. Ce que je comprends dans cette manœuvre, c’est une volonté de la part du gouvernement, d’uniformiser une pédagogie. »
 
Quant au reste des « fondamentaux », calcul mental, tables d’addition, écriture, copie... Elsa les applique déjà, sous forme ludique, à tous ses élèves. Conclusion : ces recommandations ne sont, selon elle, « qu’un coup d’épée dans l’eau ».

« Il y a quelque chose de condescendant et de méprisant » dans les déclarations de Jean-Michel Blanquer : «  La liberté pédagogique n’est pas de l’anarchisme  ». Comme si la liberté d’enseignement était synonyme de fainéantise et de bordel. C’est déplaisant et c’est inutile…

 Scandales de pédophilie

LeMonde.fr du 25/04 : En Colombie, le couvercle tient bien. Les scandales de prêtres pédophiles font peu de bruit. «  La diffusion de mon reportage radio sur la situation au sein de l’Eglise de Medellin a suscité, dans une partie de l’opinion publique, une réelle indignation… dirigée contre moi, le journaliste, pas contre les curés pédophiles », raconte Juan Pablo Barrientos.

Son reportage intitulé «  Laissez venir à moi les petits enfants  » se penche sur le cas de 17 prêtres accusés d’abus sexuel dans le diocèse de Medellin. Sur les réseaux sociaux, le journaliste se fait traiter de « menteur » et de « pédé ». A Bogota, une trentaine de croyants s’enchaînent même au pied des studios de la radio W en signe de protestation. Originaire de Medellin, M. Barrientos, qui a passé deux ans au séminaire, a gardé au sein de l’Eglise des amis et des contacts : « Une mine précieuse d’informations. » Il a mené enquête sur 34 prêtres mais n’a publié que les dossiers les plus solides.

Le père Mario Castrillon a été condamné en 2009 à cent mois de prison pour abus sexuel sur mineurs de moins de 14 ans. Sa peine a été confirmée par la Cour suprême. Mario Castrillon est le seul prêtre du diocèse jamais condamné par la justice civile. Mais la justice canonique, elle, ne l’a pas incriminé. Sorti de prison, il a donc repris du service. Il exerce aujourd’hui ses fonctions dans la prestigieuse clinique d’El Rosario à Medellin.

« L’Eglise colombienne est prête à tout pour étouffer les scandales. Elle fait preu-ve d’une tolérance indigne, voire coupable, envers les prêtres accusés de pédophilie. Elle se croit au-dessus des lois », s’indigne Me Elmer Montana. Avocat à Cali, il a défendu la cause de quatre enfants violés par le père William Mazo. Le coupable a été condamné à trente-trois ans de prison mais l’Église refuse d’accorder une réparation aux victimes. Pour se défendre, l’archevêque de Cali évoque la culpabilité des parents qui ont fait preuve de « conduite négligente puisqu’ils n’ont pas protégé leurs enfants  » et qui leur ont inculqué « une mauvaise éducation et des habitudes vicieuses ».

Selon les évêques, il n’appartient pas à l’Église de dénoncer les cas de pédophilie dont elle aurait connaissance en son sein, mais aux victimes. Bien peu osent encore le faire.

Depuis la diffusion de l’émission, Juan Pablo Barrientos a reçu soixante quatre courriels d’auditeurs qui sont dans ce cas. Selon Me Montana, une association des victimes de prêtres devrait bientôt voir le jour.

 L’égalité en héritage

Le Canard enchaîné du 25/04 : près de 2000 personnes, des femmes en grande majorité, ont défilé le 10 mars à Tunis, pour réclamer l’égalité des sexes en matière d’héritage.

Comme dans d’autres pays musulmans, la femme tunisienne n’a droit, en effet, qu’à une demi-part successorale. « Au garçon, la part de deux filles », commande ainsi le Coran. Une disposition «  sacrée » que la Commission des libertés individuelles et de l’égalité, en Tunisie, pourrait remettre en question.

Ce séisme législatif est dénoncé comme une hérésie par les conservateurs et pourrait, ainsi que l’écrit le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud, constituer «  la plus grosse révolution juridique dans le monde dit arabe depuis des siècles  ».

Car, comme le rappelle le vice-président du Conseil français du culte musulman, « les versets du Coran, révélation divine, s’ils peuvent être interprétés, ne peuvent être abrogés  ». Et sont donc défendus par des traditionalistes qui jonglent entre legs testamentaires (wasyya), héritage transmis par la loi (warth) et donation de son vivant (atyya) pour dire que l’héritage coranique est égalitaire, car l’homme a payé la dot et prend en charge le foyer.

En juin, la Commission des libertés individuelles et de l’égalité dira si oui ou non une famille tunisienne peut équitablement répartir son héritage entre filles et fils. Comme l’écrit Kamel Daoud, il s’agirait alors de « sortir le Coran du législatif pour le reléguer à l’intime  ».

Et de célébrer un vrai printemps arabe...