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Les agriculteurs et le développement durable

Ecrit le 10 décembre 2003

Agriculture et développement durable

La Chambre d’Agriculture (maison de Châteaubriant), dont les activités s’étendent sur les 6 cantons de Châteaubriant, Rougé, St Julien de Vouvantes, Moisdon, Derval, Nozay, a tenu son assemblée générale le 1er décembre 2003 avec une nombreuse assistance. Cette structure est originale puisqu’y travaillent :
– 19 professionnels (agriculteurs) élus par leurs pairs
– 14 techniciens

Le rythme des réunions est soutenu : un bureau tous les mois, sans compter les nombreuses réunions de groupes. Isolés sur leurs exploitations, les agriculteurs sont conscients de la nécessité de réfléchir et d’agir en commun pour accompagner les projets de développement local et le devenir des entreprises agricoles. C’est ainsi que 25 groupes ont travaillé autour des CTE (contrat territorial d’exploitation), de l’adaptation des systèmes d’élevage, de la transmission des exploitations, des plans de fumure, etc. Deux types d’actions ont concerné plus particulièrement les agricultrices et les jeunes agriculteurs installés ou potentiels.

Les objectifs de 2003 étaient :
– maintenir le potentiel d’actifs agricoles et la compétitivité des exploitations
– réconcilier agriculture, environnement, espace rural

« Nous ne voulons plus entendre parler d’agriculteur-pollueur, alors que nos efforts portent sur la mise aux normes des bâtiments d’élevage » a-t-il été dit. De fait 901 agriculteurs sur 1200 se sont inscrits dans le PMPOA 2 (programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole) (les autres étant pratiquement tous aux normes)

Pour les agriculteurs, il s’agit de respecter l’environnement, tout en vivant correctement de leur travail, et en prenant part aux activités de leur région.

Deux fois plus de départs
que d’installations

« Nous sommes inquiets, dit Marie Noëlle Orain, présidente de la maison régionale de l’agriculture : dans les 10 ans à venir, 40 % des agriculteurs vont cesser leur activité et la relève des jeunes est insuffisante ».

Une étude précise a été menée sur le canton de Châteaubriant qui compte peu d’agriculteurs :

sur 248 chefs d’exploitation, 63 exercent à temps plein et ont plus de 50 ans. Dans 10 ans environ ils cesseront leur activité. Mais 50 d’entre eux n’ont pas de successeur en vue.

Il faudrait donc envisager, sur le seul canton de Châteaubriant, une cinquantaine de nouvelles installations.

Mais la moyenne annuelle des installations tourne autour de 32, pour les 6 cantons du Nord de la Loire-Atlantique : on est donc loin du compte. « Nous estimons qu’à partir de 2006 il va y avoir deux fois plus de départs que d’installations » a dit Patrick Morael, directeur de la Maison Régionale de l’agriculture.

« Dans le cas d’exploitants qui n’ont pas de successeur, l’exploitation est généralement démantelée, soit pour agrandir les exploitations voisines, soit, dans le meilleur des cas, pour recomposer d’autres exploitations viables. Mais dans tous les cas, il y a disparition d’actifs agricoles, avec tout ce que cela entraîne comme diminution des services agricoles (salariés de CUMA, service de remplacement) et de services dans les bourgs : commerces, écoles, etc. Notre objectif est donc le maintien des actifs agricoles, c’est pourquoi nous menons, auprès des jeunes, des journées d’information, sur les métiers de l’agriculture ».

« L’enjeu démographique est très fort, nous souhaitons faire prendre conscience aux agriculteurs, et aux collectivités locales, de l’importance des transmissions d’entreprises » a expliqué Marie Noêlle Orain.

Un film fort bien fait a montré le cas de trois exploitants ayant repris des terres avec succès, tout en préservant à la fois leur rentabilité, leur environnement et leur qualité de vie.

Qualité de vie

Le thème de la qualité de vie est relativement nouveau en agriculture. « Nous voulons, comme les salariés, un temps de travail moins extensible et 5 semaines de vacances ». L’expérience prouve que c’est possible.

Renforcer l’identité du territoire, est une autre préoccupation des agriculteurs, en valorisant l’accueil touristique à la ferme, l’accueil pédagogique (enfants et consommateurs) et l’accueil social (en particulier à destination des pré-adolescents). « Nous voulons aller plus loin encore, d’une part en nous impliquant dans les événements locaux, d’autre part en entretenant des relations de bon voisinage avec les autres activités locales ».

Les agriculteurs, malgré la Politique Agricole Commune, veulent vivre de leur travail. C’est pourquoi certains d’entre eux ont lancé une réflexion sur la création d’activités nouvelles. Des éleveurs de la région de Nozay ont un projet d’atelier de découpe « multi-espèces » (bovins, ovins, porc, volaille). « Nous en avons assez de produire, et d’être payés toujours au prix le plus bas » a dit Gérard Poisson, de la Grigonnais. D’où l’idée de « se réapproprier le produit », en quelque sorte profiter de la valeur ajoutée. « Nous sommes proches du bassin de consommation nantais et nous faisons déjà, individuellement, de la vente directe. Nous voudrions créer un atelier de découpe » -« et de transformation » ajoute Pascal Duchesne de Treffieux. « C’est pourquoi nous envisageons d’associer les compétences de bouchers-charcutiers ». Il y a effectivement une clientèle pour ces produits « de la terre à l’assiette ». « Ce ne sont pas les clients des bouchers-charcutiers, habitués à une bonne qualité de service. Ce sont plutôt des personnes qui, habituellement, se fournissent dans les grandes surfaces pour des raisons de temps, mais qui veulent, de temps en temps, avoir une viande de qualité » explique Marie Noëlle Orain.

Développement durable

Le thème de l’Assemblée Générale du 1er décembre était « le développement durable », un concept à la mode, du genre fourre-tout que Didier PECOT définit ainsi : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. La réflexion concerne à la fois les générations futures et les autres peuples de la planète ». Ce type de développement concerne de multiples aspects : la qualité de l’eau, l’usage du sol, les paysages, les relations de voisinage (en lien avec les contraintes de circulation des engins agricoles, d’épandage des engrais et lisiers) etc.

Les agriculteurs ne sont pas les seuls maîtres de l’agriculture durable. Ils sont tributaires des choix des communes (par exemple dans le cas d’épandage des boues urbaines). C’est pourquoi la Maison Régionale de l’Agriculture s’est impliquée dans l’élaboration des PLU   (plans locaux d’urbanisme).

Par ailleurs les agriculteurs locaux réaffirment leur souhait de mise en place d’un SCOT   (schéma de cohérence territoriale) sur le Pays de Châteaubriant   : ce dont le maire de Châteaubriant ne veut pas entendre parler.

Ainsi, tout en jouant le rôle qui est le sien (aide et conseils aux agriculteurs), la Maison Régionale de l’Agriculture refuse le corporatisme en impulsant une réflexion plus large sur l’ensemble du Pays de Châteaubriant   : « participer, avec les autres activités économiques, à l’aménagement de cet espace d’identité dans lequel se reconnaît une communauté humaine ».


Ecrit le 31 mars 2004 :

Confédération paysanne :
Parler plutôt du vin que d’Evin

Depuis quelques semaines, le petit monde de la viticulture française bat la campagne pour dénoncer la loi Evin et notamment les dispositions qui découragent la publicité sur les alcools.

Pour la Confédération paysanne, la crise de la viticulture n’est pas liée à l’absence de communication sur le vin. « La crise vient de ce que les consommateurs boivent moins et différemment et que les viticulteurs n’ont pas su collectivement anticiper ces évolutions ».

De 70 000 à 125 000 ha de vigne

« Aujourd’hui certains vignobles produisent trop de vin » explique la Confédération Paysanne en citant par exemple le Bordelais dont la surface viticole est passée de 70 000 à 125 000 ha en 30 ans. « Les coûteuses campagnes de communication interprofessionnelles sur les vins, intégralement financées par des producteurs à qui personne ne demande leur avis, n’auront que peu d’effets. La responsabilité des pouvoirs publics et des responsables de la filière dans cette surproduction est clairement engagée ».

Les responsables viticoles embarquent les vignerons dans l’aventure du marché libre, des aromatisations artificielles, des corrections œnologiques, de la banalisation de l’irrigation, de la standardisation des vins. « La destruction progressive du « vin vigneron », boisson culturelle célébrant le naturel et les gestes des producteurs, au bénéfice d’une boisson agroalimentaire acquérant sa valeur par son emballage et quelques mystifications publicitaires, est un mécanisme bien amorcé » dit la Confédération pour qui cette « marchandisation du vin » mettra les viticulteurs dans des difficultés proportionnelles à la faiblesse de leur revenu.

« Manifester contre la seule Loi Evin est donc très réducteur » : la Confédération paysanne appelle à des réformes d’envergure « destinées à réduire des volumes de vins produits et mis en marché en Europe, et à assurer un revenu aux viticulteurs »

Pascal Frissant 06 87 37 08 85