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Accent circonflexe

Ecrit le 28 mars 2018

L’accent circonflexe (du latin circumflexus = fléchi autour ) vient du grec ancien où il avait une fonction phonétique ; il indiquait une voyelle « longue » et précisait ainsi comment le mot devait être accentué. Dans les manuscrits français, il fait son apparition au XVIe siècle mais il a fallu attendre le XVIIIe siècle pour que son utilisation soit proche de celle qu’on connaît aujourd’hui. Il est un des trois accents utilisés en français et « coiffe » uniquement les voyelles a, e, i, o et u.

Il sert à préciser la prononciation d’un a, d’un o ou d’un e, encore qu’à l’heure actuelle on ne fasse guère de différence entre la prononciation de l’article la et celle du mot âne ni entre celle de clos et celle de clôt ; mais on ne prononce pas de la même façon les deux syllabes du mot même (« = mème »).

Parfois l’accent circonflexe présent sur la voyelle d’un mot disparaît dans des mots qui sont pourtant de la même famille : ainsi par exemple grâce, gracieux, fantôme, fantomatique, cône, conique, côte, coteau et infâme, infamie, qui de ce fait ne se prononcent pas de la même façon. Inversement, là où on attendrait une modification de la prononciation, comme dans bêtise qui devrait se prononcer bètise (comme bête), elle ne se produit pas : bêtise se prononce bétise.

Il indique dans certains mots l’« amuïssement » (1) d’un s ou d’une autre lettre : ainsi fenêtre, forêt viennent respectivement de fenestre et de forest, château, de castel. Notons que les mots défenestrer, forestier ont gardé leur S et que les habitants de Châteaubriant se nomment les Castelbriantais, ceux de Château-Thierry, les Castelthéodoriciens.

Il sert enfin à distinguer des homo-phones : jeune et jeûne, du et dû (2), cru et crû (autrefois crue), sur et sûr (autrefois seur). Dans certains cas, sa présence relève seulement de l’histoire du mot sans jouer de rôle linguistique , ce qui donne lieu à des inconséquences : ainsi on écrit dû car il s’écrivait autrefois deu, mais vu qui s’écrivait autrefois vue ne porte pas d’accent ; de même absolument qui vient d’absoluementne porte pas d’accent alors qu’il devrait en avoir un comme crûment. Autre inconséquence : on prononce de la même façon diplôme et axiome (les o de ces deux mots ont pourtant la même valeur « longue » en grec : la lettre oméga se prononce ô).

Enfin dans certains mots l’accent circonflexe est purement analogique : traître (cf. maître), voûte (cf. coûte) et nous chantâmes (cf. vous chantâtes) par exemple.

Depuis 2016, la réforme de l’orthographe de 1990 est appliquée : l’accent circonflexe est facultatif sur les i et les u (ile ou île, parait ou paraît) mais demeure sur les a et les o. Il est conservé au passé simple (nous fûmes), à l’imparfait du subjonctif (qu’il suivît, qu’il aimât), au plus-que- parfait du subjonctif – qu’on n’emploie guère, il est vrai, dans les textos ! - (qu’il eût suivi, qu’il eût aimé) et lorsqu’il apporte une distinction de sens utile : mur, mûr, cru, crû.

(1) Amuïssement= fait de s’amuïr (devenir muet) , ici= disparition d’une lettre, qui se « transforme » en accent circonflexe : ainsi aage devient âge ; beste devient bête .

(2) Notons ici que dû (qui vient de deu) n’est accentué qu’au masculin singulier.. Au féminin il s’écrit due et au pluriel dus et dues.

DEVINETTE : Que signifie le mot châsse qui n’a rien à voir avec la chasse ?

REPONSE à la DERNIERE DEVINETTE : C’est Guillaume Apollinaire (1880-1918) qui a écrit Le Pont Mirabeau en 1912 après sa rupture avec Marie Laurencin . Il empruntait régulièrement ce pont situé à Auteuil lorsqu’ il sortait de chez elle .

Elisabeth Catala