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Mée-disances du 16 mai 2018

Ecrit le 16 mai 2018

 Gaz à effet de serre

L’Obs du 11/05 : La Maison-Blanche a « discrètement tué » un programme de la Nasa, d’un montant de 10 millions de dollars par an, destiné à surveiller dans l’atmosphère le dioxyde de carbone et le méthane considérés comme contribuant au réchauffement de la planète. Ce programme cherche les sources d’émis-sion et les puits de dioxyde de carbone et crée des modélisations des flux de ces gaz à effet de serre sur la Terre.

« L’administration du président Donald Trump a discrètement tué le CMS », écrit-la revue Science, qualifiant cette décision de « dernière attaque d’envergure en date contre la science climatique ».

Un porte-parole de la Nasa a précisé que le président américain avait proposé l’an dernier de supprimer le programme CMS ainsi que quatre autres missions scien-tifiques de la Nasa. Selon lui, après de longues délibérations, le Congrès a décidé de préserver le financement des quatre missions mais comme le CMS n’était pas mentionné, il a été supprimé.

Le président américain s’est toujours montré sceptique concernant le changement climatique parlant même, avant son élection, d’une « invention » de la Chine. Il a déjà annulé une autre mission scientifique de surveillance de la Terre et annoncé le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat signé fin 2015.

D’après la directrice du Centre de politique internationale sur l’environ-nement et les ressources de l’université américaine Tufts, la suppression du CMS menace les efforts de vérification du niveau national de réduction des gaz à effet de serre pris dans le cadre de cet accord. « Si on ne peut pas mesurer les réductions des émissions, on ne peut pas avoir confiance dans le fait que les pays se conforment à l’accord », a-t-elle dit à « Science ».

Supprimer le CMS est « une grave erreur ».

 Nucléaire iranien

LeJDD du 7/05 : Le 12 mai, Donald Trump a déchiré l’accord sur le nucléaire iranien, signé par son prédécesseur Barack Obama avec six autres pays, dont le régime de Téhéran. Une décision très attendue qui est précédée par des révélations de presse mettant en cause l’entourage du président des Etats-Unis. The Observer détaille une opération de déstabilisation menée contre l’accord de 2015 : des membres de son équipe auraient engagé Black Cube, une agence privée de renseignement israélienne dans le but de trouver des éléments qui pourraient nuire à deux diplomates américains engagés dans ces négociations. Et ce, afin de discréditer plus facilement le fameux accord auprès de l’opinion.

 Le New Yorker, qui avait révélé l’affaire Harvey Weinstein, a déjà enquêté sur cette société israélienne : l’agence Black Cube avait été également engagée par les avocats du producteur de cinéma pour tenter de circonscrire les accusations d’agressions sexuelles contre lui.
 
Après ces nouvelles révélations concernant Donald Trump et l’accord iranien, Black Cube assure dans un communiqué n’avoir jamais été « en relation avec l’administration Trump ou avec n’importe qui proche de cette administration ». Contactée par The Observer, la Maison-Blanche a de son côté refusé de commenter ces informations.

 Maltraitance

Lexpress.fr du 06/05 : En France, en 2018, de trop nombreuses filles se font chaque jour maltraiter au lycée, au collège, en primaire, ou même en maternelle. Les menaces, insultes et agressions sexuelles sévissent de plus en plus à l’école.

« Laisse tomber les filles, laisse tomber les filles... Un jour c’est toi qui pleureras. » Cinquante-cinq ans ont passé depuis la bluette yéyé chantée par France Gall devant le tableau noir d’une salle de classe. Aujourd’hui, on ne peut s’empêcher de lui trouver un autre air, un drôle d’air, à la chanson. 

A-t-on laissé tomber les filles ? Au lycée Gallieni de Toulouse, malgré l’installation d’un digicode à l’entrée des toilettes des filles, les demoiselles continuaient de s’y faire agresser sexuellement. Elles ne se déplaçaient plus dans l’établissement autrement qu’à quatre ou cinq, pour se protéger des petits pontes du bitume, qui dictaient leur loi dans les murs mêmes de l’école, certains de leur impunité.

Lassées des menaces, des insultes, et même des agressions physiques dont elles sont quotidiennement témoins ou victimes de la part d’élèves masculins, Hajar et Shanley, deux élèves du lycée Camille-Pissarro à Pontoise (Val d’Oise) ont entrepris en décembre de mobiliser leurs camarades. Un succès : 300 lycéens et lycéennes se sont amassés devant les grilles de l’établissement pour dire leur ras-le-bol ou leur solidarité, les caméras assurant la couverture médiatique éphémère.

Selon la justice, 9 600 mineurs avaient été impliqués dans une affaire de viol ou d’agression sexuelle en 2016 (+ 7% par rapport à 2014).

 Discrimination

Slate.fr du 11/05 : Depuis la reconnaissance en 2015 par la Commission de vérité et réconciliation du Canada d’un génocide culturel mené par le gouvernement à l’encontre des populations autochtones à travers sa politique d’assimilation forcée, leur situation ne s’est guère améliorée, et leurs luttes pour la reconnaissance et l’égalité continuent.

Une action collective devant une cour de la province de Saskatchewan met en cause le gouvernement canadien pour des expériences médicales conduites sur des indigènes dans les réserves, les pensionnats, les hôpitaux indiens et les sanatoriums, sans leur consentement, entre les années 1930 et 1970.

Selon le recours, déposé par le Merchant Law Group qui réclame une compensation financière pour les personnes affectées, le gouvernement aurait maintenu une politique de soin discriminatoire envers les Autochtones, soumis à des traitements et des procédures inadéquates et de qualité inférieure, dans le cadre d’un système de santé ségrégué mis en place entre 1945 et le début des années 1980.

Le MLG avance que certains pensionnats autochtones, supervisés par le gouvernement fédéral (le dernier a fermé en 1996), étaient utilisés pour mener des expériences nutritionnelles sur les enfants, afin que des chercheurs puissent tester leurs théories sur les vitamines, certains aliments et des nouveaux vaccins.

Souvent en situation de carence alimentaire, les enfants autochtones étaient utilisés comme sujets d’expériences témoins vis-à-vis de recherches menées ailleurs, ce qui consistait souvent à les priver de nutriments supposés être bénéfiques.

« Les documents judiciaires décrivent jusqu’où des chercheurs ont pu aller pour protéger leurs résultats : un directeur ayant demandé à ce que tous les enfants des pensionnats reçoivent des comprimés de fer et de vitamines, un chercheur lui a demandé d’y renoncer car cela interférait avec son expérience. Dans d’autres cas, des chercheurs ont refusé d’administrer des traitements dentaires à des enfants, craignant que des dents et gencives en bonne santé ne faussent leurs résultats ».

Quand il ne s’agissait pas de privations, les expériences ont pu impliquer des tests de médicaments expérimentaux, et les résistances des Autochtones aux violences physiques. Utilisées pour tester des vaccins contre la tuberculose, la dysenterie amibienne, des traitements auditifs ou oculaires, les victimes pourraient se chiffrer par milliers.