Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Tourisme > Robes Royales au château

Robes Royales au château

Ecrit le 20 juin 2018

 Robes royales

Robes royales 1

Du 16 juin au 19 août 2018, le château de Châteaubriant accueille Les grandes robes royales de Lamyne M. Après avoir été exposées à la basilique cathédrale de Saint-Denis, au château de Châteaudun puis à la forteresse royale de Chinon, c’est au tour du château de Châteaubriant d’accueillir onze de ces robes dont celle dédiée à Anne de Bretagne.

Fasciné par les tombeaux des reines de France de la basilique Saint-Denis et leurs gisants, l’artiste Lamyne M. s’est inspiré des tenues, très codifiées de l’époque médiévale, pour redonner vie à ces modèles de pierre par des tissus modernes et colorés.

Lamyne M. a ainsi dessiné et créé Les grandes robes royales, des robes géantes de près de 3 mètres de haut aux tissus chatoyants provenant du monde entier.
02 40 28 20 20


Ecrit le 27 juin 2018

 Des robes et des idées

Très belle exposition au château de Châteaubriant jusqu’au 19 août 2018 : onze robes royales réalisées par l’artiste Lamyne M. Dionysien d’adoption, fils d’un marchand de tissu au Sénégal, styliste de formation, il a eu l’idée d’habiller les femmes que l’on voit, gisantes, dans la Basilique St Denis près de Paris. Mise à part Frédégonde, les femmes qui sont ici ont toutes vécu dans l’ombre d’un père, d’un mari, d’un frère…

L’exposition les met sur pied, en fait des femmes contemporaines, des femmes cosmopolites de trois mètres de haut, habillées de 120 tissus, de ces tissus que portent les femmes des 120 nationalités qui vivent là, autour de la Basilique St Denis, la dernière demeure des rois et reines de France où l’on trouve les sépultures de 43 rois, 32 reines et 10 serviteurs de la monarchie, « une basilique mythique, tout à la fois monument historique et point de rencontre dans une banlieue que Paris, pourtant si proche, se plaît à oublier. Ou pire, à dénigrer » dit-il.

Les plissés et les agencements des tissus reprennent le détail des vêtements des reines et princesses de la nécropole royale, les tissus, eux, sont contemporains, venus de tous les coins du monde. Il s’agit de haute couture, d’hommage à la femme, de respect pour les « petites mains » qui ont donné à ces grandes dames une vie nouvelle.

Robes royales - 2

La réalisation est issue d’un projet collaboratif, conduit en partenariat avec des élèves du lycée professionnel La Source (Nogent-sur-Marne), des femmes de la maison de quartier Floréal de Saint-Denis et l’association Franciade. Ce ne fut pas toujours facile : certaines femmes se voyant défendre, par leur mari, de travailler à un projet conçu et mené par un homme,

L’idée était aussi d’inciter ces femmes à franchir la porte de la basilique au pied de laquelle elles vivent. « Je souhaitais jouer avec le tissu social qui vit autour de la basilique mais n’y entre pas sous prétexte qu’il s’agit d’une autre culture, d’une autre religion. Il faut briser la glace, susciter la curiosité, permettre aux gens de s’approprier le monument, et donc l’histoire de France. Quand on décide de s’installer dans un pays, peut-être faut-il en épouser la culture, ou au moins la comprendre. On a trop souvent tendance à s’autoexclure. »

Chatoyants wax des pagnes africains, robes d’apparat du Maghreb, coupes chinoises et jersey sportswear… Lamyne M travaille avec des références issues de ses multiples voyages et résidences d’artiste à Taiwan, en Italie, en Autriche, en Tunisie, au Maroc ou au Tchad. Les robes sont de grande qualité.

Robes royales - 3

Et sous les tissus : les idées. Blanche de France, par exemple, porte une capuche et un surcot en jean orné d’un motif décoratif de feuilles de laurier surmonté d’une couronne et du chiffre 93 200 déstructuré, correspondant au code postal de Saint-Denis. Mais surtout, les deux toiles de jean utilisées ne sont pas uniquement composées de coton : la première contient 40 % d’orties quand la seconde contient 40 % de fibres de cactus. Explications de l’artiste : « Pour faire un jean en pur coton, il faut 7 à 8 pieds de coton, et un pied consomme à lui seul 855 litres d’eau potable. Il faut sensibiliser les gens au coût environnemental que cela représente. »,

La robe la plus politique est celle d’Isabelle d’Aragon, épouse de Philippe III le Hardi. Le plastron court est cousu de cols de chemise, la cotte a été réalisée avec le tissu gris utilisé pour les costumes d’homme et la ceinture est composée de cravates. « Isabelle d’Aragon était très proche des pauvres, explique Lamyne M. Avec sa robe, j’évoque ces cols blancs qui de nos jours viennent travailler à Plaine Commune, un centre d’affaires où les cadres disposent de leurs salles de sport et de relaxation, cette ville dans la ville qui ne partage rien avec le quotidien des Dionysiens. Le tissu est celui des costards portés aujourd’hui par Trump, Macron et Poutine. C’est ma façon de dénoncer la connivence entre politiques et banquiers pour gérer le monde… ».

La robe la plus contestataire est celle de Berthe au grand pied, faite d’un patchwork de 35 jeans recyclés en toile de Denim. Un jean nécessite à lui seul des centaines de litres d’eau, des pesticides, des colorants, des puissants détergents et des millions de kilomètres de transport, les polluants, eux, se répandent ensuite, dans la machine à laver par exemple puis dans notre environnement,. Depuis ces tests, les marques incriminées se sont engagées à ne plus utiliser de produits dangereux d’ici à … 2020. On a encore le temps de s’empoisonner !

La robe dédiée à Anne de Bretagne se trouve dans la chambre dite « de Françoise de Foix », Ce serait merveilleux d’imaginer une robe pour Françoise de Foix, une robe de poésie, d’amour et de sang.

Exposition ouverte du mardi au dimanch 10h30-12h30 et 14-18h, essentiellement dans « Le Grand Logis » - 02 40 28 20 20