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Va-t-on salarier des médecins ?

Ecrit 27 juin 2018

La Conférence Régionale de Santé et de l’Autonomie est «  un organisme consultatif contribuant à la définition et à la mise en œuvre de la politique régionale de santé ». En 2015 le CRSA a organisé trois rencontres   dans le Pays de Châteaubriant  , réunissant une centaine de personnes intéressées par l’amélioration des parcours de santé, notamment ceux des personnes les plus vulnérables : celles et ceux dont la vie peut basculer vers un quotidien très complexe et lourd du fait d’une mauvaise organisation du parcours de santé.

Par la suite, un groupe d’acteurs de santé s’est réuni régulièrement. Il a provoqué en novembre 2016 une rencontre inter-professionnelle conviviale, «  occasion de faire connaissance et d’échanger autour de nos espérances, nos pratiques, nos savoir-faire, nos difficultés ».

Le 19 juin 2018 a eu lieu un «  colloque santé : partager ensemble les enjeux du diagnostic santé du territoire en cours de réalisation par l’Observatoire Régional de la Santé et préparer une future rencontre prévue fin 2018 au centre hospitalier sur le thème de « l’hôpital du 21e siècle avec son territoire  ». Une cinquantaine de personnes étaient présentes, avec des témoignages divers : médecin, futur médecin, élus, etc. Un peu trop longs ces témoignages ce qui a raccourci le temps d’échanges entre les participants, Autre déception : l’absence de la Com’Com’   de Nozay qui sera pourtant incluse dans le diagnostic-santé à réaliser.

 Des médecins salariés

On a cependant entendu des choses intéressantes, par exemple, par la voix de Jeannette Boisseau, maire de Rougé, le projet d’ouverture d’un centre de santé pouvant accueillir des médecins salariés,

La réflexion a été déclenchée par le cas de Sion les Mines, qui se retrouvait dans l’urgence : le Dr ORHA, médecin généraliste en place à Sion annonce en juin 2017 son départ qu‘il prévoit en septembre suivant. Un groupe de travail : Professionnels de la santé -ELUS—CCAS  -ADMR-OPASS, se réunit alors et publie une annonce médicale dans la presse spécialisée afin de capter une candidature en médecine libérale, la volonté étant de rester sur le même modèle de soins de proximité que ce qui existait auparavant. Mais en vain, pas de réponse.

Réunion au sein de l’OPASS le 19 juillet 2017 pour réfléchir à une solution de salariat d‘un médecin. L’OPASS est l’association qui gère les centres de santé infirmiers de Sion-les-Mines, Derval et Rougé et qui intervient, sur 9 communes soit 13000 habitants ; seulement 6 médecins sont en activité sur ce même territoire dont 5 arrivent en fin d’activité dans les années proches. L’OPASS c’est 10 infirmiers qui travaillent sur ce territoire.

Les élus ont exprimé leur engagement d‘accompagner et de soutenir le projet, en mettant en avant deux arguments. audelà évidemment de l‘argument principal de faire venir un médecin : la gestion saine de I’OPASS, forte d‘une expérience de plus de 45 ans et le fait de rendre pérenne l’activité des Infirmiers car s’il n’y a plus de médecin, il n’y a plus d’acte . Pour le personnel infirmier l’intérêt du métier est renforcé par la présence de médecins à proximité et peut permettre d’élargir les champs de compétence (pratiques avancées), de donner plus d’intérêt en sollicitant d’autres professionnels médicaux et paramédicaux permettant de riches échanges et aussi de mettre en place des actions de prévention ou d’éducation thérapeutique comme le prévoient les centres de santé, et ainsi d‘établir un exercice coordonné et regroupé pour le patient.

Un comité de pilotage a été mis en place, Une étude d’opportunité a permis d‘identifier la répartition des actes sur le territoire- par une rencontre avec l’ARS   : confirmation d‘une zone blanche,

Le Conseil d’administration de I‘OPASS s’est réuni pour modifier les statuts de l’association afin de permettre au centre de santé infirmiers d’embaucher tous professionnels de santé

Une étude de faisabilité, encore en cours à ce jour, étudie les besoins de l‘OPASS :
voir son fonctionnement aujourd‘hui et comment il sera possible de fonctionner demain.

Plusieurs points sont à regarder :

- la gouvernance associative
- la gestion financière avec l‘élaboration d’un budget prévisionnel
- le matériel et les infrastructures (ils doivent être attractifs tant pour les médecins que pour les patients)
- les ressources humaines (organisation : qui fait quoi, intégration des infirmiers)
- les partenariats (avec autres acteurs : hôpital, aide-ménagères, CCAS  . . .)

Il restera ensuite la rédaction du projet de santé et du réglement de fonctionnement. qui sont les éléments réglementaires à fournir à l’ARS   (Agence régionale de Santé) pour obtenir l‘attribution d’un numéro d‘immatriculation autorisant à ouvrir ce centre de santé.

Une subvention de l’Agence Régionale de Santé n’est pas sollicitée, mais tout est fait pour qu’elle puisse être sollicitée un jour.
Ce centre de santé, avec des médecins salariés, est une réponse locale, à un problème local, souhaitant s’intégrer dans un projet plus vaste : un projet territorial de santé.

 CPTS

Le docteur Naval, de Pouancé, a parlé d’une CPTS : Communauté Professionnelle Territoriale de Santé. On manque de médecins, dit-elle. Ceux qui sont en exercice ont une charge de travail très importante et des horaires extensibles, ce qui rebute les étudiants en médecine. La CPTS a vocation à associer les acteurs du second recours, du sanitaire, du social et du médico-social désireux de s’organiser pour travailler ensemble au sein d’un territoire donné, les pharmaciens par exemple.

La pharmacienne de Soudan a expliqué que le désert médical est un souci pour les pharmaciens et que ceux-ci ont un rôle que les médecins n’ont plus : écoute, conseils, orientation. L’article R. 4235-2 du Code de la santé publique précise en effet que le pharmacien « doit contribuer à l’information et à l’éducation du public en matière sanitaire et sociale ». Il existe différentes formations pour acquérir les compétences relationnelles, pédagogiques et méthodologiques nécessaires. Mais quand le médecin disparaît, les pharmacies ferment !

Un futur médecin a expliqué que les étudiants en médecine, désormais, ne veulent plus travailler seuls, ils recherchent le travail en équipe.

Le directeur du Centre Hospitalier a présenté son établissement et ses projets, notamment celui d’une Maison de Santé en 2020 à Châteaubriant tout en précisant que les médecins, jusqu’à maintenant, n’en voient pas l’utilité. Il serait dommage de faire (comme cela se fait régulièrement à Châteaubriant), de nouveaux bâtiments, une belle « Maison de Santé » qui n’attirerait pas les médecins !

 Aide aux aidants

Des participants, en fin de réunion, ont regretté qu’on ne parle pas assez de prévention, d’addictologie (notamment chez les jeunes), et de soutien aux aidants.

En effet, il y a un problème de vieillissement dans notre région et les services d’aide sont insuffisants. De ce fait une charge physique et émotionnelle importante pèse sur les aidants non professionnels.

Il existe dans les Pays de Loire, neuf plateformes d’accompagnement et de répit (PFR), notamment pour offrir un temps libéré à l’aidant et un temps accompagné à la personne malade, En Loire-Atlantique, il y en a trois : Nantes, Dréfféac et un rattachement à Le Fresne sur Loire, Mais rien au nord du département.
voir le site aidants


 Soins de proximité à Derval et environs

« Quand je suis devenu maire de Derval, il y avait 3 médecins et 2500 habitants, Maintenant il y a trois médecins et 4000 habitants » dit Jean Louër, en expliquant que ces médecins travaillent 70 heures par semaine et que deux d’entre eux vont partir en retraite très prochainement. « Maintenant il nous faudrait deux à quatre nouveaux médecins mais les candidatures sont rares » dit-il encore, « Dans la Com’Com’   on parle d’équilibre du territoire, d’équité médicale, mais nous savons qu’il nous faut 30 minutes pour rejoindre les urgences du centre hospitalier, alors il faut faire quelque chose, je m’y suis engagé auprès de la population  » .

Jeudi 21 juin 2018 avait donc lieu une réunion dans les locaux annexes de Derval, invitant les médecins, les professionnels de santé et les élus concernés, avec la participation de Catherine Deroche vice-présidente du Conseil Régional et de représentants de l’Agence Régionale de Santé (ARS  ), de l’Association des Pôles et Maisons de Santé Libéraux (APMSL) et du cabinet « Office Santé ». Objectif : écouter les professionnels, voir comment maintenir et développer l’offre de soins de proximité à Derval et dans son bassin de vie. De nombreux professionnels de santé se sont déplacés, des jeunes pour la plupart. «  Nous allons mettre des moyens pour attirer des médecins, et notamment des équipements, mais la difficulté est de prévoir ceux qui conviendront à des professionnels que nous ne connaissons pas encore ! Il nous faut assurer le maillage du territoire, tout faire pour favoriser le travail en réseau dans le domaine du soin et de la prévention  ».

La zone de Derval est reconnue « zone blanche » par l’ARS  , c’est-à-dire lieux situés à plus de 30 minutes d’un service d’urgence. « Avant la fin du mandat j’espère avoir réglé le problème » a dit Jean Louër.

Exemple, dans le centre-Bretagne s’est créé en 2013 un INTERPÔLE DE SANTE CENTRE BRETAGNE pour la coordination synergique des acteurs de soins de premiers recours ; organiser la qualité des soins par une amélioration partagée des savoirs professionnels ; favoriser une formation des professionnels de santé et une formation interprofessionnelle.

 Réseaux de soins

VYV, le nouveau poids lourd de l’assurance-santé formé en septembre dernier autour des groupes MGEN, Istya et Harmonie, et le groupe de protection sociale Malakoff Médéric ont décidé de rapprocher leurs réseaux de soins, donnant naissance au premier réseau de soins par le nombre de bénéficiaires, puisque plus de 15 millions de personnes y auront accès.

En pratique, les deux partenaires annoncent la création, d’ici la fin de l’année, d’une structure commune destinée à faire converger leurs réseaux actuels. Baptisée Kalixia, cette entité sera codétenue à 50-50 par VYV et Malakoff Médéric.

Dans les réseaux de soin, les complémentaires santé passent des accords avec des opticiens, des audioprothésistes ou encore des chirurgiens-dentistes sur les tarifs et les prestations, pour concilier qualité des soins et maîtrise des coûts.


Ecrit le 8 août 2018

 Païs, initiative   santé

Alors que la question des déserts médicaux préoccupe nos concitoyens, l’initiative   Païs présente un grand intérêt. La plateforme alternative d’innovation en santé, imaginée par des médecins et soutenue par les autorités de santé régionales, en Loir-et-Cher, propose à des médecins généralistes une nouvelle organisation mutualisée, permettant de répondre aux nombreuses demandes d’une population très âgée et à mobilité réduite, qu’elle soit en établissement d’hébergement pour personne âgée dépendante (Ehpad) ou à domicile. Le dispositif, outre le désengorgement des urgences, offre une tranquillité d’esprit au médecin qui peut quitter le cabinet à 18 heures en sachant que la population est prise en charge. Il concerne quatre communautés de communes de la région, comprenant chacune 16000 habitants.

En premier lieu, chaque médecin adhérant au dispositif Païs assure des journées d’astreinte selon un rythme prédéfini, et pour cela mutualise les informations de ses clients avec ceux des autres médecins adhérents du territoire. En contrepartie, le médecin reçoit un paiement forfaitaire de 100 euros par astreinte, auquel s’ajoutent les consultations payées par les patients. Une aide à l’embauche d’une secrétaire, formée au SAMU, a été mise en place.
En savoir plus : https://frama.link/pais