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Mireille passe la main

Ecrit le 29 août 2018

 Mireille passe la main

Un départ en retraite a eu lieu le 03 juillet 2018 à Châteaubriant : celui de Mireille Beloeil, directrice de l’école maternelle Claude Monet.

Née à Châteaubriant, Mireille y a effectué toute sa scolarité avant de partir à Rennes pour obtenir une licence de mathématiques. Admise au concours de l’Ecole Normale, elle a été formée à Savenay et à Nantes puis affectée à St Vincent des Landes pour ouverture de classe en maternelle, et nommée comme ZIL l’année suivante à Soudan (dans le jargon de l’Education Nationale, ZIL = Zone d’Intervention Localisée, c’est à dire un poste de titulaire remplaçant).

«  Ces années de remplacement m’ont permis d’apprécier et de connaître toutes les écoles de la circonscription et aussi tous les collègues. J’ai sillonné les routes de la circonscription pendant 15 ans. Mais j’ai décidé de poser mes valises quand mes relations avec le pôle de remplacement ont commencé à être tendues (du style remplacement à Soulvache le matin et il fallait que je sois à 13h30 à La Chapelle sur Erdre l’après midi !). On déshabillait la campagne pour faire des remplacements en ville hors de ma zone d’intervention. Cela s’est produit à plusieurs reprises ».

En septembre 2000, Mireille a postulé pour la maternelle Monet car il y avait un poste vacant, sans savoir que le poste de direction allait être libéré et que personne n’y serait nommé. Et voilà comment elle est devenue directrice de l’école maternelle Claude Monet en 2002. Ce n’était franchement pas un plan de carrière mais un concours de cir-constances.

«  En 18 ans à Claude Monet dont 16 de direction, j’ai vu la lourdeur du travail administratif s’accroître, la charge de travail du directeur s’alourdir et les responsabilités du directeur augmenter ».

Le métier d’enseignant n’est pas toujours facile. Il est encore plus difficile lorsqu’on est en Réseau Prioritaire comme ici. « Dans ce cas, il faut qu’il y ait une équipe soudée qui travaille avec conviction et enthousiasme. Je remercie tous les enseignants qui se sont succédé pendant toutes ces années au service des enfants qui nous sont confiés. Le travail en équipe est primordial dans cette école et les enfants et les parents le ressentent » dit Mireille.

Les ATSEM de l’école participent pleinement à cette vie collective. Les ATSEM (Agents Territoriaux Spécialisés des Ecoles Maternelles) sont un élément indispensable à la bonne marche de l’établissement. Elles forment avec leur enseignante un binôme essentiel à la vie de la classe, un point de repère pour les enfants. Elles souffrent d’un manque de reconnaissance. «  Je profite de la parole qui m’est donnée ce soir pour remercier toutes les ATSEM de l’école qui forment une équipe soudée et très profes-sionnelle. C’est un réel plaisir de travailler avec une telle équipe. Mention particulière pour Chrystèle avec qui je travaille depuis mon arrivée ici et qui me supporte depuis 18 ans ! (elle mérite une médaille !). Nous étions sur la même longueur d’ondes pour le respect des règles de vie dans la classe, le respect que l’enfant doit à l’adulte. Je lui soumettais un projet en arts plastiques et avec son sens artistique et pratique, elle me suggérait de plutôt faire ci, de plutôt faire ça et le rendu final était très beau. Merci Chrystèle  ».

Dans une école, il y a aussi les parents. C’est ici une école familiale. Des relations de confiance se sont nouées au cours de ces années et il nous arrive parfois d’être invités à des fêtes familiales (mariage, circoncision). «  Mais des tensions, des conflits existent parfois. Car, pour quelques familles, l’école est le seul endroit où l’enfant entend le mot « non »et donc à l’école l’enfant n’est plus l’enfant-roi comme à la maison. Il doit respecter des règles de vie en collectivité et c’est souvent très difficile  ».

Mireille entre le maire A. Hunault et l’adjointe J. Bombray

Une directrice d’école maternelle ne doit pas rester confinée dans son école. La première relation qu’elle se doit d’établir est avec la municipalité. « Je tiens à souligner les relations avec l’adjointe chargée des affaires scolaires, avec les élus siégeant au conseil d’école et avec le personnel. Merci pour leur disponibilité et leur écoute  ».

Une école, c’est aussi un bâtiment qu’il faut entretenir. Des ampoules à changer, des murs à repeindre, une chasse d’eau qui fuit, des étagères à installer etc...Les agents de la ville (électriciens, plombiers, menuisiers, peintres …) répondent toujours présent. «  Nous avons eu d’excellentes relations pendant toutes ces années et je tenais à ce qu’ils soient présents ce soir  ».

La directrice d’école dépend aussi de sa hiérarchie. Il y a la hiérarchie lointaine, là bas à Nantes, qui ne connaît pas Château-briant et qui nous inonde de mails (notes, circulaires, enquêtes) rédigées le plus souvent dans le jargon incom-préhensible de l‘Education Nationale. «  Il faut envoyer des projets. Ce mot est devenu un mot incontournable. Sans le projet, rien n’existe. Quel soulagement pour moi de ne plus avoir à rédiger de projet ! »

Il y aussi la hiérarchie plus proche, l’In-specteur ou l’Inspectrice de circon-scription (IEN). «  Dans ma carrière effectuée en totalité sur la circonscription de Châteaubriant, j’ai connu 13 IEN. Chacun avec son style, ses attentes, ses marottes, ses lubies et à chaque fois il faut s’adapter ».

Mireille a également souligné le soutien apporté par deux associations : l’Amicale Laïque de Châteaubriant et l’association Rencontres  . Soutien financier, soutien citoyen, participation de bénévoles de Rencontres   à Lire et Faire Lire. «  Que Fernando, Roland et leurs équipes en soient remerciés  ».

L’ouverture de l’école se manifeste aussi par l’implication au sein du GESPAC. «  Le Gespac permet aux enfants de participer tout au long de l’année à des manifestations sportives dans un esprit de convivialité avec en point d’orgue la grande fête des Gespacolades. Je continuerai à assister aux Gespacolades mais de l’autre côté de la barrière (en tant qu’amicaliste).  »

Après tous ces remerciements et pour être fidèle à sa réputation de râleuse, Mireille a regretté que les enfants de Grande Section ne puissent plus bénéficier des séances de piscine. «  Il y a certes des raisons administratives à cette décision que je peux entendre mais les enfants prenaient un réel plaisir lors de ces séances, ils prenaient confiance, ils prenaient conscience de leur corps dans ce milieu aquatique  ».

Enfin Mireille a regretté que personne ne soit nommé au premier mouvement sur le poste de direction de l’école maternelle Claude Monet…. Pourtant son départ en retraite était programmé depuis un an !

«  Dans le livre de ma vie, un chapitre de 18 ans vient de se refermer. Je ne sais pas combien de chapitres il me reste à écrire, mais je sais que ces 18 années à Claude Monet seront marquées dans mon esprit grâce à toutes les personnes que j’ai pu y côtoyer et toutes les rencontres   que j’ai pu y faire  » a conclu Mireille qui aborde maintenant le chapitre de la retraite. Nous n’avons aucune inquiétude pour elle : son implication permanente dans le milieu sportif (le badminton par exemple) et culturel lui donneront de nombreuses occasions d’apporter son dynamisme et son esprit critique. De nombreuses associations l’attendent !


 Rentrée scolaire

La rentrée scolaire se fera le 3 septembre 2018 mais, avant, il y aura un forum des associations à Châteaubriant-Derval-Soudan : l’occasion de bien choisir les activités de l’année.