Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Santé > Hôpital : 2006 au Centre Hospitalier de Châteaubriant

Hôpital, clinique

Hôpital : 2006 au Centre Hospitalier de Châteaubriant


Bilan 2006
Un malade est-il une personne humaine ?
Droit de réponse
Travaux : appel d’offres

Les voeux 2006 au centre Hospitalier :

 Les déçus de la TAA

Ecrit le 18 janvier 2006 :

Voici le bilan de l’activité en 2005 :
– 12327 passages aux urgences
– 8278 entrées en court séjour
– 1497 entrées en « soins de suite »
– 735 naissances

Selon le maire de Châteaubriant, Président du Conseil d’Administration, le centre hospitalier de Châteaubriant se porte bien et équilibre ses comptes à 98,5 %.

Pour le directeur de l’hôpital, « l’année qui se termine a vu, comme les précédentes, la concrétisation de plusieurs importants dossiers de l’établissement, et qui engagent son avenir à long terme : »

Evolutions

Un - Le nouveau Schéma Régional d’Organisation Sanitaire : le territoire de santé de Châteaubriant, reconnu comme tel par l’Agence Régionale, s’est fortement mobilisé autour du pré projet médical de territoire, qui exprime nos grandes nécessités de santé publique. A l’occasion de ces travaux, nous avons reçu l’assurance que notre Unité de Soins Intensifs Cardiologiques pourrait être reconnue.

Deux : Le centre Hospitalier a pu mettre en service 34 lits neufs (et non pas 34 lits supplémentaires).pour l’hébergement des personnes âgées, dans le cadre de la réhabilitation de la maison de retraite (rue de Maumusson), qui sera terminé à la fin de l’année en cours. « Nous avons aussi pu réorganiser le fonctionnement de la MAPA sur des bases plus humaines et plus personnalisées »

Trois : en 2005, « le service de néonatologie et les consultations mémoire ont bénéficié d’une reconnaissance officielle »

Quatre : au cours de l’année 2005, dans le cadre du plan national Urgences, 5 postes infirmiers et 1 poste d’agent administratif ont été accordés à l’établissement.

Cinq : le plan périnatalité a permis le financement d’une sage-femme à temps partiel, ainsi que du temps d‘infirmière puéricultrice à hauteur de 2,47 postes, et un tiers temps de psychologue.

Au total l’hôpital a connu environ 10 créations de postes (équivalent temps plein)

Perspectives 2006

La première perspective : la réalisation, dans moins d’un mois, de la réunion sur un seul site de l’hôpital public et de la clinique
privée.

« Le rapprochement public-privé, difficile, exigeant, mais exemplaire, et surtout indispensable, doit être perçu par tous ses acteurs comme un service rendu à la population »

Dans cette perspective, le centre hospitalier a déposé en juillet 2005 le permis de construire relatif à sa propre restructuration, signé le mois dernier la convention de fonctionnement de l’imagerie médicale et préparé depuis 18 mois les modalités pratiques du rapprochement.

La deuxième perspective concerne le futur contrat d’objectifs et de moyens. « Le financement des établissements n’obéit plus aux mêmes règles. Dans le cadre d’une enveloppe nationale limitée, des choix vont s’imposer »

La troisième perspective concerne la préparation de la « visite d’accréditation et d’évaluation des pratiques professionnelles »

Nouveaux médecins

Le docteur Airaud, Président de la Commission Médicale d’Etablissement, a insisté sur

– le recrutement et la stabilisation de nos médecins urgentistes et le début réel du fonctionnement de la Fédération Médicale Inter-Hospitalière Départementale des urgences. « Après quelques appréhensions de départ, les collègues urgentistes nantais »apprécient leur venue à Châteaubriant. »

– le recrutement d’un médecin en neurologie et en algologie. Elle participe également aux consultations mémoire déjà en place, que

– Le recrutement de personnel infirmier et administratif

Déçu de la TAA

Le docteur Airaud a cependant exprimé une amertume : « 2005 a été la montée en charge de la tarification à l’activité (TAA). On a pu sentir l’improvisation au niveau national. Cela a pu donner l’impression d’un flou au niveau des l’établissements, et en particulier le notre »

« Nous faisons partie des nombreux établissements actifs « déçus de la TAA ». En effet, la rémunération de notre activité a été abaissée, en raison de la diminution, décidée au niveau national, du prix ou du coût des pathologies médicales. » (*)

Le docteur Airaud a souhaité que soit prise en compte la problématique des hôpitaux qui, dans des restructurations public privé ont perdu leur activité chirurgicale en conservant les activités médicales.

Challenge

En 2006 le centre hospitalier de Châteaubriant a vu arriver une nouvelle pharmacienne, qui a l’expérience de la pharmacie hospitalière

« L’arrivée de la clinique avec un peu de retard, est un challenge pour cette année. Elle est préparée depuis de nombreux mois au sein de différents groupes de travail communs.

Le nouveau fonctionnement de notre service d’imagerie médicale a débuté début janvier, un peu au ralenti du fait du retard de la clinique. Ceci permet de roder notre service qui devient donc celui du pôle de santé.

« Le soin est avant tout notre rôle premier et nous devons faire de notre mieux pour des soins de qualité. Cette qualité est reconnue par les retours des questionnaires des patients, mais aussi par l’indice ICALIN indice national de prise en charge du risque infectieux : nous pouvons nous féliciter de notre classement A sur un échelle de A à D
Nous le devons à notre équipe d’hygiène dynamique, mais aussi et surtout à l’ensemble de tous les acteurs de notre hôpital. » a conclu le docteur Airaud.

La cérémonie s’est clôturée avec une remise de décorations.

 Evaluation

Dans la semaine du 9 au 13 janvier 2006, une mission ministérielle est venue porter un regard extérieur et objectif sur la situation du centre hospitalier castelbriantais, notamment au regard du rapprochement public-privé et des réformes financières et organisationnelles. « Les premières impressions qu’elle retire et les premières orientations qu’elle donne sont très intéressantes pour nous » dit encore M. Reyt.


Ecrit le 16 mars 2006

  Un malade est-il une personne humaine ?

A l’hôpital de Châteaubriant
(témoignage)

Vendredi 27 janvier 2006

Ma mère, Mme Odile Jannault, a été emmenée aux urgences à 5h du matin, j’appelle vers 9h, on me répond qu’on ne peut pas me donner de nouvelles, qu’il ne faut pas venir avant midi.

Nous y sommes à midi pile , assez inquiets. Au guichet des urgences, la personne n’aime pas être dérangée, elle nous demande d’aller dans la salle d’attente. Au bout de 20 min, je hausse le ton en disant que j’exige des nouvelles de ma mère, elle consent enfin à bouger et une infirmière nous fait entrer.

Vers 13h, ma mère est emmenée dans une chambre, une infirmière vient donner des médicaments et lui demande ce qu’elle a déjà pris le matin, ma mère est très fatiguée, elle essaie d’expliquer, l’infirmière s’impatiente, et lui dit « Vous m’écoutez ou quoi ? » comme si elle s’adressait à un gamin capricieux ! C’est insupportable.

Mardi 31 janvier 2006

Le cardiologue fait une échographie du cœur. Pas un regard pour ma mère, même pas un bonjour !

Elle : « le docteur A. m’a dit que ce n’était pas d’origine coronarienne ? »

Le cardiologue de service : « Ah si vous vous mettez à faire de la médecine maintenant ! ». « L’hôpital c’est fait pour les malades ! ». « Rentrez chez vous et arrêtez de faire de la médecine ». [Ma mère mourra 19 jours plus tard, d’un cancer]

Elle : ( à propos de sa tachycardie )

« Le docteur G. disait que c’était plus embêtant que grave ? ».

Le cardiologue de service : « Le docteur G. disait n’importe quoi ! »
(voilà qui est rassurant ! )

Dimanche 5 février

J’arrive à l’hôpital à 9h30, je veux voir ma mère qui allait très mal hier, je m’assois avec un livre, aucun bruit. L’infirmière de service entre et me dit : « Vous n’avez rien à faire là, vous vous rendez compte si tout le monde faisait comme vous ? Et si c’était la clinique , vous auriez trouvé la porte fermée ! »

Pendant l’heure que j’ai passée dans la chambre, il n’y a eu aucun soin, je n’ai donc rien gêné.

Ce matin-là, ma mère n’a eu que du pain sec pour le petit déjeuner, elle ne peut pas manger de beurre, et il ne restait plus de confiture dans le service, ce sera son dernier petit déjeuner à l’hôpital !

Le soir, un autre cardiologue entre dans la chambre, l’infirmière me demande de sortir, je lui dis que je préfère rester. Le cardiologue ne dit rien, il ne dit pas bonjour à ma mère, ne la regarde pas , il va tout de suite examiner ce qui est affiché et nous assène : « œdème pulmonaire ».

J’essaie de lui parler de tout ce qu’elle a subi depuis le début, il n’a pas le temps. L’infirmière revient nous faire une théorie comme quoi le départ est un problème cardiaque, elle est très fière d’être aussi savante, on l’aurait préférée plus humaine !

Lundi 6 février

Nous attendons dans le couloir avec mes frères. Le cardiologue sort de la chambre, il est bien obligé de nous parler, il explique qu’il va renforcer le traitement contre l’œdème. Je lui demande comment il sait qu’elle a de l’œdème, il répond qu’il l’a vu à la radio, quelle radio ?
Elle n’a pas eu de radio depuis samedi midi, et ils n’ont parlé d’œdème que dimanche soir !

Un troisième cardiologue admettra le soir qu’il n’y pas d’œdème.

Dans l’après midi, l’infirmière vient changer la poche de la perfusion qui n’était pas la bonne !

Le soir, au moment du départ pour Nantes, les infirmières ajoutent de la pression en ne retrouvant plus la carte Vitale !

Un autre soir, une infirmière pose sur sa tablette un gobelet de médicaments qui sont pour un autre malade !

Conclusion

Est-il normal que les infirmières se disent entre elles : « Attention, aujourd’hui c’est le docteur Untel, il est de mauvaise humeur ! ».

Est-il normal que les patients se disent : « Attention, cette infirmière n’est pas commode ! »

Les soignants n’ont pas le droit d’être de mauvaise humeur, ça fait partie de leur travail de réconforter, d’écouter, c’est comme si on admettait que tel professeur est illettré !

Nous avons vraiment pris conscience de tous ces dysfonctionnements quand notre mère a été hospitalisée à Laënnec à Nantes : dès le premier jour, le médecin nous a reçus dans un bureau avec l’interne et l’infirmière, elle nous a écoutés, rassurés, et nous avons senti que notre mère serait respectée. Cela s’est confirmé pendant son séjour, les infirmières nous ont parlé en vérité, accompagnés, le médecin a pris le temps de s’asseoir au bord du lit de notre mère pour lui expliquer sa maladie.

Ça ne coûte pas plus cher à la Sécu quand le médecin dit bonjour et appelle le malade par son nom...

Nous ne voulons pas généraliser,
nous avons perdu notre frère en août dernier, il était en gastro à Châteaubriant, le médecin responsable, Mme Auduberteau a été très à l’écoute, nous avons pu parler à chaque fois que nous voulions, nous nous sommes sentis respectés.

L’équipe de soignants étaient également pleine d’humanité....
... ce qui nous laisse penser que, dans le cas de notre mère, l’attitude du médecin infléchit l’ambiance générale du service.

Nous sommes allés exposer la situation à la Direction de l’hôpital pour que d’autres malades, eux, ne soient pas victimes de tels dysfonctionnements.

Catherine Cherhal - Erbray

---------

Ecrit le 22 mars 2006 :

L’article de la semaine dernière (voir ci-dessus), a provoqué des réactions diverses ! Un lecteur écrit :

« Je ne mets pas en cause le récit de Madame Cherhal, mais je m’interroge sur l’intérêt de publier des propos subjectifs sur toute une page sans qu’aucune analyse, ni interrogation ne soit posée, de la part de la rédaction, sur les raisons qui peuvent amener à ces « dysfonctionnements » de prise en charge.

J’espère donc que La Mée lancera le débat sur la place et les moyens que la société doit donner aux structures de santé de nos jours »

Un autre lecteur s’interroge « sur les conditions de travail du personnel : depuis combien d’heures ils travaillent aux urgences , etc. Quant à dire que le personnel n’a pas le droit d’être de mauvaise humeur ... ça me parait excessif ! »

Un autre dit : « Il y a aussi plein d’exemples pour la clinique mais personne n’écrit. »

La Mée peut être le lieu de témoignages
et de débats à ce sujet.

Pour sa part le Centre Hospitalier demande le droit de réponse ci-contre :

 Droit de réponse

Une famille a fait paraître la semaine dernière un article dans le journal de la Mée suite à un décès.

Je m’associe au deuil de cette famille et comprends sa détresse dans ces circonstances difficiles, .

Cet article met en doute le professionnalisme et le dévouement du personnel de l’hôpital.

Je tiens à souligner, les témoignages spontanés de patients ou de leurs famille en font foi, que le personnel accompagne avec compassion et toute l’humanité possible de nombreuses familles tout au long de l’année. Il s’est senti, collectivement, touché par cet article.

Je rappelle que de nombreuses procédures de dialogue sont prévues par la loi et existent au sein du centre hospitalier. Le dialogue est en cours avec cette famille.

François Reyt,
directeur du Centre Hospitalier


Ecrit le 10 mai 2006 :

Hôpital : un appel d’offres a été lancé pour la restructuration (5300 m2) et l’extension (2200 m2) du Centre Hospitalier de Châteaubriant. Les travaux se dérouleront en 8 phases, sur une durée globale de 30 mois. Accueil, Urgences, pôle mère-enfant, consultations, bureaux de l’administration, restauration, espaces extérieurs, etc.


Ecrit le 8 novembre 2006 :

Au Centre Hospitalier de Châteaubriant les travaux de restructuration et d’extension auraient dû commencer en avril-mai 2006. Mais l’appel d’offres a été en partie infructueux ce qui a retardé les choses. Finalement tous les lots sont attribués pour un montant de 9 907 300 €. (au lieu des 9 300 000 € prévus). Parmi les entreprises choisies, 5 entreprises de Châteaubriant : Sauvager (voiries, réseaux), Jousselin (gros-œuvre), Corbin (métallerie, serrurerie), EMCG (cloisons), et Juret (Electricité). Espérons que le chantier s’ouvre vite ! Il doit durer 30 mois.


Assistantes sociales à l’hôpital


NOTES:

(*) ndlr : en somme il a été dit aux établissements publics :
1)- Cédez la chirurgie (rentable) au privé, on vous laisse la médecine courante.
2)- On diminue arbitrairement la valeur des autres actes : médecine, soins de suite, prise en charge des personnes âgées.

De nombreux médecins et responsables hospitaliers s’inquiètent des risques de dérives que pourrait entraîner ce système s’il amenait les hôpitaux à sélectionner leurs malades en fonction du coût de leur pathologie.