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Santé dans la région de Châteaubriant

Le suicide dans la région de Châteaubriant
Surmortalité à Châteaubriant
Projet médical pour la région de Châteaubriant

Ecrit le 31 mai 2006

 Surmortalité à Châteaubriant : + 12 %

Pourquoi mourir plus vite qu’ailleurs ?

En matière de santé, décidément, la zone de Châteaubriant bat tous les (tristes) records. Après le suicide et l’alcoolisme (relire La Mée du 24 mai 2006), voilà maintenant qu’on meurt davantage à Châteaubriant que dans la France entière !

Dans la période 1996-2000, quand il meurt 100 personnes en France, il n’en meurt que 94 dans les Pays de Loire, ce qui fait que la mortalité dans les Pays de Loire est inférieure de 6 % à la moyenne nationale. Mais ce bon résultat cache de forte disparités : Laval est à 87 %, Mayenne et Château-Gontier sont à 91 % quand Châteaubriant est largement en tête : 112 %, ce qui veut dire que, dans le territoire de Châteaubriant la mortalité est supérieure de 12 % par rapport à la moyenne nationale.

Une-Eliby-Sante

Cette surmortalité se retrouve pour de nombreux groupes de pathologies :
– ►+ 47 % pour les maladies du système ostéo-articulaire
– ►+ 33 % pour les maladies de l’appareil respiratoire
– ►+ 31 % pour les morts violentes
– ►+ 29 % pour les maladies infectieuses
– ►+ 26 % pour les maladies digestives

C’est surtout la surmortalité cardio-vasculaire et celle liée aux maladies de l’appareil respiratoire qui expliquent la surmortalité globale.

Cette situation défavorable est constatée depuis de nombreuses années puisque le taux comparatif de mortalité des habitants du territoire de santé de Châteaubriant est resté stable entre les années 1991-93 et 1998-2000. La baisse de la mortalité cardio-vasculaire au cours des années 90, observée dans le territoire de Châteaubriant, a été compensée par une tendance à la hausse de la mortalité par cancer.

 Cancer

Les cancers touchent des personnes relativement jeunes dans le territoire de santé de Châteaubriant, comme en France. Mais Châteaubriant est encore en tête des Pays de Loire : sur la période 1996-2000, la mortalité par cancer, dans le territoire de Châteaubriant, est supérieure de 8 % à la moyenne nationale.

Quelles sont les explications à cette surmortalité générale ? Bien difficile de le dire. Voici quelques éléments :

le nombre de places en maisons de retraites est exactement dans la moyenne départementale. Il n’y a donc pas afflux de personnes âgées venant de l’extérieur.
On sait que, globalement, le territoire de Châteaubriant est plus « vieux » qu’ailleurs. Cela explique-t-il la surmortalité ? Peut-être que oui ... peut-être que non quand on constate que, à âge égal (75 ans et plus), la mortalité est plus forte de 11 % à celle ob-
servée en moyenne en France. Châteaubriant est le seul territoire de santé de la Région Pays de Loire où la population âgée connaît une telle surmortalité.

 Evolution de population

Selon ce même rapport (1)

– . Sur la période 2005-2010 l’effectif des moins de 15 ans diminuerait sur le territoire de santé de Châteaubriant (2) : -4,3 % alors qu’il resterait stable au plan régional.
L’effectif des 15-44 ans diminuerait de 9,7 % (trois fois plus qu’au plan régional)
Le groupe d’âge des « plus de 75 ans » va augmenter de 13,2 %

– . A l’horizon 2030 la population du territoire de Châteaubriant devrait baisser jusqu’à 58 600 habitants (contre 60 700 en 2000)
– baisse de 36 % des moins de 44 ans
– hausse de 38 % des plus de 45 ans

(1) http://www.journal-la-mee.fr/IMG/distant/DocOff/sante_chateaubriant.pdf


Ecrit le 31 mai 2006

 Projet médical

Le projet médical (3), pour le territoire de Châteaubriant, a été remis à l’Agence Régionale de l’Hospitalisation (ARH) en juillet 2005. On peut y lire ceci .

Sur le territoire de santé de Châteaubriant on compte 325 lits et places, répartis en 98 lits de médecine (80 à Châteaubriant, 12 à Pouancé, 6 à Nozay), 25 lits de gynéco obstétrique, 72 lits de chirurgie et 10 places de chirurgie ambulatoire, 120 lits de soins de suite et réadaptation.

 Manque de lits

Le rapprochement avec la moyenne régionale confirme la sous dotation en lits du territoire de Châteaubriant, principalement en médecine (1 lit pour 1.000 habitants contre 1,8 au plan régional et 2 au plan national). Cette insuffisance en lits se double d’une sous dotation en moyens humains associés.

Avec 53 médecins généralistes sur le territoire, l’offre se situe dans la moyenne régionale. Certains cantons situés au sud et au nord-ouest du territoire sont plus nettement sous-dotés. La perspective des départs à la retraite fait craindre une situation très difficile à horizon 2010 et au-delà.

Le panel de médecins spécialistes est assez complet. Les lacunes concernent la dermatologie et l’ophtalmologie pour une partie du territoire.

C’est le cas également pour certaines professions paramédicales : kinés, infirmières et orthophonistes.

 Santé mentale

En matière de santé mentale, l’offre de soin est globalement insuffisante, en particulier en pédopsychiatrie, et en géronto-psychiatrie. Les capacités d’accueil en foyer d’accueil médicalisé, en centre d’hébergement et centre d’hébergement d’urgence, et en maisons de convalescence, sont limitées. Les actions de prévention de la maladie mentale et du suicide sont notoirement insuffisantes.

 Permanence des soins

En matière de soins, le projet médical regrette « l’arrêt de l’activité du CAPS après minuit qui, si elle s’étend progressivement à l’ensemble de la garde libérale, risque de fragiliser l’organisation existante au sein du territoire. »

Une-Eliby-Sante

 Fragilité

Le rapport note encore la fragilité actuelle du plateau technique (...). L’association des activités actuelles (médecine, urgences, maternité, chirurgie) forme un ensemble cohérent et suffisamment attractif pour y attirer des professionnels compétents et motivés, et cela malgré une démographie médicale difficile au plan national et aggravée à Châteaubriant par l’éloignement des grands centres.
Dans ce contexte, toute suppression ou limitation d’activité sensible serait de nature à fragiliser le plateau technique et à mettre son avenir en péril parce qu’il serait suivi de départs de médecins ou de chirurgiens.

Il est indispensable en particulier de conserver à Châteaubriant la cancérologie et la prise en charge des problèmes cardiaques aigus.

 Autres sujets de préoccupation :

– Prise en charge de la douleur
– Accompagnement des malades graves
– Soins palliatifs (personnes en fin de vie)
– Prévention du suicide
– Personnes âgées (accueil de jour, accompagnement à domicile, consultations mémoire, prévention des chutes et de la dénutrition, etc)
– Accès aux soins pour les populations précaires.
Le projet envisage aussi enfin, de favoriser l’accueil des internes et des assistants en fin de cursus de spécialité.

[On peut consulter ce rapport ici :
http://www.journal-la-mee.fr/IMG/distant/DocOff/Projet-medicalChbt.doc
– http://www.journal-la-mee.fr/IMG/distant/DocOff/Projet-medicalChbt.doc]


NOTES:

(1) http://www.journal-la-mee.fr/IMG/distant/DocOff/sante_chateaubriant.pdf

(2) Le territoire de santé de Châteaubriant comprend 8 cantons représentant une population de 61.000 habitants environ (recensement de 1999), soit 2 % de la population régionale. Il s’agit des cantons de Châteaubriant, Rougé, Saint Julien de Vouvantes, Moisdon-la-Rivière, Nozay, Derval, Guéméné-Penfao, et Pouancé (49)