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IFSI - Institut de Formation en Soins Infirmiers

Promotion avril 2012

Ecrit le 2 mai 2012

 Institut de formation IFSI

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A l’IFSI (institut de formation en soins infirmiers), la promotion de 41 jeunes a terminé ses trois ans de formation « un investissement physique et psychologique » : la directrice Mme AGLAVE a remis un diplôme à chacun des 38 reçus à l’examen. « Ce fut une excellente promotion, j’ai pu apprécier votre enthousiasme, votre authenticité, votre cohésion. Je vous souhaite de garder cette énergie pour assurer un service de qualité ». La formation a comporté 16 ou 17 stages pour chacun, soit la moitié du temps, permettant de bien vérifier l’engagement de chacun auprès des personnes malades, et l’acquisition des connaissances ».

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Présentation de la formation - janvier 2013

La formation est gratuite mais non rémunérée. Contact : 02 40 55 88 25

Site internet de l’IFSI
(malheureusement, ce site internet n’est pas accessible aux personnes handicapées).


Ecrit le 23 janvier 2013

 IFSI : un homme s’est étouffé

« Nous sommes bien ici, c’est une école qui a une âme » a dit un élève-infirmier de l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) de Châteaubriant, en expliquant : « Nous sommes souvent en groupes de 12 ce qui permet une formation individualisée. Les formateurs, qui suivent 4 ou 5 étudiants seulement, nous connaissent bien. Et il y a une forte solidarité entre les étudiants d’une même promotion ».

Samedi 12 janvier avait lieu une journée Portes Ouvertes, occasion de découvrir les lieux (l’amphi, la cantine, le centre de documentation …), de se renseigner sur les conditions d’accès, le financement, et aussi de découvrir « le laboratoire de compétences ». Des jeunes sont venus, motivés souvent, certains ont déjà une formation de premiers secours.

Apprendre à piquer Dans une salle, sur une paillasse, un bras coupé, une peau tendre gonflée çà et là par le passage de veines. « On essaie une piqûre ? » dit Caroline Deroche. Parmi les visiteurs, il y a des volontaires : se laver soigneusement les mains avec le sha (solution hydro-alcoolique), mettre les gants, préparer la seringue en utilisant une « tulipe » (corps de pompe), repérer la veine, piquer en donnant à la seringue un angle de 30 degrés, etc, etc. Faut pas trembler ! Et écouter ce que dit le malade qui sait bien, lui, que telle veine est plus facile que telle autre. Céline, étudiante de deuxième année, guide l’apprentissage.

Dans la salle à côté, on évoque la façon de réaliser une toilette « du plus propre au plus sale », mais surtout la relation avec la personne, la façon de respecter son intimité, de l’aider à faire par lui-même. « Certains nous laissent tout faire en partant du principe que nous sommes payés pour cela. Mais nous, nous essayons au contraire d’organiser l’autonomie du patient, car celui-ci a vocation à rentrer chez lui et à se débrouiller tout seul ». Petite info : pour les malades toujours allongés, il existe des chariots-douche ! Ah ! le plaisir de l’eau qui court ….

 AFGSU

Etouffement
Voici enfin la partie AFGSU : Attestation de Formation aux Gestes et Soins d’Urgence que présente Bernard Fauchard. C’est un diplôme indispensable pour les futurs infirmiers, qu’il faudra revalider tous les 4 ans. Il a été mis en place depuis 2007 en réponse à la désorganisation constatée, quelques années plus tôt, lors de l’explosion de l’usine AZF de Toulouse.

La séance commence bien : un bonbon pour tout le monde. Sympa ! Mais l’un des
visiteurs, tout à coup, fait preuve d’une grande agitation, tout rouge, il ne peut plus rien dire, il s’agrippe à sa voisine cherchant du secours : le bonbon est mal passé, il est en situation d’obstruction totale des voies respiratoires. Le groupe autour de lui s’agite, se demandant comment l’aider. Heureusement ce n’était qu’une mise en scène fort bien jouée par un élève-infirmier ! La formation s’appuie alors sur l’observation, détaille l’attitude à avoir, les gestes à accomplir.

Essai de la Méthode de Heimlich Une tape dans le dos, peut-être ? S’il s’agit d’une obstruction partielle, cela ne sert à rien (sauf comme geste d’amitié). S’il s’agit d’une obstruction totale, de fortes tapes dans le dos, entre les omoplates, peuvent aider, à condition que la personne soit penchée. Toute la formation, qui dure trois jours, est ainsi centrée sur les gestes à accomplir mais surtout, s’adressant à des professionnels, sur le pourquoi de ces gestes, pour aider à comprendre la situation et à adapter les réactions.... en sachant que, en situation d’urgence, chacun perd 50 % de ses moyens !

 Au delà des techniques

La formation d’Infirmier diplômé d’Etat se fait sur 4200 heures, et 900 heures de travail personnel. La formation d’aide-soignant dure 1500 heures. Il existe aussi de nombreux modules de formation continue. Il s’agit bien sûr d’apprentissages théoriques et de travaux pratiques. La sélection des étudiants se fait sur concours et entretien personnalisé.

Il importe en effet que l’étudiant ait réfléchi sur son propre comportement :

  • - Quelle est ma réaction en face de la souffrance de l’autre ? En face de la mort ?
  • - Que provoque en moi la vue du sang, l’odeur des pansements ou des matières fécales ?
  • - Pourquoi ai-je envie de faire ce métier ? Qu’ai-je envie d’apporter à l’autre ?

Car le métier va bien au delà des techniques et protocoles à respecter. Savoir faire une prise de sang ou un pansement, c’est facile. Mais tout ce qui entoure ces soins ne s’apprend pas : il se précise avec l’expérience, dans ce métier essentiellement humain, s’adressant à des personnes diminuées physiquement et parfois en situation de détresse. Il requiert, de la part du soignant, tout un don de soi.

Heureusement … et ….
… et malheureusement ! Car ce métier s’est construit, dans l’histoire, sur les valeurs ancestrales de service et de bénévolat, au point d’en demander trop au personnel : trop de présence le dimanche, les congés à interrompre si l’urgence l’exige, les plannings modifiés à la dernière minute, les heures supplémentaires non payées et non récupérées. On sait bien que ce personnel ne laissera pas tomber un malade si sa prise en charge n’est pas assurée par quelqu’un d’autre. Cela peut aller, alors, jusqu’à l’exploitation du personnel infirmier avec toutes les conséquences négatives que cela suppose car le mal-être des soignants engendre l’insécurité des patients.

Alors, à l’IFSI, les formateurs sont vigilants, dépistant les éventuels étudiants qui se seraient trompés de voie, ceux qui pourraient être dangereux pour les patients, ceux qui n’auraient pas la force de caractère pour pouvoir tenir le coup, personnellement, devant la violence, la maladie, la souffrance, la mort.

La formation à l’IFSI donne du personnel qualifié en qui les malades peuvent avoir toute confiance. Mais à quel prix ?

 Le mal-être infirmier

Le personnel soignant a un niveau de stress particulièrement élevé dû :

  • - à la volonté de donner des soins de qualité et une attention constante aux patients,
  • - à la crainte de faire une erreur,
  • - au cumul des tâches à réaliser dans des délais de plus en plus courts.

A la suite d’une enquête à laquelle ont répondu plus de 20 000 soignants, près d’un infirmier sur deux estime ne pas pouvoir assurer une sécurité des soins optimale à ses patients au regard de ses conditions d’exercice.

  • - Surcharge de travail (« trop de patients, manque d’effectif caractérisé, lourdeurs des tâches administratives »)
  • - Stress, épuisement (« alternances nuits/jours, pression de la rentabilité, difficulté de trouver des remplaçants y compris en libéral »)
  • - Manque de matériel ou moyens inadaptés.

Dans leurs revendications, ils mettent en priorité absolue les conditions de travail, puis la qualité et sécurité des soins, et classent en 3è priorité la rémunération.

75% des infirmiers interrogés approuvent la récente obligation de mettre à jour leurs connaissances cliniques chaque année, mais considèrent que cette mesure est difficile à faire respecter en raison de la pénurie de personnel et de la surcharge de travail en résultant. Ils souhaitent également que se développe « la prescription infirmière », (possibilité, par exemple, de prescrire des antalgiques). Enfin la quasi-totalité des personnels interrogés (95%) souhaite une reconnaissance officielle de la pénibilité du travail d’infirmier.

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