Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Police > Police - 2006 - le Kärcher

Police - 2006 - le Kärcher

<input
value="Suivante" type="submit"/>

Ecrit le 20 septembre 2006

 Nettoyer la CRS 7

Une fois n’est pas coutume : Nicolas Sarkozy est bien silencieux ! On ne l’entend pas condamner les exactions commises par certains jeunes. On ne l’entend pas promettre de nettoyer au karcher le foyer d’infection. On ne l’entend pas menacer d’envoyer les CRS.

C’est que ... y a de l’infection chez les CRS. Oh pas partout, heureusement !

14 septembre 2006 : on apprend que trois policiers de la « CRS 7 » sont poursuivis pour le racket présumé de chauffeurs de taxi en région parisienne et écroués. Contre l’avis du Parquet qui souhaitait leur incarcération, deux autres CRS ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer la profession pour l’un d’entre eux.

La main dans le sac

Les cinq hommes sont mis en examen pour « extorsion de fonds et tentative » : douze chauffeurs de taxis ont porté plainte directement auprès de la police des polices, affirmant que ces CRS les ont menacés d’un retrait de licence ou de points sur le permis de conduire, pour des infractions souvent imaginaires... et ont exigé, pour prix de leur « mansuétude » des versements en espèces pouvant aller jusqu’à 300 €.

Viols en compagnie

Cette affaire s’ajoute à l’affaire des viols qui touche la même compagnie de CRS : sept CRS sont accusés de viol et de proxénétisme, affaire révélée en décembre 2003 et pas encore jugée.

Joaquim Masanet, secrétaire général du syndicat Unsa Police, condamne les agissements de ses collègue, mais met l’accent sur leur jeunesse « Ils ont de 23 à 33 ans, il s’agit d’éléments très jeunes au sein du corps de police ».

Il regrette aussi le manque d’encadrement « sur une section de plus de trente fonctionnaires, on ne compte que trois gradés ». Il ajoute pourtant que « la Compagnie est parmi les corps de police celui qui est le plus contrôlé »

Il signale leur sentiment d’impunité : « Les prostituées étaient en situation irrégulière. Elles n’ont pas voulu porter plainte, et les CRS accusés aujourd’hui le savaient sans doute »

Enfin, tout en les condamnant, il s’adresse à eux gentiment en les traitant de « gamins » : « Je le répète, ces gamins n’ont plus rien à faire chez nous. Ils étaient là pour protéger leurs concitoyens, pas pour abuser de leur autorité »

Quant au Ministre Sarkozy, il se tait !

Libertés publiques

Maurice Rajsfus, président de l’Observatoire des Libertés Publiques, accuse :

« Les policiers ne sont pas des justiciables ordinaires. Les policiers ont des droits exorbitants devant la société et s’en arrogent souvent davantage sur le terrain. »
« J’ai répertorié dans la presse une cinquantaine de cas d’escroquerie et de vols entre octobre 1994 et janvier 2001. S’ajoutent les affaires de drogue et toutes celles non publiées. Chaque année, environ 2.000 cas sont traitées par la commission de discipline de la police »

De plus, d’octobre 1994 à décembre 2001, « une quarantaine de viols ont été commis par des policiers sur le bas-côté de routes, dans des fourgons de police » dit-il

Certains comportements sont inadmissibles :

– Un commissaire de police peut dire à la victime qu’elle n’a pas le droit de porter plainte contre un collègue.
– Un passant qui intervient peut se voir menacer d’interpellation pour outrage, incitation à l’émeute.
– Un policier qui voudrait dénoncer peut subir une mutation en représailles.

Les affaires qui mettent en cause des policiers sont encore trop peu médiatisées. Quand un policier se comporte comme un voyou, ça doit se savoir !

On entend dire généralement qu’il y a peu de brebis galeuses dans la police. C’est sans doute vrai mais on le croirait plus volontiers si les policiers-voyous étaient rapidement sanctionnés et si l’on n’était pas trop souvent témoin de bavures policières.

Pour Maurice Rajsfus, « une solution consisterait à supprimer la police en tant que profession. Elle devrait être une activité de quelques années. Cela permettrait d’éviter l’esprit de corps ».

« Mais c’est surtout au ministre de l’intérieur d’avoir assez de courage pour réformer les forces de l’ordre, les réduire et lutter contre la violence des policiers ».
B.poiraud

Source : http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060912.OBS1622.html

Selon Joaquim Masanet : les brebis galeuses représentent 0,0001% du corps de la police. Alors que, sur 100 000 policiers, il y a 9.500 blessés en mission par an, et 8 tués.Mais le sacrifice des uns ne rachète pas le mauvais exemple des autres.


Ecrit le 20 septembre 2006

 Lettre ouverte à NICOLAS SARKOZY, Ministre des libertés policières

Ce livre sera publié prochainement par les Editions Après La Lune(www.apreslalune.com)

LE CONTEXTE. La France sécuritaire de nos tristes années zéro, huit mois avant les présidentielles.

LES RAISONS DE LA COLÈRE. Les violences policières impunies, implicitement tolérées par l’attitude d’un ministre de l’Intérieur obsédé par le tout-répressif et la démagogie électoraliste.

LES FAITS. 24 juillet 2006, 19 h, avenue de Clichy, Paris 17e. Comment un banal contrôle routier peut conduire un citoyen à passer 3 h dans un commissariat, menotté aux poignets et aux chevilles, pour avoir contesté un PV bidon puis, dans un second temps, commis le gravissime délit d’outrage à agent (qui consiste à dire un gros mot à un agent assermenté), puis celui de rébellion (qui consiste à refuser de se laisser embarquer par douze flics déchaînés, violents, grossiers).

« Point culminant de cette bavure, la petite phrase qui fait froid dans le dos, entendue dans la bouche d’un flic au comportement de milicien, dont la matraque me taquinait les côtes : T’AS DE LA CHANCE QU’IL SOIT PAS PRÉSIDENT ! faisant référence, on l’aura compris, au ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, candidat aux élections de mai 2007. En attendant ma convocation au tribunal, et à cause de cette petite phrase de trop, j’ai décidé d’écrire à ce ministre de l’Intérieur qui a tendance à faire du ministère des libertés publiques le ministère de plus en plus exclusif des libertés policières, et de l’interpeller à mon tour, à propos de quelques questions essentielles sur l’avenir des libertés dans la République » dit l’auteur Jean Jacques Reboux. (1)

LE CONTENU DU LIVRE . Il se compose de 3 parties. « Dans un premier temps, j’ai tenté de décrire le mécanisme insidieux de la bavure (arrogance provocatrice des policiers, peur-panique du citoyen pris par surprise).

Ensuite, il m’a paru utile de dépasser mon cas personnel et laisser de côté ma dignité blessée pour aller à la rencontre des autres. Et prévenir : Attention, ce qui m’est arrivé peut arriver à chacun d’entre vous.

Et cela pourrait être bien pire encore après mai 2007 si d’aventure...
Je n’aurais, en effet, pas donné à cette missive une résonance publique si son destinataire n’aspirait aux plus hautes fonctions de la République. »

La troisième partie, enfin, est un glossaire intitulé : De la police, de ses coutumes, de son répertoire, et des différents moyens offerts par la société au citoyen pour se protéger des abus de certains de ses membres dévoyés.


Ecrit le 27 septembre 2006

  Le Préfet du 9.3 critique Sarko

« Quatre pages de colère froide et argumentée » : c’est ainsi que le journal le Monde, du 19 septembre, résume la lettre adressée, le 13 juin 2006 au directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, par le Préfet Jean-François Cordet.

Lire ici cette note

Contre qui, cette colère ? A entendre la plupart des médias, à partir du 19 septembre, il s’agirait s’une critique de l’action du Tribunal de Bobigny (14 juges des enfants) que préside Jean Pierre Rosenczveig. En fait les grands médias ont saisi le paragraphe sur le tribunal de Bobigny pour créer un écran de fumée ... sur le reste de la lettre qui les ennuie beaucoup.

Car il y a bien d’autres choses dans cette lettre ! Face à une montée de la délinquance dans son département (Seine Saint Denis), le Préfet conteste la réduction des effectifs de police : une « diminution très perceptible », depuis 2002, dit-il, alors même que la population augmente d’environ 5 000 personnes par an.

 Les CRS pour le foot et les ministres

Des policiers, il y en a dans ce département « 9.3 » mais une partie est affectée ... au Stade de France ! (25 à 30 soirées/an) et à la « sécurisation de visites ministérielles » (150 fois/an) dit encore le Préfet

Le Préfet met également en cause les modes d’intervention des CRS : « axés sur les contrôles d’identité essentiellement », ils ne permettraient pas, selon lui, une bonne prévention des violences urbaines.

Le Préfet relaie aussi dans son courrier l’« émoi » que suscite la « police des polices » : les investigations de celle-ci seraient « rudes et disproportionnées »

 Les pauvres !

Enfin le Préfet souligne la paupérisation d’une partie de la population et l’aggravation des inégalités : « la Seine-Saint-Denis représente 35 % de la pauvreté d’Ile-de-France ». « Confrontation permanente entre l’aisance des uns et la pauvreté des autres ». « Les écarts se creusent, les envies s’exacerbent » dit-il encore.

Il n’y a pas que le Préfet à dénoncer cette situation ! Selon Le Monde du 19 septembre, Jean-Christophe Lagarde (UDF) estime que sa commune était mieux servie sous le gouvernement de Lionel Jospin. « A l’époque, pour 65 000 habitants et 120 kilomètres de rues, j’avais trois véhicules de police la nuit. Aujourd’hui, je n’en ai plus qu’un. Il suffit qu’il y ait un accident de circulation et il n’y a plus personne. »

M. Lagarde ajoute : « je refuse d’avoir des CRS dans ma commune depuis mars. Alors qu’ils sont censés patrouiller dans les quartiers, ils ne font que du contrôle routier. Ils ridiculisent la République quand ils arrêtent les citoyens qui n’ont rien fait et ils n’agissent pas contre les délinquants ».

Gilbert Roger (maire de Bondy, PS) décrit les conséquences de l’abandon de la police de proximité par Nicolas Sarkozy : « Les jeunes savent qu’il y a des descentes de police. Mais ils savent aussi qu’entre deux interventions, il n’y a plus personne. ».

 Mais à qui profite la fuite ?

Qu’ils soient élus ou policiers, les acteurs de terrain de la banlieue nord de Paris partagent tout ou partie du constat alarmiste dressé par le Préfet du 93 : hausse des violences, baisse des effectifs de police, aggravation des inégalités. De plus, 28 préfets, au cours de l’été, ont noté une augmentation de la délinquance et des violences contre les personnes.

Mais qui a communiqué à la presse la lettre du Préfet,
qui datait du 13 juin ?

« Avec la divulgation de la note, [...] notre département est une nouvelle fois utilisé comme champ de manœuvres pour les ambitions politiciennes de monsieur Sarkozy », déclare Hervé Bramy, président PCF du Conseil Général de Seine-Saint-Denis dans un communiqué.

« En effet, comment ne pas penser que cette « fuite » prépare le terrain à un renforcement d’une politique du tout répressif contre les quartiers populaires, alors même que le candidat Sarkozy annonce, s’il devait être élu à la tête du pays, une société de privilèges accrus pour les nantis ? » dit encore Hervé Bramy.

Etrangement, mercredi 20 septembre, Nicolas Sarkozy a annoncé l’envoi de 300 fonctionnaires de police supplémentaires en Seine-St-Denis. Trois mois après la lettre du Préfet et le lendemain de la parution dans la presse ? Etrange !

 Tout prison ?

Beaucoup de gens imaginent que la prison est la solution à tous les problèmes de délinquance. C’est mal connaître le monde carcéral d’où, sauf exception, on sort plus délinquant qu’avant, surtout si, comme c’est le cas, on ne trouve à la sortie aucun travail, aucune « occupation » valable, aucun revenu correct.

M. Sarkozy renforce ce sentiment en attaquant publiquement la justice, coupable, à ses yeux, de ne pas incarcérer suffisamment. Ce faisant, il renforce avec démagogie e besoin sécuritaire des Français, sans pour autant résoudre les vrais problèmes.

Dessin de Leplacide.com

Mais à la limite, il s’en fout : il a réussi à détourner l’attention des Français vers la justice, alors que c’est la police qui est en cause ! Ce qui l’intéresse, lui, c’est d’apparaître comme un homme d’ordre et d’assurer son élection à la Présidence de la République.

Du côté des magistrats, les attaques de M. Sarkozy ont provoqué des réactions sans précédent de la part de Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation, de Jean-Louis Nadal, procureur général près la Cour de cassation, de Renaud Chazal, premier président de la cour d’appel de Paris

Par ailleurs, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a remis au président de la République un avis dénonçant les atteintes à la séparation des pouvoirs par Nicolas Sarkozy.

 Un audit en 2005

Selon Le Monde du 22 septembre 2006, un vaste audit du tribunal de Bobigny a été réalisé en 2005 par l’inspection générale des services judiciaires. Il montre qu’à Bobigny, en dépit de ses difficultés, la justice est loin de démissionner, au contraire : les magistrats y affichent une productivité répressive extraordinaire. Chaque substitut du procureur traite plus de 1 500 dossiers par an, contre moitié moins pour ses collègues de Paris. A la permanence « flagrants délits et garde à vue », deux substituts reçoivent chacun 42 appels journaliers de la police, affaires qu’ils traitent en 10 mn. A la permanence des enquêtes préliminaires, ce sont 85 affaires par jour, cinq minutes pour chacune. Le parquet des mineurs est le premier de France. En 2004, il a enregistré plus de 10 000 plaintes, deux fois plus qu’à Créteil ou à Marseille.
« Une réponse pénale est apportée à chaque acte de délinquance », écrivent les inspecteurs. Bobigny affiche un « taux de réponse pénale » de 83 % en 2005, en plein dans la moyenne nationale.


Ecrit le 11 octobre 2006

 Les gendarmes seront bouclés

voir par ailleurs

 Calcul

D’habitude, les manifs c’est « 10 000 selon les organisateurs et 4000 selon la police ». Mais les points de vue peuvent changer.

Selon Ouest-France du 3 octobre, un contrevenant a été pris en chasse par la police aux Mureaux, dans les Yvelines, le 1er octobre au soir. Aussitôt des voisins s’interposent : « Il y avait 250 personnes face aux forces de l’ordre, selon la police. 130 selon le parquet de Versailles. Pas plus d’une cinquantaine d’après d’autres témoins. Dans la confusion, le suspect a réussi à s’enfuir ».

 Médiatisation

Mercredi 4 octobre 2006, vers 6 h du matin, a eu lieu une intervention policière comme Sarko les aime : avec plein de policiers et de journalistes. Bilan, maigre : une seule personne arrêtée.

Mais tout n’a pas tourné comme il fallait : selon L’Express, des journalistes présents sur les lieux ont fait état de brutalités qui auraient été commises par les policiers lorsqu’ils ont pénétré, apparemment par erreur, dans le domicile d’autres familles. Selon Jérôme Moisant, secrétaire départemental du syndicat de la police-Force Ouvrière (SGP-FO), troisième organisation représentative des gardiens de la paix, l’opération de police menée aux Mureaux ressemblait « au débarquement des troupes américaines en Somalie ». « Les personnes recherchées n’étaient pas chez elles. Il aurait fallu plus de temps pour mener l’enquête, faire davantage de recoupements. Cette opération a été précipitée, elle était surtout destinée à montrer à l’opinion publique que les autorités ne restaient pas sans rien faire ». .

La Direction générale de la police nationale a été chargée d’expertiser les conditions dans lesquelles cette opération s’est déroulée.

 Au gnon de la loi

Mardi 19 septembre 2006, une « sauvage agression » à Corbeil-Essonne dans la cité des Tarterêts. Guet-apens, lynchage ... on a tout entendu. Et vu puisque l’un des policiers a été montré sur son lit d’hôpital. Cette agression est inadmissible.

Mais dimanche 17 septembre, six troufions du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers (Ariège), complètement bourrés, ont attaqué le commissariat de Laon (Aisne) parce qu’un de leurs camarades avait été interpellé à la suite d’un rodéo en voiture dans les rues de la ville. Coups, menaces de mort, un policier blessé. Mais juste un petit écho de 5 lignes dans Le Figaro du 18 septembre. Et Sarkozy n’a rien dit. Trois des militaires agresseurs ont été libérés, les trois autres ont été condamnés à quelques centaines d’euros d’amende avec quelques semaines de prison avec sursis.


 La face Karchée de Sarkozy

Présentation de l’éditeur : Une enquête documentée et approfondie, un scénario dense et acide, un dessin virtuose : une BD de salubrité publique à l’approche des élections présidentielles !

L’aspect sérieux de l’enquête n’enlève rien à la dérision avec laquelle le sujet est traité. Néanmoins, en arrière-plan, c’est toute l’histoire politique française de ces dernières décennies qui est racontée comme un savoureux thriller.

JPEG - 21.4 ko
Sarko-Karcher

Sur 128 pages, de la réalité de ses origines familiales à la prise de l’UMP, de son enfance ’difficile’ à ses rapports avec Jacques CHIRAC, de ses premiers pas en politique à ses amitiés médiatiques, de l’élimination féroce de ses rivaux à l’exploitation de sa vie privée, de ses traverséesdu désert à ses ascensions fulgurantes, de BALLADUR à VILLEPIN, du Kärcher aux ’affaires’, ce sont 50 ans de la vie du candidat Président qui sont retracés avec minutie et humour.

La face karchée de Sarkozy , par Philippe Cohen, Richard Malka, Riss Ed Fayard - 15 €

Bavures

Une bavure est si vite arrivée

(dessin de JL Aulnette - 02 99 50 11 80)

Poulets trop cuits


NOTES:

(1) un article de Jean-Jacques Reboux dans Rue 89 :
http://www.rue89.com/2008/02/04/lattache-de-mariani-par-mail-elsa-on-repond-a-ce-con