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Abolition des privilèges ?

Ecrit le 12 décembre 2018

 Yves Daniel porte la parole de ses concitoyens

Dans un communiqué du 3 décembre (arrivé trop tard la semaine dernière pour que nous puissions le publier), Yves Daniel déclare :

Des mouvements sociaux exceptionnels secouent la France. Des citoyens s’expriment sur les réseaux sociaux et dans la rue, appelant le Gouvernement à entendre leurs souffrances. Si l’expression citoyenne et la revendication sont des droits inaliénables, je condamne avec force les violences et les dégradations.

De mes rencontres   avec des représentants des Gilets Jaunes d’Ancenis et de Châteaubriant et des nombreuses personnes me faisant part de leur détresse, j’ai surtout retenu : OUI il faut réformer le pays MAIS écoutez-nous et surtout répondez à nos attentes fortes d’équité et de justice.

Je comprends leurs revendications. Être élu parlementaire, c’est représenter les concitoyens de ma circonscription, c’est demander l’écoute active du Gouvernement, être force de propositions, trouver des solutions et les défendre. C’est pourquoi je choisis de m’exprimer publiquement aujourd’hui dans le but d’aider et de participer au dialogue.

J’attends, au sein de la majorité, des réponses à court et moyen termes aux revendications et pour ma part, je propose :

- La suspension de l’augmentation des taxes sur le carburant durant un moratoire des taxes sur l’énergie.
- L’évaluation urgente de l’efficacité du dispositif de suppression de l’ISF.
- La suppression de la taxe d’habitation pour tous à compter du 1er janvier 2019 (compensée par l’État à l’euro près).
- L’introduction de plus de justice dans la progressivité de la CSG.
- L’organisation d’une conférence citoyenne ou d’états généraux sur le pouvoir d’achat.

Je partage l’objectif de tout mettre en œuvre pour que le travail paie avec une juste répartition des résultats, sans oublier nos concitoyens aux ressources les plus modestes. L’économie doit être réellement au service de l’Homme et non l’inverse, tout en protégeant notre environnement. Préservons la solidarité et l’équité pour tous et avec tous.

Yves Daniel - 09 67 06 38 17

 Panique en haut lie u

Panique au gouvernement. Dissensions entre le Président et le Premier Ministre, parti majoritaire divisé, surenchères de l’opposition. « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ». Elle est cassée. Alors, en désespoir de cause, le gouvernement farfouille au fond du magasin des accessoires, recherchant une concertation, un semblant de concertation là où, naguère, il préférait le pouvoir jupitérien : consultation des chefs de parti, débat à l’Assemblée, réunion avec les syndicats — l’espoir d’une « sortie de crise » accrochée à un moratoire sur la taxe gasoil ?

« Voilà où en sont les « élites » : incapables de seulement voir qu’il n’est plus temps, que c’est tout un monde qui est en train de partir en morceaux, le leur, qu’on ne tiendra pas pareille dislocation avec du report de taxe ou des taux minorés, bien content si les institutions politiques elles-mêmes ne sont pas prises dans l’effondrement général. Car il ne s’agit pas d’un « mouvement social  » : il s’agit d’un soulèvement » dit l’économiste Frédéric Lordon dans Le Monde Diplomatique. « Ceci d’autant plus que, comme il a été noté, la singularité de ce mouvement tient à ce qu’il porte désormais l’incendie là où il n’avait jamais été, et là où il doit être : chez les riches. Et sans doute bientôt, chez leurs collaborateurs  ».

Tous les pouvoirs sont ébranlés, à commencer par les grands Médias, et les organisations syndicales. Tous ont compris que la violence paie, celle des casseurs patentés, mais celle aussi des braves-gens-enragés qui ont découvert la violence policière, dont on leur avait parlé mais qu’ils ne croyaient pas possible contre eux.

Les forces policières aussi sont ébranlées. Des CRS, épuisés, se mettent en arrêt maladie. D’autres ne comprennent pas pourquoi, dans certaines manifs on leur demande de tout laisser casser pour que le mouvement soit impopulaire et, cette fois-ci «  on nous demande de jeter de l’huile sur le feu ». «  Dans les comptes rendus opérationnels le nombre de lacrymos ou de Flash-Ball utilisés, on est à des niveaux exceptionnels, alors qu’on a vécu des manifestations beaucoup plus dangereuses pour nous où on avait interdiction d’utiliser les Flash-Ball ». D’autant plus que l’état physique des fonctionnaires de police n’arrange pas vraiment les choses et la petite prime promise par Macron a fait l’effet d’un su-sucre humiliant.

Sur certains points le gouvernement a reculé : La hausse de la taxe carbone sera bel et bien retirée du budget 2019, Le Premier ministre a confirmé que le SMIC bénéficiera d’une augmentation de 1,8% au 1er janvier 2019, en vertu de la hausse légale. Le premier avril, la prime d’activité sera quant à elle augmentée de 30 euros pour les bas salaires. Edouard Philippe s’est également dit favorable à la défiscalisation de la prime de fin d’année, versée aux salariés par les entreprises. Il a promis le gel des augmentations des tarifs du gaz et de l’électricité cet hiver, du moins jusqu’au 31 mars. Les nouvelles modalités du contrôle technique des véhicules seront reportées de six mois. La prime de Noël sera versée vers le 15 décembre. Enfin un débat est relancé sur l’impôt sur la fortune.
Il faut bien lâcher du lest quand le bateau coule !

 Les syndicats

Les organisations syndicales, divisées depuis des années, ont su publier un communiqué commun. « Quand les blés sont sous la grêle, Fou qui fait le délicat, Fou qui songe à ses querelles, Au cœur du commun combat » écrivait Louis Aragon.
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, et FSU se sont retrouvées le jeudi 6 Décembre 2018 pour échanger sur l’actualité sociale. Elles rappellent que, depuis des mois, face aux inégalités sociales et territoriales, elles ont réclamé des politiques publiques permettant plus de justice sociale. Elles rappellent aussi que, depuis des mois, elles ont appelé le gouvernement à les écouter à travers un véritable dialogue social.

Aujourd’hui, dans un climat très dégradé, la mobilisation des gilets jaunes a permis l’expression d’une colère légitime. Le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue. Nos organisations s’y engageront, chacune avec ses propres revendications et propositions, en commun chaque fois que cela sera possible. Les sujets du pouvoir d’achat, des salaires, du logement, des transports, de la présence et de l’accessibilité des services publics, de la fiscalité doivent trouver enfin des débouchés concrets, créant les conditions sociales d’une transition écologique efficace parce que juste.

Le dialogue et l’écoute doivent retrouver leur place dans notre pays. C’est pourquoi nos organisations dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications. La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations. Cela suppose qu’elles soient larges, ouvertes et transparentes, au niveau national comme dans les territoires.


 Mantes la jolie

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

Des vidéos montrant plus d’une centaine de mineurs, pour beaucoup lycéens, à Mantes-la-Jolie, agenouillés, face contre un mur, certains les mains sur la tête, humiliés par des policiers, sont insupportables et ont profondément choqué.

Au-delà de l’indignité d’un tel comportement de représentants des forces de l’ordre, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) dénonce ces agissements illégaux, en violation de l’ordonnance du 2 février 1945 sur les mineurs et des garanties accordées à toute personne interpellée.

Quelles que soient les tentatives de justification du parquet de Versailles et du gouvernement, la LDH rappelle qu’aucun principe de sécurité ou d’ordre public ne saurait primer sur les droits de l’enfant ni autoriser des humiliations d’Etat.