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Et si on parlait … des femmes ?

Ecrit le 19 décembre 2018

Noël : les chrétiens célèbrent la naissance d’un enfant nommé Jésus, envoyé par son père, Dieu, pour sauver les hommes. [soit dit en passant, Dieu, s’il existe, a mis du temps pour envoyer son fils. On estime que les premiers hommes sont apparus sur terre il y a trois millions d’années, l’homo sapiens dont nous descendons serait apparu il y a 200 000 ans. Jésus, lui, n’est venu qu’il y a 2018 ans ….]. Bon, passons, notons seulement que Jésus serait né d’une femme nommée Marie. Et si Noël était aussi la fête des femmes ?

Ah ! Les femmes ! Leur situation reste encore bien difficile et les démarches d’émancipation sont longues.

Lassées de voir la Bible utilisée pour légitimer une « soumission des femmes », une vingtaine de théologiennes protestantes et catholiques se revendiquant également féministes se sont réunies pour publier « Une Bible des femmes ». Le projet a été lancé à Genève par Elisabeth Parmentier et Lauriane Savoy, deux enseignantes de la Faculté de théologie fondée il y a plus de quatre siècles (1559) par Calvin, le père du protestantisme francophone. «  Nos chapitres scrutent des errances de la tradition chrétienne, des occultations, des traductions tendancieuses, des interprétations partiales, des relents du patriarcat qui ont pu mener à nombre de restrictions, voire d’interdits pour les femmes  ».

Les théologiennes abordent ainsi la Bible à travers différentes thématiques : le corps, la séduction, la maternité, la subordination... Elles prennent également soin de replacer les textes dans leur contexte et leur portée, notamment quand elles relisent certaines lettres envoyées par Saint Paul aux communautés chrétiennes naissantes contenant des passages pouvant facilement être lus comme radicalement antiféministes. « C’est comme si on prenait des lettres que quelqu’un envoie pour donner des conseils en considérant qu’ils sont valables pour l’éternité c’est pour ça qu’on se bat contre une lecture littéraliste qui prend les textes au premier degré », affirment-elles.

 Les femmes Harédis

En israël, il existe une secte ultra-orthodoxe nommée Haredim, « les craignant-Dieu ». Les hommes y ont une pratique religieuse particulièrement forte, ils rejettent « la modernité » et consacrent leur temps à l’étude des textes religieux, en évitant la perte de temps d’un travail laïque. Le mot haredi vient du mot « peur ». Le haredi est, étymologiquement, celui qui est « terrifié » à l’idée de violer une des 613 mitzvot (prescriptions). Cela pousse ces juifs ultra-orthodoxes à accepter un contrôle social très poussé, la plupart du temps dans des quartiers séparés. Chaque Juif pieux doit se donner un rabbin, qui guidera sa vie, dans les moindres détails. De même, tout rabbin réfère lui-même à son propre rabbin. L’habillement des femmes est strictement régulé, d’après une interprétation stricte des règles de la “tsniut” ou “pudeur”. De la clavicule aux genoux et aux coudes inclus, chaque centimètre de peau doit être couvert à tout moment, ainsi que la chevelure des femmes mariées ; les pantalons sont interdits.

Quand les hommes sont à l’étude, les femmes sont au travail. Elles s’occupent des enfants (elles en ont souvent beaucoup) et sont responsables de la survie matérielle du foyer. Les femmes de cette communauté, qui représente environ 10 % de la population israélienne, souffrent notamment de discriminations salariales, de violences domestiques, d’oppression de la part des rabbins. Le pourcentage de mortalité pour le cancer du sein y est deux fois plus élevé que dans le reste de la population, car les examens préventifs sont considérés comme « indécents ». Sujettes à une grande pression sociale, les femmes harédis peinent trop souvent à faire valoir leurs droits. Elles gagnent en moyenne 35 % de moins que les autres travailleuses israéliennes.

Les Israéliennes sont candidates aux élections depuis longtemps dans les autres partis et les pratiquantes juives moins orthodoxes ont gagné leur bataille en 2013 pour pouvoir prier avec les hommes devant le mur des Lamentations à Jérusalem. Mais les femmmes harédis ne figurent pas dans les listes de leur communauté. C’est pourquoi, fin 2014, huit d’entre elles ont créé le parti Be’Zhutan (« par leur mérite » en hébreu) pour revendiquer leur représentation à la Knesset, le Parlement israélien. Une évolution se fait, mais très lentement. « La réponse classique que nous avons est que les femmes haredis ne veulent pas être candidates et que si elles le souhaitent alors cela veut dire qu’elles ne sont pas assez religieuses » !

 St Aignan sur Roë

Selon La Croix du 14/11 : La quasi-totalité d’une petite congrégation religieuse féminine française, est au cœur d’un conflit ouvert avec la hiérarchie ecclésiastique depuis plus de deux ans. 34 des 39 religieuses des Petites sœurs de Marie, mère du Rédempteur, un institut religieux dont la maison mère se trouve à Saint-Aignan-sur-Roë (Mayenne) ont adressé un courrier collectif à la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de vie apostolique, le dicastère romain en charge de la vie religieuse.

Les membres de cette congrégation, dont les membres sont répartis entre deux monastères en Mayenne et deux autres dans le diocèse de Toulouse, avaient reçu il y a quelques semaines un ultimatum en provenance de Rome. Face au refus de la part des religieuses d’accepter l’autorité de sœur Geneviève Medevielle, la commissaire nommée par le Vatican pour prendre la tête de la congrégation le temps de régler le conflit, le dicastère romain leur avait donné jusqu’au 7 octobre pour le faire, au risque de devoir subir les graves conséquences de leur désobéissance, pouvant aller jusqu’à être relevées de leurs vœux et renvoyées à l’état laïc.

Il semblerait que les religieuses menacées par cette sanction aient préféré prendre les devants. Se pose désormais la question du devenir de ces religieuses, de même que de celui de celles restées fidèles à Rome. Les dysfonctionnements au sein de la communauté sont apparus à l’occasion d’une visite canonique régulière, en 2016, en amont du chapitre général, prévu en 2018. Les conclusions du rapport ont à l’époque fait état de «  problèmes de gouvernance  ». Un document sévère dont la réception par les sœurs avait été difficile, renforçant les tensions avec l’évêque de Laval, Mgr Thierry Scherrer. En juin 2017, l’évêque et la congrégation en conflit ont demandé à Rome de reprendre le dossier. Des commissaires apostoliques ont été nommés par le Vatican en septembre 2017, mais les religieuses ont refusé de reconnaître leur légitimité et ont posé des recours.

Une visite canonique par les commissaires a eu lieu au printemps 2018, mais celle-ci n’est pas parvenue à apaiser la situation. Alors que le compte rendu de cette visite, donné en présence des sœurs le 30 juin dernier, était apparu moins sévère que le précédent rapport, les religieuses se sont indignées que les décisions de Rome restent inchangées, et que les commissaires gardent temporairement la responsabilité de la congrégation.

[Ndlr : ces sœurs sont responsables de trois Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de la région, il leur est reproché d’être trop traditionnelles, un “manque d’ouverture”, un excès de temps de prière et un fonctionnement hiérarchique jugé autoritaire et par trop vertical. On peut se demander s’il n’y a pas deux poids deux mesures quand on voit la façon dont de hauts responsables de l’église sont seulement « admonestés » pour des abus sexuel, abus d’autorité et abus spirituel. Lire à ce sujet un article de La Croix : voir le site abus