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Pôle de santé public-privé

Scanner et radio

scanner
Hôpital : l’imagerie médicale

Ecrit le 14 févrer 2002 :

  Scanner : Une gésine de neuf années

Le scanner a ouvert officiellement à Châteaubriant le 21 janvier 2002 et a été inauguré le 4 février. Dans son allocution, le Docteur Garnier a signalé que la première demande d’achat d’un scanner, par des radiologues privés, date de 1995, « Que de réunions, que d’énergie perdue » a-t-il dit, laissant ainsi sous-entendre que, d’autorisation ministérielle en décision rectorale, il y a eu bien des complications administratives. C’est la faute de l’Etat, n’est-ce pas ?

Remontons quand même le cours de l’histoire.

En 1994, La Mée rappelait que selon les « indices de besoin », le ministère de la santé avait fait savoir, en février 1993 que l’implantation d’un scanner pouvait être envisagée à Châteaubriant. Le Centre Hospitalier avait aussitôt réalisé une étude de faisabilité en prévoyant son utilisation par le secteur public comme par le secteur privé. Oui mais les radiologues privés avaient d’autres exigences : ils voulaient que les frais d’acquisition et d’installation du scanner soient à la charge exclusive de l’hôpital, de même que les frais de fonctionnement, et surtout que le scanner ne soit pas implanté dans les locaux de l’hôpital. Il avait été question d’aménager les locaux de l’ancien hospice à cet effet.

Les radiologues privés parlaient même d’un scanner mobile qui se déplacerait entre Châteaubriant, Segré, Nort sur Erdre, etc.

Ces exigences ont considérablement retardé les choses et la « fenêtre administrative » ouverte en mai 1994 s’est refermée. Celle de décembre 1994 aussi ! Pas de scanner pour Châteaubriant !

Le 17 octobre 1994, par un vœu à l’unanimité, les 24 communes du Pays de Châteaubriant  , à l’initiative   d’Emile Marion, maire de Moisdon, demandent l’implantation du scanner dans les locaux de l’hôpital. En novembre 1994 une pétition est lancée par les syndicats, toujours pour une implantation à l’hôpital. Le 6 décembre il y avait 8682 signatures. « Il a fallu mouiller sa chemise pour les obtenir » rappelle une militante.

Dans les mêmes temps le SROS (schéma Régional d’organisation Sanitaire) prévoit toujours un scanner pour Châteaubriant.

Le Directeur de la Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale, venu à Châteaubriant le 23 décembre 1994, rappelle que le scanner doit être installé DANS l’hôpital et pas à proximité. L’année 1995, année d’élections, passe sans que le scanner montre le bout du nez.

C’est finalement le 18 janvier 1996 qu’on apprend, lors de la cérémonie des vœux à l’hôpital, que les radiologues privés de Châteaubriant, en s’associant avec des praticiens des environs, demandent que le scanner leur soit attribué. Le Centre Hospitalier de Châteaubriant présente en même temps son propre projet et offre des locaux disponibles à côté du service de radiologie et des urgences. Une « fenêtre administrative » est ouverte en juin 1996 : le projet de l’hôpital obtient 4 voix, le projet des radiologues privés obtient 1 voix, le reste se partage entre absences et abstentions. La « fenêtre administrative » se referme. Toujours pas de scanner pour Châteaubriant

C’est alors que le député Ducoin, qui normalement siégeait au Conseil d’Administration de l’hôpital (présidé par Martine Buron), mais qui n’y venait jamais quand il était question du scanner, se manifeste en disant qu’il va réunir les parties concernées pour trouver un terrain d’entente : un lieu « neutre » à égale distance entre la Clinique et le Centre Hospitalier

Le 8 octobre 1996, les autorités de tutelle rappellent la nécessité d’une implantation « qui évite l’utilisation d’une ambulance pour certains hospitalisés » et se refusent à trancher entre les demandes de l’hôpital et du cabinet radiologique privé.

En décembre 1996, tout est encore bloqué. 5000 tracts sont distribués par le Comité Local de Promotion de la Santé, le Comité de Défense du Service Public et l’intersyndicale CFDT-CGT.

En Janvier 1997 les radiologues privés reçoivent un coup de CROSS (commission régionale des œuvres sanitaires et sociales) sur la tête : par 19 voix (et une abstention), la CROSS dit : il faut une entente entre le public et le privé. Du côté du privé, justement, la division commence à s’installer entre les ultralibéraux jusqu’auboutistes et d’autres plus conciliants qui commencent à admettre que le scanner soit dans les locaux de l’hôpital.

1997, le ministre de la santé rappelle que l’installation d’un scanner sur le pôle de Châteaubriant est une priorité régionale. Le 6 mars 1997, lors d’une réunion à la Sous-Préfecture, les radiologues privés veulent encore la construction d’un bâtiment neuf, qui communiquerait avec le service des urgences de l’hôpital mais qui aurait une entrée indépendante.

11 février 1999, on apprend que le scanner sera acheté par les radiologues privés, et qu’il ne sera pas implanté avant l’automne, étant donné les délais d’obtention d’un permis de construire, toujours pour un bâtiment annexe de l’hôpital. Des castelbriantais font part de leur désespoir et de leur dégoût « C’est un véritable camouflet pour le comité qui nous a fait signer des pétitions, pour les syndicats, pour les usagers, pour la mairie qui n’a pas su ou pu négocier » (cf La Mée du 10 février).

En juillet 2000, on apprend que le scanner est repoussé de 6 à 8 mois et que d’importants bouleversements sont prévus, la Clinique venant utiliser les bâtiments de l’hôpital pour son service chirurgie, tandis que l’hôpital rachèterait les vieux bâtiments de la Clinique.

Arrive alors l’année 2001 , année d’élections municipales (perdues cette fois par l’équipe de Martine Buron).

Juin 2001 : la Clinique a perdu sa belle santé financière. Elle finit par accepter la constitution d’un « pôle unique de santé, public-privé » sur le site de l’hôpital. En juillet 2001 est prévue la reconstruction de la Clinique sur le site de l’hôpital, et on reparle du scanner. L’annonce d’un accord Clinique-Hôpital est fait officiellement au Conseil Municipal du 12 décembre 2002. La Clinique sera effectivement sur le site de l’hôpital en 2005 (dans les actuels locaux du service de médecine) et l’hôpital reconstruira des locaux pour son service de médecine.

Finalement le scanner privé est DANS les locaux du centre hospitalier public, sans qu’il y ait eu besoin de construire un nouveau bâtiment. Il est tout-à-côté du service des Urgences et ouvre directement sur les autres services de l’hôpital. C’est ce qui était souhaité 9 ans plus tôt ... Tout est bien qui finit bien ... du moins si le scanner privé respecte effectivement les obligations du service public.


Ecrit le 25 janvier 2006

 Hôpital
nouveau service d’imagerie médicale

Lors d’une conférence de presse, le 17 Janvier 2006, la direction du Centre Hospitalier de Châteaubriant, (M. Reyt directeur, Mme Paul ingénieure travaux, Mme Gaston directrice du personnel et M. Marion cadre) accompagnée de deux radiologues privés (MM. Challe et Nadjior) a présenté le nouveau service d’imagerie médicale

Dans le cadre de la restructuration Public Privé, une convention a été signée le 1er décembre 2005 entre le Centre Hospitalier, la Clinique et le cabinet de radiologie de la ville (8 praticiens radiologues). Cette convention dit notamment que : « ...tous les actes d’imagerie médicale diagnostique ou interventionnelle que requiert l’état des patients pris en charge en hospitalisation, en consultation externe ou en urgence par le Centre Hospitalier et la Clinique Sainte Marie... » se feront à l’hôpital.

Ainsi c’est un service public qui fonctionne en partie avec des praticiens privés.
–  les locaux sont publics,
–  le matériel est public
–  le personnel hospitalier est public
–  les radiologues sont privés

La service d’imagerie médicale (la radio, comme on dit) fonctionne tous les jours de 9 h à 18 h. En dehors de ces horaires, les radiologues effectuent des heures d’astreinte à leur domicile.

Les praticiens radiologues sont payés à l’acte mais abandonnent environ 60 % à l’hôpital, pour faire face aux locaux et au matériel (entretien, rénovation ultérieure, etc)

Au plus vite

Cette nouvelle organisation, mise en place au 1er janvier 2006, doit permettre de répondre le plus vite possible aux demandes émanant des urgences, de l’hospitalisation (publique et privée) mais aussi des consultations médicales (hôpital ou médecine de ville).

Selon la CFDT, de nouveaux investissements ont eu lieu :
« - en moyens techniques : une nouvelle table de radio numérisée utilisant les dernières technologies.
– en moyens médicaux (2 radiologues présents toute la semaine et une garde assurée 24h124h)
– en moyens paramédicaux supplémentaires (manipulateurs radio + 2,5 temps plein secrétaires +1 temps plein) »

Capteur plan

Le Centre Hospitalier a donc acheté une table de radio « à capteur plan numérique » qui a de multiples avantages :
– . Elle réduit la durée des opérations (ce qui permet au Centre Hospitalier de rester dans trois salles de radio)
– . Elle envoie 4 à 5 fois moins de rayons
– . Elle diminue la manipulation du malade.

En effet l’équipement est entièrement informatique, la table d’examen est coulissante, le dispositif de radio peut se placer, à la demande, horizontalement ou verticalement et même sous la table d’examen ! Les clichés sont visibles immédiatement sur écran d’ordinateur ce qui permet, si nécessaire, d’ajuster les prises de vue.

Désormais, en le demandant à son médecin traitant, toute personne peut venir soit en urgence soit sur rendez-vous, faire, sur le site du Centre Hospitalier, les examens de Radiologie demandés.

Le Centre Hospitalier dans le cadre du Secteur I (pas de dépassement d’honoraires) peut aussi assurer la prise en charge du ticket modérateur.


NOTES:

(1) Vocabulaire :Le mot scanner vient du verbe anglais : to scan qui veut dire scruter

Dans Tomodensitométrie, il y a la racine tomos, qui en grec veut dire « morceau coupé » - Et puis il y a « densité », parce que le scanner utilise la densité des tissus du corps. On peut souvent distinguer un tissu sain d’un autre, ou d’un tissu atteint, en fonction de leur densité.