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Police partout, sécurité nulle part

Ecrit le 25 février 2009

 Police partout ... sécurité nulle part

La police s’invite chez Emmaüs   à Marseille

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Dessin de Moon - 06 87 32 7

Le 17 février 2009, l’arrestation d’un sans-papiers accueilli par la communauté Emmaüs   de Marseille s’est transformée en opération policière avec garde à vue d’un responsable, et perquisition dans les locaux pour chercher des personnes ayant « des noms à consonance étrangère »

Emmaüs   France proteste contre ce qui constitue une grave atteinte au principe de l’accueil inconditionnel qui pourtant avait été solennellement rappelé par le Président de la République dans son discours devant le Conseil Economique et Social le 17 octobre 2007. (1)

L’abbé Pierre est bien mort

« Depuis 60 ans, Emmaüs   accueille des personnes en souffrance non pas par charité, mais par solidarité, pour que, par leur travail et la vie en communauté, elles puissent retrouver leur dignité. Ces personnes sont accueillies sans réserve ni contrôle. Elles viennent simplement chercher un toit et un lieu pour sortir de la détresse. C’est la mise en application de la devise de no-tre fondateur [l’Abbé Pierre] : « toi, qui que tu sois, viens m’aider à en aider d’autres plus malheureux que toi » ».

« La criminalisation des centres d’accueil comme des communautés Emmaüs   est inacceptable. Une telle perquisition est de nature à fragiliser gravement ces populations démunies » dit le communiqué.

Emmaüs   Auxerre aussi

A Auxerre, un sans-papiers, M. Dos Santos « malade et gravement handicapé, était venu en toute confiance pour un rendez-vous pris le 3 février dernier » à la caisse primaire d’assurance maladie d’Auxerre « pour examiner son dossier social » et se renseigner sur l’aide médicale d’Etat. « Au lieu de cela, vos services ont appelé la police qui est venue procéder à son interpellation sur place », dénonce le président d’Emmaüs  -Yonne.

Le Parti socialiste a condamné l’opération menée au sein de la communauté Emmaüs   : « Il n’est pas acceptable de pouvoir instaurer dans notre société un climat de peur, de chasse et de dénonciation à l’égard de nos concitoyens les plus en difficulté ». Médecins sans frontières, l’Armée du salut, la Cimade et la Ligue des droits de l’Homme ont exprimé leur soutien à Emmaüs  .

 La police à l’école

La gendarmerie nationale est venue dans plusieurs écoles primaires de l’Hérault (à la demande de la direction de l’Education nationale ?) pour vérifier si les enseignants de CM2 faisaient bien passer les évaluations du Ministère. Ils voulaient savoir si des parents occupaient l’Ecole pour empêcher le déroulement de ces évaluations. Ils ont demandé aux directeurs des écoles de leur fournir le nom de parents, le cas échéant, ainsi que leur propre nom s’ils laissaient des parents occuper « leur » école.

Les gendarmes cherchaient également à connaître l’identité des enseignants qui n’ont pas fait passer ces évaluations.

Par ailleurs, ces mêmes gendarmes sont présents lors des réunions d’information et de concertation, lors des assemblées générales et des réunions entre l’Inspection de l’Education Nationale et les enseignants. Lors d’une de ces réunions, des parents ont souhaité s’exprimer, les gendarmes ont fait évacuer l’assemblée dans un calme relatif.

« Ces actions sont-elles en accord avec l’idée que nous avons de l’école ? Sommes-nous fliqués au sens propre comme au figuré dans les écoles ? » demandent les enseignants.

Source :
http://toulouse.indymedia.org/spip.php?article33985

Ces évaluations sont les ex-évaluations d’entrée en 6e, que l’on fait passer aux CM2 en janvier. Elles vont donc mesurer des compétences erronées puisque le programme de CM2 n’est pas terminé en janvier...Les résultats de ces évaluations seront forcément « mauvais », ce qui légitimera toutes les réformes en cours.

 Lounis relaxé

Il s’appelle Lounis Ibadioune, il vend l’Humanité Dimanche depuis vingt ans sur le marché populaire de la Goutte d’Or à Paris. On le reconnaît facilement avec son éternel bonnet rouge. Mais on n’a pas idée de porter un tel nom !

Opiniâtre, il a de multiples engagements au service des autres. Il donne de son temps au Secours populaire   français. La nuit, il travaille et le dimanche matin, il est là, comme 6 000 autres diffuseurs militants en France.

Mais le 4 février 2007, quatre policiers du 18e arrondissement de Paris, interpellent Lounis et lui dressent un procès-verbal pour « vente de marchandises dans un lieu public sans autorisation ». L’Humanité Dimanche, reléguée au rang de vulgaire marchandise sur un procès-verbal policier et Lounis traité comme un petit malfrat ! Faut le faire ! Lounis Ibadioune refuse de payer l’amende, il est convoqué au tribunal pour le 18 février 2009.

La loi Bichet de 1947 dit pourtant, en son article premier que « la diffusion de la presse est libre ». La loi 2004-1343 du 12 septembre 2004, publiée au Journal officiel le 10 décembre 2004, lève toute restriction à la vente des journaux à la criée.

Le 18 février, l’avocate Nadège Magnon rappelle le contexte : les faits se sont déroulés en pleine campagne présidentielle, alors que toutes les forces politiques étaient sur les marchés pour une grande confrontation démocratique. Dès lors, pourquoi Lounis ? Pourquoi l’Humanité Dimanche ? Pourquoi un militant communiste ? Elle réfute ensuite le fait que Lounis puisse être assimilé à un colporteur puisqu’il est militant et qu’il reverse tout le produit de la vente à « son journal ». L’occasion de rappeler que l’équilibre économique du titre repose en partie sur le fait qu’il puisse être diffusé bénévolement.

Aux magistrats, maître Nadège Magnon rappelle ensuite la Déclaration des droits de l’homme, qui proclame la liberté de diffuser des idées, ainsi que les lois sur la presse de 1881 et 1947 qui rendent la presse libre.

Nulle autre solution ne restait au juge que de proclamer la relaxe. Dans la salle d’audience devenue théâtre d’une pièce trop grande pour elle, c’est la liesse.

« Je suis content de cette belle victoire contre la criminalisation du militantisme et je remercie tous ceux qui m’ont soutenu et à travers moi l’Humanité et l’HD », a déclaré Lounis.

Le rédacteur en chef de l’HD, en a profité pour remercier tous les diffusueurs bénévoles, « passeurs d’idées qui font partie intégrante de la vie de nos journaux ».

Source : http://www.humanite.fr/Relaxe-Victoire-pour-Lounis-Ibadioune

Contrôles au faciès


NOTES:

(1) « Quand quelqu’un est dans la rue, on ne va pas lui demander ses papiers », avait alors déclaré le chef de l’Etat. Se disant favorable à un accueil « inconditionnel » en centre d’hébergement d’urgence, Sarkozy avait conclu par ces mots : « Toute autre politique est absurde et n’aura donc pas mon soutien ».

Tu causes, tu causes ........