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Il y a urgence démocratique

Ecrit le 6 février 2019

Il y a urgence démocratique

fl5 Amis de la démocratie participative et du far aux pruneaux, bonjour !

fl5 Aujourd’hui on ne peut que constater que la démocratie représentative est en crise dans la plupart des démocraties occidentales. Est-ce une raison pour en conclure que la bonne alternative est le modèle de la démocratie directe ? Les citoyens votent sur tous les sujets et pourraient donc se passer de représentants élus... Il existe une autre voie : favoriser la démocratie participative.
Elle est préférable car, au niveau national, le fonctionnement par référendum a toutes les chances de renforcer ce qu’une étude sur les sondages d’opinion a montré : le poids des arguments idéologiques, la constitution d’opinions binaires, interdisant de réfléchir à la diversité et à la complexité des choses, l’exacerbation des peurs et des émotions, le manque d’informations (ou la sensibilité à la désinformation)… Toutes choses qui risqueraient fort d’écraser tout véritable débat sur leur passage.

On tomberait dans une caricature de démocratie, le règne des émotions et de la politique par slogans, et finalement un boulevard pour les populismes de droite et de gauche. Ce type de fonctionnement ne susciterait aucun débat réel entre les gens qui vivent ensemble. On voit déjà sur quoi débouchent les pseudo-débats sur les réseaux sociaux qui engendrent la démocratisation de la méchanceté. Et où les propagandistes et complotistes en jaune y propagent les infox en tous genres...
Une gouvernance par référendum au niveau national risque donc de bipolariser encore plus les opinions et de conflictualiser encore plus les relations sociales. Mais au niveau local, il apparaît comme l’issue logique d’un débat au cours duquel des personnes qui vivent ensemble dans un espace donné ont réellement discuté, confronté leurs avis et recherché ensemble une solution à des problèmes qui touchent leur vie quotidienne. Il constitue ainsi un des leviers d’une démocratie participative qui présenterait l’énorme avantages d’impliquer réellement les citoyens, en les amenant à davantage se parler entre eux, donc également à admettre plus facilement la diversité des points de vue et à rechercher plus naturellement des compromis.

En pratique, il se heurte toutefois à tout un système de gouvernance qui brille par son immobilisme, malgré une façade de constante « modernisation ». L’antique conception du pouvoir de type autocratique domine toujours (une fois qu’on a le pouvoir, on le partage le moins possible). Le chef décide et l’intendance suit…
il y a urgence à admettre qu’il faut véritablement instaurer davantage de participation et de délibération dans la vie politique de notre pays,
On doit même parler d’une urgence démocratique à l’heure où les populismes, les nationalismes et les extrémismes gagnent du terrain un peu partout, conduisant à un recul des libertés et des droits fondant la démocratie.

Philou


Ecrit le 13 février 2019

Tout est relatif et inversement

fl5 Amis du grand débat national et de la potée auvergnate, bonjour !

fl5 En France, le souci des inégalités rend invisible la pauvreté. Après de longs mois à répéter que les gilets jaunes «  souffrent », qu’ils sont « dans la détresse  » et n’arrivent pas à « joindre les deux bouts  » ou à «  remplir leur frigo  », peut-on encore parler de ceux qui vivent avec 1,90 dollar par jour ? Les médias ont récemment donné les noms des milliardaires qui posséderaient autant que la moitié de l’humanité mais n’ont pas dit un mot des pauvres. Car l’opinion publique s’intéresse surtout aux très riches : les 3 % les plus riches des Français font partie des 1 % les plus riches au monde. Aux États-Unis, ils sont 12 % à appartenir à cette catégorie.

Il y a quand même de bonnes nouvelles : la proportion des pauvres dans le monde a drastiquement baissé. Voici quarante ans, elle dépassait 40 %. Aujourd’hui, seuls 10 % de la population mondiale vit avec 1,90 dollar par jour. La moitié de ces personnes résident en Afrique.

Nombre de gens pensent que vivre en France n’est pas vraiment une chance quand on fait partie des classes populaires. L’économiste et spécialiste des questions de pauvreté et d’inégalité, B Milanovic est le premier à avoir estimé l’étendue de l’inégalité des chances à l’échelle mondiale. Il a analysé les revenus disponibles des ménages dans 118 pays. Il voulait savoir si les 1 % les plus pauvres au Brésil, par exemple, sont plus riches que les 1 % les plus pauvres en Inde. Ces comparaisons tiennent compte des prix dans chaque pays, comme l’indique l’expression « parité de pouvoir d’achat (PPA). Puis, il les a réordonnés à l’échelle du monde. Pour la France, les données de la Banque mondiale montrent que 62 % des Français appartiennent aux 10 % les plus riches du monde !

Si l’opinion publique s’intéressait plus aux Français pauvres, elle s’étonnerait alors que malgré leur position, plutôt à l’écart du reste de la distribution nationale, leur pouvoir d’achat ressemble à celui de la classe moyenne mondiale, dont la plus grosse partie vit en Chine. Au-dessus des 3 % les plus pauvres en France, les 97 % des Français appartiennent aux 30 % les plus riches du monde.
B Milanovic a estimé que le lieu de naissance explique 80 % des inégalités mondiales. Par conséquent, si le hasard vous a fait naître en France, vous avez de la chance. Car, quels que soient vos efforts personnels, le pays où vous êtes né détermine vos perspectives de revenu.

fl5 Le Revenu de Solidarité Active doit assurer un niveau minimum de revenu aux personnes sans ressources. Son montant varie en fonction des ressources. Mais la CAF tient compte des aides familiales reçues par le bénéficiaire : si vous aidez un enfant pour qu’il paie son loyer, transport nourriture, etc on diminue son allocation alors que vous l’aidez justement parce qu’il n’a pas les moyens de vivre même avec le RSA  … Une situation ubuesque !

Philou