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PLEIN, PLEINE

Ecrit le 13 février 2019

Après nous être intéressés au mot plain, examinons les nuances de son homo-nyme : plein.

Le mot plein vient du latin plenus, adjectif qui signifie plein, entier, complet, riche, abondant ainsi que replet, gros, corpulent.

Sa famille comporte entre autres les mots plénitude, plénipotentiaire (qui a les pleins pouvoirs), les termes gram-maticaux complément et pléonasme (surcharge verbale) ainsi que les verbes remplir, emplir, compléter. Nous verrons qu’il est aussi employé comme nom (faire le plein d’essence ou de nourriture, faire le plein des voix), comme adverbe : il est mignon tout plein cet enfant et comme préposition : il lui a donné plein d’argent.

Plein entre dans toutes sortes d’expres-sions courantes, telles : il a plein de soucis, la coupe est pleine, il en a plein le dos, plein les bottes, plein les pattes, il en a plein les poches, il parle la bouche pleine, il paie plein tarif, la maison est pleine comme un œuf ainsi que dans des locutions proverbiales : « aux innocents les mains pleines », « quand le vase est trop plein, il faut bien qu’il déborde » et dans une phrase célèbre de Montaigne « Tête bien faite vaut mieux que tête bien pleine  ». Lorsque quelqu’un en a plein la bouche, quand il parle d’une personne, c’est qu’il l’admire au plus haut point mais quelqu’un qui en met plein la vue aux autres est plein de lui-même.

Dans le langage familier : démarrage plein pot ! Il est plein aux as ! En plein dedans ! Il est plein de vin ! [et plein de vie]

On l’emploie pour décrire une situation spatio-temporelle : en plein été, en plein soleil, en plein jour, en pleine nuit, la pleine lune, en plein vent ou faire une allusion à quelqu’un qui ne vit pas « avec son temps » : il vit en plein Moyen Age.
Et il est présent dans le domaine du droit, en particulier celui du travail : travailler à temps plein ; en pleine propriété, et celui de la politique : les pleins-pouvoirs.

L’adjectif plein est souvent suivi de la préposition de : yeux pleins de larmes, vase plein de fleurs, au marché, il y a toujours plein de monde, dictée pleine de fautes, morceau de musique plein de fausses notes, monument plein de caractère.

En zoologie, on dit d’une jument, d’une chatte, d’une truie, d’une vache qu’elles sont pleines quand elles sont gestantes. En médecine, quand le pouls est plein, c’est que l’artère est dure, bien remplie.

En parlant d’une personne, on parle d’un cou, d’un visage pleins et de joues pleines, quand ils sont potelés, charnus. Une voix est pleine quand elle est forte et bien marquée : lorsqu’on chante à pleine voix, on chante avec toute la puissance de la voix.

Enfin les gants de luxe sont fabriqués dans une peausserie pleine fleur et certains livres de prix sont reliés (en) pleine peau.

Certains puristes ont émis l’hypothèse que dans l’expression la fête bat son plein (au sens d’être au plus fort de son activité), le mot son était un nom et non un adjectif possessif, et le mot plein, un adjectif et non un nom, à l’image d’une cloche qui battrait (un) son plein, ce qui donnait au pluriel : les fêtes battent son plein. Les linguistes s’accordent pour dire que cette hypothèse est une erreur et qu’il faut dire et écrire les fêtes battent leur plein, étant donné que l’expression se rapporte au langage maritime : la mer bat son plein quand elle bat le rivage à marée haute.

DEVINETTE : que signifie l’expression « porter plein » ?

REPONSE à la DEVINETTE du dernier numéro de La Mée : c’est de la commune de La Plaine-sur-mer que la ville de Préfailles s’est détachée pour devenir une commune à part entière.

Elisabeth Catala