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Mais oui, tout va bien ...

Ecrit le 30 janvier 2019

Enfin ça dépend pour qui ! Selon l’ONG Oxfam, la concentration de la richesse s’est encore accentuée en 2018, 26 milliardaires ayant désormais entre leurs mains autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité. « Le fossé qui s’agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l’économie et alimente la colère dans le monde », affirme Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International.

A la veille du Forum économique mondial de Davos qui rassemble tout le beau monde de la politique et de l’économie, Oxfam révèle dans son rapport « Services publics ou fortunes privées » qu’en 2018 la fortune des milliardaires de la planète a augmenté de 12 % représentant un gain quotidien cumulé de 2,2 milliards d’euros, tandis que la richesse de la moitié la plus pauvre de la population mondiale – soit 3,8 milliards de personnes – a chuté de 11 %.

Pour Pauline Leclère, porte-parole d’Oxfam France : « Après les Etats-Unis, la France est le pays qui a connu la plus forte progression de millionnaires en 2018. Aujourd’hui, en France, 8 milliardaires français possèdent autant que les 30% les plus pauvres. La responsabilité des gouvernements est sans équivoque : loin de s’attaquer aux inégalités, ils les aggravent d’un côté en allégeant allègrement la taxation des entreprises et des plus fortunés, et en renonçant à combattre l’évasion fiscale tandis que de l’autre, ils sous-financent les services publics, au détriment des plus pauvres et des femmes notamment. Celles-ci compensent le manque de services publics par davantage de travail domestique non-rémunéré. ».

En France, en 2018, les 5 % les plus riches détenaient 40 % des richesses nationales. Et les 1% les plus riches en détenaient 20,6 %.

Depuis la crise financière, le nombre de milliardaires dans le monde a presque doublé : ils étaient 1 125 en 2008, et 2 208 en 2018.

Le taux nominal maximum moyen de l’impôt sur le revenu des particuliers dans les pays riches est passé de 62% en 1970 à seulement 38% en 2013.

Les grandes fortunes dissimulent 7 600 milliards de dollars aux autorités fiscales et l’évasion fiscale des multinationales prive les pays en développement de 100 milliards de dollars chaque année.

« Le sentiment d’injustice est très fort aujourd’hui et il repose sur une réalité économique et sociale particulièrement grave. La fiscalité a été détournée de l’un de ses objectifs nobles et principaux : celui d’aider à construire une société inclusive, à rendre l’économie plus humaine. Emmanuel Macron ne manque pas une occasion de déplorer l’ampleur des inégalités et en a fait le thème central du G7 dont il prend la présidence cette année. Il est temps qu’il se mette à l’écoute des 99 % des Français et non des 1 % les plus riches et qu’il mette en œuvre des réformes fiscales en ce sens !  »
Ce rapport peut être consulté ici ;
voir le site rapp-oxfam


 Un impact désastreux

En ce mois de janvier 2019, l’association ATTAC, en partenariat avec l’Observatoire des multinationales, a publié le rapport « Les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète ».

Ce rapport révèle que les bénéfices cumulés des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 9,3% et les dividendes versés aux actionnaires de 44% entre 2010 et 2017.

Sur la même période, les impôts versés par ces entreprises ont baissé de 6,4% et leurs effectifs ont diminué de 20%.

Le bilan est sans appel : les politiques « pro-business » menées par les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années ont principalement bénéficié aux multinationales, à leurs dirigeants et leurs actionnaires au détriment de l’emploi et des finances publiques.
Ce rapport peut être consulté ici :
voir le site attac-cac40


 Un cadeau pour la peine

Une affaire secoue actuellement le Japon, et Renault en France : l’arrestation de Carlos Ghosn, PDG de Nissan-Renault, le 19 novembre dernier au Japon, soupçonné notamment d’abus de biens sociaux et de fraude fiscale. Dans ce petit monde de la finance internationale, il plane des euros par millions et on parle d’opérations financières et immobilières réalisées aux quatre coins du monde, Paris, Tokyo, Rio de Janeiro, Amsterdam et Beyrouth. Turpitudes d’un homme ? Ou manifestation d’un système de gouvernance où règnent l’opacité et l’absence de contre-pouvoirs ?

L’homme est en prison, vivant le même régime que les autres détenus… soumis à un système pénal en contradiction totale avec nos règles européennes« qui »bafoue des principes fondamentaux des démocraties" (comme dit Me Leclerc, Défenseur des Droits de l’homme qui dénonce ces conditions pour Ghosn comme pour tous les Japonais).

C.Ghosn n’est plus PDG de Renault-Nissan mais il a droit à des indemnités pour ses années passées chez Renault. Combien ? Difficile de le savoir car sa rémunération est une pièce-montée composée d’une part fixe, d’une part variable et d’actions gratuites. Peut-être 30 millions d’euros. C’est là que le droit entre en conflit avec la morale ! Est-il moral de percevoir des sommes pareilles ?

Enfin, Carlos Ghosn pourra bénéficier d’un régime de retraite supplémentaire (ou retraite chapeau) pour un montant estimé à 800.000 euros par an. Le dirigeant déchu fêtera ses 65 ans le 9 mars prochain et pourra alors en théorie faire valoir ses droits.


 Des revenus indécents

En échange des tâches qu’ils effectuent dans leur travail, les gens reçoivent un salaire. Son montant varie selon le métier, le poste, l’ancienneté, l’expérience, l’entreprise, etc. Il y a des personnes qui touchent quelques centaines d’euros (ils sont nombreux) et d’autres, des centaines de milliers d’euros (ils sont peu nombreux…). Tout en bas de l’échelle, si on ne prend que ceux qui travaillent 35 h par semaine (le temps « complet »), il existe un minimum : le « Smic » rapporte aujourd’hui 1 200 € net par mois. Les personnes à temps non-complet perçoivent moins encore. Tout en haut, il n’y a pas de limite : certains dirigeants d’entreprise perçoivent 100 000 € par mois, d’autres beaucoup plus.

Les très très gros revenus ne sont pas des salaires mensuels, mais des primes, des revenus de droits à l’image, de droits d’auteur, ou des revenus financiers tirés d’un patrimoine élevé (vente d’actions, plus-values immobilières, etc.). Ces sommes sont parfois colossales avec de nombreux avantages en nature : logements, repas, chauffeurs, etc. À titre d’exemple, la chanteuse Beyoncé a touché 105 millions de dollars (90 millions d’euros) en 2017.

Les discours des catégories dirigeantes et culturellement privilégiées ne dupent pas les moins favorisés. Ces derniers demandent des actions concrètes et visibles pour, enfin, améliorer leur situation, à l’école, au travail et en matière de niveau de vie notamment. Faire en sorte que le décalage entre ces catégories et celles du haut de la hiérarchie ne se creuse pas davantage est une urgence au moment où les tensions sociales se font entendre.

Sans compter qu’en donnant un peu plus aux salariés en bas de l’échelle on donnerait un bon coup de pouce à l’économie nationale en relançant la consommation.

Prendre en compte le malaise des classes populaires et moyennes, c’est aussi faire en sorte de ne pas mépriser cette partie de la population qui peine à boucler les fins de mois, et surtout réfléchir sérieusement à une meilleure répartition de la richesse, en veillant notamment à répartir l’effort de contribution sur l’ensemble de la population. C’est une meilleure justice devant l’impôt qui doit être envisagée.

Une réforme pour un système fiscal plus juste devient une nécessité. C’est aussi à ce prix que les tensions sociales diminueront, ou pas.
Source : voir le site inegalites.fr