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Un lycée « à la carte »

Ecrit le 6 février 2019

Une quinzaine d’enseignants ont distribué des tracts jeudi 31 janvier 2019 sur les rond-points à proximité du lycée public de Châteaubriant :

La communauté éducative du Lycée Polyvalent Môquet-Lenoir de Châteaubriant s’alarme de la Réforme des Lycées annoncée pour la prochaine rentrée de septembre 2019. Classes surchargées, horaires de cours par discipline revus à la baisse, réorganisation pédagogique totalement à l’aveugle et généralisée. «  Une coquille vide » selon les enseignants inquiets et révoltés par le manque de concertation autour de ces réformes.

Faute d’un volume d’heures d’enseignement suffisant en Lycée professionnel, l’orientation des élèves vers les études supérieures, en particulier le BTS, sera grandement compromise. En Lycée Général et Technologique, l’objectif gestionnaire est évident : rentabiliser les enseignements en ne proposant que peu d’options par lycée. Cela sera d’autant plus problématique sur un territoire comme Châteaubriant où les établissements sont peu nombreux.

Pour tous les enseignants, l’objectif du ministère est clair : réaliser des économies de personnel, et préparer le terrain pour une école inégalitaire, privatisée, et concurrentielle, bien éloignée du « lycée d’excellence » souhaité par M. Blanquer.

NDLR : le nouveau lycée « à la carte » c’est, entre autres choses, la fin des filières telles qu’on les connait aujourd’hui. À la place, les élèves disposeront d’un tronc d’enseignement commun accompagné de spécialités qui ne seront pas disponibles sur tout le territoire. Il y aura sept spécialités « de base » (mathématiques, physique-chimie, SVT, langue vivante, français-philosophie, histoire-géographie, sciences économiques et sociales) représentées partout. Quatre autres spécialités seront réparties par bassin géographique (sciences de l’ingénieur, numérique et sciences informatiques, arts, langues et culture de l’Antiquité). Une 12e spécialité, l’agronomie, est réservée aux lycées agricoles. L’ambition du nouveau lycée est claire : «  Plus de liberté, plus de choix, et plus d’accompagnement  », comme le rappelle le ministre dans une courte vidéo à destination des lycéens, diffusée le 10 décembre sur les réseaux sociaux.

Ceux-ci pourront désormais choisir trois matières de spécialité en première, deux en terminale. Les élèves pourront en principe aller suivre un enseignement dans un autre lycée, ou bien changer de lycée. En zone urbaine, où les établissements sont proches, ce sera un peu plus facile même si cela pose aussi des soucis d’emploi du temps. Mais en zone rurale, les lycées sont parfois distants de 30 à 60 kilomètres, ce qui posera des problèmes de déplacement !

Lors du vote au Conseil supérieur de l’éducation, le 21 mars 2018, la réforme du baccalauréat a reçu quarante voix contre et dix-neuf voix pour – plus onze abstentions. Devant ce même conseil, le 12 avril 2018, la réforme du lycée a recueilli cinquante-trois voix contre et dix voix pour – plus sept abstentions.
Les personnels de direction, par la voix de leurs syndicats, ont exprimé leurs inquiétudes : renforcement des inégalités entre établissements, risques de suppressions de postes, manque d’information, organisation des emplois du temps quasi impossible... Les élèves de lycée ont manifesté et manifestent leur opposition. Le personnel enseignant a manifesté et manifeste son opposition. Qu’à cela ne tienne, les réformes seront mises en place à partir de la rentrée 2019.