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Mée-disances de novembre 2009 (1)

Ecrit le 4 novembre 2009

 Biens mal acquis

Libération.fr du 29/10 : La chambre de l’instruction de la cour d’appel a jugé irrecevable la plainte de l’ONG Transparence International, spécialisée dans la lutte contre la corruption, déposée en décembre 2008. Celle-ci visait les conditions d’acquisition d’un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois chefs d’État africains – Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt chef d’État gabonais Omar Bongo, ainsi que par certains de leurs proches.

D’après l’ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d’État en France s’élèverait à 160 millions d’euros. Le clan Bongo possèderait à lui seul une trentaine de luxueux appartements ou maisons.

Pour Transparence International, « il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d’État au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics ».

La doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, avait donné en mai son feu vert à l’ouverture d’une enquête mais le Parquet avait fait appel de la décision, estimant que le plaignant n’avait juridiquement pas d’intérêt à agir.

Ndlr : bien mal acquis profite bien souvent ! (voir aussi Brèves de clavier)

 Pauvres patrons français

Le Figaro du 29/10 : Malgré une diminution de 17% des revenus par rapport à 2007, les patrons français restent en moyenne les mieux payés d’Europe. Le cabinet PrimeView a analysé les rémunérations des soixante-cinq dirigeants français les mieux payés et a comparé l’évolution de leurs revenus avec la performance de leurs entreprises respectives. La croissance des bénéfices par action et leur régularité, la rentabilité financière, l’évolution du cours de Bourse et la variation de la marge brute sont autant de critères retenus par le cabinet d’études.

D’où un hit-parade totalement original où les PDG des plus grosses multinationales ne sont pas forcément aux premières loges. La preuve avec par exemple Nonce Paolini chez TF1 (66e), Carlos Ghosn chez Renault (75e), ou Frédéric Oudéa à la Société Générale (133e), tous frappés par la crise. Les résultats de cette comparaison laissent ainsi apparaitre qu’un quart des grands patrons a un salaire élevé par rapport aux performances de sa société. Henri de Castries, le président du directoire d’Axa, a par exemple vu son salaire fixe s’apprécier de 20% en 2008, parallèlement à une chute des bénéfices de 83% pour le groupe d’assurance. L’ex-PDG de Valeo, Thierry Morin, a quant à lui perçu 1,7 million d’euros de salaire fixe en dépit des lourdes pertes enregistrées par le groupe industriel.
Je m’ai trompé

Du NouvelObs.com du 27/10 : L’Assemblée nationale a annulé lundi 26 octobre au soir, par un nouveau vote exigé par le gouvernement, la taxe additionnelle sur les banques, adoptée de justesse trois jours avant grâce notamment au député UMP Jean-François Lamour, qui a ensuite affirmé s’être « trompé » dans son vote.

Didier Migaud a regretté que l’Assemblée ne soit pas allée « jusqu’au bout » sur cette proposition de taxation « de bon sens et de justice ». […] « Regardez ce qu’a déclaré samedi le président de la Fed », a-t-il ajouté. Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a souhaité que le secteur financier, sauvé de la faillite à coup de centaines de milliards d’argent public, soit taxé pour les risques qu’il fait peser sur la collectivité. […]

Ndlr : ça sert à quoi un Parlement ?

 Lycéenne expulsée

De l’Humanité.fr du 27/10 : Nanette Alanhi Bangofa se rendait tranquillement en cours. Cette jeune fille de dix-neuf ans est en première année de BTS compta-gestion au lycée Jules Siegfried dans le 10e arrondissement de Paris. D’origine congolaise, Nanette est arrivée en France en 2007. Sa mère bénéficie d’une carte de séjour résident de dix ans, son père est décédé.

Pour sa majorité, la préfecture de police de Paris lui offre… une obligation de quitter le territoire. Sans argent pour payer un avocat, elle ne fait pas appel. Mercredi matin Nanette est arrêtée par les forces de l’ordre à la gare du Nord. […] Elle est directement emmenée à l’aéroport d’Orly où elle est mise à bord d’un avion pour Casablanca, puis Brazzaville. Malgré ses demandes réitérées, les policiers ne la laissent pas prévenir sa mère. Ce n’est qu’une fois arrivée sur place qu’elle a pu lui téléphoner.

Aujourd’hui Nanette se retrouve démunie à Brazzaville, elle n’avait sur elle que deux euros et son sac de cours. Contactée par téléphone, elle ne cesse de répéter : « faites quelque chose, je ne peux pas rester ici ».

Le vendredi suivant, 200 élèves du lycée Siegfried se sont rendus à la préfecture de police de Paris pour demander son retour. Contactée, la préfecture a signalé au Réseau éducation sans frontière (RESF)qu’elle n’avait aucune trace de cette expulsion. La mère de Nanette a dû montrer son billet électronique pour prouver que sa fille était bien à Brazzaville…

RESF s’inquiète du durcissement préfectoral vis-à-vis des jeunes sans-papiers. « Une pluie d’obligations de quitter le territoire s’est abattue sur les jeunes majeurs ces dernières semaines », dénonce Brigitte Wieser qui précise qu’il s’agit de la première expulsion d’un lycéen depuis août 2006.

Ndlr : c’est peut-être ça, aussi, l’identité nationale ?

 Séguin tacle Sarko

De Marianne du 29/10 : Interrogé sur le scandale de l’aménagement de bureaux présidentiels incluant des douches, au Grand Palais à l’occasion du sommet de Paris de l’Union pour la Méditerranée et pour la seule durée du sommet — 4 heures — Philippe Seguin affirme : « c’est bien de faire des économies, et en particulier de liquider les bijoux de famille, de vendre à tout va... mais encore faut-il le faire à bon escient ! » - « On a liquidé l’immeuble Kléber où aurait pu avoir lieu cette rencontre sans dépense excessive. Maintenant, chaque fois qu’on a un sommet, il faut faire une opération du type du Grand Palais : au bout de quelques somets, on aura dépensé ce qu’a rapporté la vente. »
Argument imparable et d’autant plus acide que, mercredi 28 octobre, le porte-parole du gouvernement déplorait que Paris n’ait plus de centre international de conférence... alors que c’est Nicolas Sarkozy qui a procédé à la vente de l’immeuble Kléber !

Pour Philippe Séguin, la chasse est ouverte ! Indépendant, disposant des riches compétences de la Cour des comptes, tout se passe comme s’il avait décidé d’employer cet outil à décrédibiliser méthodiquement les réformes Sarkozy par l’outil de l’expertise. Par exemple, quand il dénonce les niches fiscales, il reconnaît que « c’est une vraie question » de savoir si leur démantèlement peut se faire sans toucher au sacro-saint bouclier fiscal.

« Si Philippe Seguin voulait torpiller l’UMP de l’intérieur, il ne s’y prendrait pas autrement... » Ndlr : Quand un organisme est ainsi ravagé de l’intérieur, il risque de s’effondrer rapidement. Mais gare aux dégâts collatéraux !


Ecrit le 11 novembre 2009

 Couacs en série

LePoint.fr du 04/11 : Nicolas Sarkozy a profité du Conseil des Ministres pour rappeler une nouvelle fois à l’ordre les membres du gouvernement et de la majorité, après les récents couacs qui ont agité leurs rangs. « Il a indiqué aux membres du gouvernement qu’il était important, nécessaire d’être solidaires », a rapporté le porte-parole du gouvernement Luc Chatel à l’issue de la réunion. « Il s’est adressé à l’ensemble de ses ministres, à l’ensemble du gouvernement, en plein accord avec le Premier ministre », a-t-il poursuivi, précisant que le chef de l’État n’avait cité aucun nom.

La veille, devant les députés UMP, François Fillon a, pour sa part, directement visé Rama Yade . Il n’a pas apprécié que la secrétaire d’État aux Sports se soit exprimée contre la suppression du « droit à l’image collective » des sportifs professionnels, s’opposant ainsi à sa ministre de tutelle Roselyne Bachelot. François Fillon a également ciblé le conseiller spécial du président, Henri Guaino, au sujet du futur grand emprunt ... Luc Chatel a précisé à ce sujet que la règle de solidarité évoquée par Nicolas Sarkozy valait « pour tout le monde ».

Au sujet de la fronde menée par l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin sur la réforme de la taxe professionnelle , Luc Chatel a dit : « Il y a un moment où il doit y avoir une solidarité à la fois au sein de l’exécutif et à partir du moment où il y a eu un accord entre le législatif et l’exécutif, au sein de la majorité. »

Ndlr : en attendant la suite !

 Chirac devant la justice

Info.sfr du 05/11 : Le jour de la sortie en librairie de ses Mémoires, un sondage TNS-SOFRES réalisé pour Europe 1 et portant sur le bilan de Jacques Chirac et son renvoi en justice révèle que les Français ont une position bien arrêtée sur l’ancien président de la République.

Interrogés sur le renvoi en justice de Jacques Chirac pour 21 emplois présumés fictifs à la mairie de Paris, 65% des Français pensent que ce renvoi « est une bonne chose pour l’image de la justice », 43% pour l’image de la France dans le monde. Ils sont en revanche 61% à estimer que ce renvoi « est plutôt une mauvaise chose » … pour Jacques Chirac lui-même.

Autre enseignement de cette enquête : Jacques Chirac ne manque pas à la vie politique française actuelle pour une majorité des Français (70% des personnes interrogées déclarent qu’il manque « peu » ou « pas du tout »). […]

 L’accord UMP-PCC

Marianne.fr du 04/11 : Xavier Bertrand s’est rendu en Chine afin dit-il de signer un « mémorandum d’échange ». Pour Xavier Bertrand : « Le Parti communiste chinois (PCC), c’est le gouvernement chinois » […] Tout en précisant : « Mémorandum d’échange ne veut pas dire alignement sur les positions du PCC. »

Il ne fait nul doute que le PCC a dû trembler lorsque Xavier Bertrand « assure avoir évoqué les droits de l’homme et le climat avec Jia Qinglin, le président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois. »

Ce qui est certain, c’est qu’à l’annonce de ce « mémorandum d’échange », qui inclut la phrase suivante : « ... Les deux partis sont d’avis que sur la base des principes d’indépendance et d’autonomie, d’égalité complète, de respect mutuel et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui ... » on a dû danser dans les rues à Lhassa, la capitale du Tibet et probablement décorer les balcons avec les portraits de notre Chef de l’État et des banderoles aux couleurs de l’UMP !

 Tapettes douillettes

NouvelObs.com du 04/11 : l’œuvre de David Douillet comprend deux textes fondamentaux : une autobiographie, simplement intitulée « L’Âme du conquérant », et un essai au titre beigbederien, « 110 % », dans lequel il donne 18 clés pour devenir un champion de la vie.

Les citations sorties de ces deux ouvrages s’organisent autour de deux grands thèmes. Tout d’abord la place des femmes dans la société.

David Douillet aimerait bien les voir retourner à leurs foyers et à leurs fourneaux, qu’elles n’auraient jamais dû quitter : « J’ai une authentique admiration pour les femmes qui vouent leur vie aux leurs ». Il faut dire que pour lui « c’est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d’élever les enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n’est pas par hasard ».

Quant à ses consœurs judokettes, elle feraient bien selon lui de quitter les tatamis : « Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant. »

Après ces fortes déclarations, il se croit obligé de préciser : « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes. » Ça c’est viril ! Il a tenté de se rattraper - après tout les homos votent aussi - en expliquant que les « tapettes » étaient dans son esprit « les hommes qui ne s’assumaient pas »…[…]

 La crise

L’express.fr, du 05/11 : Dans son rapport annuel, Le Secours catholique tire la sonnette d’alarm : la crise frappe particulièrement les jeunes mères seules à emploi précaire, prises en tenailles entre un renchérissement de la vie quotidienne et des revenus irréguliers.

« Leur structure de consommation a été touchée de plein fouet par les augmentations », notamment des prix de l’alimentation de base, du logement et de l’énergie, souligne François Soulage, président national du Secours catholique.

« En même temps, elles sont en difficulté avec des discontinuités dans leur parcours d’emploi », en raison de la précarité de leur contrat, explique-t-il. « Elles avaient beaucoup de travaux intérimaires ou de contrat à durée déterminée », précise M. Soulage : « elles ont maintenant des périodes dans lesquelles elles n’ont pas de ressources à cause de la crise ».

Le travail en intérim enregistre depuis le début de la crise, et particulièrement depuis janvier, un « décrochage historique » du nombre d’emplois « frôlant les -40% », selon sa fédération patronale, le Prisme.

Au-delà des femmes, le rapport insiste sur « toutes les personnes qui sont à la limite du seuil de pauvreté (...) et dont la situation s’aggrave ». En 2008, le nombre de « situations de pauvreté » rencontrées par l’association est reparti à la hausse (+2,3%), après deux années de baisse. 54,4% des adultes rencontrés sont des femmes (+3,4% en vingt ans). […]

Le Secours catholique prône des mesures d’accompagnement, notamment une amélioration des gardes d’enfants permettant aux femmes de postuler à des emplois de service. L’association demande également « une revalorisation forte de l’allocation pour parent isolé », la poursuite des emplois aidés (360000 emplois non marchands sont déjà inscrits au budget 2010) et une aide aux jeunes de moins de 25 ans sans emploi.

 Coup de tatane

Rue89 | 05/11 : Ce jeudi 5 novembre, sur Europe1, Jacques Chirac racontait comment le président Valéry Giscard d’Estaing l’avait nommé Premier ministre en 1981. L’occasion pour lui d’un nouveau coup de savate contre son vieil ennemi.

Elkabbach l’interroge sur la bataille pour le droit à l’avortement, menée par Simone Veil. Chirac l’avait alors soutenue pendant le débat. Où se trouvait Giscard ? « je crois qu’il était en Afrique, il devait chasser, probablement », lâche Chirac.