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Accueil > Châteaubriant > Défendons la langue française > GÎTE et HÔTE

GÎTE et HÔTE

Ecrit le 6 mars 2019

Samedi 16 et dimanche 17 mars, les gîtes situés sur le territoire de la communauté de communes Châteaubriant-Derval ouvriront leurs portes au public.

Le i du mot gîte est coiffé d’un accent circonflexe car il vient de l’ancien français giste, participe passé du verbe gésir qui n’est conjugué qu’au présent et à l’imparfait et dont le participe présent est gisant. L’ancienne inscription funéraire ci-gît a été remplacée par ici repose sur les pierres tombales.

Etymologiquement, gésir vient du verbe latin jacere (= être couché) dont on trouve la racine dans sous-jacent et adjacent. Il a aussi signifié accoucher comme en témoigne l’expression oubliée de nos jours « être en gésine ».

Gîte signifie lieu où l’on peut coucher. Depuis 1965, on a assisté à une multi- plication des gîtes ruraux qui accueillent les vacanciers et des gîtes d’étape destinés aux randonneurs.

Le gîte est aussi l’endroit où s’abrite le gibier, le lièvre en particulier. Citons un extrait d’une fable de La Fontaine :

Un lièvre en son gîte songeait
Car que faire en un gîte à moins que l’on n’y songe ?
(Le lièvre et les grenouilles).

L’accent circonflexe placé sur le o de hôte nous rappelle que ce mot est de la même famille qu’hôtel et hôpital : il est issu du latin hospes (celui qui offre l’hospitalité) (1), mot qui curieusement a pour racine le mot hostis qui a donné hostile, ennemi, étranger, sens que l’on retrouve dans le dérivé otage (à l’origine prendre quelqu’un en ostage signifiait le loger !). Notons qu’au départ un hôtel était un lieu où l’on recevait des étrangers.

Un hôte est en premier lieu une personne qui offre l’hospitalité à quelqu’un qu’il reçoit chez lui ou qu’il invite à prendre un repas au restaurant.

Un hôte est aussi une personne qui tient une auberge ou une pension et propose, moyennant paiement, le gîte et le cou-vert : le mot est alors synonyme d’auber-giste, d’hôtelier. Parfois, l’aubergiste tenait « table d’hôte », autour de laquelle des clients s’installaient pour prendre en commun un repas à prix fixe.

Etonnamment, le mot hôte désigne aussi une personne qui reçoit l’hospitalité  : ainsi un hôte peut être le client d’une auberge ou une personne qui est reçue par un particulier.

On peut aussi être l’hôte d’honneur d’une nation, d’un peuple : « Il est évident qu’à Washington, je serai, à tous égards, l’hôte du président et du gouvernement des Etats-Unis  », écrit de Gaulle en 1956 dans ses Mémoires de guerre.

Un hôte est enfin une personne ou un animal qui séjourne habituellement ou temporairement en un lieu ; citons encore La Fontaine pour rappeler le compliment que fait le renard au corbeau dans la fable Le corbeau et le renard :

Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.

La périphrase poétique les hôtes du ciel, de l’air, désigne les oiseaux, les animaux.

Au féminin, le mot hôtesse désigne un métier : hôtesse de l’air, hôtesse de caisse.

(1). L’hospitalité était un devoir sacré dans l’Antiquité : l’étranger qui demandait asile pouvait être l’envoyé d’un dieu, voire un dieu en personne qui, s’il n’était pas accueilli, punissait sévèrement celui qui lui avait refusé l’asile.

DEVINETTE : qu’est-ce qu’un « gîte à la noix » ?

REPONSE à la DEVINETTE du dernier numéro de La Mée : un violoniste ou un violoncelliste qui « joue une corde à vide » ne pose aucun doigt sur cette corde : il la fait vibrer sur toute sa longueur.

Elisabeth Catala