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TEMPS

Ecrit le 13 mars 2019

Le mot temps vient du latin tempus qui désigne une division du temps, une époque : il est issu de la racine européenne tem, qui donnera le verbe grec temno (= couper, enlever en coupant !).

Curieusement, le mot temple est issu de la même racine car ils désignent tous les deux une façon de « séparer » du monde naturel un espace et un moment par un procédé de sacralisation ; la racine tem a donné time en anglais ainsi que tomos en grec (= la tranche) qui a donné tome en français.
Ainsi on comprend que le temps puisse se définir comme une fraction de durée.

Pris absolument, le temps est une durée indéterminée et continue : il passe, il court, il fuit, il nous échappe, on le bouscule, on le gaspille, on le gâche, on en gagne, on en perd, on le « tue », on peut le prendre, l’économiser.

Le mot figure dans de nombreuses locutions telles la plupart du temps, de tout temps, peu de temps avant -ou après -, quelque temps, tout le temps, au temps où, du temps que, dans le temps, depuis le temps que, il y a beau temps que, en même temps que, au temps pour moi (1), trouver le temps long, à l’échelle du temps, être- ou ne pas être- de son temps, avoir fait son temps, en deux temps trois mouvements, arriver à temps, au temps jadis, de temps en temps, en ce temps-là, en temps utile, un temps de chien , un temps de saison, un vrai temps de Toussaint, faire la pluie et le beau temps, etc.

Au XVIIe siècle, dans son Art poétique, Boileau avait imposé aux auteurs de pièces de théâtre la règle des trois unités : unité de lieu, d’action et de temps.

Aujourd’hui, en période électorale, on impartit aux candidats un temps de parole qui doit être scrupuleusement respecté dans les débats politiques qui se déroulent à la radio et à la télévision.

En musique, le temps est la division de la mesure qui donne l’unité de durée : mesure à deux, trois, quatre temps ; le temps faible, non accentué s’oppose au temps fort qui l’est.

De même dans la versification française, on parle de temps forts et de temps faibles : la syllabe tonique sur laquelle on fait monter la voix est le temps fort, contrairement à celle sur laquelle la voix porte sans monter qui est le temps faible.

Le temps est aussi une catégorie gram-maticale associée au verbe ; de leur côté, adverbes, conjonctions et prépositions de temps expriment la « localisation » dans le temps.

Dans le domaine du sport, l’athlète fait, ou réalise, le meilleur temps, est ou non dans les temps ; l’arrêt du jeu sifflé par l’arbitre est nommé le temps mort.
Une rencontre sportive se joue en deux mi-temps, arrêt de jeu non compris.

Au pluriel, le mot temps désigne une époque imprécise : les temps modernes, les temps sont durs, par les temps qui courent, les temps bibliques, préhis-toriques, autres temps, autres mœurs, ces temps-ci, dans la nuit des temps, ces derniers temps, la fin des temps.

(1) au temps pour moi est une expression empruntée au jargon militaire : l’injonction « au temps » signifie qu’il faut reprendre le mouvement au premier temps quand on a fait une erreur ; « au temps pour moi » (écrit parfois autant pour moi, expression qui selon certains serait antérieure à au temps pour moi), signifie qu’on reconnaît son erreur.

DEVINETTE : qui a écrit les paroles de la célèbre chanson Le temps des cerises ?

REPONSE à la DEVINETTE du dernier numéro de La Mée : un gîte à la noix est une délicieuse pièce de viande dont on fait des rôtis ou des braisés ; elle est située à l’arrière de la cuisse de l’animal.

Elisabeth Catala