Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Santé > Retour sur l’histoire de l’hôpital

Retour sur l’histoire de l’hôpital

Page661 -

Ecrit le 13 novembre 2002

Apoplexie

(à la suite de la décision du Conseil d’Administration du Centre Hospitalier de Châteaubriant, de donner le nom de « Roland Brochard » à la salle de réunion de ce Conseil, La Mée s’était demandée si l’hôpital ne s’appellerait pas un jour « Xavier Hunault », mais post-mortem). Cela a valu la réaction d’un lecteur :

(courrier d’un lecteur)
Vous en avez de drôles d’idées à la Mée ! Donner le nom de Xavier Hunault à notre hôpital ? En vertu de quel mérite ? J’ai beaucoup de mal à en trouver. Parce que notre hôpital a été reconstruit en partie sous son règne ? Vous êtes fort mal informés ! Il n’y est pour rien. L’ancien hospitalier et syndicaliste, que je suis, peut vous l’assurer. J’ai connu Xavier Hunault de 1979, date de mon entrée au Centre Hospitalier de Châteaubriant (dont il présidait, comme maire, le conseil d’administration) au mois de mars 1989, date de son éloignement de la mairie.

La reconstruction de notre hôpital est l’œuvre du mouvement social et de la gauche. C’est tout.

Je me souviens des grèves, manifestations, délégations, interventions, entrevues que nous avons organisées. Un boulot de 10 années fait en intersyndicale CFDT-FO-CGT : une unité d’action superbe. Nous avons pratiqué un syndicalisme constructeur, à tous les sens du terme. Le financement de la reconstruction s’est faite en tranches : 1re tranche, 2e tranche, 3e tranche . A chaque fois il nous a fallu nous remuer, sortir nos banderoles, faire des dossiers et secouer la DDASS, le préfet ou le sous-préfet, le ministère de la santé, etc. ...

Dès le début, l’intersyndicale de l’hôpital a sollicité le soutien des associations de Châteaubriant, car il s’agissait de mettre les usagers de la santé dans le coup. Une lettre-pétition fut signée en 1980 par 16 associations, syndicats ou partis politiques de Châteaubriant.

Nous avons rencontré le cabinet de Jack Ralite, premier ministre (communiste) de la santé de Mitterrand en 1981 et obtenu le financement des crédits d’études. Plus tard, à Rennes, Edmond Hervé autre ministre de la santé (socialiste), ultérieurement Claude Evin (socialiste). C’est avec la gauche que nous avons été les mieux écoutés. Pas de doute là-dessus. Mais à condition de bouger : donner du fric, même pour une bonne cause, même quand on est de gauche, ça ne va pas de soi. Ils en avaient marre de nous au ministère : « Ah, Châteaubriant ! » disaient-ils d’un air désespéré. C’est comme ça qu’on les a eus, à l’usure ! Quel boulot, mais quelle satisfaction ! J’ai toujours été syndicaliste durant mon activité professionnelle et l’action syndicale qui permit la sortie de terre d’un nouvel hôpital à Châteaubriant fut certainement celle qui m’a donné plus de joie et de fierté.

Le souci de X. Hunault c’était de ne pas faire de peine aux libéraux de la médecine. Or comment envisager la reconstruction et le développement d’un hôpital sans risque de ce côté ? Par exemple, créer des emplois de chirurgiens et médecins à temps plein alors que j’ai connu notre hôpital avec un seul médecin à temps plein. Les autres médecins venaient à l’hôpital, en plus de leur activité privée dans leurs cabinets. Les chirurgiens venaient de la clinique Ste Marie. Je ne pense pas exagérer beaucoup en disant que nous avons sorti l’hôpital de Châteaubriant d’une sorte de moyen-âge .

Ceci exposé, une question : Vous ne seriez pas un peu provocateurs, vous, à La Mée ? Je vous en sais capables ! Vous devriez penser aux anciens hospitaliers : vous pourriez leur coller une attaque d’apoplexie avec des trucs pareils ...

Pierre URVOY

NDLR :

Sans revenir sur la construction du premier hôpital à Châteaubriant en 1677, rappelons que c’est au début des années 70 que le projet est apparu urgent. En mars 71 ont été choisis les terrains de Choisel, qui ont reçu l’agrément de la DDASS. L’hôpital était prévu pour le 7e plan, mais rien ne venait. En avril 1976, la section FNMIP (qui s’appelle maintenant FMH) lançait 7000 tracts sur la ville. La mobilisation des associations s’est poursuivie jusqu’en 1981-82 avec constitution d’un Comité Local de promotion de la Santé (16 associations), tracts des personnels hospitaliers, rencontres   avec le Préfet, les administrations, le ministère, démission de chirurgiens, etc. Le déblocage des crédits d’études a eu lieu en 1982, l’inscription des crédits s’est faite avec Edmond Hervé en 1985, le début des travaux de la première tranche (Gynécologie) a eu lieu en février 1986. La deuxième tranche (chirurgie, médecine, services généraux, etc) s’est faite dans la foulée et l’ouverture des deux tranches a eu lieu simultanément en mars 1989. Coût total : 92 millions de francs, financés à 40 % par subvention d’Etat et à 60 % par emprunt de l’hôpital.

En juillet 1989 un incendie ravageait une partie des anciens bâtiments. Ouf, il était temps. En mai 1991 Claude Evin donnait son accord pour la réalisation de la troisième tranche de l’hôpital (moyen et long séjour, réadaptation fonctionnelle, ateliers), pour un coût de 39 millions de francs, financés par l’hôpital lui-même, la prise en charge des frais financiers par l’Etat permettant le déblocage des emprunts nécessaires. La construction de la MAPA (28 MF) et du Foyer occupationnel (11 MF) s’est faite pratiquement en même temps. La MAPA et la 3e tranche de l’hôpital ont ouvert en juillet 1993.


NOTES:

(*) Roland Brochard a été directeur de l’hôpital pendant la période de construction des nouveaux bâtiments