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Terre de Trésors

Ecrit le 10 avril 2019

« Loire-Atlantique, terre de trésors », une nouvelle exposition : pour la première fois, le musée Dobrée expose l’ensemble de ses trésors monétaires découverts dans le département depuis un siècle et demi.

Expo au château de Châteaubriant du 5 avril au 29 septembre 2019, retraçant l’histoire du département depuis les Gaulois jusqu’au début du XXe siècle, les relations commerciales, la situation politique et militaire…

Parallèlement aux pièces, sont aussi révélées les techniques d’investigation (archéométrie) et toute la chaîne de compétences mobilisées au sein de Grand Patrimoine de Loire-Atlantique pour faire parler ces archives du sol : archéologues, restaurateurs et numismates.

Tout au long de l’exposition, les plus jeunes sont invités à une véritable chasse au trésor ! Munis d’une carte ancienne, ils répondent à des questions à choix multiple afin de découvrir le code qui leur permettra de déverrouiller le cadenas d’un vieux coffre en bois…

 Qu’est-ce qu’un trésor ?

Un trésor est un ensemble de monnaies dissimulées dans un même contexte archéologique, volontairement ou accidentellement. Le terme de trésor n’inclut aucune notion de valeur, il peut s’agir de pièces d’or, d’argent ou de cuivre. Le trésor le plus important découvert en Loire-Atlantique avait 41 200 pièces !

1 - les découvertes avant les pièces

Les premières formes de monnaie apparaissent vers 1600 à 500 av. J.-C. .À l’âge du bronze, l’Armorique connaît une importante production de haches n’ayant aucune fonction utilitaire, car elles ne tranchent pas. Plusieurs caractéristiques permettent de penser qu’elles ont servi de monnaie. Leur dispersion géographique donne l’impression qu’elles servaient de moyen de paiement lors d’échanges commerciaux. La variété de leurs motifs géométriques (lignes, points, cercles) fait penser à des marques identitaires de groupes humains.

Ni outils, ni armes, mais très présentes sur le territoire, les haches en bronze sont considérées comme les prémices de la monnaie. À voir : les dépôts de Saffré, de Ruffigné et de Treillières.

Dépôt de RUFFIGNE La Forgerais,
vers 725-625 av. J.-C. Musée Dobrée.

2 - les trésors antiques

La monnaie apparaît en Armorique au 4e siècle av. J.-C. grâce aux mercenaires gaulois qui rapportent des pièces d’or grecques (statères) de Philippe de Macédoine (382-336 av. J.-C.). Les Armoricains reproduisent les monnaies macédoniennes puis introduisent des éléments iconographiques propres, comme un cheval à tête humaine. La qualité de l’or alla décroissant et l’argent finit par le remplacer avant la conquête romaine (50 av. J.-C)

Après la conquête, les Gaulois n’utilisent que les pièces impériales

Au 3e siècle, l’Empire se déchire. Les monnaies circulant alors en Armorique sont aussi bien frappées par l’empereur romain, que par son adversaire l’empereur gallo-romain. Il s’agit d’antoniniens, petites pièces de cuivre recouvertes d’argent. Dans les régions éloignées de Rome, des difficultés d’approvisionnement en numéraire s’ajoutent à la crise politique. Pour y remédier, des autorités locales organisent la frappe de « monnaies complémentaires ». Longtemps considérées comme des « imitations barbares », à cause de leur mauvaise exécution, elles sont le produit d’ateliers locaux mal connus.

À voir : les trésors de Pannecé II, de Haute-Goulaine, de La Chapelle-Launay, de Rezé, de Besné et de Nantes ainsi que des trouvailles isolées gauloises et gallo-romaines.

3 - les trésors du Moyen Âge

De l’or, puis de l’argent... puis, de l’or, de l’argent et du cuivre ! (vers 500 à 1500)

Le Moyen Âge commence par l’époque mérovingienne (du 5e au 8e siècle) caractérisée par la frappe uniquement de pièces d’or dans de nombreux petits ateliers. En Loire-Atlantique par exemple, on frappe des monnaies notamment à Béré (Châteaubriant).

(monnaie frappée à Béré vers 590-610. La pièce de gauche porte la mention BAIORATE. C’est la première mention épigraphique du nom de Béré, attestant que la fondation de ce petit bourg remonte aux temps mérovingiens. Source : G. Salaün)

Du 7e au 13e siècle, l’argent remplace totalement l’or et la frappe des monnaies est concentrée dans les principales cités. Dans notre région, seules Rennes et Nantes frappent des deniers d’argent.

En 1265, la réforme de Saint Louis marque durablement l’organisation monétaire du royaume. En complément des deniers de billon (alliage argent et cuivre), le roi crée le gros d’argent, valant douze deniers et l’écu d’or, valant plusieurs centaines de deniers. Le roi créait ainsi « des grosses coupures », plus pratiques pour le grand commerce.

À côté du roi, les grands seigneurs s’autorisent progressivement à frapper ces monnaies de forte valeur. Profitant de la désorganisation du pouvoir royal due à la guerre de Cent Ans (1337-1453), les ducs de Bretagne frappent leurs premières pièces d’argent et d’or au 14e siècle.

À voir : les trésors de Nantes, de Soudan (ci-contre) et de Blain ainsi que des trouvailles isolées mérovingiennes et médiévales.

4 - après la Révolution

En 1795, la Convention (1792-1795) définit le franc comme nouvelle unité monétaire se divisant en 100 centimes. Il fallut cependant attendre le Consulat (1799-1804), et la loi du 27 mars 1803 (7 germinal An XI) pour mettre fin à la coexistence avec le système monétaire hérité de l’Ancien Régime.

Cette loi, dite « du franc germinal », régira l’organisation monétaire française pendant 120 ans, traversant tous les régimes politiques successifs, les révolutions et ne sera abandonnée qu’après la Première Guerre Mondiale et la grave crise économique qui suivit.

Le système est basé sur un rapport or/argent établi à 15,5 grammes d’argent pour 1 gramme d’or. Le « napoléon » est la pièce en or de 20 francs. Le franc est une pièce d’argent de 5 grammes et le centime est une piécette de cuivre d’1 gramme. À partir de 1865, cette organisation monétaire est étendue à la Belgique, la Suisse et l’Italie, puis l’Espagne et la Grèce en 1868, puis d’autres pays encore... Les frontières monétaires tombent, c’est « l’Union latine » qui perdure jusqu’en 1927.

À voir : les trésors de Clisson, de Saint-Philbert de Grandlieu et du Pouliguen.

 Objets oniriques

Documents archéologiques, les trésors sont aussi des objets oniriques qui ont marqué notre imaginaire collectif. Ils nourrissent de nombreuses légendes locales que l’on vous raconte au creux de l’oreille dans un espace immersif et méditatif.

Un exemple : Le trésor des korrigans guérandais

Les korrigans de la côte guérandaise possèdent une grotte dans la falaise, près de Trégaté, où ils amassent les richesses issues de leurs rapines de naufrageurs. Une Fée des houles les conseille et teste la bonté des hommes, déguisée en mendiante. Elle proposa un jour à un paludier charitable d’accéder à ce trésor grâce à une clef magique et un anneau d’invisibilité. Il réussit ainsi, à la nuit tombée, à s’emparer d’un sac d’or et de diamants qu’il cacha sous une pierre. Cupide, il revint sur les lieux au lever du soleil au moment où ses objets magiques perdaient leurs vertus. Le bougre se retrouva prisonnier des korrigans. Il allait être étouffé sous un tas d’or, châtiment ordonné par le chef de la tribu, quand surgit la Fée des houles. Lui reprochant sa cupidité, elle lui retira le bénéfice de la nuit et lui laissa la vie sauve en lui offrant néanmoins, pour sa bonté première, un plat d’étain rempli, trois fois par jour, de tous les mets possibles.

Extrait de Les mari morgans et autres légendes de la mer de Patrick Denieul et Pascal Moguérou.

 Châteaubriant aussi

Châteaubriant était autrefois une terre à trésors, comme il en existe partout où il y a de vieux châteaux, des buttes de terre, des menhirs, des dolmens. On croit qu’il y en a eu dans le donjon du château de Châteaubriant, sous le château du Bé à Nozay, sous les ombrages du châtaignier des Nonneries à Abbaretz, sous la butte du Buron à Issé, sous l’ancien camp de Moisdon-la-Rivière ou dans le vieux chatellier de Domnesche. De tout temps, les paysans ont convoité ces richesses mais ne se sont pas enhardis à les prendre, de peur du diable. Car de temps en temps, pour leur faire prendre l’air et le soleil qui fait briller les diamants, le diable fait surgir ses trésors à la surface de la terre. Qui aurait la chance de se trouver là devrait jeter dessus un objet béni : mais on n’a pas toujours un objet béni sous la main. Alors le diable donne à son trésor l’apparence de matières viles : tas de pommes pourries, monceaux de charbon, nœuds de vipères et grouillements de crapauds.

On dit qu’il y avait ainsi un magnifique trésor sous le dolmen qui se trouvait au centre du cromlech du Grée de la Piette au Petit-Auverné. Deux personnes l’ont vu, mais Grippatin lui-même, empêcha qu’ils s’en saisissent. Depuis, des savants ont fouillé les lieux. Ils n’ont trouvé que des fragments de poterie. Le diable avait sûrement trouvé une autre cache.

A Vioreau, ils étaient 21 à voir la merveille, trois poêlées pleines d’argent et d’or. Dans la troisième il y avait de l’argent en lames posées les unes sur les autres comme les barres de savon à la porte des épiciers les jours de marché à Châteaubriant. Mais voilà que Satanas en personne est intervenu et leur a proposé un marché : la jouissance pleine et entière du trésor en échange de la promesse d’appartenir corps et âme au diable. Les jeunes hésitèrent. "Alors commença dans la forêt une ventouse épouvantable qui tordait et faisait péter les arbres, et qu

 Pratique

Exposition ouverte du 5 avril au 29 septembre 2019 - Infos au 02 40 28 20 20 ou chateau.chateaubriant@loire-atlantique.fr

➔ Horaires d’ouverture :
Du 5 au 30 avril : du mercredi au dimanche de 14h à 17h30
Du 1er mai au 29 sept. : du mardi au dimanche de 10h30 à 18h

Visites libres gratuites, visites guidées 2€ ou 3 €. Réservations conseillées. Et de nombreuses animations.
voir le communiqué tresors-44.pdf