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Accueil > Châteaubriant > Brèves de Philou > La tyrannie des minorités

La tyrannie des minorités

Ecrit le 1 mai 2019

fl3 Amis du 1er mai et du navarin de mouton réunis bonjour !

fl3 La classe politico-médiatique s’est enflammée sur la présence de N Loiseau, tête de liste de LREM aux européennes, sur une liste d’un syndicat étudiant classé d’extrême droite, il y a… 35 ans ! L’affaire a été révélée par Minute puis reprise par Médiapart, les réseaux sociaux et les communiqués des partis. Cette polémique unissant les partis de l’extrême-droite à l’extrême gauche, a quel intérêt ? Tout ceci n’a pas le moindre espèce de rapport avec l’avenir de l’Europe et de la France. Les attaques personnelles, la fouille méticuleuse du passé des candidats pour en tirer des boules puantes et déstabiliser leur image semble être la seule stratégie de campagne. Le débat d’idées est pratiquement absent. Où est passé la politique au sens noble du terme ?

fl3 Fin mars, une pièce d’Eschyle, accusée d’être «  racialiste » a été empêchée de représentation par des associations qui pensent combattre le racisme anti-noir. Elles assimilent l’utilisation de maquillages sombres à la pratique raciste du « blackface » de l’époque coloniale (se grimer pour se moquer des Noirs aux États-Unis). A Sciences Po, un collectif a appelé à un rassemblement pour empêcher la tenue d’une conférence avec le philosophe Alain Finkielkraut qualifié de «  réactionnaire », d’homme aux propos « racistes, sexistes aussi intolérables que dangereux ». La conférence a finalement eu lieu, sous protection.

Pour le politologue L Bouvet, connu pour son engagement au Printemps républicain, «  qu’il y ait des groupes de pression, d’intérêt, des lobbies… qui défendent leurs points de vue ou leurs idées, c’est tout à fait normal. Nous sommes dans une société libre, ouverte et démocratique : il est même normal qu’on puisse y défendre toutes sortes de choses, même celles qui paraissent les plus scandaleuses. Mais ce n’est pas pour autant une raison pour succomber devant la moindre pression exercée dans le débat public par un groupe qui profite de la démocratie et du pluralisme pour faire régner, intellectuellement, la terreur au nom d’une vérité qu’il prétend détenir. C’est tout l’enjeu du radicalisme religieux. » Mais c’est aussi vrai dans bien d’autres domaines où des minorités veulent imposer leurs vues à la grande majorité !

«  Dans un tout autre genre, la fédération anglaise de football a décidé de supprimer le champagne qu’elle offrait aux vainqueurs des coupes qu’elle distribue parce qu’il ne faudrait pas heurter ceux qui ne boivent pas d’alcool, en l’occurrence des musulmans. Si le fait de fêter les victoires au champagne ne convient pas à certains, pour quelque raison que ce soit, c’est à eux de s’adapter. Tocqueville considérait que la démocratie présentait un risque de tyrannie de la majorité. Aujourd’hui, le risque, c’est une tyrannie des minorités  ».

«  Or, la démocratie, c’est le combat contre la tyrannie, d’où qu’elle vienne. Quand une minorité dicte la norme commune, il est déjà trop tard pour la démocratie  ! »

Philou


Ecrit le 8 mai 2019

 L’essence et l’essentiel

fl3 Amis de la planète et du Kouign Amann réunis, bonjour !

fl3 33 listes pour les européennes en France ! Cela incitera-t-il les électeurs à se rendre aux urnes ? Rien n’est moins sûr…

fl3 Pour des millions d’automobilistes, la hausse des carburants est insoutenable. Pourtant à monnaie constante ils sont moins chers qu’en 1973 : une heure de SMIC permettait d’acheter 3 litres d’essence contre 6 litres aujourd’hui. Et les voitures consomment nettement moins. En revanche, il y a des facteurs négatifs à prendre en compte : il y a beaucoup plus d’automobilistes que dans les années 70. Nous sommes passés de 12 à 31 millions de véhicules ce qui augmente les heures d’embouteillages consommatrices de temps et d’énergie. Les coûts des loyers en ville ont engendré des migrations de populations qui obligent souvent à avoir deux voitures et allongent les trajets domicile-travail d’où des surcoûts non négligeables. Tout est relatif !

fl3 Yves DANIEL fait partie des 35 députés, 60 sénateurs et 23 élus de tous bords qui interpellent les pouvoirs publics sur les déserts médicaux. Ils demandent pourquoi la télémédecine peine à émerger : « La France se transforme en un vaste désert médical, ce phénomène concerne aujourd’hui plus d’une commune sur trois. Les solutions retenues comme la suppression du numerus clausus ne produiront leurs effets que sur le long terme. Face à l’urgence de la situation, notre responsabilité collective est de tout faire pour mettre en œuvre des leviers d’action immédiats et efficaces pour les Français. Parmi ceux-ci, la téléconsultation, qui permet de prendre en charge tant de situations du quotidien : pour le patient chronique à qui il faut éviter des déplacements inutiles, pour les patients qui n’ont plus accès aux soins, ou pour les parents inquiets pour la santé de leur enfant et qui n’ont d’autre choix que de se rendre aux urgences en fin de journée. Si la téléconsultation ne peut pas tout, elle apporte des solutions concrètes pour les motifs qui conduisent souvent à l’engorgement des salles d’attente et à la saturation des urgences. Alors que l’impulsion politique et transpartisane existe, certaines décisions des parlementaires sont aujourd’hui limitées dans leur mise en œuvre concrète par des blocages administratifs. » C’est souvent le cas !

fl3 Nous vivons sur une planète que nous sommes en train de détruire. Il faudrait la protéger pour elle-même et pour que l’on puisse continuer à y vivre. C’est contradictoire avec l’expansion illimitée, l’accumulation de choses : une télé dans chaque pièce, un ordinateur, un téléphone portable pour chaque membre de la famille, etc. Le système s’appuie sur cet imaginaire- là. «  Vous croyez être libres devant votre télé : c’est une fausse liberté. La liberté, c’est une activité qui s’autolimite, c’est à dire qui sait qu’elle peut tout faire mais qu’elle ne doit pas tout faire. C’est cela le grand problème de la démocratie et de l’individualisme.  » Cornelius Castoriadis Philosophe, sociologue, historien.

Philou


Ecrit le 15 mai 2019

 Ne pas se tromper de régime

Amis de la laïcité et des escalopes à la crème réunis, bonjour !

fl3 Youssef Souleimane, écrivain syrien réfugié en France a été profondément choqué d’entendre des gilets jaunes affirmer : « Nous aussi, en France, nous vivons dans une dictature. ». C’est un choc, pour qui a vécu dans un pays dirigé par un fasciste comme Bachar El-Assad ! Il a discuté avec des manifestants qui vilipendaient le chef de l’État. L’une de ces personnes lui dit : « Beaucoup de gens disent qu’on détruit le pays, mais notre mouvement populaire est justement dirigé contre les voleurs qui pillent la France. ». Il a répondu « qu’ils avaient de la chance de pouvoir parler et manifester librement. » Mais savaient-ils seulement, ces manifestants, ce que vivre dans une dictature comme la Syrie veut dire ? « En Syrie, quand nous voulions dire un mot contre le régime, il fallait se retenir de le faire – voire de le penser. Dans le système syrien, il n’y a pas de séparation des pouvoirs, ni de justice indépendante. En revanche, les services de renseignement contrôlent tout. Ce qui veut dire que chacun a peur de son voisin. En Syrie, la police a le droit d’arrêter quiconque est supposé être un opposant. On peut ainsi passer toute sa vie en cellule sans même savoir pourquoi. Le pays est une grande prison dont le régime a les clés. En France, il n’y a pas de snipers sur les toits pour abattre au hasard les opposants. Dire que c’est un pays de dictature innocente Bachar El-Assad de toute la violence qu’il inflige au peuple syrien. Mettre E Macron et Assad dans le même sac est un déni du réel. Pire, c’est une insulte aux centaines de milliers de victimes du boucher de Damas. ». Ils n’ont sans doute pas compris !

fl3 Pour Zineb El Rhazoui, journaliste et militante des droits de l’homme franco-marocaine, le mot islamophobie est inventé de toute pièce. « Il qualifie l’islamophobe de malade, mais la peur de l’islamisme est une peur on ne peut plus justifiée, naturelle et normale. C’est une imposture idéologique qui consiste dans les démocraties occidentales à imposer le délit de blasphème. Là où l’Islam a le pouvoir coercitif, il existe le délit d’apostasie : on vous punit on vous met en prison on vous fouette, on vous tue… Comme en occident il n’y a pas de levier pour faire taire les critiques de l’Islam on a inventé ce mot. » Et en étant « islamophile »une partie de la gauche a renié ses valeurs.

fl3 Le droit reconnaît aujourd’hui deux types de personnes : les personnes physiques (humaines) et les personnes morales (les associations, les sociétés, les fondations). Ça parait farfelu, mais des universitaires juristes toulonnais demandent de faire entrer les animaux dans la première (personnes physiques) afin d’assurer leur rattachement aux vivants. À côté des personnes physiques humaines, la catégorie des personnes physiques non-humaines serait ainsi créée. Qui est-ce qui va aller l’expliquer aux animaux pour qu’ils fassent les démarches nécessaires à la reconnaissance de ce statut ?

Philou