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Connaissance

Ecrit le 15 mai 2019

Etymologiquement, le mot connaissance vient du verbe latin agnosco (connaître) issu lui-même du grec gignosco (apprendre à connaître) et en tout premier lieu du radical sanskrit jna qui a donné janati= connaître ; la siva Jnana = la gnose(1).

Notons que le latin gnosco a évolué en nosco et a donné le verbe anglais to know = connaître.

Notons aussi que le mot grec gnosis a donné les adjectifs gnostikos qui signifie apte à connaître et diagnostikos, apte à discerner ainsi que les mots gnômê (intelligence) et gnômon (qui discerne, qui sert de règle – d’où équerre).

En latin, gna et gno, deux formes différentes qu’ a prises la racine jna ont donné naissance la première, aux adjectifs gnarus (qui sait) et ignarus (qui ne sait pas) et au verbe narro (faire connaître, raconter), la seconde, aux mots (g)nosco (connaître), notio (action de connaître, idée) ainsi qu’à nobilis (connu), ignobilis (inconnu) et à norma (règle, équerre).

Ainsi sont nés à partir de ces racines les mots issus du latin :

- ignorant, ignorance, narration, narrateur, inénarrable,

- connaissance, méconnaissance, reconnaissance,

- noble et ignoble (= non noble, roturier) noblesse, noblement, ennoblir, anoblir et nobiliaire.

- norme, normal, anormal, normaliser, normatif, normalien et …énorme (=qui sort de la norme).

Les mots issus du grec font partie quant à eux soit de la famille de gnosis, soit de la famille de gnômê :

Dans le premier cas, on peut signaler les mots gnose, agnosie, gnostique, agnostique (au sens propre=ignorant), diagnostic (détermination d’une maladie d’après les symptômes connus) et pronostic (qui concerne la connaissance de ce qui doit arriver).

(1) La gnose se rattache à l’histoire des religions : elle se présente non comme un savoir acquis mais comme une intuition salvatrice reposant sur le dualisme du bien et du mal, de l’esprit et du corps et se fondant sur l’idée que le monde sensible est dominé par des puissances mauvaises hostiles au Dieu transcendant.
Dans la théologie chrétienne, la gnose est hérétique.

Dans le deuxième cas, on peut citer les mots gnome (être surnaturel), gnomon (sorte de cadran solaire), gnomique (sentencieux), physionomie, physiogno-monie (science qui a pour objet la connaissance du caractère d’une personne d’après sa physionomie) et la prosopagnosie (mot formé de agnosie= reconnaissance et de prosopon=visage, qui signifie trouble de la reconnaissance des visages).

En médecine -et de façon usuelle- le mot connaissance se définit comme la conscience que chacun a de son existence et est employé dans des locutions telles perdre connaissance, tomber sans connaissance, reprendre connaissance. Il est aussi synonyme de lucidité : il a toute sa connaissance.

Au Moyen Âge, le mot cunoisance désignait les armoiries peintes sur le bouclier (elles permettaient de recon-naître le baron qui les portait).

N.B. Le rapprochement entre les mots connaissance et naissance est tentant mais cela reste un simple jeu de mots car
le verbe naître vient du latin nascor et non de nosco.

DEVINETTE : Que sont « les connaissances » d’un cerf ?

REPONSE à la DEVINETTE du dernier numéro de LA MEE : les lettres qui forment l’acronyme ERASMUS proviennent des initiales de la définition du projet : European Region Action Scheme for the Mobility of University Students.

Elisabeth Catala