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Honoraires médicaux - 2003

 Attention les yeux

Ecrit le 2 avril 2003

Sur Europe n°1 le samedi 29 mars 2003, un peu avant 13 h, puis à 19 h, on a pu entendre le Président National du syndicat des ophtalmologistes, disant qu’un de ses adhérents de Châteaubriant avait été déconventionné par la Sécurité Sociale, pour avoir respecté un mot d’ordre syndical, en faisant payer plus cher « une fraction assez faible » de sa clientèle.

Eh bien ce n’est pas du tout cela ! Voilà l’histoire : une personne, il y a quelques mois, téléphone pour obtenir un rendez-vous en vue de changer ses lunettes : « Bien monsieur, je peux vous donner rendez-vous dans SIX MOIS ». Surprise du « patient » : « Que peut-on faire de mieux ? » . Le praticien répond : « Aucun problème si vous acceptez un dépassement d’honoraires » - « De combien ? » - « Douze euros, et vous aurez rendez-vous dans deux jours ». Le « patient » demande à réfléchir et obtient un rendez-vous sous un mois, chez un autre ophtalmologiste castelbriantais qui ne pratique pas le dépassement d’honoraires.

En même temps, le patient téléphone à la Caisse Primaire d’assurance-maladie qui lui dit à qui écrire. Et dans les semaines suivantes le responsable du service « inspections et enquêtes » se déplace à Châteaubriant. « Si nous avons une seule plainte, nous classons l’affaire. Mais dans le cas du médecin que vous signalez, nous avons de multiples témoignages, alors nous venons voir », d’autant plus qu’en fait TROIS médecins castelbriantais sont sur surveillance de la Sécurité Sociale pour la même raison.

L’enquête a révélé par exemple qu’un de ces médecins pratiquait le dépassement d’honoraires pour plus de 90 % de sa clientèle. Il ne pouvait donc pas prétendre qu’il répondait à des situations d’urgence.

 Dépassement de 50 %

Un petit calcul : imaginons que le médecin reçoive (hypothèse basse !) 10 clients par jour pendant 20 jours du mois, cela fait 200 clients. A raison de 23 euros chacun, cela fait 4600 euros soit 30 000 F/mois.

Avec un dépassement d’honoraires de 12 euros par patient cela fait 200 x 12 soit 2400 euros (15 700 F). Pas mal ! Plus de 50 % de ses honoraires « normaux »

(s’il a 300 patients cela lui fait 23 600 F de dépassement dans le mois. Vous pouvez continuer le calcul)

« Le déconventionnement va priver ce médecin de ressources pendant un an » a dit sur Europe 1 le Président du syndicat des Ophtalmologistes. Ce n’est pas vrai, il a simplement l’obligation de prévenir ses patients qu’il est « hors convention » donc qu’ils ne seront pas remboursés de leur consultation.

Que les médecins éprouvent la nécessité d’acheter des équipements coûteux, cela se comprend. Mais ils n’ont pas le droit de « se payer sur les clients ». S’ils acceptent le conventionnement Sécurité Sociale, ils doivent en accepter les règles (d’autant plus qu’il existe un « secteur 2 » qui leur permet d’être conventionnés avec honoraires libres)(1). Pour signaler des cas analogues téléphonez au 02 51 88 88 05.


Ecrit le 14 mai 2003

 Le serment d’Hippocrate

Un de nos lecteurs, intéressé par l’article sur la médecine de garde (ou pas de garde) à Châteaubriant le week-end, a recopié le serment d’Hippocrate :

Par Apollon médecin,
Par Esculape
Par Hygie et Panacée
Je prends à témoin tous les dieux et toutes les déesses
et je jure ...

Je considérerai comme mon père celui qui me fut maître en cet art

Pour guérir les malades, je prescrirai les soins les meilleurs à mon jugement, en cherchant à leur éviter tout ennui.

Même si on me le demande, je ne donnerai à personne un remède mortel, ni ne le conseillerai jamais.

Je conserverai ma vie et mon art avec pureté et sainteté

Dans toutes les maisons où j’entrerai, je n’irai que dans l’intention de guérir les malades ...

Tout ce que j’aurai occasion d’entendre ou de voir, en ma qualité de médecin, qui ne doive être révélé, je le tiendrai secret ...

Si je suis fidèle à mon serment, qu’il me soit accordé de tirer profit de ma profession et d’être honoré des hommes

Si je transgresse ces promesses et manque à mon serment, qu’il m’advienne le contraire.

(Serment d’Hippocrate,
5e siècle avant J.C.)


 Les médecins qui travaillent à l’oeil

Un accord a été trouvé entre les caisses d’assurance-maladie et l’ophtalmologiste de Châteaubriant accusé d’avoir largement pratiqué des dépassements d’honoraires. On ne sait pas encore si les ophtalmologistes de Loire-Atlantique, et d’Ille et Vilaine, (et d’autres spécialistes) qui souhaitaient se déconventionner par solidarité, vont poursuivre leur mouvement.

La grogne des médecins spécialistes ne perturbe pas M.Claude Frémont, directeur de la Caisse Primaire d’assurance maladie de Nantes qui pense que cette crise « peut avoir le mérite de mettre fin à 50 ans d’hypocrisie » (cf Presse Océan du 8 mai 2003). Il reconnaît que « certes, au fil des années, la valorisation financière des médecins a, en moyenne, diminué » mais estime que « si les médecins avaient rejoint le prolétariat, ça se saurait ». Un rien provocateur, ce M. Frémont !

La crise a au moins eu le mérite de mettre sur la place publique un certain nombre de comportements restés dans la sphère privée. Ils sont nombreux les « patients » à signaler que, chez la plupart des ophtalmologistes, le moindre rendez-vous est annoncé avec au moins 6 mois de délai, ce qui oblige presque automatiquement le client à questionner : « Vous n’avez rien d’autre avant ? » - « Ah si, demain si vous voulez, mais dans ce cas, il y aura un supplément ». Le fait n’est pas accidentel mais courant. Pas en dehors des heures et jours ouvrables, comme le prétendent ces médecins, mais bien pendant les heures « normales ». On nous a signalé le cas d’un couple se rendant chez un praticien. L’homme avait rendez-vous, sa femme non. Le praticien l’a examinée quand même, a fait payer une consultation (c’est normal) et 15 € en plus pour « urgence ». Une personne nous a signalé que, depuis la salle d’attente d’un ophtalmo, elle entendait toutes les demandes de rendez-vous. Et toutes étaient à six mois de délai avec, comme par miracle, une possibilité de rendez-vous très proche, à condition de payer un supplément.

Le ministre de la Santé a déclaré que le dépassement d’honoraires, pratiqué par certains médecins, est une forme de désespoir. Un désespoir organisé et fort lucratif ! Les « patients », eux, sont pris en otages . On crie haro sur la grève des services publics quand elle se produit. Mais sur cette forme de grève des médecins on ne dit rien ? Alors que les clients sont coincés deux fois : une première fois sur leur santé, une deuxième fois sur leur porte-monnaie ?

On ne dit rien alors que les plus coincés sont ceux qui ont les plus petits revenus ?

B. Poiraud


Selon Ouest France du 10 mai 2003, les revenus mensuels des médecins spécialistes sont, en moyenne, (valeurs 2001) :

– 53 000 F/ mois pour les ophtalmologistes
– 50 000 F/mois pour les radiologues
– 38 000 F/mois pour les gynécologues
– 35 000 F/mois pour les rhumatologues
– 32 000 F/mois pour les pédiatres


Ecrit le 3 juin 2003 :

 Otages

  La CSF, la CLCV et la FMH témoins
du mécontentement des usagers

Face au conflit des médecins spécialistes les trois associations suivantes :

– La CSF - Confédération Syndicale des Familles  
– La CLCV - Consommation, Logement et Cadre de Vie
– La FMH - Fédération des Malades et des handicapés

s’insurgent contre la dernière déclaration d’un des syndicats de médecins spécialistes (Ouest-France du 15 mai dernier) selon lequel « ils auraient fait plier la CPAM   avec le soutien des patients. »

En tant que représentants des usagers, les trois associations affirment au contraire qu’elles sont témoins du mécontentement de beaucoup d’usagers qui refusent d’être pris en otage.

« En cette période de chômage croissant, le déficit de la Sécurité Sociale augmente, et c’est le moment où certains spécialistes (dernièrement les ophtalmos) se permettent de pratiquer de façon scandaleuse des dépassements d’honoraires et de réclamer des suppléments pour obtenir des rendez-vous plus rapides.

Nous dénonçons de telles attitudes de la part de praticiens qui ont signé de leur plein gré des conventions et qui ne respectent pas le code de déontologie médicale .

De tels procédés ont pour conséquence l’instauration d’une médecine de Riches et une médecine de Pauvres ».

Les trois organisations ci-dessus réaffirment leur attachement à la Sécurité Sociale dont le principe fondateur était : « Chacun participe selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » et exigent le droit à une véritable protection sociale pour toutes et tous, financée solidairement par toutes les générations, et toutes les composantes de la richesse nationale.

(Communiqué)


Ecrit le 14 mai 2003 :

 Condamnés à la cécité ?

Sur le plan médical Châteaubriant se distingue particulièrement en ce moment avec ses ophtalmologistes. Cela déborde même régionalement puisque 29 autres praticiens ont menacé de se déconventionner de la CPAM   (caisse primaire d’assurance maladie) de Nantes, et d’autres d’en faire autant sur l’Ille et Vilaine.

Tout ça pour une question d’argent puisqu’il ne s’agit que de dépassements du prix normal des consultations.

N’étant pas mises en cause, les compétences de ces spécialistes sont-elles payées à leur juste valeur ? Ont-elles évolué normalement ?Ceci est un tout autre sujet sur lequel on pourrait épiloguer longtemps. Du salaire misérable de certains ouvriers ... au pactole de certains sportifs, vedettes de la chanson, acteurs, marchands de pétrole, PDG, tripatouilleurs en tous genres, milliardaires, le registre est éloquent.

Ce qui est regrettable c’est que les dindons de la farce sont toujours les mêmes. Les assurés sociaux ayant consulté auprès de ces spécialistes déconventionnés ne seront plus remboursés. C’est au ministre de la santé de prendre les décisions nécessaires.

On nous dit que ces surfacturations proviendraient d’une surcharge de travail, en dehors des heures normales. Or, pour obtenir une consultation, il faut souvent attendre plusieurs mois mais, moyennant finances, on obtient un rendez-vous presque immédiatement .

Manque-t-on de ces spécialistes ? Ne devrait-on pas éponger cet éternel long roulement d’attente et repartir sur la base d’un délai normal comme chez un médecin généraliste ? Si c’est impossible, pourquoi ? (lire aussi page 5)

Je crois que le directeur de la CPAM   est sérieux dans son travail et applique les règlements. Il lui faut gérer au mieux la Sécurité Sociale qui est, dit-on, endettée de milliards d’euros. Le gouvernement a déjà pris des mesures restrictives pour résorber ce déficit. Jusqu’où ira-t-il ? Aurons-nous une médecine de riches et une médecine de pauvres ? S’agit-il de mauvaise gestion ? Pourquoi, il y a peu d’années, le Sécu fonctionnait-elle avec du bénéfice ?

N’existe-t-il pas des abus, des fraudes, des mauvais payeurs, des sangsues de toutes espèces qui sont les causes de ce déficit inquiétant ? Qui osera dire au grand jour et écrire noir sur blanc toutes les informations exactes et chiffrées sur ce triste bilan ? Sans doute personne car cela ferait trop de vagues. Ce serait pourtant une bonne chose de dire la vérité, toute la vérité !

Paul Chazé


Les revenus des médecins en 2003 et 2004 :

En 2004, sous l’hypothèse d’un taux
de charge inchangé par rapport
à 2003, les médecins auraient perçu
en moyenne 81 600 euros
de revenu libéral net de charges.

Cela correspond à une diminution
de 1 % en termes réels par rapport
à 2003, mais après deux années
de sensibles hausses du pouvoir
d’achat (+ 6,8 % et + 4,9 %).
Ainsi, entre 2000 et 2004, le revenu
réel des médecins a en moyenne
augmenté de 3 % par an, soit
sensiblement plus qu’au cours
des périodes précédentes (1997-2000
à 1993-1997). En fait, le pouvoir
d’achat des spécialistes a continué
à croître en 2004 (+ 1,4 %).
En revanche, celui des omnipraticiens
a connu une diminution (- 4,3 %),
après une augmentation importante
en 2003 (+ 6,8 %) et en 2002
(+ 7,8 %).

En 2004,
un omnipraticien aurait
en moyenne perçu 63 700 euros,

tandis qu’un spécialiste aurait
disposé de 102 300 euros de revenu
libéral.

Il existe toutefois de grandes
différences d’une spécialité à l’autre :
entre 2003 et 2004, le revenu réel
des pédiatres a, par exemple,
diminué de 4,6 %, tandis que celui
des ophtalmologues s’est accru
de 3,1 %.

Globalement,
sur quatre ans, entre 2000 et 2004,
toutes les spécialités, comme
les omnipraticiens, ont toutefois
connu une augmentation moyenne
de leur pouvoir d’achat :
4,5 % par an pour les anesthésistes,
2,6 % pour les omnipraticiens
et 1,3 % pour les radiologues.

L’analyse des revenus libéraux des médecins
présentée dans le N° 457 • janvier 2006 de la revue de la DREES, prend en compte l’activité
libérale, quelle qu’en soit la durée, de quatorze
catégories de spécialistes et celle des omnipraticiens.

Les médecins peuvent aussi exercer une
activité salariée qui n’entre pas dans le
cadre de cette étude. Ainsi, pour certains médecins,
les revenus libéraux peuvent ne constituer que des
revenus d’appoint.

Source


NOTES:

(1) note du 6 avril 2003 : on nous signale que le « secteur 2 » n’est plus possible depuis 1984