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Retraites

Page 677

Ecrit en mai 2003 :

Paysans

Selon un communiqué de la Confédération Paysanne, le monde paysan est concerné par le projet de réforme des retraites : « nous demandons le maintien ou le rétablissement de la durée de carrière à 37,5 ans de cotisations, pour les paysans, au regard des contraintes du métier (temps de travail ...), mais également pour les autres emplois pénibles ou astreignants »

La Confédération Paysanne propose d’élargir l’assiette des cotisations aux produits financiers et boursiers voire même d’asseoir tout ou partie des cotisations patronales sur la valeur ajoutée réalisée.. « Nous attendons d’une réforme qu’elle réduise les écarts de ressources entre retraités par relèvement des basses retraites. Aujourd’hui, malgré la mise en place de la retraite complémentaire obligatoire, 80 % des retraites des paysans n’atteignent pas les 75 % du SMIC net » (ndlr : 615 euros soit 4000 F).

Pour la Confédération Paysanne il est fondamental de maintenir et redonner tout son sens au système de retraite par répartition. C’est pourquoi l’organisation appelle à participer aux actions prévues le 13 mai prochain.


Territoriaux

Environ 70 fonctionnaires territoriaux CGT se sont réunis le 15 avril 2003 à Lusanger. Ils ont beaucoup parlé de l’allongement des années de cotisation-retraite « Et pendant ce temps-là nos enfants ou petits enfants restent au chômage » . Une aide-maternelle des écoles : « Je me vois mal à 65 ans m’occuper encore des petits de 3 ans ». Une auxiliaire de soins en maison de retraite : « et moi m’occuper des personnes-âgées en foyer-logement : je serai presque aussi âgée qu’elles ».

Faisant le point sur l’application des 35 heures, après 18 mois de mise en pratique, la CGT constate que le quart du temps de travail a été compensé par des embauches, le tiers a été transféré au secteur privé et pour le reste, « le service rendu aux usagers auparavant n’est plus effectué ».

A en pleurer

La situation des retraites en France est dramatique puisque François Fillon, à la suite de son intervention télévisée du jeudi 24 avril 2003, a déclaré hors antenne : « Tout le monde joue gros, et moi je joue ma peau ». Ainsi, la vie d’un homme est en jeu ?

Le ministre des affaires sociales, en effet, est inquiet de son poids politique dans la majorité présidentielle. Lui qui se voit bien Premier Ministre, en est à se demander s’il ne risque pas de « sauter » comme un fusible de faible durée. Mais il est brave : « Quand on fait son devoir, on n’a pas peur... » a-t-il dit. Lui qui aura au minimum une retraite de député à 2192 euros par mois, il n’a en effet pas de quoi avoir peur.

2192 € pour le député (+ autre retraite)
866 € pour le SMICard

Cela se passe de commentaires.


Ecrit en mai 2003 :

Le PDG de Giat Industrie, la boite qui va supprimer 3750 emplois, perçoit 27500 € par mois et a reçu plus de 4000 € d’augmentation, par mois, à mi-2002


Ecrit le 14 mai 2003 :

On l’avait bien dit

Qu’est-ce qu’on vous disait ? Que les réformes prévues sur les retraites sont une obligation imposée de l’extérieur . Vous aviez du mal à nous croire ! Eh bien, ce 8 mai 2003, la Banque mondiale a publié un rapport intitulé « Réforme des retraites en Europe : progrès et processus », qui presse les pays de l’Union européenne et les pays candidats à l’Union Européenne de réformer d’urgence leurs systèmes de retraite

Selon ce rapport, les niveaux de dépenses au profit des retraites dans les pays d’Europe occidentale dépassent de loin ceux d’autres pays hautement industrialisés ayant des revenus similaires.

Ainsi en 2000 les 15 pays de l’Union Européenne consacraient en moyenne 10,4% de leur PIB au financement des retraites. Citant les chiffres de l’OCDE, le rapport explique que dans les grands pays non-européens -Australie, Canada, Corée, Japon, Nouvelle Zélande et USA - les dépenses pour les retraites s’élevaient à peine à 5,3% la même année.

Espérance de vie

Aux pressions budgétaires s’ajoutent les changements démographiques, note le rapport, en citant le taux de fécondité de 2,1 enfant par femme et l’augmentation constante de l’espérance de vie (juste ce que dit Raffarin !). Ces facteurs combinés vont faire que le ratio entre personnes bénéficiaires des retraites et ceux contribuant à leur financement devrait doubler d’ici 2050 pour les 15 pays de l’Union Européenne passant de 27,7% en 2000 à 53,4% en 2050.

Par ailleurs l’intégration économique européenne et l’euro, devraient pousser les pays européens à réformer rapidement leurs systèmes de pensions, dit encore la Banque Mondiale

Deux approches

Selon la Banque mondiale, on peut clairement distinguer deux approches en Europe dans ce domaine :

D’un côté, les pays, comme la France et l’Autriche, qui veulent rationaliser leur système de retraites en réduisant les dépenses et en cherchant de nouvelles sources de financement, tout en élargissant les possibilités pour leurs salariés de se constituer des retraites privées, à côté du système de cotisation obligatoire, notamment par le biais d’avantages fiscaux.

De l’autre côté on trouve des gouvernements en faveur d’une modification radicale du système par la promotion entre autres des plans de retraites volontaires et de comptes d’épargne retraite individuels parallèlement à un système de retraite obligatoire.


Écrit le 21 mai 2003

La retraite minée par le chômage
et les petits boulots

M. Fillon demande aux Français de « travailler plus » pour avoir droit à la retraite. D’où la principale mesure de son projet de réforme des retraites : l’allongement de la durée de cotisation, jusqu’à 42 ans en 2020. Dans le même temps, longuement interrogé sur la question de l’emploi, le ministre des Affaires sociales a répondu, en substance, que face aux vagues successives de licenciements, il ne peut rien, sinon accorder de nouveaux avantages financiers aux patrons (allégements de charges) censés favoriser l’emploi (ce qui reste toujours à prouver), et offrir une « aide » aux victimes des « plans sociaux ».

La solidité de la retraite, dont le financement est assis sur les revenus du travail, dépend étroitement de la situation de l’emploi. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, cite souvent ces chiffres significatifs : un million de chômeurs en moins, cela équivaut à 1 % de produit intérieur brut en plus. Or, on sait, suivant les calculs du Conseil d’orientation des retraites, qu’il suffirait de consacrer 2 % de PIB supplémentaire à la retraite pour faire face à l’augmentation annoncée de retraités.

Dans le même esprit, François Chérèque, secrétaire national de la CFDT, indiquait dimanche 27 avril sur France 3, qu’une baisse de 3 % du chômage apporterait 15 milliards d’euros dans les caisses de retraites, soit exactement le besoin de financement annoncé par M. Fillon.

Les licenciements, qui trouent les carrières, la multiplication des petits boulots assortis de bas salaires, entraînent inexorablement, en raison des règles de calcul de la pension, notamment celle des « 25 meilleures années » pour le salaire de référence, une dégradation du niveau des retraites.

L’allongement de la durée de cotisation dans ces conditions aggravera le problème, et laissera les salariés devant cette alternative : ou accepter des pensions de misère, ou bien prendre, pour compléter leur revenu, et s’ils en ont encore la force, ce que certains appellent « un emploi vieux », comme cela se fait déjà aux États-Unis. Une perspective esquissée par M. Seillière (Medef) qui se dit prêt à « mettre en place l’emploi retraite », qui serait l’addition « du temps partiel et du temps retraite ». Les petits boulots à vie, tel serait, ainsi, le programme caché, derrière la réforme des retraites, de la droite et du MEDEF.

D’après Yves Housson
(article de l’Humanité)


Ecrit le 21 mai 2003 :

Une retraite de député, pour chaque retraité

Belle manifestation à Châteaubriant ce 13 mai 2003. Un millier de personnes. C’est sans doute depuis 1968 qu’on n’avait pas vu tant de monde dans les rues et, pour une fois, peu de retraités et beaucoup d’actifs de toutes professions, et même des personnes qui manifestaient pour la première fois.

Initialement, la manifestation, qui était unitaire à Paris, ne l’était pas en Loire-Atlantique !. Mais la CFDT locale a fait une démonstration de force le 13 mai à Châteaubriant et a réussi à imposer sa présence aux côtés des autres organisations.

En passant devant la permanence du député Michel Hunault, les manifestants ont réclamé « Une retraite de député pour chaque retraité ». En effet beaucoup de retraités se contenteraient de 2192 euros par mois (14000,00 F). Et ce sont les Députés qui vont voter la baisse des retraites ... des autres !


Ecrit le 21 mai 2003 :

Les réserves du Patronat

Six jours après la présentation du projet en Conseil des ministres, le patron du Medef, M. le Baron Ernest-Antoine Seillière a assuré que le Medef avait « de nombreuses réserves », de « sérieuses divergences » avec lui.

Il ne croit pas que « la baisse du chômage dans les années qui viennent va libérer de la cotisation disponible » : « un voeu pieux. Personne ne peut dire aujourd’hui que l’évolution démographique de notre pays entraînera la baisse du chômage », a-t-il ajouté.

Le patronat s’oppose à l’idée d’un minimum de retraite à 85 % du SMIC pour une carrière complète « Les partenaires sociaux verront ce qu’ils peuvent faire, en accompagnement de la réforme, mais rien ne doit être décidé par le gouvernement dans ce domaine ».

Le patron des patrons a aussi rejeté l’idée d’autoriser un salarié à travailler jusqu’à 65 ans, dès lors qu’il a atteint à 60 ans le nombre d’années de cotisations-retraites . « Son entreprise devrait alors le « licencier » pour qu’il parte, ce qui est « inac-ceptable ». » a-t-il dit.

Enfin, évidemment, le Medef est opposé à l’idée de soumettre à cotisations les mécanismes d’intéressement, de participation et de stock-options. Tu parles !


Ecrit le 21 mai 2003

L’Europe concernée

Selon le Courrier International, le débat sur la réforme du système des retraites n’est pas uniquement français. En effet, « Le Temps » de Genève remarque : « Tandis que l’Autriche et la France s’embrasent sur l’âge de la retraite, le débat va tout prochainement redémarrer en Suisse ». Les grèves et les manifestations à Vienne et en France sont, selon « The Guardian », les signes d’une population européenne de plus en plus crispée à propos de la protection sociale, des budgets publics et des coupes dans les retraites. Ainsi, relate le quotidien britannique, « en Suède aussi, près de 50 000 fonctionnaires ont commencé une grève lundi 12 mai. Les protestations et les grèves en Europe du Sud, centrale et du Nord laissent entrevoir des tensions futures. Les gouvernements européens cherchent en effet un moyen de désamorcer la bombe démographique, qui associe un taux de natalité bas à une population qui vit plus longtemps. Selon les propositions de Bruxelles, tous les Etats européens devraient retarder l’âge du départ à la retraite de plus de cinq ans d’ici à 2010 ». [ndlr : vous avez bien lu : selon les propositions de Bruxelles ! ]

Pour éviter le clash, note « La Libre Belgique », « la droite a épargné en France les régimes de retraite dits spéciaux (SNCF, EDF-GDF, etc.), gros pourvoyeurs de grévistes ». Pour elle, avec un peu d’habileté, Jean-Pierre Raffarin peut sauver sa tête, « avant les réformes encore plus périlleuses comme celles concernant l’assurance maladie et la fonction publique ». [ndlr : vous avez bien lu : le pire est encore à venir]

La retraite ou la guerre

Mais il n’y a pas qu’en Europe que les salariés sont affrontés au problème des retraites. Une grève illimitée paralyse Israël parce que le gouvernement d’Ariel Sharon veut abroger les conventions collectives par une loi prochainement votée par la Knesset (= le parlement israélien). Cette loi permettrait de réduire les budgets sociaux, de réduire les remboursements de soins et de médicaments, et les allocations familiales, de licencier plus facilement, et de porter l’âge légal de la retraite à 67 ans. Dame ! C’est qu’Israël a des dépenses importantes en matière militaire, pour faire la guerre aux Palestiniens et les chasser définitivement de leur sol !


Les entreprises excluent toujours
les salariés les plus âgés

Selon un article de Michel Delberghe (Le MONDE du 12 mai 2003), au moment où le gouvernement veut inciter les salariés du privé à travailler plus longtemps - 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020 -, les entreprises continuent de recourir massivement aux départs anticipés lors des « plans sociaux ». L’Etat lui-même ne donne pas le bon exemple. Des « mesures d’âge » sont prévues parmi les 3750 suppressions d’emplois dans le groupe public Giat Industries, tandis que le gouverneur de la Banque de France mise lui aussi sur les retraites prématurées pour diminuer les effectifs de 2750 postes.

Sans attendre d’y être contraints pour des raisons économiques, certaines branches d’activité et des groupes industriels négocient des accords de cessation d’activité des salariés âgés, pour faire partir, dès 57 ans, essentiellement des ouvriers affectés à des tâches pénibles.

A la faveur des restructurations économiques et technologiques engagées depuis trente ans, le taux d’emploi des salariés de plus de 55 ans est, en France, avec 38,4 % chez les hommes et 30 % chez les femmes, un des plus bas d’Europe. Et les entreprises ont tout fait pour faciliter le départ de salariés généralement mieux rémunérés, mais jugés trop âgés pour s’adapter aux mutations ainsi qu’à la pression des nouveaux rythmes d’organisation.

Pas plus de 50 ans

Selon une étude du ministère du travail, un employeur sur quatre persistait à penser, en 2001, que les salariés âgés ont des effets négatifs sur la productivité. Une enquête du cabinet conseil Cegos auprès de 300 directeurs de ressources humaines a révélé que deux tiers d’entre eux n’envisageaient pas de recruter des plus de 50 ans (Le Monde du 29 avril).

Cette réalité est aussi perceptible dans les pays européens. A tel point que, lors des sommets des Quinze de Stockholm en 2001 et de Barcelone en 2002, les chefs de gouvernement ont adopté des résolutions visant à revenir à un taux d’activité de 50 % des salariés de plus de 55 ans en 2010.

Le maintien en activité des salariés plus âgés suppose un changement radical d’organisation des méthodes de travail. Première difficulté et non des moindres, « il est difficilement concevable de maintenir des salariés sur des postes où ils ont subi de fortes contraintes durant toute leur vie », explique François Guérin, directeur adjoint de l’Agence nationale d’amélioration des conditions de travail.

Selon lui, « il faut tenir compte des phénomènes d’usure, des fonctions qui se détériorent et des évolutions biologiques différentes d’un individu à l’autre. Les entreprises vont devoir adapter leur organisation au vieillissement de leurs effectifs ». Et non l’inverse. Et de cela, les patrons ne veulent pas entendre parler.

Dans les pays nordiques, les salariés qui acceptent de « vieillir » dans l’entreprise ont bénéficié d’une formation continue tout au long de leur carrière assortie de perspectives d’évolution de leur vie professionnelle. Ce n’est pas le cas en France.

La fidélité a un prix

Pour éviter d’être en permanence soumises à la loi de l’offre et de la demande dans leurs recrutements, les entreprises devront prévoir les moyens de retenir et de fidéliser leurs salariés restants. Qu’il s’agisse des rémunérations, de l’organisation du travail, du développement de la formation continue et de la gestion des carrières, l’allongement de la vie professionnelle représente un coût que peu d’entre elles osent évaluer. Ce sera l’autre prix à payer de la réforme des retraites.


Écrit le 21 mai 2003

Un compromis compromettant

Voici, selon l’AFP, des extraits de ce qui aurait été accepté par la CFDT et la CGC en matière de retraites :

– BASSES PENSIONS : en 2008, aucune retraite nette d’un salarié ne sera inférieure à 85% du Smic net. Le minimum contributif sera revalorisé pour 40 années cotisées de 3% en 2004, 3% en 2006 et 3% en 2008. [ndlr : pourquoi attendre 2008 ? Et pourquoi pas 100 % du Smic ?]

– LONGUES CARRIERES : les salariés et les non-salariés des régimes alignés ayant commencé à travailler à 14 ou 15 ans, avec une durée de cotisation de 42 ans, pourraient partir à 56, 57 ou 58 ans suivant leur durée de cotisation [ndlr : pourquoi 42 ans ? 40 ans cela ne suffit pas ?]

Ceux ayant commencé à travailler à 16 ans et remplissant ces conditions, pourront partir à 59 ans. [ndlr : cela leur fera donc 43 ans de cotisation ! ]

– RACHAT : les possibilités de rachat des années de durée d’assurance (et le cas échéant d’annuités ou de trimestres liquidables), seront ouvertes à compter de 2004, dans la limite de trois ans [ndlr : pourquoi limiter à 3 ans ? Les députés peuvent racheter 15 ans, eux].

– COTISATIONS : à compter du 1er janvier 2006, la cotisation-vieillesse du régime général sera majorée de 0,2 point [ndlr : payé par qui ? Toujours les mêmes ?]

– PENIBILITE : les partenaires sociaux seront incités à conclure d’ici trois ans une négociation sur la définition et la prise en compte de la pénibilité [ndlr : d’ici 3 ans, tu parles ! et sans garantie sur le contenu ! ]

– EVOLUTION DES PENSIONS : l’évolution des pensions de retraite du secteur privé et du secteur public suivra l’évolution des prix. Tous les trois ans se tiendra une négociation [ndlr : cela fait longtemps que tout le monde réclame un retour à une évolution en fonction des salaires]

– DECOTE : le taux de décote du régime général actuellement fixé à 10 % par an sera ramené à 5 %, progressivement à compter de 2004 [ndlr : ça c’est bien]

– FONCTION PUBLIQUE HOSPITALIERE : les personnels en service actif bénéficieront pour le calcul de la décote d’une majoration de la durée d’assurance d’un an tous les 10 ans à compter de 2008. [ndlr : 2008, si loin que ça ?]. Les primes des aide-soignantes seront intégrées dans leur traitement et prises en compte dans le calcul de leur pension à hauteur de 10 % du traitement indiciaire.

Les pensions de retraite des fonctionnaires continueront d’être calculées sur les 6 derniers mois de salaire.

o-o-o

Nous laissons nos lecteurs libres de juger le contenu de ce compromis. Il y a en tout cas de nombreux adhérents CFDT qui ont menacé de démissionner si un tel compromis est signé.

(lire plus bas : désinformation orchestrée)


Écrit le 28 mai 2003 :

Raffarin, si tu savais,
ta réforme, ta réforme,
Raffarin, si tu savais,
ta réforme où on s’la met
Aucu, Aucu, Aucune hésitation
...

La chanson était drôle. La manif était conséquente ce 19 mai 2003 : 500 à 600 personnes se sont réunies place Charles de Gaulle à Châteaubriant et ont défilé dans les rues pour protester contre le projet de loi sur les retraites et sur « l’accord honteux » accepté par la CFDT et la CGC. « Il n’est pas équitable que 68 % des efforts portent sur le montant des retraites, 18 % pour relever les cotisations, et 14 % pour allonger la période d’activité. Ce sont les salariés actifs et retraités qui paient, rien pour le Capital » a dit Serge Adry pour la CGT, ajoutant que la baisse du niveau des pensions ouvre la voie à la retraite par capitalisation et que l’assurance de 85 % du SMIC n’est pas une amélioration réelle : « Nous sommes aujourd’hui à 83 %et le recul en 15 ans a été de 12 % ». Pour la CGT, la réforme proposée touche plus particulièrement certaines catégories : « les femmes qui pour les trois-quarts d’entre elles ont des carrières incomplètes, les salariés et les ménages modestes »

Pour la FSU, le projet Fillon amplifie les régressions de la réforme Balladur pour le privé et les transpose à la fonction publique. « Chaque salarié doit pouvoir accéder à une retraite à taux plein à 60 ans, c’est-à-dire sans décote. Que ceux qui le souhaitent puissent travailler au delà de 60 ans, pourquoi pas ? Mais demander aux salariés de rester plus longtemps serait catastrophique pour les jeunes qui attendent des emplois, pour les salariés âgés, rejetés par leurs employeurs ou usés par le travail’ » a dit Roland FEUVRAIS.

« Il y a un double arbitrage à faire :
– Celui du partage des richesses entre
La rémunération du travail
Et celle du capital

– Celui du partage des gains de productivité
Entre salariés actifs
Et retraités

Il faut former, repenser et aménager le travail, les carrières et les horaires ».

Les retraites, mais aussi les projets de décentralisation aux Régions de certaines catégories de personnels, la suppression des surveillants et aide-éducateurs : la fédération PPEP des parents d’élèves « comprend que les organisations syndicales s’inquiètent » mais regrette les grèves à répétition. La FCPE   (fédération des Conseils de Parents d’élèves) de Châteaubriant soutient les personnels de l’Education Nationale, critique la mise en place des « assistants d’éducation » « qui se traduira par la réduction du nombre de personnels éducatifs dans les établissements scolaires » .

Elle exprime sa préoccupation devant la remise en cause de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans et estime que les projets de décentralisation « menacent l’unité du système éducatif et l’égalité d’accès des jeunes à l’éducation et à la formation ».


Écrit le 3 juin 2003

Désinformation orchestrée

Une de nos lectrices, qui reproche à La Mée de participer à une « désinformation orchestrée » sur la question des retraites, nous écrit ceci, à propos de l’accord donné par François Chérèque au projet Fillon : « J’ai participé aux négociations avec le Ministère et je peux dire qu’il a fallu se battre pour arracher l’augmentation du minimum contributif, les longues carrières, la diminution de la décote etc...

D’avoir obtenu un plus en matière de justice sociale et d’équité pour les salaires au SMIC et d’avoir obtenu un départ pour 300 000 salariés car ils ont cotisé plus de 40 ans... C’est RIEN !!!!!!

Oui ce n’est pas parfait, on n’a pas obtenu totalement la remise en cause des lois Balladur. Mais pendant ces 5 dernières années le gouvernement de gauche pouvait les remettre en cause.

Maintenant c’est clair : deux attitudes

– soit le retrait du plan Fillon, les libéraux rentrent en scène et les banques proposent aux salariés des fonds de pensions.

– ou le projet de loi modifié avec le relevé de décisions (non signé par la CFDT) mais un avis positif de la CFDT. Ce relevé pour moi verrouille les députés de droite.

Traiter des responsables CFDT de « traitres » ( la Mée n’est pas allée jusque là mais d’autres journaux ou d’autres organisations ou partis politiques de gauche l’ont fait) qui n’ont fait que remplir leurs missions de syndicalistes, je ne peux l’accepter. »


Écrit le 3 juin 2003

85 % . Quand ?

En allant pêcher des informations sur le site de la CFDT, notons que :

En 2000, un salarié qui a fait sa carrière au SMIC a 81,3 % net (retraite de base + retraite complémentaire). La retraite de base, dans son cas, est de 533 euros, somme qui, d’après le projet Fillon doit être revalorisée de 3 % en 2004, 3 % en 2006, et 3 % en 2008. Ainsi « 85 % du SMIC » c’est à l’horizon 2008. Et la CFDT dit bien « En 2008, aucune retraite nette d’un salarié ayant une carrière complète au Smic ne sera inférieure à 85 % du Smic net », en ajoutant plus loin que : « Cette mesure de revalorisation du minimum contributif (il dépasse maintenant le minimum vieillesse) et la garantie minimum de retraite ont une incidence sur les salaires se situant entre le Smic et le salaire moyen Arrco (environ 1600 euros). »

On peut se demander pourquoi il faut attendre 2008 pour espérer avoir 85 % du SMIC net (soit 697 euros par mois = 4572 francs). La CFDT dit « nous renégocierons en 2008 ». Si c’est pour renégocier dans les mêmes conditions, c’est loupé.

B.Poiraud


Ecrit le 9 juillet 2003 :

Un cadre retraité sur trois
ne sera pas remplacé

Selon les hypothèses du Conseil d’orientation des retraites (COR) : l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses (baby-boom), nées entre 1945 et 1960, fera passer, à partir de 2005, les flux de personnes atteignant 60 ans d’environ 500 000 par an à plus de 800 000.

Cela fait longtemps maintenant que les spécialistes du marché du travail expliquent et réexpliquent que l’emploi ne réagit pas comme un coucou suisse : à savoir qu’il n’y aura pas de remplacement poste pour poste lors des départs à la retraite des baby boomers : le chômage devrait baisser mais sûrement pas autant que les projections - généralement très optimistes - le laissent supposer.

Un sondage réalisé par l’IFOP, en partenariat avec Le Monde, pour l’Association des conseils en communication pour l’emploi (ACCE) et le Syntec recrutement, syndicat professionnel qui rassemble 150 cabinets en France, et intitulé « Le recrutement des cadres : réalités et perspectives des entreprises », confirme le diagnostic. 60 % - seulement - des entreprises interrogées envisagent de remplacer leurs cadres qui partiront à la retraite à partir de 2004 ; 33 % refusent de l’envisager.

60 %, c’est certes une majorité, mais qui se partage en deux groupes : 29 % envisagent de les remplacer en totalité, 31 % partiellement.

La déprime

La déprime commence à gagner avec l’analyse du deuxième questionnaire uniquement adressé à celles des entreprises qui prennent le pari du renouvellement. 51 % d’entre elles sont décidées à privilégier la carte de la promotion interne ; 18 % annoncent l’embauche probable de cadres confirmés ou seniors, 15 % se lanceront dans le recrutement de débutants tandis que 12 % « anticiperont les départs par la formation permanente ». Si l’on fait bien les comptes, 63 % mettent donc la solution interne en avant, contre 33 % l’externe.

Cette enquête recoupe celle que Manpower vient également de publier à travers son cinquième baromètre de l’innovation en management : 59 % des DRH (chefs du personnel) interrogés disent « avoir commencé à réfléchir à l’impact du vieillissement de la pyramide des âges » contre 38 % qui avouent ne pas y avoir encore pensé. Parmi les prévoyants, 64 % pensent recruter de jeunes collaborateurs - la population est ici plus large que les cadres -, 36 % lanceront des programmes de formation spécifique, 27 % aménageront les postes de travail tandis que 28 % inciteront à la retraite anticipée, mesure parfaitement contradictoire avec l’allongement de la durée de cotisation réclamée par la réforme des retraites...

Lucidité

L’étude de l’IFOP est aussi précieuse car elle fait, à travers le « profil type du cadre dans les années à venir » qu’elle tente de dessiner, un point sur les relations entre l’entreprise et ses cols blancs. Les résultats traduisent une certaine lucidité bien loin des clichés de dévouement extrême qui marquèrent les années passées.

Les optimistes, d’abord : ils sont 42 % des interrogés à voir le cadre comme « un candidat essentiellement motivé par la culture de l’entreprise ».

Mais 52 % pèchent plutôt par pessimisme, pensant qu’il sera surtout « un professionnel mais donnant-donnant » (24 %) ; un individu soucieux de son équilibre vie privée/vie professionnelle (20 %) ; un candidat qui ne veut plus faire carrière dans l’entreprise (8 %).

Quant aux utopistes, ils ne sont plus que 2 % à croire qu’un cadre entre en entreprise comme en religion.

D’après Marie-Béatrice Baudet, © Le Monde


Ecrit le 9 juillet 2003 :

A Châteaubriant aussi

Dans le même esprit s’est tenu à Châteaubriant, le mardi 24 juin 2003, une conférence commune de l’APEC (association pour l’emploi des cadres), du CODELA (comité d’expansion économique de Loire-Atlantique) et du Pays de Châteaubriant  , au sujet du vieillissement des salariés dans l’entreprise.

On aurait pu penser qu’il serait question d’aménagement des conditions de travail. Mais non, il s’agissait du remplacement des cadres « âgés » (quel âge ? Cela n’a pas été précisé).

Selon l’étude qui a été présentée : d’ici 2010, la moitié de l’effectif cadre sera à renouveler :

Dans le privé :

– 755 000 cadres quitteront le secteur privé
– 625 000 postes cadres seront à créer

Total 1 380 000 cadres seront à recruter dans le privé.

En face, il n’y aura que 1 090 000 diplômés (y compris 460 000 cadres pourvus par promotion interne). Cela fait donc un déficit de 290 000 cadres pour le secteur privé.

Dans le public :

Pour le secteur public, le déficit sera de 150 000 cadres

Pénurie :

En additionnant privé et public, la pénurie atteindra donc 440 000 cadres.

Or les cadres ne sont plus ce qu’ils étaient, à savoir dévoués corps et biens à leur entreprise. Celle-ci a montré, ces dernières années, qu’elle n’avait aucun respect pour eux et qu’elle n’hésitait pas à les licencier quand elle avait besoin d’augmenter ses profits.

Alors les cadres ont réfléchi. Ils veulent maîtriser leur évolution professionnelle, en trouvant un épanouissement à la fois professionnel et personnel.

Selon l’APEC, ce qui compte le plus pour eux, désormais, c’est :

– L’intérêt des missions confiées, la reconnaissance de leurs compétences (43 %)
– l’évolution de la rémunération(20 %)
– Les conditions de travail et de cadre de vie (19 %)

Fidéliser

L’entreprise se devra donc de recruter et surtout de garder ses cadres, de les « fidéliser » comme on dit. Cela passe sûrement par un changement de mentalité des chefs d’entreprise (et des actionnaires !) ne mettant plus en avant la rentabilité, mais le respect des hommes. C’est valable aussi, et oh combien, pour les non-cadres. Mais ce n’est sûrement pas pour demain.


Retraites

Maison de retraite, MAPA