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Retraites : faut supprimer les vieux à la naissance !

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Dessin de Moon - 06 87 32 7

Ecrit le 3 avril 2008

 Autrefois, il n’y avait pas de retraites.

Dès qu’ils avaient l’âge de travailler les jeunes étaient embauchés (quelquefois très jeunes, dès 8 ans, par exemple pour ouvrir la porte des fours dans les forges). Après de longues années de travail, dans des conditions souvent très difficiles, les gens mouraient, pas vieux. Sans avoir jamais goûté à la retraite.

La vie des Anciens a longtemps reposé sur la solidarité inter-générationnelle et l’entraide volontaire. Au temps où plusieurs générations vivaient dans la même maison, les Anciens se rendaient souvent utiles par de menus travaux artisanaux,

La première profession à avoir obtenu une compensation pour sa période d’inactivité est celle des marins sous Louis XIV. Les fonctionnaires obtinrent une petite retraite en 1853, puis ce furent les mineurs en 1894, suivis en 1897 par les travailleurs des arsenaux et de l’armement.

En Allemagne, Bismarck mit en place des assurances sociales, en 1883, 1884 et 1889, face à l’agitation sociale.

 La loi ROP

En France, la loi ROP (sur les
« retraites ouvrières et
paysannes »), en 1910,
se heurte à une vive opposition

– celle de la droite et du patronat, qui dénoncent « des charges inacceptables » pour le pays et remettent en cause son principe même accusé d’encourager la paresse.

– celle de la CGT qui qualifie ce projet de « retraite pour les morts », fixant l’âge de la retraite à 65 ans alors que l’espérance de vie était inférieure à 50 ans.

La loi fut cependant mise en place, non sans difficultés. De nombreux employeurs faisaient une retenue sur la rémunération de leurs salariés, mais ne reversaient rien !

Après la guerre de 14/18, en 1919, une commission se met en place pour réformer la loi ROP. Elle se réunira pendant 11 ans ! En 1930 la loi institue une cotisation de 10 % du salaire (moitié pour le salarié, moitié pour l’employeur) pour couvrir tous les risques liés au travail (maladie, chômage, retraite). Les employeurs parlent alors d’une nouvelle charge insupportable.

En 1945 est créée la Sécurité sociale, avec une cotisation de 29 %. Le patronat ne dit plus grand chose pour se faire oublier après la période de guerre où nombre de ses membres se sont largement compromis dans la collaboration.

A cette époque la retraite était uniquement une retraite par répartition, étant donné le manque de confiance dans les banques, suite à la crise de 1929.

Cinquante ans plus tard le patronat reprend son refrain « la charge insupportable » et la retraite par capitalisation devient à la mode compte tenu de la magnifique santé des Bourses où les profits gonflent, gonflent ….
« La chétive pécore gonfla si bien qu’elle creva » dit Jean de la Fontaine. La bulle boursière crève, la confiance manque ….
Mais le refrain reste le même : ça coûte trop cher. Pendant des années « on » a mis les vieux travailleurs au chômage, à 55 ans, à 50 ans, parce qu’ils coûtaient trop cher, parce qu’il fallait embaucher des jeunes, parce que cela permettait de réduire le nombre de postes sans licenciements secs.

En 1993 les salariés du privé passent de 37,5 ans de cotisations à 40 ans. On les défavorise donc. Et, par un coup de baguette magique, on appelle « privilégiés » ceux qui sont restés à 37,5 ans. Et puis en 2003 on passe les fonctionnaires à 40 ans de cotisation aussi. En 2007, on supprime les régimes spéciaux (mais pas ceux des députés). Et voilà, maintenant on parle de 41 ans pour tous avec une décote de 6 % par année manquante.

Exemple : les salariés qui ont commencé à travailler à 22 ans, et seront licenciés à 57 ans, n’auront que 35 années de cotisations. Il en manquera 6 ce qui réduira leur pension de 36 %. Globalement la moyenne des salariés a 38 ans de cotisations. Cela leur fera donc une décote de 18 %. Imposer 41 annuités de cotisations, c’est baisser le niveau des retraites et non pas le protéger.

Pour améliorer cela, il faudrait donner aux seniors la possibilité de travailler jusqu’à 60 ans au moins. Mais cette possibilité, ils ne l’ont pas ! L’embauche ne dépend pas de leur volonté !

 Racket

Le gouvernement dit : « on vit plus longtemps, il faut cotiser plus longtemps ».

Mais en réalité l’espérance de vie ne s’allonge que d’un demi trimestre par an. Et en 2003, elle a même reculé d’un mois. L’espérance de vie est inégale et l’écart est de 1 à 7 ans entre un manœuvre et un cadre, or le gouvernement refuse toute discussion à ce sujet.
L’espérance de vie est largement due à la retraite à 60 ans. Si l’âge de la retraite est repoussé l’espérance de vie diminue. N’est-ce pas là l’objectif caché ?

Aujourd’hui on reproche aux travailleurs, licenciés hier, de coûter trop cher et de ne pas travailler assez. Et on va même plus loin : on reproche carrément aux retraités d’être des charges pour les jeunes ! Comme dit un humoriste : « Les vieux, faudrait les supprimer à la naissance ».

 Pamphlets contre les vieux

Alors se multiplient les pamphlets contre les vieux. Dans « La réalité du système social français » de Sébastien Groyer, une petite vieille s’adresse à un jeune : « Quand on a du temps pour se regarder vivre, on devient hypocondriaque. Moi je vais voir le médecin toutes les semaines ! ». Façon d’expliquer que les vieux ça ne travaille pas et ça coûte cher à soigner.

Le système social français, dit l’auteur, « a un énorme défaut : il prend aux pauvres (jeunes) pour donner aux riches (vieux) ». Quand 50 % des retraités gagnent moins que le SMIC, quand 700 000 personnes sont réduites au minimum vieillesse (628 €/mois, inférieur au seuil de pauvreté), ce jeune cadre dynamique (il est investisseur dans une banque) n’a pas la notion des réalités.

Dans « France Anti-jeune » Grégoire Tirot, jeune fonctionnaire au Ministère des Finances, veut montrer « comment la société française exploite sa jeunesse ». Il met en cause « l’égoïsme extrême des Ainés » et s’attaque « aux privilèges de la vraie classe dominante : les plus de 50 ans et les retraités ».

 Manif’

Le 29 mars 2008 les syndicats CGT, FSU et Solidaires ont appelé à un rassemblement au sujet des retraites, contestant le passage à 41 années de cotisation et la baisse inéluctable des pensions. Mais ils peuvent bien dire tout ce qu’ils veulent : le gouvernement s’en fout. Il a le pouvoir, il contrôle les médias, il fait ce qu’il veut.

Le bilan des réformes de 1993 et 2003 est désastreux. « Elles risquent de conduire à un éclatement des régimes de retraites : les plus pauvres relevant de dispositifs d’assistance, comme le minimum vieillesse, tandis que les autres seront invités à compléter, à leurs risques et périls, leur pension par de l’épargne individuelle et de la capitalisation, offrant ainsi de nouveaux marchés au capitalisme financier. Les jeunes générations, à qui l’on promet des taux de remplacement inférieurs à 50 %, sont priés de croire en la capitalisation au moment même où l’effondrement des marchés financiers vérifie le caractère aléatoire de cette épargne, par ailleurs inégalitaire » dit Solidaires.

« Des milliers de salariés continuent chaque année à mourir prématurément du fait de leurs conditions de travail. L’espérance de vie à 60 ans pour un ouvrier non qualifié est de 7 ans inférieure à celle d’un cadre supérieur » rappelle la CGT.


Ecrit le 28 mai 2008

 L’UNEDIC et l’emploi des Seniors

Selon que vous serez jeune ou « vieux » ....

Le nouveau président de l’Assedic, Geoffroy Roux de Bézieux, a reconnu que l’entreprise qu’il dirige, Virgin Mobile France, n’employait aucun salarié de plus de 55 ans. « Ce n’est pas un racisme anti-vieux, a-t-il expliqué, c’est que je ne peux pas recruter des gens de plus de 50 ou 55 ans dans un métier qui a 10 ans ».

Façon de dire que passé 50 ans, on ne peut plus être utilisable ! Si même le Président de l’ASSEDIC le dit ………..