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ADN, flash ball et droits de l’enfant

Ecrit le 25 novembre 2009

 Nom d’un p’tit pétard !

Non mais, où croyez-vous être ? Le 20 novembre 2009 on fête le 20e anniversaire des Droits de l’enfant. Mais c’est pas Noël, ou le jour de l’An. C’est pas le 14 juillet ou la fête au village ! Un jeune homme de 16 ans est bien placé pour le savoir.

 ADN

Seize ans, plus tout à fait un enfant, pas encore un majeur. Mais de la graine de délinquant, sûrement ! Le 21 septembre dernier, il a mis des pétards sur le rebord de la fenêtre de son collège, à Savenay. Boum ! Enquête de la gendarmerie. Succès ! Le jeune est interpellé, emmené d’abord chez le directeur du collège pour « une soufflante », puis à la brigade où, dit-il, il a été prié de se déshabiller, ce que contestent les gendarmes. Procès verbal de rappel à la loi (il y a une loi sur les pétards ?) et classement sans suite par le procureur de St Nazaire.

Mais où cela devient drôle (on rit de ce qu’on peut), c’est que le jeune est convoqué, par lettre, pour un prélèvement d’ADN. On vous dit : un pétard ça peut mener au crime ! Il est temps de ficher l’individu coupable de tels actes.

 Droits de l’enfant

Les pouvoirs publics français actuels ont une bien étrange manière de célébrer le 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

C’est la suppression annoncée de la Défenseure des enfants, alors que le Comité international pour les droits de l’enfant vient de demander le renforcement de son rôle et de ses moyens. C’est le fichage des enfants au soupçon, dès l’âge de 13 ans, dans « Edvige 2 », notamment en prenant en compte leur « origine géographique ». C’est la démolition de la justice des mineurs, jusqu’à prévoir la possibilité d’emprisonner un enfant dès l’âge de 12 ans, et le remplacement du tribunal pour enfants par le tribunal correctionnel dès 16 ans en cas de récidive. C’est le placement en centres de rétention d’enfants, et même parfois de nourrissons, ce qu’Eric Besson appelle « recevoir dignement » et assurer de « bonnes conditions de vie de ces familles ».
 
Si l’on ajoute que dans le cinquième pays le plus riche du monde 2,8 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté, et que l’on peut voir un enfant de 6 ans arrêté à la sortie de l’école, sans que les parents ni les enseignants en soient prévenus, et placé en garde à vue (Floirac, juin 2009), ou encore un chien policier lâché à l’improviste dans une classe de collège (Marciac, novembre 2008), on mesure à quel point la jeunesse est devenue pour les gouvernants une nouvelle « classe dangereuse » qu’il faudrait systématiquement mettre au pas, surveiller et punir.
 
La Ligue des Droits de l’Homme combat cette politique de la peur. Elle refuse qu’en matière de délinquance des mineurs on manipule les chiffres, que le tout-répressif prime les réponses sociales, éducatives et thérapeutiques, le soutien des familles, l’accès aux soins des enfants et adolescents en difficulté.
 
Une société qui a peur de ses enfants a peur de l’avenir. Un pouvoir qui voit la jeunesse comme un danger fait reculer les libertés et l’égalité de tous. Il y a urgence à prendre les droits de l’enfant au sérieux.

 Flash ball : mon oeil !

Flash

« Pour que plus aucun jeune ne soit mutilé arbitrairement par une arme de la police » : M. et Mme Douillard, parents d’un jeune lycéen, mutilé à l’œil il y a deux ans, après un tir de flash-ball par la police, à Nantes, le 27 novembre 2007, dans une manif lycéenne parfaitement calme, ont tenu une conférence de presse. Car quatre mutilations définitives de l’oeil de jeunes gens, toutes causées par des flash-ball de la police, ont eu lieu sur les dix premiers mois de 2009 ce qui pose la question d’une visée délibérée à la tête.

A Nantes, selon la famille « la mission des deux juges d’instruction nantais est retardée par le refus persistant des autorités policières de remettre des documents vidéo réclamés. D’où nos craintes d’une entrave délibérée à l’action de la justice ou bien d’une dissimulation, soustraction ou altération de preuves pouvant servir à la manifestation de la vérité ». La famille demande la mise en examen du policier tireur (et cagoulé ! Tiens, tiens !) et, plus globalement, « une enquête pour mise en danger d’autrui visant la hiérarchie, policière ou préfectorale ».

Couverture de la broc

Plusieurs familles de victimes ont créé une coordination : « Notre objectif est qu’une telle chose n’arrive plus à personne d’autre. Nous sommes pour la suppression totale du flash-ball, inapproprié au maintien de l’ordre » disent-elles cependant que Didier Hude, secrétaire de la FSU en Loire Atlantique dénonce : « Certains policiers se conduisent comme des cow-boys, car ils ont un sentiment d’impunité » 

Un ouvrage inédit : «  Flash-ball, LBD, mutilations... violences policières... - Récit de la manifestation du 27 novembre 2007 à Nantes et de ses suites humaines, judiciaires et politiques. » (26 pages) sera prochainement en librairie. (lire le texte ici : http://www.journal-la-mee.fr/bp/recit27novdef.pdf)

19 mai 2011 On ne tutoie pas : http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/societe/20110519.OBS3545/on-ne-tutoie-pas-rappelle-sarkozy-aux-policiers-et-gendarmes.html