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CAT : centre d’aide par le travail

écrit le 16 janvier 2002

 Centre d’aide par le travail : un bâtiment neuf

Un beau bâtiment ocre, rouge et vert, bois et pierres de pays, dans le fond un bâtiment bleu. A droite d’énormes blocs de pierre attendent leurs plantes de rocaille : voilà le nouveau CAT (Centre d’Aide par le Travail) de Châteaubriant.

Le premier est né en octobre 1973, après 2 à 3 ans de préparation. Il était le deuxième établissement de ce type en Loire-Atlantique. Prévu pour 25 places, il n’a pas fait le plein tout de suite : la structure était trop nouvelle, les familles attendaient de voir.

Un CAT, c’est un établissement destiné à accueillir des adultes, de 18 à 55 ans, ayant une certaine déficience intellectuelle et une capacité de travail réduite. En fait, et c’est là le drame, le genre de travailleurs qu’on trouve en CAT, en « Atelier protégé » comme on dit, trouvait naguère sa place dans les entreprises, au temps où il ne fallait pas de la productivité et du rendement à tout crin.

Insertion, autonomie

Le CAT est un lieu de travail (insertion professionnelle) mais tout autant un lieu de vie (apprentissage de l’autonomie). Tout est fait pour ne pas enfermer ces handicapés entre quatre murs (« être handicapé, c’est pas une tare » comme dit Pierre Urvoy, président de l’ADAPEI, association des parents et amis de l’enfance inadaptée), pour leur permettre de s’intégrer dans la ville, de s’épanouir personnellement. C’est pourquoi chaque adulte handicapé est suivi par deux référents, l’un pour le travail d’atelier, l’autre pour sa vie personnelle.

L’activité à caractère professionnel est le support permettant à la personne handicapée de se maintenir dans le tissu social en bénéficiant d’un ensemble d’actions visant à améliorer ses capacités et son épanouissement. Parmi ces actions, Colette Chatellier cite :

– Les activités scolaires (lecture, écriture, gestion de l’argent, code de la route)
– Le football, la piscine, les randonnées
– La vidéo, l’informatique, internet
– Divers jeux comme le palet
– L’esthétique, le maquillage
– Et bien sûr le théâtre qui a débouché sur des spectacles étonnants et émouvants comme « Pollen » par exemple.

« Nous sommes axés sur l’accueil, dit-elle, en lien étroit avec les familles »

 Histoire

Le CAT s’est installé d’abord au 61 rue d’Ancenis « mais dès le départ nous savions qu’il était trop petit et qu’il faudrait trouver à s’agrandir » dit le directeur René Henriquet. C’est que le CAT de Châteaubriant accueille maintenant 80 adultes handicapés.

« Nos projets d’agrandissement se sont heurtés au « réalisme » économique. Les chocs pétroliers successifs qui ont commencé en 1973-75, ont entraîné une récession économique générale, il a fallu faire des choix, il a fallu aussi attendre que d’autres secteurs, qui n’avaient rien, s’équipent en établissements d’accueil. C’est pourquoi la construction d’un CAT neuf à Châteaubriant a tant tardé » dit encore René Henriquet.

Six lieux

Concrètement, cela a présenté des inconvénients (le CAT était implanté sur 6 lieux différents !) et des avantages : les adultes handicapés ont eu à se déplacer, à rencontrer des gens à l’extérieur, à prendre une certaine autonomie. Maintenant, à Châteaubriant, les handicapés se sentent bien accueillis (n’hésitez pas à leur dire bonjour, cela leur fait tant plaisir d’être reconnus).

Métiers

En 25 ans, le CAT a découvert de nouveaux métiers. Au début les travailleurs ne faisaient que du petit conditionnement, maintenant ils utilisent des échelles, des tondeuses à gazons, des machines à bois perfectionnées, faisant preuve ainsi d’une habileté qui n’aurait peut-être pas eu l’occasion d’être découverte (redécouverte) si les animateurs en étaient restés à une conception étroite du « handicap intellectuel ».

Les 80 travailleurs du CAT, encadrés par 25 personnes, travaillent dans la menuiserie, l’entretien des sols et vitres, l’affichage, l’entretien des espaces verts et le nettoyage des rivières, la sous-traitance industrielle, et la restauration d’entreprise.

En matière de sous-traitance, le CAT fait du conditionnement de pièces de plasturgie et composants automobiles, de la soudure de poignées sur sacs publicitaires, du montage et des raccords hydrauliques et d’ensembles mécaniques, et du conditionnement de meubles en kit. De plus, en fin d’été, les travailleurs du CAT montent et démontent les stands de la Foire de Béré. Grand honneur pour eux.

Un « groupe de fonctionnement autonome » travaille seul sur différentes prestations de service. Ces adultes-là sont prêts à entrer dans la vie professionnelle, telle qu’elle est actuellement. « Nous regrettons que les entreprises castelbriantaises ne soient pas assez accueillantes, même pour de simples stages. Elles nous disent : nous sommes conçues pour produire, pas pour accueillir. Nous, nous leur disons qu’il y a chez nous des travailleurs prêts à s’intégrer dans un milieu de travail « normal » : c’est pour eux une grande motivation. Nous savons que les entreprises n’auraient pas à s’en plaindre »

300 repas

Depuis septembre 1988, le CAT de Châteaubriant (12 adultes handicapés et 4 encadrants) a repris le restaurant d’entreprise de l’usine Huard et prépare 300 repas par jour, consommés sur place, ou fournis aux 3 écoles d’Erbray, au foyer-restaurant des personnes âgées à Châteaubriant, aux services de l’Equipement et à l’hôtel des Impôts. Il y a même un portage à domicile, en liaison chaude, pour les personnes de l’ACPM   (aide aux chômeurs) qui sont en chantier d’insertion en différents points du pays de Châteaubriant   .

Mais depuis toujours le CAT cherchait un lieu où s’implanter définitivement. Ce faillit être les anciens locaux de la Compagnie Bretonne (rue de la Citoyenneté), ou une partie des friches Huard. Il a été question d’un terrain en zone industrielle et puis, merveille, s’est trouvé libre le site de l’ancienne entreprise SCT (société castelbriantaise de transports) qui a l’avantage d’être vaste, d’être situé entre deux lotissements, de faire le lien entre la rue d’Ancenis et la Rue de Renac  , de disposer de 3 bâtiments réhabilitables et d’emplacement disponible pour du neuf.

Malheureusement, plus le temps passait, plus le coût de l’investissement grimpait. Actuellement deux bâtiments sont rénovés, un atelier neuf a été construit, il reste un bâtiment à réhabiliter, ce qui devrait être fait d’ici un an. Coût total : 15 millions de francs dont 3,5 millions de subventions (peut-être 4). Le reste est couvert par une avance remboursable de la Région, un prêt à 0 % de la Caisse Régionale d’Assurance Maladie, et un emprunt.

Quelques chiffres

L’ADAPEI : association des amis et parents d’enfants inadaptés. C’est une association loi 1901 à laquelle on peut adhérer même si on n’a pas de handicapé chez soi. Le Président pour la région de Châteaubriant est maintenant Pierre URVOY. (tél 02 40 28 42 28)

L’ADAPEI a créé 40 établissements ou services en Loire-Atlantique, 1500 personnes y sont accueillies ou accompagnées, de la petite enfance à l’âge de la retraite (une réflexion est engagée pour les personnes plus âgées).

Le « travail protégé » se fait dans des CAT (centre d’aides par le travail) : l’ADAPEI en a créé 11 sur les 22 existants en Loire-Atlantique et y accueille 785 adultes sur 1400. C’est dire la place du « privé » (non-lucratif) dans ce secteur de la santé qui devrait relever de la solidarité nationale par l’intermédiaire de l’Etat.

A Châteaubriant, il existe un IME (institut médico-éducatif) qui accueille 80 enfants et jeunes, et un CAT (80 adultes), soit en tout 160 familles concernées. Il y a aussi un foyer d’hébergement, des services d’éducation spécialisée et soins à domicile, etc.

Portes Ouvertes

L’inauguration des nouveaux locaux du CAT a eu lieu samedi 19 janvier 2002, rue d’Ancenis. Les 8 comédiens du C.A.T se sont produits à 11 h juste avant les discours officiels.

Tout l’après-midi, de 14h30 à 17h30, visite commentée des lieux, exposition de photos, historique des anciens bâtiments et animations théâtrales et musicales. Ouvert à tous.

L’arrêt Perruche

Les députés ont adopté, jeudi 10 janvier, à la quasi-unanimité, le dispositif proposé par le gouvernement pour mettre fin à la jurisprudence de l’arrêt Perruche relative à l’indemnisation des handicaps congénitaux.

Le texte adopté stipule notamment que « nul, fût-il né handicapé, ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance ». Toutefois, il autorise les parents de handicapés congénitaux à demander une indemnité pour leurs enfants lorsqu’un handicap « d’une particulière gravité » n’aura pas été décelé lors des examens prénataux à la suite d’une « faute lourde » des médecins.

Yaceuki

1 stand au marché de Châteaubriant + 8 militants(es) de l’ADAPEI qui y croient = 323 signatures recueillies pour la pétition nationale de l’ADAPEI pour la reconnaissance de la dignité des personnes handicapées mentales

YACEUKI... s’en moquent. Se mouiller pour des tarés, c’est débile !

YACEUKON... pas l’temps ! Une minute d’attention et une signature ? Vous n’y pensez pas !

YACEUKI... ont la mine réprobatrice, voire choquée, que l’on vienne ainsi les solliciter quand ils ont la tête à chercher la bonne affaire du jour...

YACEUKON voit tourner ostensiblement la tête...

YACEUKI... ont changé de trottoir pour éviter ces emm... que nous étions ce matin-là.

Mais il y a ce monsieur sur son fauteuil roulant électrique qui vient nous voir : pourquoi pas une pétition pour toutes les formes de handicap ? On s’explique. Il prend un bon paquet de cartes pétitions et s’en va. Il nous les ramène une heure après : toutes sont remplies et signées ! Même les trois gendarmes qu’il a rencontrés ont rempli leur carte-pétition !

Mais il y a Daniel et Christine, deux travailleurs handicapés du C.A.T. qui ont tenu à être avec nous, sur leur temps de congé, pour cette campagne. Se battre pour ET AVEC les personnes handicapées mentales, cette intuition, cette volonté de l’ADAPEI, avait bien pris corps ce 9 janvier sur le marché de Châteaubriant.

Mais il y a les 323 personnes qui ont signé la carte de l’UNAPEI et qui nous ont dit : « Vous avez raison, continuez ! »

« ...Mon mari est artisan, nous avons embauché un jeune handicapé mental, ça marche, il est content et nous aussi. »

« C’est bien ce que vous faites. Vous avez du courage. » C’est vrai que cette démarche n’allait pas forcément de soi.

 

Pierre URVOY

 


(écrit le 30 janvier 2002)

 CAT : inquiétudes

Lors de l’inauguration du nouveau CAT (Centre d’Aide par le Travail) de Châteaubriant, le 19 janvier 2002, Pierre GUERIN, président de l’ADAPEI, a souligné : « Une forte inquiétude cependant dans la joie qui nous rassemble aujourd’hui puisque nous avons été informés courant décembre 2001 que le financement des amortissements et des frais financiers devrait désormais être supporté par les budgets de production.

Nous nous interrogeons sur les buts recherchés par ceux qui souhaitent imposer de telles mesures qui, si elles devenaient effectives, ne permettraient plus d’équilibrer les budgets des CAT .

Je rappellerai que le CAT a une mission médico-sociale et que les charges du budget annexe de production comprennent les seuls frais directement entraînés par l’activité de production et de commercialisation . La question qui est posée est de savoir ce que les pouvoirs publics veulent faire du CAT en sollicitant ainsi de plus en plus les budgets de production pour supporter des charges qui doivent normalement être supportées par l’Etat. Comment dans ces conditions laisser la place aux activités de soutien psycho-éducatif qui sont dans la mission même du CAT et ne pas être tenté vers le tout-production afin d’équilibrer les budgets ?

Comment donner une place à ceux dont les capacités de produire sont limitées ?

Aujourd’hui nous n’avons pas de réponse à ces questions mais nous n’accepterons pas ces dispositions qu’on voudrait nous imposer et nous réagirons vivement auprès de toutes les autorités de l’Etat pour faire entendre notre point de vue. »

Adapei

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