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Handicap et emploi au petit déjeûner

Ecrit le 19 octobre 2005 :

 Matinée de l’ADIC : handicap et emploi

C’est une opinion assez répandue :
je suis handicapé, j’ai droit à .....,
je suis âgé, j‘ai droit à .....,
je suis ancien combattant, j’ai droit à ......,
je suis jeune, vieux, mère de famille, bien-pensant, bien votant, ...... j’ai droit à ....

Hélas, dans une société où la concurrence prime souvent la simple humanité, la revendication du « j’ai droit à » ne marche pas. C’est particulièrement douloureux pour les personnes qui, handicapées, revendiquent le respect de leur dignité et notamment, de leur ... droit ... au travail. Or 27% des personnes handicapées sont au chômage, contre 9 à 10 % en moyenne nationale. « Il reste beaucoup à faire pour changer le regard du monde de l’entreprise sur les personnes handicapées » dit Jacqueline Guihéneuf chargée de mission « Emploi et Handicap » à la CG-PME

 Initiative  

Une réunion originale a eu lieu pour la première fois à Châteaubriant, le vendredi 30 septembre, à l’initiative   de l’ADIC (association des industriels) et de la CG-PME : une matinée de sensibilisation sur le thème « Emploi et handicap » . Entre employeurs, et personnes handicapées. « Celles-ci peuvent ainsi se confier, se révolter, questionner, comprendre mais aussi sourire, imaginer, construire » dit-on à l’AGEPIPH (fonds de développement pour l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés).

Trois chefs d’entreprise locaux, Michel Caillez (SRVU), Jean-François Barba-zanges, et Didier Elin (Team Plastiques) ont joué les recruteurs auprès d’une dizaine de personnes toutes reconnues COTOREP.

« Nous voulons donner des pistes à ces personnes, leur apprendre à se présenter, à se mettre en avant » dit Michel Caillez, « en leur permettant un contact direct avec des chefs d’entreprise, sans langue de bois » . « Nous mêmes, ou les membres de notre famille, nous ne sommes pas à l’abri d’un accident de santé. Il faut que l’entreprise en tienne compte »

Mais comment parler de son handicap ? A quel moment ? « Quand on le met en avant, c’est fichu, ce handicap peut effrayer le recruteur, même s’il y a un avantage financier à la clé. Il faut au contraire rassurer l’interlocuteur, ne présenter le handicap qu’au détour de la conversation » . « on ne recrute pas un handicapé, on recrute une personne sur un poste »

En effet, il y a de nombreuses personnes handicapées (sans que cela se voie : tout le monde n’est pas en fauteuil roulant ! ). Mais le handicap n’est pas une compétence.

« Présenter d’emblée son handicap, c’est montrer que ce handicap est installé dans votre tête et que c’est la chose qui compte le plus pour vous. Ne mentionnez pas votre handicap sur le CV, faîtes-vous apprécier d’abord »

Commentaire : Inutile ce genre de réunion ? On pourrait croire que les chefs d’entreprise qui y participent, se font plaisir gratuitement. En réalité la démarche est très appréciée des personnes qui en bénéficient :

 Re-la-ti-vi-ser

« Rencontrer d’autres personnes handicapées, cela nous permet de relativiser nos problèmes » dit une femme. « Discuter naturellement avec des chefs d’entreprise qui nous mettent à l’aise, cela nous rassure sur nous-mêmes » dit une autre.

« C’est dur d’être accepté COTOREP, ça fiche un coup » dit un homme « j’ai appris ce matin que le handicap est une contrainte, mais pas un problème » .

« Nous souhaitons amener les personnes à se présenter différemment, à mettre en avant leurs compétences, à donner envie de les embaucher » .

En 2003, parmi les 250 personnes ayant participé à des sessions « Emploi et handicap » , 38 % ont retrouvé un emploi (dont la moitié en CDI) et 6 % sont entrées en formation. Voir plus loin


Ecrit le 26 juin 2006

 Les p’tits déj’ du handicap

Pour la deuxième fois à Châteaubriant, la CG-PME et l’ADIC organisaient, le 15 juin 2006, les Petits-Déjeuners du Handicap avec trois chefs d’entreprises locaux : Michel Caillez, Pierre-Yves Barbazanges et Didier Elin. « Il s’agit de mettre en relation des personnes handicapées, au chômage, avec des employeurs qui recrutent » - « Ici on peut tout se dire, car il n’y a pas de contrat de travail directement en jeu » dit Eric-François Ménard (de Nantes).

Huit personnes handicapées, avec quatre employeurs. Etre demandeur d’emploi quand on est handicapé, ce n’est pas évident, même pour un petit déjeuner informel. « Nous étions tous plus ou moins déstabilisés d’être présentés comme tels » . « De toutes façons, il y a une dif-ficulté de communication entre un patron et un chômeur » a dit un participant. qui a reconnu, cependant que les chefs d’entreprise présents ont su se montrer ouverts et accueillants.

 Contraintes

« La personne handicapée doit savoir présenter d’abord ses atouts, se valoriser, se vendre. Le handicap est une contrainte, pas forcément un obstacle » explique Michel Caillez.

« On n’embauche pas quelqu’un parce qu’on aura une prime, mais parce qu’on va trouver des compétences » « Aussi importe-t-il de présenter un CV qui donne envie, au chef d’entreprise, de vous rencontrer » .

A ce sujet M. Caillez précise qu’il conçoit très bien que le CV soit différent selon les entreprises, la personne ayant besoin de mettre en avant les points qui peuvent intéresser l’entreprise.

 Relations

Deux tiers des embauches se font par le relationnel : « le but du petit déjeuner est de faire comprendre aux personnes l’importance d’un réseau, et de leur dire qu’il n’y a pas de raison qu’elles se dévalorisent. Nous avons cherché à leur donner des clés » a dit Eric-François Ménard

« Cette opération nous a permis de nous exprimer, face à des chefs d’entreprise qui nous écoutent, qui nous expliquent. Ce n’est pas si fréquent » a dit une participante.

« Et puis, nous avons vu les faiblesses des 7 autres personnes qui étaient là, comme nous, en situation de handicap. Cela nous permet de relativiser nos propres problèmes »

« Nous avons des peurs, mais les employeurs aussi ont des peurs. Le contact humain est très important » .

La CGPME de Loire-Atlantique a organisé 42 petits-déjeuners de ce type. Espérons que le nouveau bureau d el’ADIC renouvellera l’opération en 23007 (ou peut-être avant).

Contacts : Jacqueline GUIHENEUF (chargée de mission) - 02 40 52 53 43 ou jg.cgpme-44@wanadoo.fr