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La réforme Chatel - 2010

Ecrit le 20 janvier 2010

 Le lycée Guy Môquet en grève

Les personnels éducatifs du lycée Guy Môquet se sont réunis jeudi 14 janvier 2010 pour décider d’actions à mener afin d’expliquer aux familles leur opposition à la réforme des lycées proposée par le ministre Luc Chatel, cela en vue du mouvement de grève nationale du jeudi 21 et de la grande manifestation parisienne du samedi 30.

Les enseignants souhaitent vivement faire partager leurs craintes sur les conséquences probables d’une réforme qui pose plus de problèmes qu’elle n’offre de solutions. Ils sont particulièrement hostiles aux mesures qui dérèglementent l’Education Nationale, sous couvert « d’autonomie » des lycées, sans donner à ces établissements les moyens d’assumer leurs missions, et s’indignent de la suppression d’un grand nombre d’heures de cours, de modules, et d’aide individualisée.

Entre autres actions, des tracts seront distribués avec une invitation aux parents d’élèves afin qu’ils viennent dialoguer avec les équipes éducatives.

 Raisons de la grève

Jeudi 21 janvier, les enseignants de lycée sont appelés à faire grève et à manifester leur refus de la Réforme du Lycée telle qu’elle est conçue par Luc Chatel, c’est-à-dire :
– Une réforme dont la mise en œuvre risque de provoquer nombre de dysfonctionnements dès la rentrée prochaine
– La fin d’une réglementation des horaires d’enseignement garantissant l’égalité entre tous les établissements
– La suppression de l’Aide Individualisée et des modules en Seconde
— L’introduction d’heures d’Accompagnement Personnalisé ne répondant pas aux besoins réels des élèves, cela au détriment des heures de cours et de modules
– Une réforme qui expose une vitrine alléchante d’enseignements nouveaux, que la plupart des établissements ne pourront proposer aux élèves
– Des incertitudes concernant la répartition des groupes à effectifs réduits et l’organisation de l’enseignement des langues étrangères
– Des stages pendant les temps de repos qui ne compensent en rien les heures de cours perdues
– La suppression de l’histoire-géo en terminale S.

La Réforme Chatel, c’est au mieux un catalogue de fausses solutions ; et au pire une aggravation des problèmes du Lycée.

NON à la Réforme Chatel !

Signé : l’Assemblée générale des personnels éducatifs du lycée Guy Môquet


Ecrit le 8 septembre 2010

 Grève le 6 septembre 2010

Les professeurs du lycée Guy Môquet, dans une lettre adressée aux parents, tiennent à faire connaitre les raisons qui les poussent à se joindre ou à soutenir le mouvement de grève du lundi 6 septembre.
Comme prévu, la réforme des lycées et la politique de réduction des moyens menée par le gouvernement génèrent des problèmes concrets dont les élèves seront les principales victimes.

Formation des enseignants :

En tout premier lieu, c’est la réforme de la formation des enseignants qui soulève les plus vives inquiétudes. Deux professeures stagiaires ont été nommées sur le lycée d’enseignement général, l’une en anglais, l’autre en mathématiques. Contrairement aux années précédentes, ces professeures devront suivre une formation le vendredi et effectuer un service complet (18 heures de cours) du lundi au jeudi et alors qu’elles n’ont jamais enseigné de leur vie (1). Ni l’une ni l’autre n’ont été informées du contenu ou des modalités de cette formation pour les semaines et les mois à venir. Il ne faut pas écarter l’hypothèse d’absences prolongées liées à des périodes de formation entraînant des problèmes de non-remplacement. Pour couronner le tout, l’une d’entre elles s’est vu confier une classe de terminale alors qu’il serait préférable qu’une classe à examen ne soit pas attribuée à un professeur débutant.
Il est encore possible de contraindre le recteur à modifier les modalités de mise en œuvre de cette réforme. Sachez que la situation des stagiaires varie d’une académie à l’autre et que celle des stagiaires de l’Académie de Nantes est une des plus inconfortables.

Enseignants non remplacés

Par ailleurs, nous avons pu constater que deux enseignants, en sciences-éco et histoire-géo, absents pour plusieurs semaines, n’avaient toujours pas de remplaçant. La direction risque fort de devoir, encore une fois, recruter localement des personnels peu ou pas qualifiés pour cette tâche.

La rentrée confirme une fois de plus la tendance lourde à la précarisation des personnels de l’éducation. Plutôt que de créer des postes, le gouvernement a de plus en plus recours à des vacataires ou des contractuels. Cette année, nous avons la surprise de voir un enseignant contractuel nommé sur deux établissements avec un « CDI » (contrat à durée indéterminée) : il aura donc les mêmes obligations que ses collègues, sans le statut de fonctionnaire. Ceci constitue un dangereux précédent, qui n’est pas sans rappeler la gestion du personnel de France Télécom, EDF et autres établissements de feu le service public.

Classe de Seconde :

Le gouvernement se félicite d’avoir introduit l’accompagnement personnalisé pour les élèves de seconde. Nous rappelons que cette innovation s’est traduite par la disparition des modules de français et d’histoire-géo, celle de l’aide individualisée en français et en mathématiques, sans parler des réductions d’horaires non accompagnée de réductions de programmes. Nous craignons fort que l’accompagnement personnalisé, dont le principe est louable, ne tienne pas toutes les promesses dont il est porteur et s’avère, au final, un dispositif à la fois coûteux et inefficace.

Enfin, nous souhaitons attirer l’attention des parents d’élèves sur le risque qui pèse sur l’avenir de l’option Arts Plastiques, désormais suspendue à l’élaboration d’un « projet » et conditionnée par un nombre suffisant d’inscriptions et des poursuites d’études concordant avec le choix de cette option.

Une fois de plus, rentabilité, économie, et pseudo-efficacité semblent guider prioritairement le Ministère de l’Education Nationale.

Section du SNES du lycée Guy Moquet

 

 

 Article du journal le Monde du 13 septembre 2010

PDF - 4.9 Mo
Rapport IG

Un rapport de l’inspection générale, destiné à rester confidentiel, critique violemment la politique éducative du gouvernement. « Malaise », choix budgétaires qui « préparent assez peu l’avenir », cette « Synthèse sur la préparation de la rentrée scolaire 2010 », signée de trois « sages » de la Rue de Grenelle, jette un pavé dans la mare

Cette « fuite » orchestrée, révélée presque simultanément, vendredi 10 septembre, par l’Agence France-Presse et l’Agence éducation formation, est l’indice que les évolutions du système éducatif suscitent des préoccupations jusqu’au sein de la haute hiérarchie du ministère de l’éducation, d’ordinaire plutôt acquise au ministre. (...)

PARIS — Les inspecteurs de l’Education nationale ont écrit dans un rapport au ministre Luc Chatel que les choix budgétaires de cette rentrée préparaient « assez peu l’avenir », notamment dans les collèges, un constat qui, selon les syndicats, « dément l’optimisme ministériel ».

Ce rapport de l’Inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la Recherche (IGAENR), daté de juillet et dont l’AFP a eu copie, évoque surtout des problèmes de remplacement, des « tensions » dans le secondaire, mais un climat « très apaisé » en primaire.

Si « la rentrée 2010 est »techniquement réussie« , ses choix budgétaires »préparent assez peu" les années à venir qui doivent être marquées par la poursuite des suppressions de postes, écrivent les inspecteurs.

D’abord, « la baisse des moyens de remplacement laisse sceptique » alors que « la situation est déjà difficile » et que le ministre « insiste sur la nécessaire amélioration du remplacement » cette année.

Ensuite, la réforme du lycée a contribué à ce que « l’offre de formation » ne soit « pas revue à la baisse », alors que ce serait un des moyens de « diminuer le coût du système éducatif ».

En conséquence, « la pression budgétaire oblige à faire des économies sur les autres leviers » que sont « le nombre d’élèves par classe » et « la gestion des personnels, dans et hors les classes ».

Or le rapport assure que cette gestion est « sous tension » dans le secondaire - où dès l’an dernier « certaines académies ont dégradé le taux d’encadrement des collèges » - et dans l’administration des académies.

En collèges et lycées, où « le recrutement de professeurs titulaires est à peine suffisant pour couvrir les postes à pourvoir », des « tensions » sont « prévisibles dans la continuité des difficultés » de 2009/2010 : « titulaires remplaçants insuffisants dans certaines disciplines », « davantage de postes partagés entre plusieurs établissements », plus de vacataires, etc.

Dans les départements, « la tension dans les services administratifs » est « très sous estimée par l’administration centrale », alors que les académies deviennent « l’échelon de gestion majeur du système », « pour le meilleur et pour le pire ».

Côté positif, le rapport évoque « un climat très apaisé dans les écoles » où « la nouvelle organisation est entrée dans les moeurs » et une réforme de la seconde générale et technologique « bien préparée ».

Produit chaque année au printemps, ce document « à usage interne » permet de faire « des alertes » au ministre pour mieux préparer la rentrée, a expliqué à l’AFP Thierry Bossard, chef du service de l’IGAENR.

Ainsi une « alerte » a-t-elle été lancée cette année sur le nombre de formateurs pour les professeurs stagiaires, ce qui a ensuite « permis des ajustements ».

Et à la suite du rapport, le ministre a confié aux inspections générales « une mission de suivi de la mise en œuvre des décisions sur le remplacement » et une autre « pour concevoir un cadre de référence pour suivre l’action des académies », a détaillé M. Bossard.

Ce rapport « dément l’optimisme ministériel » et est « la marque que la politique du rabot à l’aveugle préoccupe jusqu’à l’encadrement supérieur du ministère », a réagi dans un communiqué l’Unsa-Education : « à l’évidence, les mesures successives de dépeçage comptable d’un mammouth dégraissé depuis longtemps et qu’on ampute jusqu’à l’os trouvent leurs limites ».

« Il est encore temps de revenir sur les suppressions de postes prévues en 2011 », a lancé dans un autre communiqué le SNUipp-FSU.

Le baccalauréat, c’est dans la poche


NOTES:

(1) Ndlr : quand on sait le temps de préparation et de corrections nécessaire, on voit que 18 h de cours + formation le vendredi, ce n’est pas possible.