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ABRFi - des wagons qualité France

Ecrit le 6 décembre 2006

 ABRF : des wagons qualité France

ABRFI : ateliers Bretons de réalisations ferroviaires Industries. Le PDG Jean-Luc Rémondeau reçoit le Sous-Préfet (Jean-Philippe Trioulaire) et la presse locale pour parler de la construction des wagons, dressant un vaste panorama français et européen de ce secteur. Puis M. Ouary et M. Tertrin accompagnent les visiteurs à la découverte des ateliers : 8 km de voies ferrées, 24 000 m2 couverts sur un terrain de 14 hectares.

L’Histoire a commencé en 1972 quand Guy Andrivet, qui avait créé une entreprise de réparation de wagons, à Donges, est venu s’installer à Châteaubriant parce que, à l‘époque, Châteaubriant était encore une étoile ferroviaire importante. La construction s’est faite sur un terrain agricole. « C’est pourquoi nous sommes un site neuf » dit M. Rémondeau, « alors que la plupart de nos concurrents se trouvent occuper d’anciens sites SNDF déclassés ».

JL Rémondeau - JP Trioulaire - A.Hun

Après quelques années florissantes, puis un dépôt de bilan et une centaine de licenciement en 1993, l’entreprise a redémarré avec 46 salariés et compte maintenant 150 salariés, tous actionnaires, et une cinquantaine d’intérimaires, dans l’atelier de la route de St Nazaire.

L’entreprise travaille à 50 % pour la fabrication de wagons neufs et à 50 % pour la maintenance. Tout ça dans le frêt. « Mais quand le tram-train arrivera à Châteaubriant, nous essaierons d’obtenir le marché de réparation des wagons-voyageurs » dit M. Rémondeau. On n’en est pas là.

ABRF-Présentation

 Les wagons P

Le secteur d’activité des ABRFi ce sont les « wagons P ». P comme particuliers. Vers 1910-1915 sont apparus les wagons pinardiers, dans le Sud de la France, pour distribuer le vin d’Algérie en France, en Suisse et en Allemagne. Le vin étant taxé, ces wagons suscitaient des envies ... et devaient être accompagnés. Comme le seront, rapidement, les wagons transportant des primeurs, et notamment des fraises d’Espagne. La SNCF a considéré, à l’époque, que cet accompagnement ne faisait pas partie de ses tâches : c’est ainsi qu’ont été lancés les premiers transports P. Il y eut ensuite, dans le même genre, des transports de gas-oil, ou de matières dangereuses.

A une époque on comptait 80 000 wagons P, dont 50 000 citerniers. La plupart se trouvent dans le sud de la France (pinardiers), dans l’est (charbonnages) et dans le nord.

ABRF - B

Un wagon peut rouler environ 40 ans. Mais, il doit être révisé tous les 6 ans (voire tous les deux ans quand il roule beaucoup) en particulier pour reprofiler les essieux qui, à force de rouler sur les rails, finissent pas s’user. Cette maintenance est l’un des secteurs d’activité des ABRFi. Naguère la SNCF avait un atelier à Rennes, avec un tour à essieux. Quand Rennes a fermé, les ABRFi devaient envoyer leurs essieux à Nevers. « Alors nous avons acheté le tour à essieux de Rennes, et investi dans un tour neuf pour 1,2 millions d’euros. Et nous avons réutilisé le bâtiment de l’entreprise SONER pour installer cette nouvelle activité » dit M. Rémondeau. « Désormais nous sommes autonomes dans cette activité ».

ABRF - Champ d’ess

Le reprofilage ne se fait qu’après un examen des essieux notamment par magnétoscopie, pour déceler les éventuelles fissures. L’activité « reprofilage des essieux » est porteuse puisqu’il n’y a que 8 ateliers en France (dont 2 SNCF). « Les ateliers SNCF traitent le matériel destiné à rouler à 160 km/h, qui doit respecter des normes de sécurité très contraignantes. Nous, nous avons récupéré le marché des wagons-frêt qui roulent généralement à 100-120 km/h ».

Les ABRFI assurent la maintenance de 1500 à 2000 wagons par an.

 Des wagons neufs

Un autre secteur concerne les wagons neufs ou transformés. Des wagons vraiment neufs (100 à 200 par an) sont conçus au bureau d’études des ABRFi et réalisés dans les ateliers. Sur ce marché ABRFi est en concurrence avec une entreprise française AFR, et surtout une roumaine et une polonaise. Dans ces deux pays, les Américains ont investi pour profiter des bas salaires des travailleurs.

Atelier de reprofilage des ess

Mais, estimant leur rentabilité insuffisante, surtout avec l’augmentation du prix de l’acier, les Américains ont déjà vendu l’usine Trinity de Roumanie et s’apprêtent à en faire de même avec l’usine Greenbrier de Pologne. « C’est peut-être une chance pour nous » dit M. Rémondeau « car les acheteurs, n’ayant plus la garantie de la qualité américaine, risquent de rechercher la qualité française ».

ABRFi fait aussi des wagons neufs avec des vieux (150 à 200 par an) : des wagons qui ont roulé 20-25 ans sont totalement modifiés pour faire, par exemple, du transport de bois, à destination de l’Allemagne.

 Châteaubriant c’est loin ?

Tout est relatif !
Naguère la SNCF facturait la circulation des wagons en charge, mais pas la circulation des wagons vides. De ce fait les utilisateurs de l’Est, du Sud et du Nord de la France n’hésitaient pas à envoyer leurs wagons à réparer à Châteaubriant.

Mais la réglementation européenne d’une part, et le « Plan Verron » de l’autre, ont tout changé : désormais les transports à vide sont facturés. Et Châteaubriant paraît alors loin ! « Nous cherchons à passer des accords avec nos confrères pour avoir des ateliers plus proches de nos clients et en particulier de l’Allemagne ». En Allemagne ... où il y a deux fois plus de wagons qu’en France.

Tour à essieux acheté à la SNCF-Re
Tour à essieux, mod

Parallèlement les ABRF cherchent à diversifier leur activité, par exemple dans la marine quitte à s’allier avec d’autres entreprises (chaudronnerie, mécanique, plastique).

L’activité principale des salariés, aux ABRFi est la soudure. « Nous trouvons difficilement des soudeurs sur le pays de Châteaubriant   ». La reprise aux Chantiers Navals de St Nazaire, où les salaires sont très supérieurs, ne facilite pas l’embauche à Châteaubriant. « Nous accordons cepen- dant des avantages (paniers d’équipe ...) qui compensent en grande partie cet écart » dit M. Tertrin. Pour pallier, très partiellement, le manque de soudeurs, l’entreprise a investi dans un robot, le seul de l’entreprise : un robot de soudure.

Globalement les perspectives de l’entreprise sont bonnes. Mais cela demande aux dirigeants d’être toujours en état de veille technologique et commerciale.

ABRF-Sou
Wagon ancien ... a
Wagon ancien ... a
Construction de wagons n

Du côté des salariés, il y a un Comité d’Entreprise mais pas de syndicat. Les salariés ne se plaignent pas : « Ce n’est pas le paradis, mais ce n’est pas l’enfer non plus ».

Trois sites

Trois sites


Le groupe ABRFi s’étend sur deux sites qui ont les mêmes activités :

– ABRFi à Châteaubriant (150 salariés)

– SDHF à St Denis de l’Hôtel (120 salariés)

et a une participation de 33 % dans la fonderie Sambre-et-Meuse à Feignies


Ecrit le 5 septembre 2007

 Quel est le proverbe qu’adorent les soudeurs castelbriantais ?

Réponse :

Une entreprise de métallurgie de Châteaubriant, cherchant des soudeurs, ne voulait embaucher que des soudeurs confirmés. Et se refusait à former des personnes non qualifiées.

Ne trouvant pas assez de salariés à son goût, elle eut l’idée d’embaucher des Italiens et des Polonais. Que croyez-vous qu’il arriva ? Ces étrangers se disaient soudeurs mais ... ne l’étaient pas. Ils soudent quand même mais ... les ouvriers français sont obligés de reprendre le boulot. Belle opération ! :

Ainsi « tel est pris qui croyait prendre. »