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Déficients mentaux (01)

Ecrit le 11 juin 2002

 Déficience mentale et autonomie

Les handicapés par déficience mentale affirment de plus en plus leur autonomie et leur façon de vivre comme les autres, y compris en matière de vie affective et de sexualité.

Une année de plus, un nouveau Président : Pierre URVOY a remplacé Edouard RIVIERE à la tête de l’ADAPEI à Châteaubriant : (association des Amis et Parents de l’Enfance Inadaptée). Ce vendredi 31 mai 2002 fut l’occasion de dresser le bilan d’une année, riche de réalisations et de projets.

 La dignité

Le 12 octobre 2001 avait lieu la « journée de la dignité » l’occasion d’une opération « portes ouvertes » destinée à faire connaître au public la mission et l’activité de l’ADAPEI, en faveur de ces personnes que l’on dit « pas comme les autres » parce qu’elles ont une déficience mentale plus ou moins importante. L’équipe locale s’est investie sérieusement dans l’opération « cartes-pétition » à faire signer sur le marché de Châteaubriant, pour que soit reconnue la dignité de ces personnes, à notre époque où tout le monde doit être « dans la norme », comme « calibré ».

« La clef du succès de cette opération tenait à la participation d’un nombre suffisant de militants(es). Le pari a été tenu, nous étions 8 et ce nombre a donné une dynamique, un écho, auprès du public qui fréquente le marché. Nous avons recueilli près de 1000 signatures sur les 5000 de l’ensemble du département ». Beau résultat.

 Un nouveau CAT

L’inauguration du nouveau CAT (Centre d’Aide par le Travail), rue d’Ancenis, restera vraiment un temps fort de l’année passée. Chacun et chacune des travailleurs, des éducateurs, étaient fiers de présenter

à un public nombreux ce qui était leur nouvel outil de travail : un C.A.T. fonctionnel, bien intégré dans le site et à l’architecture respectueuse de l’histoire de ce site. il fallut 10 années d’efforts pour réaliser ce nouvel établissement. Mais c’est une réussite.

« Ce jour-là, vous, Sonia, Christophe, Cédric, et les autres comédiens, avec Philippe Mirassou, le metteur en scène, les éducateurs et éducatrices qui vous ont accompagnés, vous nous avez offert quelque chose qui ressemble fort à un pur moment de bonheur. Vous avez séduit les nombreux spectateurs. Et cela valait dix fois les meilleurs discours sur la place des personnes handicapées dans notre société, illustrant bien la formule de l’ADAPEI : nous sommes riches de nos différences »

« Comment faire comprendre à chacun, autour de nous, qu’il ne faut pas poser sur le handicap un regard réducteur ? Cette question me semble essentielle. La déficience intellectuelle laisse à la personne sa pleine capacité affective mais aussi une capacité créatrice qu’il nous faut soutenir et accompagner » a dit Pierre Urvoy.

Hélas, depuis plusieurs mois, les signaux se succèdent, qui disent un désengagement financier de l’État dans le secteur médico-social. « J’ai bien dit un désengagement, c’est-à-dire, le non-respect d’engagements pris antérieurement. Les conséquences pourraient être graves, qu’il s’agisse du Centre d’Aide par le Travail ou de l’Institut Médico Educatif ». Chacun a salué la nouvelle loi sociale et médico-sociale du 2 janvier 2002 qui régira désormais le secteur et remplace la loi de 1975 devenue obsolète « Mais que vaut la plus belle loi si les moyens financiers nécessaires manquent ? »

 Accueil temporaire

L’ADAPEI multiplie les activités pour trouver des fonds ; dîner dansant, cartes de vœux, loto, etc, car les besoins sont importants, les esprits évoluent, il faut s’adapter.

Par exemple, « l’accueil temporaire des personnes handicapées est un sujet qui nous mobilise actuellement : le besoin va croissant, de souffler une semaine ou deux, ou un week-end de temps à autre et les structures manquent pour y répondre.

En effet la prise en charge d’une personne handicapée s’avère parfois une tâche très lourde au quotidien surtout dans le cas de personnes polyhandicapées qui restent en famille : se reposer pour se retrouver, pour recharger ses accus, pour prendre un recul si nécessaire et repartir plus solides pour la prise en charge de son enfant. C’est cela l’enjeu de l’accueil temporaire » . La section de Châteaubriant a réalisé un questionnaire destiné à faire préciser les besoins par les familles concernées : nature et évaluation du handicap, besoins des familles en matière d’accueil temporaire. Plus de 490 réponses sont déjà arrivées, un premier bilan sera fait en septembre.

Nouveau foyer ?

« En matière de projets pour Châteaubriant, il en reste un qui nous mobilise. Il s’agit de la construction d’un nouveau foyer d’hébergement pour remplacer celui de Renac   qui ne correspond plus du tout aux besoins des résidents ».

Le foyer de Renac   a ouvert en 1979, il a rendu un service réel mais sa conception n’est vraiment plus adaptée, qu’il s’agisse de la surface disponible par résident, des normes d’hygiène et du fonctionnement quotidien qu’il impose. A ce sujet, une rencontre a eu lieu entre l’ADAPEI et la mairie qui a promis un terrain qu’elle mettrait, gratuitement, à disposition.

O°O°O

Ce bilan moral étant dressé, la parole a été donné aux responsables des trois secteurs de Châteaubriant : le CAT, l’IME et le foyer d’hébergement.

 Centre d’aide par le travail

Au CAT (directeur René Henriquet), les bâtiments sont tout neufs, sauf un bâtiment existant de 550 m2 qui n’a pu être rénové par manque de financement. Le dossier a été présenté au Conseil Général avec avis très favorable. On en saura plus dans un mois.

La nouvelle loi sociale et médico-sociale fait craindre une réduction drastique des moyens attribués aux CAT. C’est très dangereux. D’autant plus dangereux que d’un point de vue économique les équilibres sont déjà de plus en plus difficiles à tenir par suite de la difficulté, pour le CAT, de trouver suffisamment de travail pour les ateliers : « l’environnement économique s’est durci et à Châteaubriant on n’échappe pas à cette tendance »

 Institut Médico-Educatif

A l’Institut Médico-Educatif (directrice Sylvie Bébin), la rentrée de septembre 2001 s’est faite avec le maintien de cinq jeunes en dépassement de l’âge d’accueil de 20 ans (dispositif Creton), en raison de l’absence de solutions pour adultes.

En revanche, il n’y a eu que 11 candidatures par rapport aux 7 places disponibles (dont 2 totalement inadéquates, relevant de soins psychiatriques importants) . « A nouveau, nous avons constaté une majorité de candidatures émanant de services de soins psychiatriques qui les réorientent de plus en plus tôt, faute de places. L’accueil en I.M.E. n’est alors pas toujours totalement adapté, ce qui nous amène à proposer des accueils à temps partiel, au moins pendant les premiers mois. Dans ce cas, alors que les enfants occupent une place, nous ne percevons qu’une partie des moyens financiers ».

Mme Bébin a posé le problème de l’intégration des jeunes handicapés dans les structures scolaires normales : « C’est une bonne chose, mais cela ne doit pas être systématique. En cas d’échec, les jeunes sont affectés ensuite à l’IME avec un retard qui leur est préjudiciable »

Hors les murs

L’avenir professionnel des jeunes de l’IME est de plus en plus d’actualité. Le temps n’est plus, comme autrefois, à l’enfermement. Les jeunes sollicitent des stages en milieu de travail, non sans succès, puisqu’un jeune, après un stage puis une mise à disposition auprès de l’Entreprise Barbazanges, vient d’être embauché ; un autre est en stage long dans une entreprise agricole, un troisième a été embauché à la mairie. Tous donnent satisfaction.

Pour deux autres jeunes, le bilan de compétences réalisé par un organisme spécialisé de Nantes fait apparaître la possibilité d’une formation en apprentissage.

« La formule mise en place par l’ADAPEI, à titre expérimental, du CAT « Hors les murs » qui met à disposition dans les entreprises des adultes reconnus handicapés, dans l’objectif d’embauche, est très intéressante pour les jeunes de l’IME ». dit Sylvie Bébin.

Enceinte

Autre signe des évolutions : cette année, l’IME a assuré un accompagnement particulier et nouveau pour les professionnels auprès d’une jeune femme majeure qui, enceinte, a souhaité avec sa famille et son ami poursuivre sa grossesse. Elle n’a quitté l’IME qu’à son 7e mois de grossesse, ce qui a permis la mise en place des conditions de préparation de la naissance et le relais avec d’autres services de Châteaubriant. Les autres jeunes de l’IME ont très bien accepté cette situation naturelle : la venue prochaine d’un bébé.

Dehors !

Sortir de l’enfermement social : c’est le but de séjours en internat hors de l’IME qui ont concerné à nouveau 62 jeunes (sur 75 avec le Service de soins à domicile). Sept jeunes sont même partis deux fois pour effectuer un séjour de VTT. Un séjour de deux jours à Paris avec les instituteurs avec rencontre de l’écrivain Daniel Pennac et une visite commentée de la Géode et de la cité des Sciences a marqué un nouveau style de projet. (participations financières des familles : 50 F :jour).

Le Groupe « Action Précoce », le travail de mise en commun depuis deux ans de plusieurs services de Châteaubriant (Protection maternelle et infantile, Relais Assistantes Maternelles, service de pédo psychiatrie, médecins, kinésithérapeutes etc), a abouti à un projet : la future mise en place d’un centre Multi-Accueil de la petite Enfance, incluant les enfants handicapés et qui, selon le maire Alain Hunault, pourrait se concrétiser sur un terrain de la Route de Juigné..

 Services d’hébergement

Pour les services d’hébergement de Châteaubriant, dirigés par Anne DAULY, l’année 2001 se place sous le signe des travaux de réflexion et de préparation de l’avenir

La reconstruction du foyer d’hébergement actuellement situé dans le quartier Renac   nécessite de préciser les besoins à venir.

La demande des personnes évolue : besoin d’un habitat indépendant, foyer hebdomadaire, studios individuels organisés autour de services communs (res-tauration, animation). Des personnes souhaitent vivre en couple au foyer.

La Mairie de Châteaubriant s’est engagée à proposer un terrain de 3000 m2 environ pour l’été 2002. Le Directeur général de l’ADAPEI recherche le mode de montage financier de l’opération. « Il est certain que ce projet ne doit pas prendre de retard ; l’attractivité des locaux actuel est faible et les adaptations de fonctionnement difficiles »

Un autre théme de réflexion concerne le devenir des personnes vieillissantes, en pré retraite ou retraite. L’une d’entre elles vient d’être accueillie au foyer occupa-tionnel. Une autre à la MAPA.

 Vie affective

L’assemblée générale de l’ADAPEI s’est poursuivie par la projection d’un film vidéo sur la vie affective et la sexualité des adultes accueillis par l’ADAPEI. Ce film résulte d’un travail deréflexion mené par M. BILLE, entre éducateurs et personnes « déficientes ». Des choses simples se sont dites, les gens se sont parlés sans tabou sur ces sujets-là qui font que l’homme est un Homme. « Nous avons découvert des niveaux d’analyse exceptionnels » a dit M. Billé, d’où il ressort que les personnes « déficientes » sont bien des personnes comme les autres, qu’elle supportent de moins en moins qu’on décide de leur vie à leur place.

Le film a montré de façon très pudique, et très émouvante, que le désir de vie en couple est très fort, avec tous les aspects sexuels que cela suppose (le désir d’enfant est moins fort).

« Les structures existantes doivent contribuer à l’autonomie et à l’épanouissement de tous, y compris dans ce domaine, et les éducateurs (encore moins les parents) ne sont pas toujours formés à cette problématique et commencent à peine à défricher des chemins encore inconnus ».

Ce qu’on a pu conclure, de cette assemblée générale au contenu très fort, c’est une évolution de plus en plus sensible depuis quelques années. Les personnes déficientes intellectuelles ont soif d’une dignité qui ne soit pas faite de commisération mais de respect et, si elles ont besoin d’être aidées dans un certain nombre d’activités, elles ont aussi une vie personnelle, une réflexion sur leur présent et sur leur avenir, le désir et la capacité de vivre comme les autres. Elles ont la chance, à Châteaubriant, d’être soutenues par l’ADAPEI et bien intégrées dans la ville.

(sur le même sujet : lire le numéro 216 de la revue « Convergences », revue du secours Populaire   français)

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