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Unit Industries

Page 726

UNIT : Quel avenir à Derval ?

Il y a un paquet de grumeaux dans le polyester à Derval, sur la fameuse zone industrielle des estuaires lancée à grands coups de trompe par Michel Hunault.

Rappelez-vous : il y a eu naguère une usine « Résine Armée » qui fabriquait notamment des bateaux en polyester et des cabines de douches. Plus tard elle s’est appelée SOAF industries avant de se dédoubler en ALTOR et Unit Industries (filiale d’Altor)

UNIT INDUSTRIES fabrique des cabines de douches pour la navale, et ALTOR s’occupait plutôt des salles de bains « clé en mains » pour les hôtels, les hôpitaux et le ferroviaire. Et puis ALTOR s’est « restructurée » en 1997 et une partie de la production est partie sur Clisson tandis que la partie « marine » restait confiée à Unit Industries, qui travaille avec les Chantiers de l’Atlantique.

Unit Industries, c’est pas une petite boite : 160-180 compagnons (en comptant les intérimaires). Les gars sont partis en vacances en août 2000 et quand ils sont revenus en septembre ... leur boite avait ... changé de nom. Elle s’appelle désormais JJ industries.

Et ça veut dire quoi ? L’un des J serait l’initiale de Jacques. L’autre ? Les salariés ne savent pas ! C’est normal, les salariés ne sont pas là pour savoir, ils sont là pour travailler. Un point c’est tout.

Le Comité d’Entreprise a été vaguement informé avec mission de ne rien répéter aux salariés « car ça ferait mauvais effet » leur a-t-on dit. Mais les choses finissent par transpirer, voilà ce qui se raconte :

Que le dernier PDG de UNIT (il y en a eu tellement !) a été obligé, sur pression des Chantiers de l’Atlantique, de vendre sa boite à « Bouillot agencement menuiserie » une entreprise de Montoir qui fabrique des chambres de bateau. Cette entreprise contrôlerait donc tout le créneau : la chambre de bateau et la cabine de douche qui va dedans.

60 % de la production de UNIT Industries serait délocalisée (les salariés avec ?) sans doute pour se rapprocher de St Nazaire. Cela concernerait la fabrication de salles d’eau de bateau.

Les 40 % restants resteraient provisoirement à Derval. L’entreprise se débarrasserait de son bâtiment actuel (qui coûte trop cher en location), pour aller s’implanter dans un bâtiment « au Champ Jubin » pour lequel elle dispose d’un crédit-bail : ce bâtiment que le maire de Derval avait proposé à l’entreprise EOLE en oubliant qu’UNIT avait une option dessus (résultat l’entreprise EOLE qui devait créer 5 à 7 emplois a quitté Derval pour Bordeaux).

Dès maintenant, chez UNIT (devenu JJ Industries), tout le personnel d’encadrement a été changé, du PDG au directeur de production. Les salariés, eux, se demandent ce qu’ils vont devenir. Ils ont deux bateaux à finir, l’un d’ici une semaine, l’autre d’ici fin novembre. Et ensuite ? Et ensuite ?

Et les élus de la Communauté de Communes de Derval, que disent-ils ? « On n’est pas au courant » disent les membres du bureau, qui s’étonnent que Michel Hunault ne leur ai rien dit.

Mais Michel Hunault sait-il quelque chose lui-même ?

Les salariés sont dans l’attente. Il risque d’y avoir de lourdes déceptions au bout du compte.


Ecrit en octobre 2000 :

Unit : ça presse

C’est avec surprise que nous avons découvert, le 9 octobre 2000, dans le compte-rendu de la Commission Permanente du Conseil Régional, l’attribution d’une subvention de 162 000 F à l’entreprise UNIT de Derval « pour une démarche d’intégration et de rénovation de l’outil informatique ». Sûrement que le dossier était déposé depuis quelques mois déjà mais, maintenant que UNIT a été rachetée par le groupe MAPAC et est devenue « JJ industries », la subvention va -t-elle être versée quand même ?

Car, dans l’entreprise de Derval, les choses vont vite. Le Comité d’entreprise a rencontré, le vendredi 13 octobre, pour la seconde fois, le nouveau PDG M. Bouillot (celui qui dirige l’entreprise Bouillot agencement menuiserie de Montoir). Celui-ci leur a annoncé son projet d’acheter, à Malville, le terrain où étaient installés, autrefois, les Pavillons de l’Atlantique. Les salariés se demandent si la délocalisation ne serait pas pour le début de l’année 2001 et en même temps ils espèrent tous rester sur Derval, ce qui fait que personne ne bouge, que personne ne lève le petit doigt.

Ils constatent pourtant que la direction active les rendements. Ils ont le sentiment que tout est fait pour terminer les commandes en cours dans ce qu’ils appellent « la vieille usine » c’est-à-dire les bâtiments où était autrefois Résine Armée. Quant à la « nouvelle usine » (le bâtiment neuf, Route des Estuaires, où se trouvait l’entreprise ALTOR), le bail aurait été renouvelé pour 3 mois.

Trois mois c’est court. Et après ? Et les 162 000 F du Conseil Régional, ils étaient pour Derval, ou bien ils vont être affectés à la nouvelle entreprise à Malville ?

Ce sont là des questions angoissantes pour tout le monde


Ecrit en novembre 2000 :

Des chaises musicales chez UNIT

Grâce à « La Lettre économique des Pays de Loire » (des 14 octobre et 11 novembre 2000), on en sait un peu plus sur ce qui se trame autour de UNIT à Derval.

Le nouveau nom « J.J.Industries » viendrait de Jacques BOUILLOT (PDG de « Bouillot menuiserie agencement » (situé à Montoir) et de Jacques QUINIO (directeur général d’ALTOR-Clisson jusqu’en décembre 1999). Il s’agit du rapprochement de trois savoir-faire liés à l’univers des cabines et salles de bains préfabriquées : Unit pour les blocs sanitaires, Bouillot pour les cabines et Mapac (filiale de Bouillot à Machecoul) pour les panneaux de cloisonnement. Les ambitions du groupe dépassent le seul secteur de la navale et s’étendent jusqu’au ferroviaire et au bâtiment.

Comme nous le disions récemment, le groupe Bouillot-Mapac prévoit d’acheter à Unimarceau MDH environ 8 des 14 hectares laissés libres à Malville par les Pavillons de l’Atlantique (groupe Moulet). Après le dépôt de bilan de celui-ci en décembre 1992 ses actifs avaient été repris par le groupe immobilier Unimarceau MDH. Pour faciliter à transaction avec Bouillot-Mapac, Unimarceau MDH va procéder auprès de la commune de Malville à un rachat par anticipation des terrains sur lesquels court un crédit-bail jusqu’en 2002.

Le groupe Bouillot-Mapac (ou JJ industries) achèterait donc quatre hectares, sur lesquels se trouvent 1300 m2 de bureaux et 10 000 m2 d’entrepôts occupés aujour-d’hui par la SCA Ouest, la centrale régionale de Leclerc, dont le déménagement est prévu dans les prochaines semaines. Une partie des salariés de Derval y serait transférée (on parle de 25 personnes) et le site de Malville deviendrait une unité spécialisée dans l’assemblage et le montage des panneaux.

Trois Jacques

Toujours selon la Lettre Economique des Pays de Loire, la holding JJ Industries, présidée par Jacques Bouillot, détiendrait 100 % de Fidunit, la holding de Unit Industrie dont le nouveau président est Jacques Quinio, directeur général d’Altor jusqu’en décembre 1999, où il avait remplacé Hervé Taton. Le successeur de Jacques Quinio chez Altor, Jacques Eloy, avait été ingénieur commercial chez Soaf-Unit, devenue Unit Industries. Hervé Taton devient directeur général de JJ Industries, en charge de « Concept Hôtel », nouvelle société du groupe Bouillot.

Rien de tout cela n’a été expliqué aux salariés d’UNIT-Derval qui sont toujours dans le flou. Ils auraient pu exiger d’en savoir un peu plus, le 6 novembre 2000, lorsqu’ils se sont mis en grève pour une question de primes.

On peut s’attendre quand même à ce qu’UNIT garde une partie de ses activités à Derval puisqu’elle vient d’acheter les locaux du « Champ Jubin » à Derval pour lesquels elle avait un crédit-bail courant jusqu’en 2002 et souhaite acquérir 20 406 m2 qui appartiennent encore à la commune ainsi que la palette à usage de voirie, non réalisée et actuellement en herbe. Le tout estimé à une somme de 200 000 F


Ecrit en février 2003 :

UNIT Derval

Voici ce qui est paru dans le journal économique spécialisé « La Lettre de l’API » en date du 24 février 2003 :

Unit espace sanitaire à Derval et Concept unit ingénierie à Malville, fabricants de blocs de salles de bains, ont été placés en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nantes mercredi 19 février 2003 Les deux sociétés subissent à la fois les conséquences d’un report de commande d’un client anglais (marché de 5 M€) et de malfaçons d’un chantier réalisé au milieu des années 90 sur deux paquebots (provision de 2,8 M€). Dès vendredi 14 février, Unit espace sanitaire (130 salariés permanents) avait mis fin aux missions de 120 intérimaires.

Depuis son rachat par Mapac il y a trois ans (La Lettre API du 14/10/00), Jacques Bouillot, le patron du groupe, avait réorienté son activité du secteur naval vers le terrestre (hôtels, résidences estudiantines) avec l’appui des collectivités. Hervé Taton, ancien Pdg d’Unit, devait mener cette transformation mais il est parti dès début 2001.

Unit espace sanitaire et Concept unit ingénierie (12 salariés) bénéficient d’une période d’observation de six mois. L’administrateur est Maître Armel Dolley. Maître Jean-Luc Mauras a été désigné mandataire des créanciers. Jacques Quinio a quitté récemment le groupe Mapac : cet ancien patron d’Altor, débarqué en 1999 par l’actionnaire néerlandais Fenway, s’était associé à Jacques Bouillot en 2000.


(écrit le 5 mars 2003)

UNIT : qui va rembourser ?

Selon la CFDT, la société UNIT a licencié 150 travailleurs intérimaires le 14 février 2003 à Derval et Plessé. Après le dépôt de bilan du 19 février, 125 salariés de Derval attendent de savoir ce qu’ils vont devenir. Il faut savoir qu’à la Commission permanente du Conseil Régional du 11 février 2002, il a été indiqué qu’UNIT a reçu une avance régionale remboursable de 192 390 euros, une avance départementale de 304 890 euros, une Prime à l’aménagement du territoire de 106 714 euros, et une subvention Feder de 25 916 euros. Slibail, société de crédit immobilier apportant 452 478 euros.

L’avance régionale est remboursable en 7 ans avec différé de 3 ans et avec des majorations éventuelles pouvant aller jusqu’à 15 % si les créations d’emplois sont insuffisantes, ce qui semble être le cas puisqu’il y a dépôt de bilan. Dans ce cas c’est la CCDerval qui risque de devoir rembourser les avances consenties à l’entreprise par son intermédiaire. La CCDerval est dans ses petits souliers, surtout avec la biscuiterie Cadiou en plus !

Le mécanisme est le même pour la Fonderie Focast de Châteaubriant, avec cette différence que Focast ne s’est pas engagée à créer des emplois. Au contraire, alors que la Direction déclarait aux journalistes le 4.12.2002, que l’entreprise comptait 200 salariés, il n’a été question que du maintien de 185 emplois. Interrogé sur cette différence, le directeur a déclaré « c’est parce que nous avons 15 malades ». Mais ces 15 malades, qu’on le veuille ou non, font partie de l’effectif. Ainsi, en parlant du maintien de 185 emplois, le plan Focast prévoit, non pas création, mais diminution des emplois.

Ces déconfitures sont « intéressantes » si on les relie à l’abrogation récente de la loi Hue sur le contrôle des aides publiques consenties aux entreprises. Le débat a eu lieu au Sénat le 17 décembre 2002. Robert Hue avait réussi à faire adopter une loi, le 4 janvier 2001, instituant une commission nationale et 22 commissions régionales de contrôle des aides publiques aux entreprises. Cela n’a rien d’anormal : il existe bien des commissions de contrôle des aides publiques accordées aux associations !

La Droite a fait voter la suppression de cette loi, en disant que c’était « un dispositif stérile et de pur bavardage » - M. MARINI, rapporteur général déclarant « On voit mal comment une commission administrative pourrait lutter contre le chômage : ce sont là des idées d’hier et d’avant-hier, qui n’ont plus de rapport avec la réalité économique »

Dans les faits, cela relève d’une politique du secret, comme si le législateur et le citoyen n’avaient pas le droit de savoir ce qui est fait de ces sommes. « Votre mot d’ordre c’est : que la France d’en haut profite, que la France d’en bas subisse ». a déclaré M.Foucaud, sénateur, membre du groupe communiste, républicain et citoyen. Il ne se passe pas une journée sans que la Droite n’invoque la réduction des déficits publics, mais elle rogne sur les dépenses sociales (par exemple le financement des Contrats emploi solidarité) et souhaite ne pas soulever la chape de plomb qui masque les milliards qui ont été dépensés au nom de la création d’emplois, par des entreprises qui ont abusé de la bonne foi des collectivités locales en encaissant des fonds publics, sans avoir créé des emplois durables. (lire aussi : http:// www.groupe-crc.org)


Ecrit le 24 septembre 2003 :

Unit : - 116

Les jours se suivent, les mauvaises nouvelles aussi. Après Focast (lire page 2), après cette entreprise de Rougé qui ne paie déjà plus ses fournisseurs (ceux-ci ont saisi la Communauté de Communes du Castelbriantais), après Atlas Issé (on s’attend à environ 25 licenciements), voici la liquidation d’UNIT à Derval.

On se souvient (relire La Mée du 5 mars 2003 ) que la société UNIT a licencié 150 travailleurs intérimaires le 14 février 2003 à Derval et Plessé. Après le dépôt de bilan du 19 février 2003, 125 salariés de Derval attendaient de connaître leur avenir. Quelques-uns d’entre eux ont trouvé du travail ailleurs depuis cette date. Il reste 116 salariés qui ont appris la liquidation de l’entreprise par le Tribunal de Commerce de Nantes le 17 septembre 2003.

La situation est très pénible pour les salariés licenciés, et très critique pour la Communauté de Communes de Derval qui va devoir faire face, à la place de l’entreprise, au remboursements des avances consenties par le Conseil Régional (192 390 euros), et par le Conseil Général (304 890 euros). La société avait reçu par ailleurs une Prime à l’aménagement du territoire de 106 714 euros, une subvention de 25 000 euros environ, du Conseil Régional, et une subvention Feder de 25 916 euros. A fonds perdus ?


Ecrit le 12 octobre 2004 :

Unit Industries

La cellule de reconversion d’Unit Industries, mise en place à la mi-septembre 2003, a terminé sa tâche. Ses travaux ont été bien suivis par la mairie de Derval, le Sous-Préfet Jean Bernard Bobin, les services de l’ANPE et la Direction départementale du Travail. Résultat : les deux tiers des salariés ont été reclassés. Les autres sont toujours à la recherche d’un emploi.

Note du 10 janvier 2005 : à ce jour, 111 personnes sur 128 ont retrouvé du travail