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Accueil > Châteaubriant > Entreprises > Politique économique, soutien à l’emploi > L’emploi par le micro-crédit, l’ADIE (2)

L’emploi par le micro-crédit, l’ADIE (2)

Ecrit le 6 juin 2007

 Ah dis donc ! l’ADIE m’a aidé !

Aider un chômeur ou un RMIste ? Mais vous n’y pensez pas !

Ces gens-là sont des assistés, souvent incapables de faire quelque chose de bien. Ils ont un projet d’entreprise ? Non mais, et puis quoi encore ? Et ils ont besoin de financement ? Autant donner de la confiture aux cochons ! Les chômeurs ont besoin d’être remotivés, responsabilisés, culpabilisés ....et vous voudriez les aider ? C’est n’importe quoi !

Propos que l’on entend, trop souvent. Chacun de nous est prêt à culpabiliser l’autre, mais pas à lui tendre la main.

Et pourtant .... l’Adie (association pour le développement de l’initiative   économique) financera cette année plus de 7000 micro-entreprises créées par des personnes en difficulté. Ces personnes ont bénéficié de « micro-crédits »
Le taux de pérennité de ces entreprises est du même ordre que la moyenne nationale : 64% sur deux ans.

Plus de 18% des micro-entrepreneurs financés par l’Adie savent à peine lire, écrire, compter ou sont illettrés.
Ils réussissent aussi bien que les 22% qui ont fait des études universitaires.

En France, sur les 300 000 entreprises créées chaque année, près de 40% le sont par des chômeurs. Dans un pays qui compte 12 millions de précaires, la création de sa propre activité est l’un des rares domaines qui favorisent l’égalité des chances.

 Une semaine

L’ADIE a organisé une « semaine du micro-crédit » du 22 au 26 mai 2007, avec des réunions à Nantes, St Nazaire, Rennes, Angers etc.... mais pas à Châteaubriant. Dommage !

Cette semaine avait pour but de faire connaître le microcrédit aux chômeurs et Rmistes qui veulent créer leur micro-entreprise et donc leur propre emploi. Une opportunité également de sensibiliser les décideurs politiques à cet outil concret de lutte contre le chômage.

Une-Eliby-ADIE
Dessin de Eliby 06 23 789 305

 Les missions de l’Adie

L’Adie a été créée en 1988 par Maria Nowak en adaptant à la France le principe du microcrédit développé au Bangladesh par le lauréat du Prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus. Depuis sa création, l’Adie a financé 40 000 entreprises générant près de 47 000 emplois.

La mission de l’Adie est triple :

• Financer les projets des créateurs d’entreprise qui n’ont pas accès au crédit bancaire : chômeurs, allocataires du RMI, mais aussi « travailleurs pauvres » . Montant des prêts : de 500 à 5500 €

• Accompagner ces créateurs dans la réalisation de leur projet : démarches administratives, gestion, aide commerciale, marketing et insertion bancaire sont autant d’appuis proposés par l’Adie.

• Utiliser cette expérience en vraie grandeur comme un « laboratoire social » pour améliorer l’environnement institutionnel du microcrédit et des micro-entreprises.

Pour réussir sa mission l’Adie a développé un réseau de proximité : en 2007, avec 119 antennes et 380 permanences l’Adie couvre tout le territoire national.

Il existe une permanence ADIE
à Châteaubriant
02 40 76 76 65

350 permanents sont, en France, à l’écoute des créateurs d’entreprise. Ils sont aidés par 1100 bénévoles disposant de compétences variées (gestion, appui administratif, développement commercial, insertion bancaire...)

 Créateurs d’entreprise, qui sont-ils ?

Les allocataires des minimas sociaux (RMI, ASS, API) constituent depuis toujours le public cible de l’Adie : ils représentent 56% des personnes financées par l’association.

Les autres demandeurs d’emploi, indemnisés ou non, ont également des difficultés pour accéder au crédit bancaire et constituent 33% des créateurs financés par l’Adie en 2006. L’Adie finance également des travailleurs indépendants, des travailleurs pauvres mais aussi des salariés qui n’ont pas accès au crédit bancaire.

Une forte part de la clientèle de l’Adie possède un diplôme technique de type BEP ou CAP (39%).

Cependant, une part significative des clients financés (18%) est illettrée ou sait à peine lire, écrire et compter.

38% des personnes soutenues en 2006 étaient titulaires du Bac et 22% disposaient d’un niveau Bac +2 ou au-delà.

Majoritairement urbaine, une part importante de la clientèle Adie est issue des zones rurales : 26 % des clients financés en 2006 (26%). Les gens du voyage, cible spécifique et privilégiée de l’Adie depuis une dizaine d’années, représentent de façon stable 7% des personnes financées.

Les seniors :

Les plus de 50 ans n’ont souvent pas d’autre possibilité que la création d’entreprise pour sortir de la précarité. Une situation familiale compliquée et le rejet du monde du travail les amènent à se lancer dans l’aventure.
12% des créateurs d’entreprise financés par l’Adie sont des seniors de plus de 50 ans. Ils sont souvent dans des situations plus précaires que la moyenne des clients Adie.
Les seniors s’investissent davantage que les plus jeunes dans le commerce et la restauration et moins dans l’agriculture, le bâtiment ou l’artisanat.

Les jeunes :

Créer son entreprise quand on est jeune : un moyen de pallier la réticence des employeurs

Ils ont moins de 26 ans et ne sont pas bénéficiaires des aides sociales. Ils sont souvent dans des situations plus précaires que leurs aînés. Leur génération est frappée de plein fouet par le chômage. Circonstance aggravante, le RMI ne leur est accessible qu’à partir de 25 ans.

La part des demandeurs d’emploi non indemnisés est très importante chez les jeunes. En conséquence, ils disposent de moins de ressources et sont très souvent hébergés à titre gratuit par la famille ou les amis

Pour eux, la création d’entreprise semble davantage relever d’une suite logique de leurs études que d’un accident de la vie qui les conduirait à changer de voie et à créer une entreprise.

Quels sont les secteurs professionnels investis par les jeunes ? Davantage le commerce et les services, plus accessibles, et un peu moins l’agriculture et l’artisanat, plus exigeants en termes de compétences et de financement. Leur plan de financement moyen (7583 euros) et par conséquent leur montant moyen de prêt (2416 euros) sont légèrement inférieurs à la moyenne nationale.

Exemple : Nicolas Brousse, 22 ans - entreprise de plomberie

A 19 ans, après un BEP en alternance et une année de bac général débouchant sur deux années de petits boulots, Nicolas est en rade « Au départ, les boîtes d’Intérim ne voulaient pas me confier de missions. J’ai du faire croque-mort pendant trois mois ». Une entrée en matière qu’il n’imaginait pas quand il rêvait sa vie professionnelle.

Il prend donc la décision de créer son entreprise, pour être seul maître à bord. Mais à cet âge, l’accès au crédit est une vraie quadrature du cercle. Les financeurs ferment leur guichet. Le microcrédit sera alors l’opportunité de ce jeune homme plein de volonté. « J’ai réalisé les études prévisionnelles. L’idée était de sous-traiter dans le calorifugeage, activité nécessaire mais peu banale sur les chantiers importants. Je savais qu’il manquait de spécialistes en France ». Nicolas décroche auprès de l’Adie un microcrédit de 5000 euros complété par une prime régionale de 6000 euros et peut alors constituer un confortable fonds de roulement pour les premiers mois d’activité. Avec 18 000 euros de chiffre d’affaires la première année, l’entreprise atteint 48 000 euros. La seconde année, Nicolas embauche son premier salarié, l’objectif étant de toucher une clientèle départementale en misant sur la disponibilité pour des dépannages rapides.
Ce jeune entrepreneur se donne encore un an pour conforter son entreprise. « Même si les premières années ont été fastes, il ne faut rien lâcher. Heureusement, aujourd’hui, ma banque me soutient et je peux enfin me projeter dans l’avenir ».

En milieu rural

Depuis plus de 10 ans, l’Adie développe son activité dans les territoires ruraux et dans le monde agricole. Des interventions qui satisfont un public souvent en manque de fonds, pratiquant la pluri-activité. Un moyen également de lutter contre la dévitalisation des zones rurales.

Au delà de l’insertion des personnes, le soutien au développement de petites activités économiques en milieu rural permet la création ou le maintien de petites exploitations agricoles, de commerce ou de services de proximité dans des zones parfois en voie de dévitalisation. Il peut ainsi répondre à une demande non satisfaite des populations locales mais aussi d’une clientèle touristique qui constitue un potentiel de développement non négligeable dans les zones rurales.

Maraîchage, apiculture, bûcheronnage, petit élevage, etc. les activités sont souvent le fait d’un public n’ayant pas bénéficié d’aide à l’installation. La pluri-activité est fréquente.

Phénomène encourageant : le taux de pérennité est plus élevé pour les projets ruraux dans leur ensemble et plus particulièrement pour les projets agricoles.

Les femmes

Les femmes créatrices d’entreprise représentent 35% des clients de l’Adie. Généralement plus âgées que les hommes, elles sont également mieux formées et plus motivées par un projet personnel. Une population souvent fragile économiquement mais dont la volonté de réussir est impressionnante.

Les secteurs qui les attirent ? Principalement les activités de commerce et de services, plus attractives pour elles que le bâtiment ou l’agriculture, métiers traditionnellement plus masculins.

 Le microcrédit : potentiel et perspectives

L’Adie est contactée chaque année par plus de 50 000 personnes, mais l’association évalue la demande potentielle de microcrédit en France à 300 000 par an sous réserve que l’environnement institutionnel lui soit plus favorable.

Les banques ne financent à l’heure actuelle que très peu les créateurs d’entreprise surtout s’ils sont chômeurs ou Rmistes.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les besoins en financement des créateurs d’entreprise ne sont pas élevés : 22% nécessitent moins de 2000 euros et 35% ont besoin d’une somme comprise entre 2000 et 8000 euros.

Si l’Adie apporte chaque année sa contribution à l’amélioration de l’environnement institutionnel des micro-entrepreneurs et du microcrédit, il reste encore de nombreux obstacles au développement des micro-entreprises en France : poids des cotisations sociales pour les activités à faible revenus, complexité administrative, barrières à l’entrée de certaines professions, manque de fonds propres, financement de leur accompagnement, problèmes d’accès à des locaux professionnels.

Le microcrédit est un outil important pour le développement du travail indépendant. Le travail indépendant est une forme d’organisation correspondant à l’économie moderne caractérisée par l’évolution de l’économie industrielle vers l’économie des services.

– • 93% des entreprises en France sont des micro-entreprises (0 à 9 salariés)
– • 58% des entreprises n’ont pas de salarié
– • 86 % des entreprises se créent sans salarié

La création d’entreprise est une piste importante pour lutter
contre le chômage

– • 30 % des emplois nouveaux sont dus à la création d’entreprise
– • Près de 40% des entreprises nouvelles sont créées par des chômeurs
– • 75% des personnes financées par l’Adie sont sorties des dispositifs d’aide sociale.

Le travail non salarié correspond aux attentes actuelles de la société :

• 88% des créateurs d’entreprise sont heureux d’être chefs d’entreprise
• 1 Français sur 5 souhaiterait créer sa propre entreprise

 Libérer la création

Ce qu’il reste à faire pour libérer la création d’entreprise individuelle :

– • Mieux faire connaître le travail indépendant et son succès comme voie d’insertion.
– • Mieux faire connaître le microcrédit.
– • Faire entrer le travail indépendant dans les préoccupations politiques au même titre que le travail salarié.
– • Simplifier et alléger le système des cotisations sociales des travailleurs indépendants.
– • Trouver une solution pérenne pour financer l’accompagnement des créateurs.
– • Reconnaître l’existence d’un secteur informel pour pouvoir le résorber.
– • Faire un bilan sur les professions réglementées et la validation des acquis de l’expérience et en tirer des applications concrètes.
– • Pallier le manque de fonds propres des chômeurs créateurs d’entreprise.
– • Construire, aménager et encourager la location de locaux professionnels adaptés pour les micro-entrepreneurs.

La Semaine du Microcrédit 2007 a été organisée avec le soutien de :

Banque Accord, BNP Paribas, Groupe Banques Populaires, Cetelem, Crédit Coopératif, Crédit Immobilier de France, Crédit Mutuel, LaSer Cofinoga, Oséo, Société Générale, ANPE, DCASPL, MMA.

Et la participation de :
Caisse des Dépôts, Fondation les Mousquetaires, Free, Occurrence, RATP, Sciences Po, Weborama, La Croix, France 3.

Pour plus d’informations :

Numéro Vert : 0800 800 566
(appel gratuit depuis un poste fixe)
Sites internet : www.semaine-microcredit.org ou www.adie.org


Ecrit le 6 juin 2007

J.P.Denis - J.Auxi

 Oseo

Jacques AUXIETTE, Président du Conseil Régional des Pays de la Loire et Jean-Pierre DENIS, Président Directeur Général d’OSEO, ont signé, le 29 mai, une convention de partenariat en faveur de la création et de la reprise d’entreprises.

Depuis son lacement fin 2000, le PCE (prêt à la créatiopn d’entreprise) s’est affirmé comme un véritable outil de développement du tissu économique. En région Pays de Loire, en six ans, 5 000 entreprises en création ont bénéficié d’un PCE pour un montant de 28,9 M€ et 60,7 M€ de financements bancaires d’accompagnement. Ces projets de création ont mis en œuvre 118 M€ de ressources et ont créé plus de 6 000 emplois.

L’effet de levier du PCE :
* le montant moyen du PCE : 5 800 €,
* il est accompagné d’un prêt bancaire d’environ 12 000 €,
* pour un programme s’élevant en moyenne à 23 000 €.
Un euro de PCE déclenche la mise en place de 3 euros d’autres ressources .

Pas toujours facile d’avoir un crédit ADIE :
http://naonao17.skyrock.com

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