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Fou ! On ne prête pas qu’aux riches

Ecrit le 27 juin 2007

Il y a aux USA des organismes prêteurs qui se spécialisent dans le prêt aux pauvres, leur offrant à un taux d’usurier une avance sur le crédit d’impôt que l’Etat doit leur reverser. Avec la bénédiction des autorités qui laissent faire ce trafic honteux.

Source : Des bassines et du zèle -
http://blog.emceebeulogue.fr/

Le marché écœurant des plumeurs de pauvres

Les travailleurs pauvres sont des victimes idéales. Ils sont souvent confiants et inexpérimentés du point de vue financier, et avec des salaires qui n’évoluent pas, ils ont un besoin pressant d’argent. Ces gens ont un emploi, donc ils ont des rentrées d’argent régulières et un certain capital immobilier et sont, ainsi, bons pour être dépouillés.

Le big business américain a décidé qu’il y a de l’or à se faire en dépouillant les masses à revenu faible du peu qu’elles possèdent. Les usuriers et les escrocs faisaient autrefois la pluie et le beau temps sur le territoire, mais maintenant le monde de la finance, bien plus policé, a pris le relais.

Les clauses légales rédigées en tout petits caractères peuvent piéger ceux qui manquent d’instruction en leur faisant signer des contrats de prêts scandaleux.

Un exemple : J.D. Byrider, la chaîne de vente de voitures d’occasion au message publicitaire enjoué : « good cars for people that need credit » : de bonnes voitures pour ceux qui veulent acheter à crédit.

En 2005, Roxanne Tsosie, aide-soignante à domicile, qui habite à Albuquerque, Nouveau Mexique, y a acheté pour 7.922 dollars une Saturn avec 150.000 kms au compteur. Elle a emprunté la totalité de la somme à un taux d’intérêt de près de 25%.

Cette maman de quatre enfants pensait que ses remboursements allaient être retirés, comme c’est l’usage, tous les mois, mais en fait, le contrat stipulait qu’ils devaient être versés tous les quinze jours. Ce qui doublait sa charge de remboursement ! Trois mois plus tard, elle a déclaré forfait.

Pas de problème pour Byrider. Ils ont repris le véhicule pour le revendre à un autre gogo en gardant les 900 dollars qu’avait déjà versés Tsosie.

Cette histoire est parue dans l’excellent dossier de « Business Week », « The Poverty Business” ( »Pauvreté-bizness« ). Byrider n’affiche pas les prix des véhicules sur le pare-brise. Ce sont les vendeurs qui évaluent le maximum qu’ils peuvent tirer de l’acheteur pauvre, puis donnent un prix - cela, avec l’aimable autorisation de la Bank of America. Cette pratique s’appelle » opportunity pricing" (= évaluation du prix au cas par cas).

Comme le signale BusinessWeek, ce qu’on vend importe peu. C’est seulement l’appât qui sert à ferrer le poisson pour lui proposer des conditions de prêts épouvantables. Actuellement, les compagnies peuvent même évaluer les ressources financières des victimes potentielles avec un logiciel spécial appelé Automated Risk Evaluator (évaluateur de risques automatisé).

Les prêteurs proposent aux travailleurs des avances d’argent sur les rentrées suivantes. Wells Fargo et U.S. Bancorp, entre autres, se sont emparés de ce marché florissant, demandant des taux d’intérêts annuels de 120%. Cinq groupes de prêts de dépannages sont cotés à la bourse de New York et au Nasdaq.

Jackson Hewitt est un service d’aide à la déclaration d’impôts sur le revenu qui investit les quartiers pauvres. Sa spécialité est d’avancer de l’argent aux travailleurs à faibles revenus avant qu’ils ne soient remboursés du trop-perçu en impôts - et en empochant plus de 10% de la somme. Plumer les pauvres ... c’est maintenant possible au niveau mondial. Les remboursements de prêts immobiliers « subprime » qui demandent à ceux qui ont des revenus modestes des taux élevés et des frais importants, sont cotés en Bourse. Selon le Wall Street Journal, les investisseurs détiennent actuellement plus d’un milliard de dollars en prêts subprime dans 22 différents secteurs de la seule ville de Détroit.

Certains lecteurs penseront peut-être « C’est raide, mais s’ils sont trop fainéants pour lire les conditions du contrat, c’est bien fait s’ils se font plumer ».

Alors, voilà une question pour vous : connaissez-vous Libor ? Libor, c’est le taux interbancaire offert à Londres (5,42 % récemment). C’est le taux de base à court terme auquel les prêteurs de crédits subprime de Detroit ajoutaient 9,125 de pourcentage supplémentaire. C’est sûr, les emprunteurs n’ont pas été bien prudents, mais combien de personnes ont entendu parler de Libor ?

Dans BusinessWeek, Luisa et Rose Ajuria, deux sœurs de Chicago, racontent que, même criblées de dettes, elles ont été étonnées et contentes quand on leur a proposé une carte de crédit.

Avec cette carte, les taux d’intérêt des prêts s’élevaient à 28%, les frais annuels étaient de 150 dollars et il y avait des frais distincts pour 6 mois. Celui qui la vend, c’est CompuCredit, une compagnie géante d’Atlanta spécialisée dans l’évaluation des risques de crédit pour les pauvres. Les Ajuria vont peut-être devoir bientôt vendre leur maison.

Collez quelques-uns de ces prêts aux travailleurs pauvres et vous les verrez toucher le fond.

En France, nous ne sommes pas à l’abri de ce genre de pratiques : il n’est que de voir la publicité forcenée de banques de « rachat de crédit » comme Médiatis ou Royal St Georges  .

Abuser de personnes vulnérables est une pratique commerciale écœurante. Mais l’argent n’a pas de conscience ....

Source : Des bassines et du zèle -
http://blog.emceebeulogue.fr/ à partir de l’article suivant :

http://seattletimes.nwsource.com/html/opinion/2003738914_froma08.html