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Accueil > Thèmes généraux > Condition ouvrière et/ou salariale > Salaires et revenus (02)- février- mars 2005

Pas moins de 1200 euros par mois

Salaires et revenus (02)- février- mars 2005

Ecrit le 23 février 2005 :

 Qui gagne quoi ? Observatoire des Inégalités

Selon l’observatoire des inégalités, les revenus des ménages, en France, sont bien moins élevés que ne le pensent la plupart de ceux qui se trouvent dans les tranches supérieures, quelles que soient leurs orientations politiques.

Le revenu disponible médian des ménages (tous ménages confondus, après impôts et prestations sociales) est de 1885 euros, hors revenus du patrimoine. Cela veut dire que la moitié des Français gagnent moins de 1885 € par mois et que l’autre moitié gagne plus de 1885 €.

Avec 3 800 euros on entre dans la tranche des 10 % les plus aisés...

La répartition des revenus disponibles est loin d’être égalitaire.
– Les 10 % les moins bien lotis ne perçoivent que 4 % de la masse totale des revenus,
– les 10 % les mieux lotis en reçoivent 22,7 %, ceci après redistribution.

L’évolution la plus récente que l’on puisse mesurer est celle de 1996 à 2001, période de forte croissance. A l’époque, la baisse du chômage avait entraîné une hausse des revenus des ménages du bas de l’échelle (+7,8 %, soit 830 euros sur la période), souvent par le biais du retour à l’emploi.

Depuis, on a de bonnes raisons de croire que la situation s’est inversée. Les progressions les plus fortes se font parmi les catégories les plus aisées : + 12,6 %, soit plus de 10 000 euros annuels, pour les 10 % les plus riches

 Qui gagne combien ?

Tranches de population classées par niveau de revenu disponible

Revenu maximum par an Par mois
10 % (les plus bas) 10 490 874,2 €
20 % 13 320 1110,0
30 % 16 200 1350,0
40 % 19 270 1605,8
50 % 22 620 1885,0
60 % 26 300 2191,7
70 % 30 610 2550,8
80 % 36 260 3021,7
90 % 45 880 3823,3
95 % 56 440 4703,3
99 % 91 980 7665,0

[Source Insee, données de l’enquête revenus fiscaux 2001 Revenus après impôts, prestations sociales comprises. Ne comprend pas environ 80 % des revenus du patrimoine ].

Comment lire ce tableau ?
– 10 % des Français gagnent moins de 874,2 € par mois.
– 20 % des Français gagnent moins de 1110 € par mois.
– 30 % des Français gagnent moins de 1350 € par mois, etc.

 Le niveau de vie mensuel
selon le type de ménage

Personnes seules Euros
10 % ont moins de 650 € /mois
20 % ont moins de 800
30 % ont moins de 920
40 % ont moins de 1040
50 % ont moins de 1160
60 % ont moins de 1300
70 % ont moins de 1460
80 % ont moins de 1700
90 % ont moins de 2130
95 % ont moins de 2620
99 % ont moins de 4070

 Familles avec deux enfants
de moins de 14 ans

Familles Euros
10 % ont moins de 1365 €/mois
20 % ont moins de 1680
30 % ont moins de 1932
40 % ont moins de 2184
50 % ont moins de 2436
60 % ont moins de 2730
70 % ont moins de 3066
80 % ont moins de 3570
90 % ont moins de 4473
95 % ont moins de 5502
99 % ont moins de 8547

Source : Insee, données de l’enquête revenus fiscaux 2000. Revenus après impôts et prestations sociales. Ne comprend pas environ 80 % des revenus du patrimoine

 La répartition du revenu disponible

Répartition par tranche de revenu des ménages

Ménages % du total
10 % (les plus bas) 4,0
entre 10 et 20 % 5,5
entre 20 et 30 % 6,5
entre 30 et 40 % 7,4
entre 40 et 50 % 8,3
entre 50 et 60 % 9,2
entre 60 et 70 % 10,4
entre 70 et 80 % 11,8
entre 80 et 90 % 14,2
entre 90 et 100 % 22,7

Source Insee, données de l’enquête revenus fiscaux 2001 Revenus après impôts, prestations sociales comprises. Ne comprend pas environ 80 % des revenus du patrimoine

Lecture :
– les 10 % les plus pauvres reçoivent 4 % du revenu annuel total
– Les 10 % les plus riches reçoivent 22,7 % du revenu annuel total.

L’évolution récente du revenu disponible

Tranches de revenu Variation 1996-2001 en % Variation 1996-2001 en euros
10 % (les plus bas) 7,81 830
20 % 5,80 800
30 % 5,81 1000
40 % 6,17 1210
50 % 6,70 1560
60 % 6,74 1800
70 % 6,69 2000
80 % 6,87 2420
90 % 6,38 2790
95 % 6,47 3400
99 % 12,60 10320

Lecture :
– Les 10 % les plus pauvres ont connu une augmentation moyenne de 7,81 % entre 1996 et 2001, soit 830 euros par an
– Les 10 % les plus riches ont connu une augmentation moyenne de 12,60 % entre 1996 et 2001, soit 10320 € par an.

voir aussi : revenus des Français

 Les inégalités face au logement

Les ouvriers non qualifiés disposent de 26,1 m2 par personne. Les chefs d’entreprises disposent de 39,2 m2

Surface moyenne par personne (actifs)

– Artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales : 39,2 m2 par actif
– Cadres supérieurs (hors professions libérales) : 37,3
– Professions intermédiaires  : 33,8
– Employés : 31,6
– Ouvriers qualifiés  : 27,8
– Ouvriers non-qualifiés : 26,1
Source : Insee, enquête logement 2002

Les inégalités face au logement sont aisées à comprendre : plus le revenu s’élève, plus on peut se loger confortablement.

Plusieurs paramètres bousculent le lien
revenu/confort du logement.

Il y a d’abord le lieu d’habitation : les salaires ne suivent pas exactement les prix de l’immobilier et une partie des catégories moyennes est allée chercher en dehors des centres-villes des logements plus confortables (phénomène de péri-urbanisation).

L’âge joue aussi : à revenus équivalents, celui qui a pu accumuler et notamment a achevé de rembourser les emprunts liés à l’achat du logement dispose d’un niveau de vie supérieur.

Enfin, les politiques publiques compensent pour les plus démunis une partie du coût du logement, pas toujours dans les meilleures conditions d’habitat.

Le départ d’une partie des couches moyennes de l’habitat social a contribué à accroître la ségrégation spatiale et fait du lieu d’habitation une composante de plus en plus marquante de la condition sociale et le choix du logement un facteur de la mobilité sociale (choix des écoles, sociabilité de voisinage, etc.).

Si les cités HLM ne sont pas les ghettos souvent décrits, la vie n’y est pas toujours facile : de par la qualité des logements (insonorisation, espaces communs, etc.), leur environnement (transports, commerces, services publics, etc.) et les conflits engendrés au quotidien par la cohabitation de milliers de familles réunies dans un espace étroit. Une vie en tous cas très différente de celle de l’habitat des maisons individuelles.


Ecrit le 23 février 2005 :

 Scandale en République : L’appart d’Hervé

Mercredi 16 février 2005 : Le Canard Enchaîné lance un pavé dans la mare : Hervé Gaymard, ministre du logement « occupe deux appartements de plus de 300 m2 chacun, aux quatrième et cinquième étages. Coût des 600 m2 pour le Trésor Public : 14 000 € par mois. Soit le salaire que reçoit Hervé Gaymard en tant que Ministre ».

Ces deux appartements ont été transformés en duplex au cours du mois de janvier. Percement de la dalle, construction d’un escalier intérieur et aménagement de placards pour combler le vide ainsi créé. Coût des travaux : 15 000 euros.

L’information a aussitôt fait scandale, y compris dans les rangs de la Droite.

Dans la soirée du 16 février, le ministre de l’Economie Hervé Gaymard annonce qu’il « renonce à occuper l’appartement de fonction qui était mis à sa disposition ».

Jean-Pierre Raffarin, de son côté, indique avoir décidé de modifier les règles concernant la mise à disposition de logements aux ministres : « En accord avec le ministre de l’Economie, le Premier ministre a décidé que, pour les membres du gouvernement, la prise en charge par l’Etat ne pourra excéder une superficie de 80 m2, à laquelle pourra s’ajouter une superficie de 20 m2 par enfant à charge », précise le communiqué.

Cela ferait donc 80 + 8x20 = 240 m2 pour M. Gaymard « Les surfaces excédentaires seront à la charge du membre du gouvernement », ajoute le Premier ministre

Le Pauvre Hervé Gaymard affirme ne pas avoir su le montant du loyer de son appartement. Le moindre citoyen, lui, s’inquiète de ce détail en calculant ce qui reste dans sa bourse pour aller (ou ne pas aller) jusqu’à la fin du mois !

 Courrier d’un lecteur

Hervé Gaymard en « modeste » épris de « simplicité », ça me court sur la prostate à la vitesse du son. Et qu’on poursuive sa progéniture à coup de caméras me choquerait davantage s’il n’avait avec Sarkozy le point commun de l’exhiber assez facilement.

Il a justifié ses 600 m2, entre autres, par le besoin de place pour « recevoir ». Mais que viendraient faire des personnages publics dans des lieux privés, réservés à la famille, cette famille qu’il nous dit vouloir protéger ?

600 m2 divisé par 10 personnes = 60 m2, taille d’un logement F3 pour toute une famille de gendarmes à Châteaubriant. Moi qui croyais qu’à Paris les logements étaient tellement petits qu’on y mettait les lavabos à la verticale...

Le seul point où il touche juste concerne ceux qui ont « chuchoté » sur lui au Parlement, dont plus d’un a de quoi balayer (non, faire balayer, ils ont du personnel pour ça) devant la porte de sa résidence.

Hervé Gaymard pleure qu’il ne savait pas le prix de son appart dans le petit gilet de Dominique Strauss Kahn qui ne savait pas où il rangeait ses cassettes vidéo, c’est à pleurer de rire. Ou d’inquiétude : c’est à des gens aussi planants qu’on confie notre bourse ? Quant à Sarko le Magnifique daubant sur Gaymard le Prolifique, c’est l’hôpital qui se moque de la charité !

Finalement, on rit moins en pensant que si le Canard n’avait pas canardé, la muscade aurait passé, et rien n’aurait choqué les princes qui nous gouvernent en chipotant trois francs six sous aux vils manants qui osent ne plus vouloir crever la dalle.

PMB


Note du 26 février 2005 :

Ministre des Finances depuis le 29 novembre 2004, Hervé Gaymard a démissionné le 25 février 2005 après neuf jours de polémique sur ses conditions de logement à Paris et son patrimoine.

« J’ai conscience d’avoir commis des maladresses et d’abord une erreur d’appréciation sérieuse concernant les conditions de mon logement de fonction », explique-t-il.

Hervé Gaymard, 44 ans, sera l’invité du journal télévisé de 20h00 sur TF1 et devrait s’expliquer plus longuement sur sa décision.

La crise a éclaté le 16 février quand le Canard enchaîné a révélé que le ministre de l’Economie avait emménagé avec sa famille - il a huit enfants - dans un luxueux duplex de 600 m2, loué 14.000 euros par mois aux frais de l’Etat.

Dans son communiqué, le ministre démissionnaire rappelle qu’il a mis « un terme sans délai à cette situation » et promis d’en prendre en charge les conséquences financières.

« Malgré cela, ma famille reste depuis plusieurs jours soumise à un véritable harcèlement », ajoute-t-il. « Mais, au-delà, je ne veux laisser en aucun cas atteindre à travers moi les fonctions que la République m’a confiées et que je respecte au plus haut point, ainsi que l’action du gouvernement. » a conclu celui qui semblait être depuis quelques années l’un des poulains les plus prometteurs du président Jacques Chirac.

CAFOUILLAGES

Lors de la passation de pouvoir avec Nicolas Sarkozy, Hervé Gaymard avait expliqué qu’il ne voulait pas habiter le logement de fonction occupé par son prédécesseur à Bercy parce que ses enfants étaient scolarisés « un peu loin ».

Depuis sa nomination, il n’avait eu de cesse de défendre une politique de réduction des dépenses de l’Etat et s’était prononcé ces dernières semaines pour une limitation des hausses des loyers.

Les révélations du Canard enchaîné sont apparues en flagrante contradiction avec cette politique.

Les cafouillages à répétition de la communication du ministre dans cette affaire ont amplifié la crise et lui ont finalement coûté son poste.

Il a d’abord affirmé qu’il ne s’était pas occupé personnellement de trouver son duplex, parce qu’il travaillait « 120 heures par semaine ». Mais le 23 février, le Canard enchaîné a révélé que cet appartement avait été choisi « par Clara Gaymard » elle-même et que le ministre l’avait visité.

Plus dévastateur encore, l’hebdomadaire satirique a annoncé dans la même édition qu’Hervé Gaymard était propriétaire d’un appartement de plus de 200 m2 à Paris.

Ces nouvelles révélations ont amené le ministre de l’Economie à admettre qu’il était effectivement propriétaire de cet appartement et qu’il le louait à un tiers 2.300 euros par mois.

L’hebdomadaire Paris Match a publié en même temps des déclarations d’Hervé Gaymard dans lesquels il affirmait « vivre humblement » et ne pas « avoir de fric » - « Evidemment, si je n’étais pas le fils d’un cordonnier-marchand de chaussures, si j’étais un grand bourgeois, je n’aurais pas de problème de logement. Je serais propriétaire de mon appart et il n’y aurait pas toute cette affaire ! », disait-il.

Le 25 février Libération a révélé que le ministre de l’Economie était aussi propriétaire d’une maison en Bretagne, d’une autre en Savoie, de deux appartements et d’un garage dans une maison de ville à Bourg-Saint-Maurice, ainsi que de sa permanence à Albertville.

Libération a également révélé qu’Hervé et Clara Gaymard étaient assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune et qu’ils avaient payé 2.106 euros à ce titre en 2004.

Toutes ces informations ont été confirmées par le ministère des Finances.

Prisonnier de ce tissu de contradictions et de mensonges, Hervé Gaymard a démissionné.

Pas d’inquiétudes : il reparaîtra dans quelques mois en politique. L’électeur moyen oublie vite et pardonne facilement à ceux qui ont le pouvoir et l’argent.

[Voir plus bas : Hervé Gaymard a remboursé]



NOTES:

Observatoire des inégalités

(1) ACOSS = agence centrale des organismes de Sécurité Sociale - Voir : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/pays-de-la-loire/rfc/docs/aes05_07.pdf