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Accueil > Thèmes généraux > Condition ouvrière et/ou salariale > Low cost : le dernier gros mot

Low cost : le dernier gros mot

Ecrit le 19 décembre 2007

 Low cost et high foutage de gueule

Heureux êtes vous, vous qui apprenez sans cesse des mots nouveaux : le petit dernier c’est low cost, qui veut dire « bas coût ». Hein, ça vous en bouche un coin ! Ca vous pose un bonhomme de parler de low-cost dans un salon huppé en dégustant un verre de Champ’ « high cost » !

Le gouvernement est soucieux de l’explosion des prix et de la dégradation du pouvoir d’achat. Alors que faire ? Augmenter les revenus ou faire baisser les prix ? Un certain Charles Beigbeder, a été chargé de faire un rapport « sur le modèle low cost en tant que levier pour le pouvoir d’achat ». Hou que c’est bien dit !

Charles Beigbeder, est né à Neuilly sur Seine (personne n’est parfait !) et il a créé Poweo, une compagnie concurrente d’EDF. Il a été candidat malheureux à la présidence du Medef avec un programme : réformer le code du travail pour déréglementer les embauches et faciliter les licenciements.

Dans un rapport de 189 pages (1) il préconise 6 pistes concrètes, peu onéreuses pour les finances publiques, afin de doper l’économie low cost dans l’Hexagone :

 Six pistes

– un, développer les hard-discounteurs (comme Le Mutant, Lidl, Aldi, LeaderPrice etc). On en a déjà trois à Châteaubriant !

– Deux, favoriser l’ouverture, le dimanche, des commerces d’ameublement et de loisirs.

– Trois, insuffler plus de concurrence en créant un quatrième opérateur de téléphone mobile . L’exemple des multiples opérateurs de renseignements téléphoniques ne nous a pas amené une baisse des prix.

– Quatre, insuffler plus de concurrence en pharmacie, en autorisant la vente des médicaments sans ordonnance en grandes surfaces.

– Cinq, stimuler l’essor du transport aérien sur les lignes domestiques non desservies par le TGV. Des avions pour Châteaubriant, ouais ! Pourquoi pas ?

Enfin, six, veiller à mieux informer le consommateur sur ses droits lors de ses achats via internet. Acheter un kg de patates par internet. Le top du top !

Autant de propositions censées faire décoller l’économie à bas coûts et par là même grignoter les points de croissance qui nous manquent.

Comme dit joliment l’Express : « rien de tel qu’un nouveau business model marquant une révolution copernicienne : seule la baisse structurelle des coûts induit une baisse pérenne des prix sans pour autant sacrifier les fondamentaux du produit ou du service concerné ». C’est du baratin mais c’est beau, c’est beau !

Sauf qu’on sait bien que, pour obtenir des « low cost » (et des high bénéfices) les employeurs pratiquent les « low salaires ».

Et hop, hop, dans la foulée, dans la nuit du 13 au 14 décembre, le Sénat a voté l’ouverture des magasins de meubles le dimanche. Comme ça, les familles affamées qui n’auront plus les moyens d’acheter du steack haché, pourront aller danser devant le buffet ou bouffer du gas-oil pour aller lécher les vitrines des magasins de salle-à-manger !

(1) Le fameux rapport, le voilà : http://www.minefe.gouv.fr/directions_services/sircom/consommation/rapport_low_cost071212.pdf


Ecrit le 19 décembre 2007

 Les prix volent et s’envolent

Le Nouvel Observateur, dans son numéro du 13 décembre 2007, révèle un document « secret » qu’il a pu se procurer, concernant l’évolution des prix, sur 3 ans, de quelque 250 articles, produits de grandes marques parmi les plus vendus dans les grandes surfaces.

« Aucun doute : tout flambe ! Les steaks hachés (+ 42%), les coquillettes (+ 32%), les filets de maquereau (+ 35%), l’eau de Volvic (+ 26%)... En trois ans, la hausse moyenne de ce « superchariot » s’établit à 11,5%, une valse des étiquettes deux fois supérieure au taux d’inflation calculé par l’Insee pour la période » .

On le savait mais le fait continue à être nié et, au moins, minimisé. Pour le mois de novembre, selon l’INSEE, les prix des produits de grande consommation ont progressé de 0,9% (+1,9% sur un an) dans les hypermarchés et de 0,6% (+1,4%) dans les supermarchés. Ces prix sont sans doute encore inférieurs à la réalité.

Et pourquoi les hypermarchés, qui bénéficient d’une plus importante force de vente, augmenteraient-ils davantage que les supermarchés ?

Dans les autres formes de vente, le même indice de prix affiche une hausse de 0,9% en novembre. Ceci n’est qu’une moyenne, on connaît pas mal de « petits » commerces qui se refusent à répercuter en totalité les hausses qui leur sont imposées.

Ces hausses de prix expliquent sans doute pourquoi, à huit jours de Noël, un certain nombre de commerces (alimentaires en particulier) notent qu’ils font en ce moment des « petites semaines » contrairement aux autres années.

 Le moral des Ménages

Dans ces conditions faut-il s’étonner de ce que le moral des Ménages a chuté en novembre ? « l’opinion des Ménages sur le niveau de vie en France s’est dégradée aussi bien en ce concerne son évolution passée que ses perspectives », relève l’Insee.
« Les ménages broient de nouveau du noir, et c’est un signal inquiétant pour la croissance » commente l’INSEE. « Ces chiffres renvoient à une réalité profonde : le sentiment que le pouvoir d’achat recule, et que cela va continuer. »

 APA d’justice

Et les mauvaises nouvelles s’accumulent. Tiens, le gaz va augmenter … 6 % ou … 6.7 % dès le début de l’année.

Et puis le Sénat a voulu réformer l’APA (Allocation Personnalisée à l’Autonomie) en récupérant son montant sur les successions de plus de 100 000 €. C’est un peu fort ! Alors que le gouvernement a supprimé les taxes sur les successions, toutes les successions même les plus élevées, il était question de taxer les petites successions ! Car 100 000 € c’est même pas le prix d’une petite maison à partager entre les enfants.

Comme dit l’Humanité : Si une personne âgée décède après une grosse pathologie cardiaque, il n’est pas prévu dans l’amendement du Sénat qu’elle, ou ses héritiers, doit rembourser les dépenses d’hospitalisation. Par contre, si une personne âgée décède après avoir eu des aides à domicile, et avoit touché l’APA, là on demanderait à ses héritiers de rembourser. ??

 Férié … férien

Les 24 et 31 décembre seront considérés fériés pour les médecins, annonce la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Les médecins qui accepteront d’être inscrits sur la liste d’astreinte seront payés comme un jour d’astreinte : 150 € en plus des actes effectués.

La ministre a estimé qu’"il n’y a(vait) pas de raisons que les médecins ne souhaitent pas comme beaucoup de salariés avoir une vraie vie de famille (...)

Les vendeuses des 24 et 31 décembre, n’auront pas 150 € de plus. Et, dans les semaines à venir, des salariés seront tenus de renoncer à une vraie vie de famille et de travailler le dimanche. Encore heureux s’ils gagnent plus !