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SDF (01) en trois jours

SDF en trois jours
L’accueil à Emmaüs

SDF en trois jours

On ne se retrouve jamais à la rue par hasard. Il y a toujours une très longue histoire avant, qui remonte parfois jusqu’à l’enfance. Pour raccourcir exagérément, disons qu’un jour la pression sur tes épaules atteint le point de rupture. Et tu te casses. Ce jour-là, ce qui subsiste de ton entourage, inquiet ou soulagé de ne plus te voir, se demande ce que tu peux bien devenir. Toi, tu marches. Sans but. Libre. Immensément libre. Le poids qui t’écrasait a disparu d’un seul coup. Ca bouillonne dans ta tête. Tu sais que tu ne reviendras pas en arrière. Chaque pas t’éloigne de ton passé, tu abandonnes de pleins cartons de souvenirs à chaque coin de rue. Tu n’as aucune idée de ce que tu vas devenir et cela te fait rire.

Pendant quelques heures. Parce qu’ensuite c’est de moins en moins drôle. L’état de grâce tiendra le temps que tu dépenses l’argent dont tu disposes encore, quelques jours dans le meilleur des cas.

Puis très vite c’est le retour de bâton, d’autant plus violent qu’il aura été retardé.

Un pro de la chose (l’abbé Pierre) prétend qu’il suffit de trois jours pour devenir SDF convaincant. Quel que soit ton point de départ : cadre sup overbooké, smicard surexploité ou chômeur avéré, marié/deux enfants ou célibataire notoire. Trois jours seulement pour faire de toi un honnête SDF. Pourquoi hésiter plus longtemps ?

Mode d’emploi

– Trois jours sans manger autre chose que des sandwichs
– Trois jours à craindre le sommeil et à t’éveiller la peur au ventre au moindre bruit.
– Trois jours pour découvrir que les petits matins sont frais, même en plein été.
– Trois jours sans te laver ni changer de linge.
– Trois jours à marcher pendant des heures.
– Trois jours à subir ton incapacité à aligner deux idées cohérentes
– Trois jours pour que les autres détournent le regard en te croisant.
– Trois jours pour que toute ton éducation vole en éclat.
– Trois jours pour briser ton appartenance au genre humain.
– Trois jours. Et tu découvres que t’en as rien à foutre de puer le fauve, de pisser dans les encoignures de portes, de chier entre deux bagnoles en stationnement. Aveugle et sourd à tout ce qui t’entoure, alors les bonnes manières, hein, c’est pas l’jour...

Avec une obsession : manger et dormir. Manger et dormir. Manger, dormir. Manger dormir. Moins que les préoccupations probables d’un chien ou d’un chat.

Tu ne peux que constater la disparition brutale de tout ce qui faisait de toi un homme. Et tu ne peux t’en apercevoir que les premiers jours car ça va vite. Très vite. Après, c’est trop tard, les comportements de survie auront pris le dessus.

A retrouver sur le site internet :
http://www.ifrance.fr/webxclusion

Un ancien SDF (sans domicile fixe) raconte ainsi l’horreur quotidienne de la vie d’un SDF dans une grande ville : la crasse, l’alcool, la promiscuité, les mille douleurs permanentes, la violence, la viande récupérée dans les poubelles, et la pluie, l’ennemie absolue.

Il parle des distributions de nourriture : « la règle générale qui préside à ces distributions de sandwich est qu’il vaut mieux avoir une passion pour le pâté de foie et être amoureux de la Vache qui Rit (marque déposée). Parce que tu n’as pas fini d’en bouffer... Mais, entre nous, crois-tu être en position de critiquer le menu, hum ? Non ? Alors mange et tais-toi. Si tu es sage, tu seras parfois récompensé d’un yaourt ou d’une pomme. Pour la petite cuillère tu te débrouilles et pour le couteau, il y a longtemps que tu devrais en avoir un au fond de ta poche si tu veux passer pour un pro.

Pendant que tu digères, confortablement vautré sur un banc public, profites-en pour réfléchir au pourquoi du comment de ces distributions de casse-croûte. Est-ce que quelqu’un t’a demandé quelque chose avant de cloquer le bout de pain dans ta main tendue ? Non. Et cela te paraît normal dans notre douce société mercantile ? Ce pain et ce qu’il contient, il a bien fallu que quelqu’un le paie, puisque payer n’est pas ce que tu réussis le mieux. Ils l’auraient fait pour ta belle gueule ?

A moins que tu ne considères comme normal qu’on te nourrisse gratuitement à rien foutre. Si c’est le cas, dégage de ce site et n’y remets jamais les pieds, tu ne comprends vraiment rien à l’exclusion.

Bobonne

Bien sûr, le journaliste écrivant un article sur le manque d’entrain du RMIste vis-à-vis de l’ANPE sait ce que c’est que manger un sandwich sur le pouce. Il oublie seulement qu’en rentrant chez lui, il se met les pieds sous la table en salivant à l’idée de ce que bobonne lui a mijoté de bon. Les dégâts qu’une alimentation insuffisante provoque sont largement sous-estimés, voire méconnus, dans nos pays riches en graisses superflues.

Couche dehors si tu ne peux pas faire autrement, mais essaie de manger chaud et équilibré. Tu as l’impression qu’on prend le problème à l’envers ? Pfuu, t’es long à percuter, toi... Ce site (internet) est destiné à faire de toi un exclu pour longtemps. Le ventre vide ou gonflé à l’alcool pour l’oublier fait chuter ton espérance de vie dans des proportions déraisonnables. A quoi bon vouloir être exclu si c’est pour crever avant la fin de l’histoire ? »

Les pages les plus rudes sont consacrées aux fonctionnaires payés pour aider les exclus. L’auteur est particulièrement sévère pour les éducateurs. ...


(écrit le 19 mars 2002)

 Personnes en détresse

Le bon sens populaire le dit très justement : il y a des gens sur lesquels le sort s’acharne. Cela commence pour certains dès l’enfance et cela s’enchaîne dans un engrenage que rien ne semble devoir briser. Le malheur appelle le malheur, l’exclusion est le fruit d’une alchimie complexe qui additionne des inégalités sociales et des ruptures successives : familiales, scolaires, physiques ou psychologiques.

Après l’ouvrage de Patrick Declerck sur les clochards de Paris (Les Naufragés, Editions Plon, 23 €) et l’enquête de l’Insee consacrée aux populations sans domicile, une nouvelle étude, dévoilée lundi 11 mars 2002, esquisse un modèle explicatif pour retracer le parcours de "personnes en détresse". En partenariat avec la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), les chercheurs Serge Paugam et Mireille Clémençon de l’Observatoire Sociologique du changement (OSC) ont analysé « les trajectoires » d’individus « qui ont rompu ou sont susceptibles de rompre les liens qui les rattachent aux autres et à la société ».

 S.D.F

A l’INSEE, les chercheurs Cécile Brousse, Bernadette de la Rochère et Emmanuel Massé se sont intéressés, au cours d’une semaine du mois de janvier 2001, en France métropolitaine, aux 86 500 adultes qui ont fréquenté au moins une fois, soit un service d’hébergement soit une distribution de repas chauds. Parmi ces usagers de services d’aide, 63 500 étaient privés d’un domicile propre ; 16 000 enfants de moins de 18 ans les accompagnaient. On peut ajouter les personnes hébergées dans les centres d’hébergement pour demandeurs d’asile (CADA), les centres provisoires d’hébergement (CPH) et les centres de transit soit 6 500 personnes environ.

Le champ de l’étude s’est limité aux personnes francophones usagers des services d’aide dans les agglomérations de plus de 20 000 habitants.

Parmi ceux-ci, la veille du jour où ils ont été interviewés :— 22 % avaient dormi dans des lieux non prévus pour l’habitation (rue, gare, centre commercial, voiture, cage d’escalier) ou dans des centres qu’ils avaient dû quitter le matin,

  • - 36 % avaient été accueillis en chambres individuelles ou collectives dans des établissements accessibles en journée, -
  • - 5 % hébergés en chambres d’hôtel et
  • - 37 % dans des logements dépendant d’associations ou d’organismes publics.

Les conditions d’existence de ces sans-domicile sont très diverses mais ils partagent des difficultés similaires et aucun ne dispose d’un lieu de vie personnel de manière durable.Les sans domicile usagers de services d’hébergement et de distribution de repas chauds sont caractérisés par une sur représentation masculine qui croît avec l’âge, une proportion d’étrangers plus élevée, et un âge moyen relativement jeune. Les trois quarts des sans-domicile ont déjà eu un logement personnel, principalement comme locataire. Environ 40 % l’ont perdu au cours des 12 derniers mois. Au cours de l’année 2000, ils ont été sans domicile pendant 7 mois en moyenne et ont connu d’autres formes de logement précaire chez des amis, dans la famille, en chambre d’hôtel durant 3 mois.

 Faiblesse des revenus

La faiblesse de leurs revenus ne leur permet pas d’accéder à un logement indépendant. La moitié dispose d’un revenu mensuel inférieur à 380 euros (2 500 francs) et un sur dix n’a aucune ressource. Un quart perçoit le revenu minimum d’insertion. Majoritairement ouvriers ou employés, les sans-domicile sont très touchés par le chômage : la moitié des actifs sont sans emploi depuis plus d’un an, 15 % depuis plus de 5 ans.Ainsi les publics démunis forment un groupe plutôt jeune et masculin. Près de 60 % des "usagers" des services d’accueil, d’hébergement et de réinsertion sont, en effet, des hommes ; les 18-24 ans représentent un peu plus d’un quart de l’échantillon (alors que leur poids dans la population française s’élève à peine à 15 %). La proportion d’étrangers est très forte : 20,4 % (alors qu’ils ne représentent que 6,5 % de la population vivant en France).

 Isolement

L’enquête de l’Observatoire Sociologique du Changement montre aussi l’isolement des « personnes en détresse » : les trois quarts d’entre elles sont séparées, divorcées, célibataires ou veuves. Enfin leurs origines sociales sont souvent modestes, si l’on se réfère à la profession du père (ouvriers et employés, dans la majorité des cas) ou de la mère (près de la moitié d’entre elles n’exerçaient aucune activité professionnelle).« Cela dit, pondère l’étude, il ne faut pas en déduire que cette population est exclusivement issue des catégories populaires ». Parmi les personnes interrogées, 14,3 % d’entre elles avaient un père qui était commerçant, artisan, chef d’entreprise, cadre ou qui occupait une « profession intellectuelle ». « On ne peut donc pas parler de déterminisme social », insiste l’enquête.

 Ruptures

Pour comprendre le cheminement des « personnes en détresse », il convient sans doute de prendre en compte leurs origines mais aussi « les ruptures survenues au cours de l’enfance » .Ces dernières furent nombreuses et provoquèrent de profonds dommages chez une large part des personnes sondées. Quelques chiffres donnent le vertige : - 28,1 % des personnes composant l’échantillon ont subi des mauvais traitements ; - 17,6 % des femmes disent avoir été victimes d’abus sexuels ; - près d’une personne sur cinq fut placée en famille d’accueil ou dans une institution. Dans bien des cas, la vie familiale fut chaotique : parents en butte à des problèmes d’argent ou de santé, divorces, disputes entre conjoints, alcoolisme... - Enfin, le niveau scolaire des « personnes en détresse » se révèle très faible : 40 % d’entre elles sont sorties du système éducatif sans aucun diplôme (alors que 15,6 % de la population âgée de 18 à 64 ans était dépourvue de tout bagage, en 1999). Ce faible degré d’instruction explique d’ailleurs en partie leurs « difficultés d’intégration professionnelle » : 31 % d’entre elles, seulement, exercent une activité salariée (contre 55,5 % dans le reste de la population) ; dans la moitié des cas, il s’agit d’emplois aidés.

 Déséquilibre

Souvent, les souffrances vécues dès le plus jeune âge ont affecté les personnes au point de remettre « en cause leur équilibre », commente l’étude. - Ainsi, 85,7 % des individus victimes d’abus sexuels affirment n’avoir jamais surmonté ce traumatisme ; - 80 % de ceux qui eurent le sentiment d’être mal aimés ou abandonnés ne s’en sont jamais remis ; - Le ratio est également très élevé pour les personnes qui subirent des mauvais traitements (76 %).Devenus adultes, les plus démunis rencontrent des difficultés tout aussi nombreuses, même si certaines d’entre elles changent de nature : endettement, con-damnations judiciaires, séjours en prison ou en hôpital psychiatrique, alcoolisme... Comme pendant l’enfance, les stigmates les plus profonds sont surtout causés par des « ruptures des liens sociaux » : violences, problèmes affectifs, enfants placés... D’une façon générale, d’après l’OSC, « les personnes en détresse« ont souvent connu de »lourdes difficultés depuis l’enfance » ; celles-ci « peuvent se maintenir durablement, voire s’aggraver à l’âge adulte ». Dans la multitude de facteurs à l’œuvre dans les processus de « disqualification sociale », les ruptures familiales jouent un rôle complémentaire, selon l’étude de l’OSC.

 Rôle déclencheur

Parmi toutes les infortunes que subissent les publics « en détresse », certaines semblent jouer un rôle de déclencheur. - 14,4 % des sondés disent que leur existence a « basculé » à la suite de la rupture de leur couple — ce ratio est encore plus fort chez les femmes (15,4 %). - La perte du logement a provoqué ce déclic dans près de 11 % des situations. - Le fait de ne plus travailler, les ennuis de santé et la chute des ressources arrivent ensuite.

Portrait-robot

Peut-on pour autant en conclure que l’exclusion découle d’un enchaînement de ruptures bien identifié ? Non, répond l’OSC. Il est impossible de dessiner le portrait-robot d’une personne fréquentant un service d’accueil, d’hébergement ou d’insertion. « Les problèmes ne se posent pas de façon identique selon les hommes et les femmes, l’âge, la nationalité, l’origine sociale », résume l’étude.Cette hétérogénéité s’est même « renforcée » au cours des dernières années, pour au moins deux raisons. :- D’abord, même si le chômage a diminué entre le milieu de l’année 1997 et la fin du printemps 2001, la pauvreté, elle , « n’a pas reculé et les situations de précarité professionnelle se sont diversifiées ». Le risque d’être fragilisé « touche des franges plus nombreuses de la population » notamment des personnes issues de milieux sociaux « stables’ » qui n’ont pas connu de problèmes affectifs depuis l’enfance.- En outre, les liens sociaux sont devenus extrêmement lâches pour une grande partie de la population française. Désormais, les solidarités familiales jouent surtout pendant de courtes périodes et ne contiennent plus le processus de précarisation lorsque celui-ci se prolonge.

D’après un article du journal Le Monde du 12 mars 2002


 1160 personnes dans 56 villes

La population étudiée par l’Observatoire sociologique du changement (OSC) concerne, à la fois, les personnes privées de domicile mais aussi celles qui, tout en ayant un toit, éprouvent de grandes difficultés. L’enquête a donc été conduite, pendant l’été 2000 et l’hiver 2000-2001, dans des lieux d’accueil de jour, des centres d’hébergement et des structures dédiées à la réinsertion. Au total, 1160 personnes dans 56 villes ont été interrogées ; elles ont dû répondre à environ 300 questions. « Les enquêteurs n’ont éliminé personne, précise l’OSC. Les psychotiques, les alcooliques, les drogués actifs ou en substitution, les auteurs de violences, les personnes s’exprimant mal en français » ont passé l’entretien dès lors qu’elles acceptaient d’y prendre part

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Ecrit le 21 décembre 2002

 L’accueil à Emmaüs   ? ... attentes et utopies

C’est le thème de la rencontre qui a eu lieu à Paris le 15 décembre. A la demande de l’Association Emmaüs  , l’institut BVA a réalisé une enquête auprès des SDF (Sans Domicile Fixe, ou sans abri) accueillis ou hébergés dans les centres de l’association.

L’objectif de cette enquête était de donner la parole à une population qui ne l’a que très rarement et ainsi de mieux connaître leur quotidien, leurs attentes, la perception qu’ils ont du dispositif et de leur situation, mais également la manière dont ils envisagent l’avenir.

Trouver un hébergement

Les centres d’accueil et le 115 sont essentiels pour trouver un hébergement.

 Trouver un lieu pour la nuit :

D’après l’étude statistique :

48% des personnes hébergées s’informent auprès des travailleurs sociaux (privilégiant le contact direct) et 42% appellent le 115 (numéro gratuit).

Lorsque les hébergés se voient proposer une place pour une seule nuit, ils sont 19% à « rester dehors jusqu’à obtenir un hébergement plus long » contre 78% qui préfèrent l’accepter.

A Châteaubriant l’accueil des SDF se fait au local de la rue du Faubourg de Béré, mais pour un nombre de nuits limité. Quand le délai est dépassé, il reste encore la possibilité d’aller passer 3 nuits dans un hôtel du centre-ville ; c’est tout.

Le 115 ? oui, c’est possible. Mais alors il faut aller sur Nantes !!!

Les sans abri expriment une large préférence pour la ville et plus précisément « les centres villes ».
Pour autant l’idée de « créer de nouveaux lieux de rupture à la campagne » n’est pas marginale puisqu’elle est jugée nécessaire par 26% des hébergés.

Le principe de centres d’accueil sans lits, ouverts toute la nuit comme le centre Agora dans le 1er arrondissement de Paris, remporte l’adhésion du plus grand nombre.

Pour obtenir une place dans un lieu de vie, 93% des personnes sont prêtes à s’engager personnellement, dont 52% à « travailler bénévolement pour ce lieu de vie » , 42% à « entretenir les lieux », 35% à « s’engager sur des objectifs personnels » et 33% « à participer financièrement ».

L’idée d’une contrepartie à l’hébergement est donc largement acceptée.

 Difficultés quotidiennes des sans abris

Pendant la journée, lorsque les centres d’accueil et d’hébergement sont fermés, les personnes sans abri sont à la rue.

Pour 47% des personnes interrogées, les sans abri occupent leurs journées à faire des démarches pour trouver un emploi, un logement, ... et pour 38% d’entre elles, elles « vont dans des centres d’accueil de jour pour rencontrer un travailleur social ».

D’autres « marchent en attendant que la journée se passe » (20%).

Il est intéressant de noter que les réponses des sans abri, dont certains répondent à cette question en parlant de leur propre situation, varient assez nettement selon leur confiance dans l’avenir : ainsi, le fait de faire des démarches pour trouver un emploi ou un logement est beaucoup plus cité par les sans abri qui pensent que leur situation va s’améliorer (50%) que par ceux qui pensent qu’elle va rester la même (37%), voire même se dégrader (31%).

En plus de la difficulté évidente de la recherche d’un abri ou d’un hébergement, le fait de trouver à manger est un problème qui touche de nombreux sans abri : 44% des sans abri interrogés, soit presque 1 sur 2, n’ont parfois rien trouvé à manger pendant toute une journée

Cette difficulté touche plus particulièrement les sans abri âgés de 18 à 29 ans (51%), ceux vivant dehors depuis 5 ans et plus (51%) et ceux accueillis dans les centres d’accueil (49%). Logiquement, les personnes interrogées dans les centres d’hébergement de réinsertion ou dans les hôtels sociaux sont un peu moins nombreuses à avoir souffert de la faim (30%).

En plus de trouver à manger et un lieu pour dormir, les deux principaux problèmes rencontrés par les sans abri sont de « rester propre » (pour 67% des hébergés) et, dans une moindre mesure de « se déplacer gratuitement » (38%).

La santé est elle aussi une des difficultés les plus importantes pour 26% des sans abri.

Il convient de souligner le fait que 12% des hébergés ont déjà été confrontés à un médecin refusant de les soigner.
Le regard et la manière dont ils sont considérés et traités est également un problème très net. Pour 83% des personnes hébergées, les sans abri subissent souvent ou de temps en temps des attitudes de rejet de la part des passants et des commerçants.

Ce sentiment est d’ailleurs largement majoritaire dans toutes les catégories de sans abri interrogés.

 Le rôle des travailleurs sociaux

Le jugement des sans abri à l’égard du système d’aide social et l’importance du rôle des travailleurs sociaux :

Malgré le système d’aide sociale existant, 15% des sans abri interrogés affirment n’être aidés par personne.

60% des personnes interrogées estiment que les travailleurs sociaux sont ceux qui les aident le plus à s’en sortir.

Enfin 14% des sans abri évoquent une aide de leurs amis et seulement 8% de leur famille.

Le dispositif d’aide sociale actuel est jugé utile mais insuffisant. Les mesures prioritaires citées spontanément par les sans abri interrogés pour réduire le nombre de personnes vivant à la rue en France concernent principalement le développement de nouvelles structures d’accueil (36%).

Le nombre de sans abri étant lié à la situation de l’emploi, « les aider à trouver un emploi » est cité par 23% des sans abri hébergés.

Notons qu’ils sont 16% à mettre en avant « le rôle du politique » pour résoudre leur situation.

 Leur présent et leur vision de l’avenir

Les personnes accueillies dans les centres d’hébergement et d’accueil de l’Association Emmaüs   aspirent très largement à « se fixer définitivement quelque part ».

Les personnes que l’on peut considérer comme nomades, c’est-à-dire qui ont « plutôt envie de ne jamais rester plus de quelques semaines dans un même endroit » sont très minoritaires.

D’ailleurs, si elles avaient le choix, 70% des personnes accueillies choisiraient de vivre dans « un logement privé avec un loyer ».

1% des sans abri disent que, s’ils avaient le choix, ils resteraient à la rue. On ne choisit pas d’être sans abri, par goût de la liberté ou par refus de s’insérer dans la société. On y est contraint.

En plus d’être un moyen de gagner de l’argent, les personnes hébergées considèrent avant tout l’emploi comme un moyen d’accéder au logement (47%).

Le caractère social et intégrateur d’un emploi est important puisque pour 28% d’entre eux travailler est « un moyen de s’épanouir », soit 10 points de plus « qu’une façon d’occuper ses journées ».

Concernant leur avenir les personnes sans abri hébergées témoignent malgré tout d’un certain optimisme. En effet 77% d’entre elles pensent que leur situation va « s’améliorer », contre 10% qui pensent qu’elle va se « dégrader » et 12% qu’elle va « rester la même ».

De la même manière, 82% s’imaginent dans 5 ans « vivre dans leur propre logement » tandis qu’elles sont 9% à penser se trouver « dans un centre de réinsertion » et 6% « entre la rue et les centres d’accueil ».

 Un logement en CDD

Dans la liste de toutes les annonces « sociales » faites par le Premier Ministre, voici une proposition : « un hébergement stable et d’une durée minimale d’un mois pour les personnes qui sont sans toit et qui ont un contrat de travail. ». Cela laisse entendre, une fois de plus, que ceux qui sont sans travail sont coupables !

Commentaire acerbe et désabusé d’Alain Raoul, directeur général de l’Armée du Salut : « On tend la main à des personnes qui sont à la rue. On les héberge quelques nuits ou une semaine. Et lorsqu’elles ont repris espoir on leur dit : au revoir et tentez à nouveau votre chance en composant le 115 ».

« Le problème, c’est le manque de lits », signale Pierre Levené, secrétaire général du Secours catholique.
« Pour avoir des lits, on met les gens dehors. Ça ne crée pas de lits supplémentaires. Mais ce ne sont pas les mêmes personnes qui vont dormir à la rue ».

Selon une étude de l’Insee publiée il y a deux ans, 29 % des personnes ayant recours à des structures d’hébergement d’urgence disposent d’un emploi. (a)

« Ce sont des travailleurs pauvres, qui vont de mission d’intérim en CDD ou qui ont des emplois à temps partiel non choisi. Leur revenu ne leur permet pas d’accéder à un logement » analyse Pierre Levené.

 Pavillons vides

Mais les places d’hébergement manquent et, de plus, sont réservées aux grandes villes. Le problème est lié au manque de logements sociaux, et à la cherté des logements existants. Tous les SDF avaient un logement avant de basculer dans la rue.

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couverture maladie universelle

Problème d’alcoolisme

SDF en caméra cachée

et :Dans les yeux d’un SDF*

Un sac pour les SDF et leur chien


NOTES:

A retrouver sur le site internet

(a)« Les sans-domicile fixe ne sont pas coupés de l’emploi ».
Insee première n° 925 d’octobre 2003