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35 heures

RTT : réduction du temps de travail
35 heures

Le 28 septembre dernier, près d’Orléans,la CFDT a organisé un « voyage au sein des 35 heures » réunissant des salariés, des patrons et des politiques. Tout y a été abordé, la flexibilité accrue, la difficulté de définir le « temps de travail effectif », voire l’obligation d’effectuer le même travail en moins de temps.

La CFDT a fait état d’une enquête portant sur 10 000 salariés qui vivent la réduction du temps de travail depuis un an ou plus. Cette enquête révèle que les salariés sont massivement favorable à cette réduction quand ils ont signé des accords gagnant-gagnant . Elle montre qu’une telle mesure intelligemment appliquée, c’est-à-dire négociée en se donnant du temps, sert à la fois l’emploi et les intérêts des salariés.

« 81% des salariés enquêtés disent travailler 35 heures ou moins » . avec, pour les deux tiers, des variations selon les semaines ou périodes de l’année. Cela ne pose problème qu’à 5 % d’entre eux. Une grande majorité de salariés a pu déterminer, seul ou dans son service, sa forme de réduction du temps de travail. C’est une clé de la réussite.

« 7 % indiquent que leur salaire a diminué et que c’est gênant ». Dans les trois quarts des accords, les salaires n’ont pas baissé. Même les salariés qui ont vu leur rémunération gelée pour un temps, ou légèrement diminuée, jugent cela acceptable au regard des embauches et du temps libéré.


(écrit le 11 juin 2002)

Intensément

A l’occasion du 27e congrès de Médecine et santé au Travail, qui s’est tenu à Grenoble du 5 au 8 mai 2002, M. Serge Volkoff, directeur de recherches au Centre d’études de l’emploi, a révélé que c’est en France que la pénibilité du travail est la plus forte. La France se place au 14e rang sur les 15 pays d’Europe, en ce qui concerne les conditions de travail. Si on y travaille moins longtemps qu’ailleurs, on y travaille plus intensément. Ceci expliquerait la sur-consommation de médicaments anti-stress et le nombre de pré-retraites chez des travailleurs usés.

Le congrès a proposé, pour faciliter le travail après 50 ans, de limiter les horaires de nuit, et que proposer des tâches qui fassent davantage appel à l’expérience des salariés qu’à une hâte imposée.


Écrit le 12 mars 2003 :

Cocorico en Japonais

L’Humanité du 7 mars raconte que le dirigeant japonais du groupe Toyota, Kosuke Shiramizu, membre du conseil d’administration de la firme automobile nippone, n’a pas mâché ses mots, dans un entretien accordé au Financial Times. Selon lui, si l’usine française de son groupe affiche une efficacité supérieure de 20 % à celle enregistrée aux Etats-Unis, c’est tout bonnement parce que les ouvriers français sont meilleurs que les Américains.

Comme il n’est pas un doux rêveur mais un homme objectif qui ne se paye pas de mots, Kosuke Shiramizu n’attribue pas cette supériorité à l’on ne sait quel génie national. Non. Si les ouvriers français se décarcassent, c’est qu’il ont plus besoin d’argent que leurs homologues américains et, comme en France « il y a beaucoup de chômeurs », ceux qui ont un emploi « sont enclins à travailler plus durement »".

Il n’est pas tendre non plus pour ses compatriotes, qui ont pourtant la réputation d’être d’authentiques fourmis laborieuses. Lui estime qu’ils « passent leur temps à traîner ». Quant aux Britanniques, ils souffriraient « d’échecs institutionnels ».

Après tout, les ouvriers français de Toyota ne lui demandaient rien, à Kosuke Shiramizu. C’est bien, de sa part, de rendre hommage à leurs qualités professionnelles, et à leur travail, dans cette France des Trente-Cinq Heures si décriée et que nos ministres disent si peu attractive.

Le patron de Toyota va-t-il maintenant mettre la main à la poche pour concrétiser sa satisfaction ? Ça, c’est une autre paire de manches.

Effet sur l’emploi

Premier et principal enseignement, les salariés constatent la réalité d’un effet emploi. Dans 92 % des accords dits offensifs (c’est-à-dire prévoyant des embauches, à l’inverse de ceux visant à éviter des licenciements), les objectifs sont atteints. Autre motif de satisfaction : 85 % des nouveaux embauchés bénéficient d’un contrat à durée indéterminée.

Le temps libre dégagé, les salariés l’apprécient. Il permet de se consacrer davantage à des activités personnelles. « On peut juste constater et regretter l’existence de différences selon les sexes. dit la CFDT. Ainsi, si les loisirs viennent en tête chez les hommes, les femmes citent d’abord leurs responsabilités familiales »

« Ceux qui affirment que la réduction du temps de travail menace l’entreprise sont démentis par les faits. Depuis la réduction du temps de travail, pour 9 salariés sur 10, il n’y a pas de difficultés pour l’entreprise » dit aussi la CFDT

Est-ce à dire que la réduction du temps de travail est une panacée ? Sûrement pas car 45 % des salariés déclarent en faire autant qu’avant, tout en travaillant moins longtemps. 44 % des salariés ont le sentiment d’un travail plus intensif et 40 % ressentent de nouvelles difficultés dans les relations de travail. Ces aspects négatifs ne surprennent pas la CFDT d’autant plus que, sur les 200 entreprises enquêtées, beaucoup cumulent travail répétitif, faibles qualifications et bas salaires.

« Du reste, c’est quand l’accord de réduction du temps de travail est signé que tout commence, quand il faut réorganiser le travail, atelier par atelier, service par service »

Mais globalement, 85 % des salariés enquêtés sont satisfaits de la réduction du temps de travail, ce qui n’a pas empêché Nicole Notat de mettre les militants CFDT en garde : « Nous avons mangé notre pain blanc. Les entreprises auxquelles nous aurons à faire désormais seront moins favorables, voire hostiles à la réduction du temps de travail. Il va falloir redoubler d’efforts, continuer à négocier et suivre de près les accords déjà signés »

Bref, la réduction du temps de travail ça marche, mais il reste beaucoup de salariés à convaincre

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