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Accueil > Thèmes généraux > Condition ouvrière et/ou salariale > 35 heures

35 heures


En bas de page :
« Les temps modernes » vus par les frères Sarko :
la chaine et le boulet.
A quand "Le dictateur ?

Ecrit le 20 novembre 2002

  Le PS et les 35 heures

70 à 80 militants d’entreprises se sont réunis le 9 novembre 2002 à Paris, au siège du Parti Socialiste, tous syndicats confondus, CFDT, CGC, CGT, FO.

Première surprise : la plupart de ceux qui se sont déplacés venaient de « grosses boites » là où la puissance syndicale reste encore forte, de par le nombre des syndiqués. Deuxième surprise : il n’y avait qu’une représentante du Parti Socialiste, Marie Noëlle Lienemann, et les militants présents ont pu constater son ignorance des situations concrètes « à la base » notamment pour les salariés gagnant le SMIC ou guère davantage. On comprend mieux pourquoi le Parti socialiste s’est coupé de ce qui aurait dû être son électorat : la « base populaire »

Au cours de la journée, les militants présents ont regretté que, lors du débat à l’assemblée nationale sur les 35 heures, au cours du mois d’octobre, il n’y ait guère eu qu’une quinzaine de députés de l’ex- « °gauche plurielle », pour défendre la réduction du temps de travail.

39 heures payées 35

La journée du 9 novembre 2002 avait pour but de débattre des 35 h, de leur réalité, de leur remise en cause par la loi Fillon. La plupart des militants ont fait part de leur frustration, sinon de leur colère.

Gérard Filoche, inspecteur du travail, membre de la Gauche socialiste, a fait part de son analyse « le diable est dans le détail » a-t-il dit expliquant qu’en jouant sur le « contingent annuel d’heures supplémentaires », ce ne sont pas les 35 heures qui sont remises en cause, mais les 40 heures, en 2002-2003, dans les petites entreprises ! En allongeant le contingent annuel à 180 heures, en demandant aux salariés plus de « souplesse » dans leurs horaires, ce sont les salariés « d’en bas » qui vont trinquer le plus (1). « Gageons que certains patrons les feront travailler, dans beaucoup de cas, deux fois plus, à la place d’un chômeur qui ne trouvera pas de travail, aggravant ainsi la situation de l’emploi ».

Oui mais, et leur salaire ? C’est le grand argument de la Droite ! Concrètement il augmentera peut-être mais dans quelles conditions réelles ? « leur salaire n’augmentera qu’en fonction des « majora-tions » dont F. Fillon dit par ailleurs qu’il entend les baisser ! . Résultat : beaucoup de salariés travailleront plus ... pour gagner moins ! Si on est vraiment pessimiste, on va arriver aux 39 heures payées 35 si ça continue »

Selon les militants présents, le fait que les astreintes ne soient plus payées aux salariés, est regrettable. De plus, pour eux, les 35 heures, en dépit de quelques « défauts », doivent être défendues, en améliorant les conditions de leur application, et en éliminant certaines effets pervers. Il semble qu’avec F. Fillon on n’en prend pas le chemin !

Une table ronde sur la « société du travail » est prévue le 20 novembre par le Parti Socialiste, et une « grande journée de l’emploi » devrait être organisée en présence de François Hollande, le 17 janvier 2003.

Mais en développant un discours sur la « valeur du travail », le Parti Socialiste s’avance, une fois de plus, sur le terrain de la Droite. « adopter le travail comme idéal de société, c’est se résigner à la situation actuelle, explique un militant. Le travail ne doit pas être le seul facteur d’accès aux revenus, à la protection sociale, aux relations sociales. Nous voulons aller plus loin, vers la semaine de quatre jours »

« Nous devons valoriser le travail, mais surtout le travailleur, a déclaré Mme Lienemann. Ce que fait le gouvernement Raffarin sur le Smic, en bloquant les bas salaires, c’est l’antinomie de la valorisation du travail. »

Coup de balai

Les militants présents à cette réunion ont osé, non mais quel culot, dire que le Parti Socialiste a besoin, dans ses instances nationales, de militants de base capables de pousser à la recherche de nouvelles solutions pour faire face aux réalités sociales. Marie Noëlle Lienemann a promis « un grand coup de balai » au PS après le congrès. Vraiment ? En attendant, le PS a tenté, sinon réussi, un numéro de récupération syndicale. Dans le temps, il ne fallait pas mélanger les genres. Cela a bien changé.


Ecrit le 22 octobre 2003 :

  Mépris

Nicolas Baverez, cet intellectuel qui a commis « La France qui tombe » redoute que la libération du joug patronal n’avilisse le petit peuple. Il a en effet déclaré, mardi 7 octobre 2003, que si « le temps libre »(...) est appréciable pour aller dans le Lubéron, autant, pour les couches les plus modestes, le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance« . Des »faits malheureusement prouvés par des études...", insiste-t-il. Seules les « classes supérieures » sont-elles dignes d’avoir du temps libre ?

Ce mépris pour les classes inférieures rappelle le mépris pour les races dites inférieures. Xavier Ternisien, dans Le Monde du 10 octobre 2003, cite Jules Ferry, qui, après avoir été l’apôtre de l’école laïque, fut le chantre de la colonisation en disant devant les députés : « Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. ». Tu sais ce qu’elles te disent, les classes inférieures .... ?


Ecrit le 22 octobre 2003 :

  « L’Ordre des Faux Derches »

Du Canard Enchaîné du 8 octobre 2003 : « Francis MER et Alain LAMBERT, qui ont lancé la polémique sur les 35 heures, mériteraient bien d’être élevés au grade de Commandeur dans l’Ordre des Faux Derches. MER a dénoncé les 10 milliards d’euros que seraient censées coûter à la France les lois Aubry ; mais, en octobre 1999, il a signé, en tant que P.D.G. d’Usinor, un accord prévoyant un passage généralisé aux 35 heures, avec en prime, l’embauche de 4000 salariés en contrat à durée indéterminée. Et LAMBERT a paraphé en 2001 un accord sur les 35 heures pour les employés communaux de sa bonne ville d’Alençon ». Comme quoi on peut être Ministre des Phynances (comme disait le Père UBU ), avoir la mémoire courte, et être doté d’un exceptionnel culot.


Ecrit le 11 août 2004

 Les travailleurs vus par les frères Sarko :
La chaîne et le boulet

Tous les arguments ci-dessous sont tirés de l’interview de Nicolas Sarkozy, Ministre des Finances (en accord avec son frère jumeau, Guillaume, du Medef) dans Le Monde daté des 11 et 12 juillet 2004. Y répondre est œuvre de salubrité publique. C’est ce que fait Gérard Filoche.

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dessin de Eliby, 02 40 95 3

« L’insuffisance du pouvoir d’achat des salariés et notamment des plus modestes » dit Nicolas Sarkozy.

Réponse : c’est la seule chose vraie, la question centrale est celle des salaires qui sont trop bas dans notre pays. Mais pourtant, le patron des patrons, Ernest-Antoine Seillière, a déclaré le 3 août sur RTL, que le SMIC en France est trop élevé !

Les profits ont pris 10 points au détriment des salaires depuis 20 ans. Il faut rendre les gains de productivité aux salariés, car ce sont eux qui produisent le plus au monde et qui ne reçoivent pas la part qu’ils méritent en retour.

Le salaire médian en France est en dessous de 9000 F ou 1400 euros. Le nombre des travailleurs pauvres augmente. ...

« S’il y a des gains de productivité, les salariés doivent en récupérer une partie sous forme d’augmentation de salaires » dit N. Sarkozy

Réponse : Malheureusement ce n’est absolument pas le cas ! Nous avons les gains de productivité les plus élevés au monde, jamais la France n’a été aussi riche, et ce ne sont pas les salariés qui récupèrent ces richesses, mais les actionnaires (... gloutons).

Libre choix ? celui d’obéir

« La réforme des 35 h doit reposer sur un principe, le libre choix en permettant à ceux qui le veulent de travailler plus pour gagner davantage » dit N. Sarkozy

Réponse : ignorance totale des réalités de la part du ministre : le contrat de travail se caractérise par un « lien de subordination ». Il n’y a pas de « liberté » dans l’exécution du contrat !

Pas un seul salarié de ce pays ne choisit ses horaires. C’est l’employeur seul qui décide ou non de faire faire des heures supplémentaires. Pour le salarié, les refuser peut être une faute qui peut même donner lieu à licenciement.

« On ne peut pas demander aux salariés de travailler 39 h en restant payés 35 h » dit N. Sarkozy

Réponse : Hélas N. Sarkozy ne doit pas savoir que l’immense majorité des salariés a été maintenue à 39 h « payées » 39 h 24 min soit une majoration de 10 %. Ensuite, comme avant, ils font 40 h voire 43 h avec une majoration de 25 %. Et le plus souvent ces heures ne sont ni déclarées, ni majorées, ce qui est un immense manque à gagner pour la Sécurité sociale.

« Pour augmenter les salaires sans renchérir le coût du travail, il faut diminuer les charges sociales sur les heures supplémentaires »
dit N. Sarkozy

Réponse : c’est déjà le cas de manière tout à fait illégale. La majorité des heures sup’ ne sont ni déclarées, ni majorées. L’écrasante majorité du « travail au noir » dans ce pays, réside dans le fait que la majorité des heures sup’ effectuées ne sont pas payées. Et la Sécurité Sociale est, de ce fait, en déficit !

« On n’est pas plus malade parce qu’on travaille 39 h au lieu de 35 h.. Ces baisses de charges permettront de financer des augmentations de salaires pour ceux qui travailleront plus » dit N.Sarkozy

Réponse : N.Sarkozy propose de légaliser la fraude patronale en baissant le coût des heures sup’.

Et ce n’est pas vrai que ces « baisses de salaires brut » augmenteront le salaire des autres ! Qui y croit ?

Et si on travaille de plus en plus, oui, on est plus malade : s’il a été établi des « durées maxima » depuis un siècle, c’est pour protéger à la fois la santé des travailleurs et l’emploi. Chacun sait que, depuis 20 ans, les rythmes de travail se sont considérablement accrus. Les flux tendus, les gains de productivité, le stress et la souffrance au travail s’accroissent et la santé au travail en pâtit.

"Il faut encourager les heures supplémentaires et non les décourager.
Au-dessus de 35 h, une hausse de salaire d’au moins 10 % peut -être une base de travail". dit N. Sarkozy.

Réponse : Au contraire, il faut décourager résolument les heures supplémentaires, les contrôler, les limiter et les rendre plus coûteuses que l’embauche afin de réduire le chômage de masse. Quelqu’un que l’employeur fait travailler deux fois plus évite évidemment l’embauche l’emploi d’autres qui sont au chômage.

Et pourquoi parler d’une hausse de salaire de 10 % alors que la loi prévoit 25 % ?

Candidat à la porte

"Concrètement, pendant 15 jours, au début de chaque année,
chaque salarié pourrait faire acte de volontariat dans une entreprise, en choisissant d’être candidat pour faire des heures supplémentaires ou de rester à 35 h". dit N. Sarkozy

Réponse : Même les plus « flexibles » des accords d’entreprise n’envisagent pas des « volontariats » individuels aussi irréalistes. Nul n’est volontaire quand il est « subordonné ».

« Libre choix » bidon : le salarié sera obligé d’accepter ce que lui imposera l’employeur sous peine de ne pas être embauché ou sous peine d’être licencié

"L’entreprise aurait ainsi plus de souplesse, le salarié plus de
pouvoir d’achat, et la Sécurité
sociale plus de recettes,
puisqu’il y aurait plus d’heures supplémentaires..." dit N. Sarkozy

Réponse : Comment le salarié aurait-il plus de pouvoir d’achat en le faisant travailler plus et en le payant moins que ce que prévoit déjà la loi ? Comment la Sécurité Sociale aurait-elle plus de recettes avec des heures non déclarées ?

"Le partage du temps de travail
est inadapté... il faut multiplier les emplois et non les diviser..."
dit N. Sarkozy

Doit-on rappeler à Sarkozy qu’il a voté la loi de juin 1996 de son collègue de Robien qui proposait 32 h hebdomadaires sur la base du volontariat avec embauche correspondante à hauteur de 10 % ?

En fait, il y a eu un « partage » de fait, féroce, entre « sur-travail » (plus de 10 millions de salariés) « sous-travail » (prés de 4 millions) « précaires » (prés de 1,5 million) et « sans-travail » (prés de 4,5 millions).

Le travail ne manque pas : il y en a pour tout le monde, pourvu qu’on veuille le distribuer, en même temps que les richesses qu’il produit.

Au lieu de le rationner en accroissant le chômage pour le payer moins cher.

Les 35 heures, c’était travailler moins (pour les uns) pour travailler tous . Un beau rêve brisé ?

D’après un texte de Gérard Filoche, membre de l’aile gauche du Parti Socialiste, tendance « Nouveau parti socialiste », auteur du livre “Carnets d’un inspecteur du travail” Ed. Ramsay


Ecrit le 11 août 2004 :

Courrier des lecteurs
Qu’est-ce qu’on peut faire ?

Mais pour qui donc nous prennent-ils M. Sarkozy et son frère jumeau du Medef ? Les Français ne sont pas idiots.... Après s’être abstenu de voter pendant quelques années, croyant certainement d’ailleurs provoquer une réaction politique (réaction qu’on attend encore ...) les Français ont changé de tactique, pour les élections régionales 2004, ils ont décidé un vote massif à gauche espérant encore une fois provoquer une réaction, une remise en cause, un geste des gens qui nous gouvernent .... Les Français, se sont prononcés pour un réel regard sur le social, pour une économie beaucoup plus sociale, et pour la protection de l’environnement....

Quatre mois se sont passés.....Et que s’est-il passé ? D’un côté, des conseillers régionaux qui se positionnent contre les O.G.M., de l’autre M. Raffarin qui autorise encore 8 essais à l’air libre sur les O.G.M. Quand on sait que les essais à l’air libre contaminent obligatoirement les autres cultures, on sait donc par conséquent que les cultures biologiques, le développement de la culture biologique et son éthique, sont directement menacés d’extinction... M. Raffarin, en voulant plaire à une poignée de milliardaires de l’agro-alimentaire, bafoue l’opinion démocratique ET majoritaire des Français, qui s’est prononcée CONTRE LES O.G.M. .

Le gouvernement Sarkozien appliquerait -il la même politique au niveau national que son cousin d’Outre-Atlantique, M. Bush, au niveau international : la politique de la sourde oreille ? Les lois sur la Sécurité Sociale, sur « la baisse des prix » des supermarchés (supercherie !!), et sur les essais d’O.G.M. reflètent l’ampleur des dégâts sur une quelconque possibilité à se remettre en cause...Mais pire, je dirais que c’est de la provocation... La France d’En Bas s’est prononcée, mais Le Mont Olympe reste sourd à tout appel ; Zeus a fort à faire avec Medef : le monde, heu..pardon, la mondialisation à refaire sans doute.... Notre Ministre des Finances ne défend pas les intérêts des Français, il soutient une politique pro-américaine. Nous pourrions nous rassembler pour créer une collecte de fonds en vue de lui greffer une conscience collective et universelle. (« matière » non fournie à l’E.N.A.).

Cécile H.


Ecrit le 11 août 2004 :

  Chers patrons

Selon le Monde du 20 juillet 2004, la Direction de DaimlerChrysler envisage un plan d’économies de 500 millions d’euros sur son usine de Sindelfingen (près de Stuttgart). Si les salariés acceptent la suppression de certaines primes, et des temps de pause rémunérés, la Direction, elle, acceptera une réduction de ses propres salaires.

A vos calculettes : en 2003, les 13 membres du Directoire de DaimlerChrysler ont reçu une rémunération totale de 40 600 000 €, soit une moyenne de 3 123 077 € par an : 260 256 € par mois pour chacun.

Si les membres du Directoire acceptent ... disons 10 % de baisse de salaire, il leur restera encore 234 231 € par mois, soit le salaire de 204 SMICards.

Pourtant, selon Ernest Antoine Seillière, le SMIC est encore trop élevé ! (a-t-il déclaré sur RTL le mardi 3 août)


Ecrit le 11 août 2004

Prédateur

« Un criminel est une personne avec des instincts de prédateur et qui n’a pas assez de capital pour fonder une société. »
Alphonse Allais


Ecrit le 11 août 2004 :

  Glouton

Bouygues rémunère ses actionnaires ... à vrai dire il se rémunère lui-même puisqu’il possède 14,1 % du capital de groupe. A ce titre, il va recevoir, en « dividendes exceptionnels » la somme de
233 000 000 €

Soit 16084 années de SMIC (brut).Qui dit mieux ?


Ecrit le 11 août 2004 :

Les salariés gagnent trop !

Les vacances, d’après l’Organisation mondiale du Tourisme  , c’est « un voyage d’agrément d’au moins quatre nuits hors du domicile ». Une étude de la Direction du Tourisme   montre que 37 % des Français, en 2002, ne sont pas partis en vacances en raison de difficultés financières (récession économique, précarité), sociales ou même médicales. Comme dit M. Raffarin, les Français sont trop payés. Lesquels ?

Ernest Antoine Seillière a déclaré, le 3 août sur RTL, que le SMIC est trop élevé ....

35 heures : une application inégalitaire

voir RTT

Voir les Ponts de Mai


NOTES:

(1) Cela autorise les employeurs à faire travailler les ouvriers, au delà de 35 heures, 274 heures de plus cette année, (soit 180 h + 2 h x 47 semaines) soit deux mois de plus ! 14 mois dans l’année !