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Islam et culte musulman

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Ecrit en février 2000

A propos du culte musulman

Seize représentants de l’islam ont ratifié les principes de M. Chevènement .(d’après la Constitution, le Ministre de l’Intérieur est aussi Ministre des Cultes, chargé des relations avec les représentants des différentes religions)

C’est à la fois le début et la fin d’un processus. C’est surtout une première étape dans la création d’une instance représentative de l’islam de France, à laquelle Jean-Pierre Chevènement s’est attelé depuis le mois de novembre. Le texte que le ministre de l’intérieur avait soumis aux fédérations musulmanes, aux grandes mosquées et à quelques personnalités qualifiées, a été ratifié très largement, vendredi 28 janvier 2000, puisque, sur 17 partenaires sollicités, seule manquait à l’appel la mosquée Ad’awa de Paris, dirigée par Larbi Kechat.. L’Union turco-islamique d’affaires théologiques en France, qui s’était montrée réticente dans un premier temps, était finalement présente en qualité d’observateur.

Respecter l’Islam

Le texte signé par les musulmans et par le ministre fixe les « Principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman ».

Ils portent sur les associations cultuelles, les mosquées, les ministres du culte, les aumôneries, l’enseignement, les cimetières, la possibilité, pour les musulmans agents du service public, de prendre des congés à l’occasion de trois fêtes religieuses et les « prescriptions vestimentaires et alimentaires ».

Dans ce dernier paragraphe, la question du voile islamique est abordée en ces termes : « Les usagers de certains services publics, et notamment ceux de l’enseignement public, doivent [...] s’abstenir d’arborer des signes d’appartenance religieuse, dans les conditions de la jurisprudence du Conseil d’Etat. »

Considération

Les signataires du texte final constituent par leur diversité un assez bon éventail de l’islam français, allant d’une fédération comme l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), considérée comme conservatrice, à des personnalités modérées, comme le grand mufti de Marseille, Soheib Bencheick.

Dans un discours adressé aux signataires, Jean-Pierre Chevènement a affirmé que « la République française respecte l’islam comme elle respecte les autres religions, qui ont été un facteur d’élévation morale de l’humanité », regrettant que « l’absence d’une instance représentative nuise au dialogue et à l’acceptation mutuelle ». Il a salué au passage ses prédécesseurs Pierre Joxe, artisan de l’éphémère Corif (Conseil de réflexion sur l’islam en France), et Charles Pasqua, promoteur d’une Charte du culte musulman de France.

Laïcité

Le ministre situe sa propre démarche comme une « consultation », non pas impulsée d’en haut par l’Etat mais « pragmatique et progressive », privilégiant « le dialogue » et « autant qu’il sera possible, l’auto-organisation des musulmans dans le cadre des lois qui sont celles de la République ».

Jean-Pierre Chevènement a livré ensuite ce qu’il considère comme une « définition positive de la laïcité », qui est à ses yeux « naturellement protectrice des religions minoritaires » : elle « ne prémunit pas seulement chaque citoyen contre toute discrimination relative à sa religion ; elle fait de la chose publique une chose véritablement commune, où il n’y a de place que pour l’argumentation éclairée par les lumières de la raison. »

D’après l’article de Xavier Ternisien
(Le Monde du 29 janvier 2000)