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Mée-disances - mars 2010 (2)

Ecrit le 17 mars 2010

 Avortement

L’Humanité.fr du 09/03 : Roselyne Bachelot a annoncé une revalorisation de près de 50 %, dès 2010, du forfait versé aux établissements pour chaque IVG. Vital mais insuffisant, jugent professionnelles et associations féministes. Pour Marie-Laure Brival, directrice de la maternité des Lilas : « La ministre de la Santé tient ses promesses. Mais cette revalorisation vient après une longue période (de 1991 à 2004) durant laquelle il n’y en a eu aucune et celle-ci reste extrêmement insuffisante par rapport au coût réel de l’intervention. Nous ne sortons pas du cercle infernal dans lequel on nous a placés. Une véritable réforme passe par une refondation de la prise en charge de l’IVG à l’hôpital. »

Refondation qui n’est pas à l’ordre du jour quand la loi hôpital, patient, santé, territoire, signée de la même ministre, provoque restructurations et fermetures. Ainsi, à Paris, le collectif qui lutte contre le « démantèlement de l’hôpital Trousseau » et contre la fermeture du centre IVG de la maternité de celui de Saint-Antoine appelait à manifester, le 8 mars. Une fermeture qui s’inscrit dans une longue liste, a rappelé Gisèle Halimi, présidente de Choisir la cause des femmes : « On est passé de la liberté essentielle des femmes au droit de choisir à un droit toléré. On a fermé des centres d’IVG. Du coup, des femmes dépassent les délais légaux. Il y a un mouvement aujourd’hui pour brimer cette liberté essentielle. Qu’on revalorise le forfait, c’est très bien… Il est temps. »

 Constat accablant

Le Monde.fr du 11/03 : pour J-M Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, en dépit « des efforts incontestables » pour améliorer les conditions de détention dans les prisons françaises, « beaucoup reste à faire ». Le rapport 2009, présenté le 10 mars, est accablant. Les douze contrôleurs ont visité 163 « lieux de privation de liberté » - établissements pénitentiaires, centres de rétention, locaux de garde à vue, services psychiatriques.

« Les personnes sortent rarement de ces lieux autrement que brisées ou révoltées ».

« En prison suinte l’ennui, les activités sont réservées à une minorité de détenus. Pour la formation professionnelle, c’est pire ». Moins d’un détenu sur cinq bénéficie d’un emploi. Ils ne sont que 9 % à la maison d’arrêt de Tours. Le travail est peu qualifié (étiquetage, conditionnement), les salaires très bas et très variables.

« Les fiches de paie sont d’insondables mystères. » A Bordeaux-Gradignan, la rémunération varie entre 1,57 et 9,70 € de l’heure ; 1 à 2 € brut à Béthune. Plier mille brochures est payé 32 € à la Santé, à Paris ; à Arras, on gagne jusqu’à 200 € par mois, mais en avril 2009, les détenus n’ont touché que 50 euros.

Un chapitre important est consacré à la vidéosurveillance en prison : à Mont-de-Marsan, on filme jusqu’au local d’accueil des familles et au parloir des avocats. Dans les locaux de garde à vue d’Argenteuil, les caméras contrôlent les toilettes […] … Pour des résultats qui laissent les contrôleurs sceptiques : la vidéosurveillance « exerce une véritable fascination », et dissimule souvent un manque de personnel, d’autant que « personne ne surveille en permanence la totalité des images ».

« Nous avons mis les autorités en garde contre les nouveaux établissements pénitentiaires, dit Jean-Marie Delarue. Il y a des lieux vétustes qui sont certes indignes, mais l’architecture des nouveaux établissements est source de désagréments majeurs sur la vie en détention. L’absence de relations humaines peut entraîner une montée de la violence. » (1)

Ruée sur les terres cultivables

La Croix.fr du 11/03 : D’après un rapport de l’ONU, les investisseurs étrangers ont acquis près de 20 millions d’hectares de terres arables dans les pays en développement. À Madagascar, une société indienne a loué 465 000 ha de terres pour cultiver du riz destiné au marché indien. Au Mali, 100 000 ha ont été concédés aux Libyens. Au Soudan, la Corée du Sud a acquis 690 000 ha où sera planté du blé. En République démocratique du Congo, la Chine prévoit de créer la plus grosse plantation de palmiers à huile du monde sur des centaines de milliers d’hectares…

Selon une étude des Nations unies : « Depuis 2006, entre 15 et 20 millions d’hectares de terres agricoles ont fait l’objet de transactions ou de négociations » entre les pays en développement et des investisseurs étrangers. Cette surface correspond à la totalité des terres agricoles de la France et au cinquième de celles de l’Union européenne. […]

Le mépris des droits de propriété est une menace pour les populations fragiles, dégrade la sécurité alimentaire du pays, renforce la compétition foncière et les conflits, voire débouche sur des troubles sociaux.

Aujourd’hui, aucun mécanisme ne protège les populations autochtones, en dehors des déclarations de principe des Nations unies. Dans une série de propositions, les autorités françaises et les organismes de développement défendent l’instauration de règles internationales. Ces règles prévoiraient notamment de lier l’achat de terres au partage des bénéfices entre les parties concernées et au respect de l’environnement - et interdiraient le financement public d’un projet contrevenant aux besoins fondamentaux des agriculteurs locaux.

État d’alerte maximale

LeParisien.fr du 11/03 : le président de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) alerte le gouvernement sur le fait que, « depuis juillet 2009, la demande sociale explose ». « En ce début d’année 2010, l’ensemble de l’institution est proche de l’implosion », conclut-il. […]

Et pour cause… selon une note d’information interne, le nombre de visites dans l’une des 123 CAF a bondi de 14,8 % en 2009, le nombre de pièces à traiter a progressé de 10,9 %, tandis que les appels téléphoniques grimpaient de 36,6 %.

Dans sa lettre, le président de la Cnaf réclame que le gouvernement revoie « les moyens alloués à la branche famille », d’autant qu’en 2010 les CAF se verront confiées de « nouvelles charges » comme les impayés de loyers, le RSA   jeunes ou la CMU complémentaire. […]

 Nostalgie

NouvelObs.com du 11/03 : […] Gérard Longuet préfère la nomination à la Halde d’une personne du « corps français traditionnel » à celle de Malek Boutih évoquée dans la presse. En retrouvant sa jeunesse d’extrême-droite, Gérard Longuet développe une conception complètement racialiste, et s’inscrit dans une série de dérives stigmatisantes développées notamment à l’occasion du débat sur l’identité nationale.

Des propos indignes d’un président du groupe UMP au Sénat, qui devrait être irréprochable. Mais, il n’y a pas très longtemps, c’est déjà monsieur Longuet qui rapprochait homosexuels et pédophiles… Des gens qui ont un parcours d’extrême-droite, qui surveillaient jusqu’alors leurs propos, se sentent aujourd’hui autorisés à dire ce qu’ils pensent, en assimilant notamment des personnes issues de l’immigration à des étrangers. […]

Pour préserver l’indépendance de la Halde. Il serait bon que la nomination se fasse avant tout sur des questions de compétences et qu’elle reflète ce qu’est vraiment la France : une France métissée.

(Sélection faite par Rudi le Gall)

La Halde dans le collimateur


Ecrit le 24 mars 2010

 Le Jeu de la mort

Au début des années 1960, l’Américain Stanley Milgram, chercheur en psychologie sociale à l’université de Yale, organise une expérience pour décrypter le processus d’obéissance. Censés participer à une étude sur l’efficacité de la punition dans le phénomène de mémorisation, des volontaires sont enjoints à infliger des décharges électriques à un homme (en réalité, un comédien). Ils sont 62,5 % à aller jusqu’au bout. Ou quand l’autorité anesthésie la conscience.

Cette expérience a été reprise par Christophe Nick, comme on a pu le voir dans l’émission « Le jeu de la mort ». Le réalisateur parle des images d’une télévision décadente. “Il y a une dérive complètement dingue des programmes : le ressort, c’est l’élimination ; la norme, l’humiliation. L’Ile de la tentation, c’est taré !, s’emporte le réalisateur. La télé peut faire faire n’importe quoi aux gens !” D’où son hypothèse : “On est tellement habitués à cette violence qu’on peut organiser, demain, un jeu qui met en scène une mise à mort.” Démonstration avec cet objet télévisuel non identifié : un documentaire (doté d’un budget conséquent de 2 millions d’euros) qui plonge leprotocole de Milgram dans le bain d’un faux jeu télévisé : 80 volontaires (qui pensent participer à un pilote), un faux électrocuté-vrai comédien et des injonctions à répétition, délivrées par une animatrice.

 L’agroalimentaire drague les médecins

Le Parisien du 18/03 observe que « l’industrie agroalimentaire s’incruste au Salon des médecins », le Medec, qui se tient actuellement à Paris et constate que « les grands de l’agroalimentaire tentent de convaincre les praticiens de la qualité de leurs produits ».

Christine Delepierre, manager chez McCain, déclare : « Nous voulons tordre le cou aux idées reçues. La plupart des médecins et des patients pensent que les frites comportent 40% de matière grasse alors qu’il n’y en a que 10% ». « Certes, les frites ne font pas maigrir. Mais c’est un faux débat que de mettre l’obésité sur le compte de cet aliment », poursuit-elle.

« A quelques mètres de là, une diététicienne de Coca-Cola martèle que les frites et les sodas… ne font pas grossir. Et d’embrayer que « ce sont les abus qui entraînent un surpoids » ».

Une porte-parole de McDonald’s indique pour sa part : « Notre marque souffre de beaucoup d’a priori. Si nos produits s’inscrivent dans une alimentation équilibrée, des études scientifiques montrent que manger chez nous ne fait pas grossir ».

Le Dr Pierre Talbot remarque que « de plus en plus de marques s’introduisent dans nos formations. Je ne crois pas que ce soit bénéfique pour la santé des patients ».« Les industriels sont ici pour défendre des produits qui, pour la plupart, sont tout simplement à proscrire de l’alimentation », continue le généraliste.

Ndlr : mais qui a donc invité l’industrie agro-alimentaire au salon des médecins ?

 L’aide humanitaire confiée au privé ?

Ouest-France du 12/03 : En Haïti, l’assistance américaine a été pilotée par l’USAID et les forces armées. Déjà marginalisée sous l’administration Bush, l’agence fédérale chargée des aides aux pays en développement et de l’assistance au Tiers-Monde, pourrait bien être supplantée par des entreprises privées chargées d’assurer aussi bien les missions de maintien de l’ordre ou de la paix que la gestion des aides publiques au développement.

Au moins deux sociétés militaires privées américaines DynCorp (22 500 employés) sont désormais en mesure de proposer de tels services globaux et de gérer les budgets fédéraux américains consacrés au développement des pays étrangers. Pour sa part, L3 Communications (66 000 employés, 15,5 milliards de chiffre d’affaires) a pris le contrôle de la firme Internationale Resources Group. Active dans 137 pays, IRG s’occupe d’aide à la reconstruction, de développement économique et de conseil en matière de gestion des ressources naturelles.

Si « l’aide au développement devient une industrie comme les autres », comme le reconnaît Alanna Shaikh, consultante auprès d’organisations internationales, les ONG pourraient bien être les premières à souffrir. Leur périmètre d’action et leurs moyens seraient considérablement réduits. Quant aux pays destinataires des aides, ils risquent d’être de moins en moins associés aux processus de reconstruction et de développement.

Confier l’aide au développement à des entreprises à but lucratif signifie que la logique du profit pourrait l’emporter sur celle du développement. D’autre part, la politique étrangère américaine pourrait devenir encore plus dépendante des intérêts des multinationales qui choisiraient les secteurs à favoriser et à développer en fonction de leurs propres priorités économiques. […]

Pour ces entreprises, reconstruire Haïti permettra de gagner de l’argent sur le court terme. Développer les provinces minières de la République Démocratique du Congo, dévastées mais riches, constituera un investissement profitable…

Ndlr : les voies des saigneurs sont impénétrables !

 Des policiers racisto-complaisants ?

Libération.fr du 16/03 : Me Jakubowicz, président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a accusé des policiers de « complaisance » à l’égard de propos racistes des supporteurs du PSG. […]

« Quand il y a 150 nervis qui crachent la haine raciste et en face 1.500 policiers qui restent de marbre je m’interroge », a-t-il poursuivi citant les cris de « Hitler président ! » ou « A bas les bougnouls ! » de ces supporteurs. Me Jakubowicz estime que les policiers « doivent intervenir dès le moment où le bras se lève, où l’injure est lancée ». « C’est là qu’ils doivent intervenir et c’est là qu’ils n’interviennent pas », a-t-il observé.

Ndlr : après le match PSG-OM du 28/02, un supporteur de 38 ans, grièvement blessé à la tête, avait été hospitalisé à l’hôpital Beaujon de Clichy où il est décédé.

 Malgré vous au meeting de l’UMP

De Rue du 19/03 : Un habitant d’Escalquens (Haute-Garonne), fonctionnaire et adhérent d’aucun parti politique, a retrouvé son nom et sa photo dans un meeting de l’UMP auquel il ne participait pas ! Ce tour de magie a été réalisé par le biais d’un dispositif « Mobiliser un ami » mis en place sur le site internet de l’UMP, LeMouvementPopulaire.fr.

Le principe est simple : saisissez le nom de la personne de votre choix et téléchargez sa photo. Cliquez sur « Envoyer », c’est fait. Il se retrouve au beau milieu d’un meeting destiné à appeler à voter pour l’UMP, Xavier Bertrand l’interpelle nommément ; son prénom et son nom se retrouvent inscrits en toutes lettres sur un siège vide puis une banderole ; et sa photo est affichée sur la scène derrière le secrétaire général du parti de la majorité.

Deux avocats spécialistes du droit d’Internet expliquent que l’UMP peut être poursuivie pour atteinte à la représentation de la personne mais aussi pour atteinte à la vie privée. L’UMP assure être dans son bon droit, comme elle l’affirmait déjà pour le piratage de la musique de MGMT dans des meetings ou de la chanson de son lipdub, avant de finalement payer pour éviter le procès.

Le lendemain de la parution de cet article de Rue89, l’UMP a mis fin à son opération “mobiliser un ami”

(sélection faite par R.Le Gall et B.Poiraud)


Ecrit le 31 mars 2010

 Français de naissance

De liberation.fr du 19.03 : « La fonctionnaire de la mairie de Créteil chargée de recevoir les Français, en quête d’une carte d’identité ou d’un passeport, manifeste un certain agacement. Et bien non, Joseph Christian Messina n’a toujours pas compris. Il est français, titulaire d’un passeport et d’une carte d’identité sécurisée. Depuis plus de huit ans, cet homme massif et calme est fonctionnaire de police, donc obligatoirement français. Mais il est né au Cameroun (et, accessoirement, il est noir) ». Il vient faire faire une carte d’identité pour ses deux enfants, Nolan, 4 ans, et Cameron, 2 ans, tous deux nés à Fréjus (Var) et c’est pas évident.

Car la circulaire du 9 février , envoyée aux Préfets par le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, dit que la présentation d’une carte nationale d’identité sécurisée ou d’un passeport électronique ou biométrique « suffit à prouver la nationalité française du demandeur » mais cela ne s’applique pas aux enfants de Joseph Christian Messina. Par chance, la mère de Nolan et de Cameron est née en France : à Fréjus, comme ses enfants. Mais il est demandé cependant : l’acte de naissance, copie intégrale, de Nolan et de Cameron, celui de Joseph Christian Messina, celui de son père et de sa mère, son livret de famille et celui de ses parents, plus le décret de naturalisation de son père !

Ndlr : au cinéma on passe le film La rafle, rappelant le Vel’d’hiv ….

 Halde

De lepost.fr du 23/03, au sujet de la nomination de Jeannette Bougrab à la Halde (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) : « Les problèmes de discrimination, Jeannette Bougrab les connaît « Mon père a la Légion d’honneur, et on le traite de »sale Arabe.« Mon frère, militaire, s’est quant à lui fait »refuser l’entrée d’une boîte de nuit à cause de sa tête« ... »Vous ne trouvez pas cela révoltant ?« s’insurgeait-elle à l’époque, loin sans doute d’imaginer qu’elle prendrait un jour la tête de l’autorité en charge de lutter contre ce genre de ségrégation » »Beaucoup de jeunes sont victimes de discrimination en raison de leur patronyme ou de leur couleur de peau. Le plafond de verre n’est pas qu’une fiction« , écrivait-elle dans Qu’est-ce qu’être français ?, un ouvrage publié en 2009 par l’Institut Montaigne. »Je veux me battre pour qu’en France chacun puisse avoir les mêmes chances, quelles que soient ses origines sociales ou ethniques", ajoutait la juriste, sceptique sur la mise en place de politiques de discrimination positive. Sa nomination a été saluée par SOS-Racisme et par le CRAN (Conseil représentatif des Associations noires)

Ndlr : la nomination de Mme Bougrab permettra-t-elle d’éviter la mise sous tutelle de la Halde, par suite d’absorption au sein du Défenseur des droits créé par la réforme constitutionnelle de 2008 ?

 Récompense et punition à la gendarmerie

Un fait divers est passé inaperçu : cinq officiers de police ont été récompensés le 18 mars dernier : deux échelons d’un coup. Selon le Canard du 24/03 : « Fait d’armes de ces héroïques fonctionnaires ? S’être trouvés au bon endroit au bon moment le 26 juillet 2009. C’est-à-dire le jour où Sarkozy fit son étrange malaise dans le parc de Versailles ».

A titre de comparaison, un de leurs collègues, grièvement blessé au Corse, en 2007, au cours d’un échange de tirs avec des truands, avait obtenu, en guise de récompense, un échelon de mieux. Moralité tirée par le Canard : « Un coup de feu rapporte moins qu’un coup de pompe »

Ndlr : vous avez dit … malaise ?

 L’ex-officier

Jean-Hughes Matelly, 44 ans, est officier de gendarmerie, et en même temps chercheur associé au CNRS. Le 25 mars 2010 il a été radié par mesure disciplinaire. Houlà, c’est grave ! Quel crime a-t-il commis ? Il a simplement osé parler du rapprochement gendarmerie-police en écrivant :

C’est sans tambours ni trompettes, ni sonnerie aux morts, que vont se dérouler les obsèques de la plus vieille institution publique chargée de missions de police générale : la maréchaussée, rebaptisée Gendarmerie nationale en 1791, qui veille à la sûreté de nos concitoyens en dehors du centre des agglomérations, c’est-à-dire sur 95 % du territoire national !

Sous prétexte d’une recherche de la rentabilité à court terme, et pour que les gendarmes s’inscrivent mieux dans le modèle actuellement prôné de la police d’autorité –par opposition à une police de dialogue–, la Gendarmerie va donc fusionner (sans le dire) avec la Police nationale. (…)

Au fond, il s’agit d’un énième épisode du désengagement de l’Etat et du recul du service public national.

En effet, loin de la caricature du gendarme militaire borné, chasseur de nudistes à Saint-Tropez, loin aussi de l’image d’élite du GIGN avec des hommes cagoulés et surarmés, les gendarmes départementaux avaient su développer un modèle de rapport au public qui privilégiait le service au citoyen plutôt que l’application bornée d’innombrables textes de lois. (…)

Il faut croire que ce modèle de proximité convient mal à une époque qui privilégie les rapports de force, la gestion statistique déréalisée et les démonstrations médiatiques, même si c’est aux dépens de l’efficacité concrète et quotidienne.

Cette radiation est une grande première dans l’histoire de l’armée française. Aucun officier n’a jamais été radié des cadres pour une question de liberté d’expression.

 Poisson -chat

Du Canard du 24/03 : « On peut mettre un PV si du poisson-chat est vendu comme de la sole. Mais pas si le poisson est pourri et dangereux pour le consommateur » déclare Jean-Philippe Simon (contrôleur à la Répression des fraudes et secrétaire général de la CGT)

C’est que, depuis le 1er janvier 2010 les commerçants et restaurateurs peu regardants peuvent refiler au client de la viande avariée, des œufs pourris ou du poisson mal décongelé, en toute impunité ou presque. Car les fonctionnaires de la répression des fraudes ne peuvent plus dresser le moindre PV sur les denrées d’origine animale (arrêté du 21 décembre 2009 paru au JO du 31/12). Ils peuvent seulement passer les infos aux services vétérinaires qui, eux, ont le droit d’engager des poursuites. Ils peuvent aussi se fendre d’un courrier demandant gentiment au contrevenant de se mettre en règle.

Ndlr : estomacs fragiles, s’abstenir…

 Bord …

De Claudine Legardinier dans l’Humanité du 25/03 : « Chantal Brunel, UMP, en tant que rapporteure générale de l’Observatoire de la parité, ne trouve rien de mieux, pour aider les femmes à s’imposer au Parlement, que de commencer par les orienter vers le bordel le plus proche. Bordel ? Non, « maison ouverte ». La maison close a du plomb dans l’aile ? Appelons-la maison ouverte. Ouverte vous a tout de suite un petit air de liberté, un côté jeune et engageant ».

Chantal Brunet propose que les femmes prostituées se regroupent « comme les experts-comptables ». Les lieux de paternalisme et d’esclavagisme vont tout à coup se muer en havres de bonnes manières ? Sans blague !


NOTES:

(1) Un livre à lire : http://www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782020975414

Je ne souhaite cela à personne
Saïd André Remli

Actualités/Essais/Documents / Témoignages

Date de publication : 14/01/2010

EAN13 : 9782020975414

« Je ne cherche ni à faire l’apologie de mon passé, ni à l’exploiter. Je ne suis pas un repenti. Je ne m’accuse ni me m’excuse.

J’ai passé vingt ans en prison, dont neuf en isolement, confiné dans une solitude, dans un désœuvrement qui rendent fou.

Condamné à perpétuité pour meurtre, après le décès d’un surveillant blessé au cours d’une de mes tentatives d’évasion, j’ai connu le pire de ce que savent offrir les prisons françaises.

Après avoir étudié, en cellule, le droit international qui prévaut sur le droit français, constamment transféré, pour cette raison, d’une maison d’arrêt à une autre, j’ai mené une lutte pacifique, légale, afin d’obtenir une amélioration des conditions de vie des détenus.

J’ai quitté la taule avec un sentiment de toute puissance. Je me découvre plus fragile que je ne le pensais. Survivre à la prison, se reconstruire, vivre avec des personnes aimées, impliquent un combat différent, un combat dangereux de tous les instants auquel je n’étais pas préparé.

Ce que j’ai vécu, je ne le souhaite à personne. »

Saïd André Remli

Écrit avec la collaboration de Sylvette Desmeuzes-Balland