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Récompense et punition à la gendarmerie

 Récompense et punition à la gendarmerie

Un fait divers est passé inaperçu : cinq officiers de police ont été récompensés le 18 mars dernier : deux échelons d’un coup. Selon le Canard du 24/03 : « Fait d’armes de ces héroïques fonctionnaires ? S’être trouvés au bon endroit au bon moment le 26 juillet 2009. C’est-à-dire le jour où Sarkozy fit son étrange malaise dans le parc de Versailles ».

A titre de comparaison, un de leurs collègues, grièvement blessé au Corse, en 2007, au cours d’un échange de tirs avec des truands, avait obtenu, en guise de récompense, un échelon de mieux. Moralité tirée par le Canard : « Un coup de feu rapporte moins qu’un coup de pompe »

Ndlr : vous avez dit … malaise ?

 L’ex-officier

Jean-Hughes Matelly, 44 ans, est officier de gendarmerie, et en même temps chercheur associé au CNRS. Le 25 mars 2010 il a été radié par mesure disciplinaire. Houlà, c’est grave ! Quel crime a-t-il commis ? Il a simplement osé parler du rapprochement gendarmerie-police en écrivant :

C’est sans tambours ni trompettes, ni sonnerie aux morts, que vont se dérouler les obsèques de la plus vieille institution publique chargée de missions de police générale : la maréchaussée, rebaptisée Gendarmerie nationale en 1791, qui veille à la sûreté de nos concitoyens en dehors du centre des agglomérations, c’est-à-dire sur 95 % du territoire national !

Sous prétexte d’une recherche de la rentabilité à court terme, et pour que les gendarmes s’inscrivent mieux dans le modèle actuellement prôné de la police d’autorité –par opposition à une police de dialogue–, la Gendarmerie va donc fusionner (sans le dire) avec la Police nationale. (…)

Au fond, il s’agit d’un énième épisode du désengagement de l’Etat et du recul du service public national.

En effet, loin de la caricature du gendarme militaire borné, chasseur de nudistes à Saint-Tropez, loin aussi de l’image d’élite du GIGN avec des hommes cagoulés et surarmés, les gendarmes départementaux avaient su développer un modèle de rapport au public qui privilégiait le service au citoyen plutôt que l’application bornée d’innombrables textes de lois. (…)

Il faut croire que ce modèle de proximité convient mal à une époque qui privilégie les rapports de force, la gestion statistique déréalisée et les démonstrations médiatiques, même si c’est aux dépens de l’efficacité concrète et quotidienne.

Cette radiation est une grande première dans l’histoire de l’armée française. Aucun officier n’a jamais été radié des cadres pour une question de liberté d’expression.


Ecrit le 4 avril 2010

 Poursuivi pour un poème : il pleut sur nos képis

Il est trois heures du matin. L’info que je viens d’apprendre est trop grave pour que je reste au lit : un gendarme a été suspendu cette semaine pour avoir écrit un poème en soutien à son collègue Matelly, radié pour avoir critiqué le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l’Intérieur..

L’adjudant A., sous cette signature, a écrit fin mars un poème intitulé « Il pleut sur nos képis » publié par l’Association de défense des droits des militaires (Adefdromil). Recherché, retrouvé, il fait l’objet d’une enquête « de commandement » pour son « écrit outrageant ». Un « dossier disciplinaire est en cours d’instruction » à son encontre et une « suspension administrative » est envisagée.

Vous trouverez ici le texte du poème, avec, à la suite, copie d’une vidéo publiée sur Youtube.

"Il faisait beau, le jour où j’ai signé !
Je me souviens comme j’étais fier de m’engager,
D’être formé à ce métier par mes aînés…

Du bon droit je voulais être le soldat,
Dans le respect des traditions et des hommes.
Du citoyen, à tout faire je serai l’homme !

De ma personne alors, j’ai donné sans compter...."