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Unicef (02)

Ecoutez les enfants
Les trottoirs de Manille
La malnutritin infantile

(écrit le 18 décembre 2002)

 Ecoutez les enfants

En cette période de Noël, les adultes de nos pays vont combler les enfants de cadeaux. L’UNICEF, dans son rapport 2003 juge qu’il est plus important de confier aux jeunes un rôle constructif, essentiel pour leur développement - et pour la paix dans le monde.


A Mexico, le 11 décembre 2002, l’UNICEF a affirmé que des dizaines de millions d’enfants du monde entier se sentent très éloignés des institutions politiques et n’ont guère confiance dans leur gouvernement : des enquêtes menées sur quatre continents ces trois dernières années auprès d’un échantillon de 40 000 enfants permettent de conclure que des millions de jeunes doutent que le fait de voter puisse améliorer leur vie. Et ils ne pensent pas que les dirigeants politiques soient un modèle à suivre.

« Dans un monde meurtri par les conflits et divisé par la pauvreté, il est absolument essentiel qu’on s’occupe des enfants, qu’on les écoute, qu’on leur donne un rôle à jouer pour améliorer leur avenir », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF Carol Bellamy. « En permettant aux enfants et adolescents de prendre part de façon constructive à la vie de leur communauté ou de leur nation on encourage leur optimisme naturel et on les prépare à jouer un rôle positif une fois qu’ils seront adultes. »

« Nous constatons que la participation et le fait de s’intéresser dès leur plus jeune âge aux questions qui les concernent, loin de promouvoir l’anarchie ou l’irrespect envers l’autorité ou de saper l’autorité parentale, produisent une génération de jeunes qui sont plus respectueux et s’intéressent davantage à leurs droits et aux droits d’autrui », note le rapport.

Exclure les enfants présente de sérieux inconvénients, fait valoir le rapport. Lorsqu’on les maintient à l’écart du processus décisionnel, on les empêche d’acquérir des aptitudes capitales, notamment la capacité de s’exprimer, de régler des différends, de faire des choix de vie responsables, d’ouvrir un dialogue positif ou de se sentir responsables d’eux-mêmes, de leur famille et de leur communauté.

Mobilisation

Le rapport 2003 de l’UNICEF présente plusieurs exemples de situations où l’on a écouté les enfants. Il est truffé d’exemples d’actions juvéniles qui ont permis de changer les mentalités :

Dans une province du Pakistan, où le taux d’alphabétisation des femmes est de 2 %, des troupes de scouts ont fait pression sur les responsables de l’éducation pour qu’ils permettent aux filles de s’inscrire dans leurs écoles. Résultat : quelque 2 500 filles de plus se sont inscrites en première année à l’école.

Au Nigéria, les élèves d’un lycée ont organisé une campagne de porte à porte pour faire prendre conscience à quelque 25 000 habitants d’Afugiri de l’importance de la vaccination. Des centaines de femmes ont alors amené leurs enfants dans des cliniques de quartier pour les faire vacciner. Cette initiative   a sans doute sauvé des centaines de vies.

Dis le !

« Troç ! » en albanais signifie « Dis-le ! » et c’est le nom d’un magazine télévisé hebdomadaire sur le réseau national albanais produit par, et avec, des jeunes de 13 à 18 ans. L’équipe a notamment lancé des tentatives de dialogue entre jeunes de différentes origines, dans l’ancienne Yougoslavie, pour « mieux faire connaître la langue et la culture des autres ethnies ».

« Troç ! » a également permis de faire cesser les mauvais traitements infligés aux internes d’un pensionnat et d’approvisionner en manuels scolaires les lycées d’une ville qui en étaient privés.

Au Brésil, le Mouvement national garçons et filles des rues, mis en place en 1986 par des éducateurs et des enfants des rues, a permis de dénoncer les groupes d’extermination des enfants.

D’autres exemples racontent des progrès pour l’intégration des enfants mayas au Guatemala, pour remotiver les jeunes réfugiés par le sport au Kosovo, toujours sous l’impulsion de groupes d’adolescents.

C’est autre chose que ce qui se passe, à Châteaubriant, au Conseil Municipal des Jeunes, où les propositions viennent des adultes (soirées dansantes, mini-golf, pédalos ...)

« Je pense que la société a tout à gagner à la participation des enfants et adolescents, a dit Mme Bellamy, parce que les enfants et les jeunes abordent les problèmes avec énergie et sous un angle nouveau. Leurs solutions ne sont pas toujours réalisables, mais ils ne se laissent pas facilement décourager. Grâce à eux, on s’aperçoit qu’il existe d’autres possibilités, des idées nouvelles surgissent et les chances de succès augmentent. »

« Si nous ne favorisons pas la participation des enfants dès leur plus jeune âge, a dit encore Mme Bellamy, nous allons manquer l’occasion d’enraciner la démocratie dans le monde et de protéger la dignité humaine. Et dans ce cas, les jeunes risquent de se sentir exclus et impuissants et cela peut avoir de dramatiques conséquences. »

Le rapport de l’UNICEF fait remarquer que 150 millions d’enfants continuent à souffrir de malnutrition, que 120 millions d’enfants en âge d’aller à l’école (dont une majorité de filles) ne sont pas scolarisés et que, tous les jours, 6 000 enfants et adolescents sont infectés par le virus du Sida.

« Il ne faudrait pas croire que le fait d’écouter les opinions des enfants revient tout simplement à les approuver », note le rapport. « L’idée est plutôt de les amener à prendre part à un dialogue et à un échange qui leur enseignent comment influer de façon constructive sur le monde qui les entoure. L’échange social que suppose la participation encourage les enfants à assumer des responsabilités croissantes « en tant que citoyens actifs, tolérants et démocratiques en devenir ».


(écrit le 18 décembre 2002)

Châteaubriant : Un mini golf

Ce rapport de l’UNICEF arrive le même jour que le Conseil Municipal des Jeunes à Châteaubriant. La comparaison est intéressante. Aux jeunes de Châteaubriant, on ne propose que des choses matérielles et aucune de ces grandes idées capables de les enthousiasmer .

Au Conseil Municipal des Jeunes à Châteaubriant, il y a des jeunes qui manifestement s’ennuient, d’autres qui ont des choses à dire (ils les disent hors réunion) mais qui n’osent pas. Et puis il y en a qui parlent et qui commencent à poser des questions pertinentes.

Constatation d’ensemble : c’est Mme Bombray qui mène le Conseil Municipal des Jeunes et qui prend les décisions. On l’a bien vu quand il a été question de « faire un journal ». Les jeunes voudraient se lancer dans cette aventure. Il leur a été répondu que « c’est difficile à faire, qu’il faut pouvoir tenir ». Mais il ne leur a pas été expliqué que toute expression qui vient de la mairie engage la mairie et que seuls les vrais conseillers municipaux sont responsables juridiquement. Cela étant, il est possible, pour les jeunes, de faire un journal. Ils le font bien dans les écoles.

De même les jeunes ont enregistré que la piste de skateboard serait placée dans la prairie située à l’ouest de l’étang de Choisel et qu’il y aurait des équipements « de type mini-golf, activités nautiques et équestres ». « Qu’entendez-vous par activités nautiques et équestres ? » a questionné une jeune fille, montrant ainsi que la « délibération » qui a été adoptée n’a pas été « portée » par les jeunes. Mme Bombray a évoqué aussi des pédalos. Mais jamais il n’a été question de coût, de sécurité, etc. Quant aux Conseillers Municipaux adultes, ils ne sont pas au courant.

Indépendance

Quelques jeunes commencent cependant à prendre de l’indépendance. Le vote sur la piste de skateboard a permis à un jeune de dire qu’il avait discuté avec le club de skate et que celui-ci souhaitait un aménagement de l’équipement installé à la Ville aux Roses et une surveillance accrue « car il y a une petite bande qui perturbe » (voilà du travail pour les agents de médiation !). Il n’a pas été écouté. En conséquence, logique avec lui-même, il s’est abstenu lors du vote.

Il est question aussi de faire un mur d’escalade au gymnase Emile Gauthier. Un jeune a contesté le lieu, disant que cette salle est déjà bien occupée et que s’il faut y mettre des équipements de sécurité adaptés à l’escalade, cela va gêner les autres activités. Un autre jeune a demandé comment serait géré ce mur d’escalade. Il leur a été répondu qu’il s’agissait seulement d’engager « une étude de faisabilité ».

Les adultes promettent beaucoup à ce Conseil Municipal de Jeunes mais on ne voit pas venir les réalisations.

Espace fumeurs

Les jeunes sont revenus sur la soirée Didji du 23 octobre dernier . « Il aurait fallu changer de musique, c’était la même chose que la première fois » - « L’espace fumeurs n’était pas une bonne idée : il enfumait tout le monde ». Mme Bombray a reconnu qu’il y avait des fumeurs un peu partout, y compris dans les toilettes. Cela pose quand même un problème et ce serait un bon sujet de réflexion pour le Conseil des Jeunes.

En ce qui concerne les bénéfices de cette soirée, le groupe des jeunes a proposé d’affecter 200 € à l’association de soutien à Monsieur Christian Misériaux qui recherche un financement pour des prothèses adaptées. Il y a eu un vote contre et une abstention. Il aurait été bon de demander à ces jeunes d’expliquer leur vote. Cela aurait pu provoquer une discussion intéressante. Cela n’a pas été fait.

Des idées intéressantes

Parmi les actions à venir du Conseil des Jeunes, notons des initiatives intéressantes (mais qui généralement ne viennent pas des jeunes) :

La participation au nettoyage du Bois de Tugny : Une jeune fille a signalé qu’un certain nombre de « petits flacons » ont été trouvés. La gendarmerie n’a pas répondu aux interrogations sur la nature des produits qui y ont été contenus.

Des jeunes vont aller distribuer des chocolats à la MAPA mercredi 18 décembre à partir de 14h30, aux personnes qui ne sont pas allées au repas des Anciens. [ndlr : en fait il n’y a eu qu’une jeune fille à venir !)

Une galette des rois est programmée pour le 18 janvier 2003 pour que les jeunes du Conseil des jeunes puissent se rencontrer d’autres jeunes.

A l’occasion de la Sablière et du 11 novembre, des jeunes du Conseil des Jeunes ont pu rencontrer la famille de Guy Môquet et discuter avec des Anciens Combattants

Une rencontre est prévue avec le Conseil Municipal des jeunes de Redon.

Par ailleurs une visite de l’Assemblée Nationale est prévue. Tiens à propos, pourquoi pas une visite de la mairie de Châteaubriant ?

De cette réunion du 11 décembre 2002, il se dégage le sentiment que les jeunes commencent à être critiques par rapport à ce qui leur est proposé et commencent à le dire, au moins en coulisses en attendant d’avoir le courage de le dire en réunion. « Et si on écoutait les jeunes ? » dit l’UNICEF

BP  

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Ecrit le 4 janvier 2006

 Les trottoirs de Manille

Un documentaire est passé à la télé, fin décembre 2005, sur les enfants des rues à Manille : ils sont ramassés par la police et emprisonnés, traités pire que des bêtes .

Malgré la Convention internationale des droits de l’enfant, partout sur la planète des jeunes sont emprisonnés, dénonce l’UNICEF. Aux Etats-Unis, en Afghanistan, en Israël, aux Philippines, au Rwanda ou ailleurs, des enfants survivent dans des conditions inhumaines.

« Aujourd’hui, 143 millions d’enfants sont considérés comme vulnérables dans le monde, soit 1 enfant sur 13 dans le monde. Plus d’un million d’entre eux vivent en détention, la plupart du temps pour des délits mineurs », rapporte le quotidien mauricien L’Express, qui reprend le rapport de l’UNICEF rendu public mi-décembre.

Ce document précise encore : « Chez les enfants emprisonnés les violences physiques sont courantes (os cassés, mains fracturées, tympans percés, hématomes et autres blessures). De plus ils sont victimes de profonds traumatismes psychologiques causés par la torture et les interrogatoires. »

« Des enfants irakiens incarcérés sur le territoire américain », indique The New York Times, « Certains d’entre eux ont à peine 8 ans. »

Le quotidien américain décrit l’état déplorable des prisons et la manière dont les enfants y ont été traités. « Omar Khadr, un jeune Canadien, avait 15 ans en 2002 lorsqu’il est arrêté en Afghanistan. Il est alors emprisonné à Guantanamo pendant deux ans et demi. Il n’a la possibilité d’avoir ni avocat ni contacts avec sa famille. »

Pour justifier cette violation flagrante des conventions internationales un porte-parole du Pentagone a déclaré que ’’l’âge n’a guère d’importance quand il s’agit d’aller en prison’’

Clarisa Bencomo, de l’organisation internationale de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, a confié au journal américain : « Des détenus trop jeunes pour être responsables pénalement sont incarcérés avec des adultes qui leur font subir de mauvais traitements. La plupart des enfants en détention ne sont pas des criminels. Ils sont arrêtés pour délit de vagabondage ou parce qu’ils ont été pris en train de mendier, de fumer, de sécher l’école ou de boire de l’alcool. »

Les Etats-Unis ne sont pas seuls à garder des enfants en prison. Daily Times accuse : « Depuis le début de l’Intifada, plus de 2.500 enfants ont été arrêtés. Il y a au moins 340 enfants palestiniens dans les geôles israéliennes. Ces enfants sont considérés comme des adultes, ils font souvent l’objet de tortures physiques et mentales. »

Et n’oublions pas les mauvais traitements dont sont victimes des jeunes, en particulier des filles, dans certains pays du monde musulman, et notamment au Pakistan.

The International Herald Tribune est, lui, allé à la rencontre des petits prisonniers des Philippines. « Je me suis fait torturer et des prisonniers adultes m’ont brûlé avec les cigarettes, » raconte Lando, un orphelin de 16 ans, qui a passé deux mois en prison à Manille parmi les adultes.

Quant à The American Prospect, il se souvient que « six ans après le génocide au Rwanda, 4.454 enfants attendaient encore en prison. Plus de 450 d’entre eux avaient été officiellement innocentés de toute participation aux atrocités, mais seulement 196 ont été remis en liberté à ce jour. »

Les enfants en prison ? De la graine de colère, donc de la graine de terroriste.

Source :
Courrier International

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