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Irlande

    *  Lettre d’Irlande : Les transports publics
    * Alliance Française
    * Irlande : la main de l’histoire
    * Constitution européenne : l’Irlande a dit non.
    * Enfance : rapport accablant pour l’Eglise catholique 

 Lettre d’Irlande : Les transports publics

L’article de La Mée, sur les transports en commun dans la région castelbriantaise, a fait réagir un lecteur …. d’Irlande qui nous envoie son avis. Il écrit :

Tout d’abord il faut constater que Athlone est fortunée d’être bien desservie par les transports en commun (1). Etant en plein centre du pays, la ville se trouve à l’intersection des axes ferroviaires et routiers. La gare ferroviaire et la gare routière se côtoient ce qui facilite l’échange de passagers. Entre Dublin et Galway par exemple, il y a un service de bus aller-retour toutes les heures, de 9 h à 21 h. Cela fait le bonheur des flots d’étudiants originaires d’Athlone qui rentrent de leurs établissements le vendredi soir et repartent le dimanche soir

Que dire cependant des transports dans l’arrière pays ? Ayant parcouru les vastes espaces de la région castelbriantaise j’apprécie le problème qui se pose à vous. Et nous, comment nous débrouillons-nous ?

 Au bord de la route

Eh bien c’est simple : en dehors des grands axes, les transports collectifs n’ont jamais existé. L’automobile est reine en Irlande, surtout à la campagne. Même à Dublin, capitale de l’Irlande, où les transports en commun sont bien implantés, l’Irlandais s’accroche à sa voiture malgré tous les efforts du Département de l’Environnement.

Prenons le cas de l’adulte qui habite l’arrière-pays et qui ne possède pas de voiture. Qu’il prenne les lignes scolaires le matin ou le soir n’a jamais été évoqué comme solution. Même réaction que chez vous, je crois, le partage de bus vétustes en compagnie d’élèves bruyants ne trouverait pas de faveur auprès du voyageur.

 Hep, taxi !

Trois possibilités s’annoncent pour rallier Athlone :

– faire appel à un parent ou un proche qui dispose d’une voiture

– se tenir au bord de la route. En général le voisin offrira une place. Pour lui, le geste sera le bienfait de la journée.

– pour celui qui est jaloux de son indépendance, il y a toujours la possibilité de prendre un taxi. Ces dernières années, les sociétés de taxi en ville se sont multipliées. La concurrence entre elles est si rude que les tarifs sont bon marché (30 à 50 F pour la liaison entre Athlone et les bourgs environnants). Alors la grogne ne se fait pas entendre à l’égard des transports.

En revanche, parlez aux Athloniens d’un centre hospitalier équipé de services d’urgences ! Ils en rêvent ! Hélas c’est une histoire pour un autre jour !

Tony Collins, écrit en 2000

(1) NDLR : cela s’explique notamment par le petit nombre d’Irlandais qui, naguère, possédaient une voiture. Les choses ont changé. Cela conduira-t-il, à terme, à une désaffection des transports en commun, comme en France ?


 Alliance Française

Athlone a fêté, en ce mois de novembre, la parution du Guide National des Alliances Françaises d’Irlande : un réseau de 10 associations qui, de Sligo à Cork, de Galway à Dublin, en n’oubliant pas Athlone, ouvrent leurs portes à plusieurs milliers d’étudiants de tous âges, de toutes origines socio-professionnelles, pour des activités linguistiques et culturelles. Le logo commun de ces Alliances françaises est la spirale celtique aux couleurs françaises : dessinée en bleu, sur fond blanc avec les lettres AF en rouge.

L’Alliance Française d’Athlone (alliancefrancaiseath@tinet.ie) offre des cours de français (culture générale, conversation, français commercial), un service de traduction et une librairie (livres, magazines, vidéos, journaux, disques). Elle est présidée par Nancy Murray, Tony Collins en étant secrétaire et infatigable délégué de la télévision TV5 qui relaie de nombreuses informations venant de France.

 Peig

C’est un bien frêle esquif qui emporta la jeune Peig - elle n’avait pas 19 ans — vers l’île où on la maria, An Blascoad Mor, en gaélique irlandais, la grande Blasket. Un voyage dans la plus pure tradition des légendes dont elle avait été elle-même nourrie dans sa plus tendre enfance : Oisin quittant les siens avec Niamh la Blonde vers l’île enchantée du Tir na nOg

La grande Blasket, dernier mamelon d’une chaîne montagneuse qui traverse le Ciarrai (Kerry en anglais) est une île qui culmine à 290 mètres. Son accès tient de l’escalade et on imagine aisément que le transport des marchandises et des bêtes ait pu devenir une aventure périlleuse : c’est là que Peig passa cinquante années de sa vie. Le récit de sa vie dépasse la simple autobiographie. Véritable fresque humaine peinte avec verve, poésie et humour, le récit est peuplé de personnages légendaires, ponctué d’événements historiques.

On a dit sans trop exagérer que si les légendes d’Irlande venaient à disparaître, Peig Sayers pourrait restituer chacune d’elles.

Le livre « Peig, Autobiographie d’une grande conteuse irlandaise » traduit par Joëlle Gac, est en vente au prix de 120 F aux
Editions AN HERE,
Kergleuz, 29480 Ar Releg-Kerhuon
Tél 02 98 28 10 37
Couriel : an.here@wanadoo.fr


Ecrit en décembre 1999 :

 Irlande : la main de l’histoire

« Aujourd’hui nous avons l’espoir que la main de l’histoire lève le fardeau de la violence » a dit Tony Blair, premier ministre anglais, le 2 décembre 1999, en installant le premier gouvernement véritablement oecuménique de toute l’histoire de l’Irlande du Nord. Républicains nationalistes, loyalistes, protestants, catholiques, participent au même gouvernement.

Le 2 décembre 1999 le Parlement de Westminster a transmis solennellement à ce gouvernement autonome : l’éducation, la formation, l’agriculture, l’environnement, la santé, le social, le commerce et la culture (Londres a conservé la fixation du budget, la sécurité publique et la politique étrangère)

Le même jour, 2 décembre, la République d’Irlande a abrogé les articles 2 et 3 de sa constitution, dans lesquels elle revendiquait l’Irlande du Nord comme partie intégrante de son propre territoire. L’unification des deux Irlande, l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, se fera sans doute un jour, quand la majorité des Irlandais du Nord se prononcera démocratiquement en faveur de cette unification. Les dernières études démographiques montrent que les protestants, généralement favorables à une union continue avec la couronne d’Angleterre, devraient rester majoritaires dans la province contestée pour au moins une vingtaine d’années...

Le même jour, 2 décembre 1999, l’IRA (armée républicaine irlandaise) a annoncé qu’elle acceptait, d’ici le 21 mai 2000, la « mise hors d’usage » totale de ses armes et explosifs.

La commission de désarmement doit aussi négocier avec les groupes paramilitaires, loyalistes et unionistes protestants compris, quant à la destruction des armes et des explosifs illégalement détenus par toutes ces milices.

Bien sûr, il reste des extrémistes dans les deux camps, qui essaieront encore de détruire le chance de paix. Bien sûr les Irlandais du Nord vont avoir du mal à vivre ensemble, mais une page est tournée, après 30 années de troubles sanglants Et le premier gouvernement s’est réuni le 2 décembre dans une atmosphère détendue. Rires, poignées de main, « ce fut cordial et respectueux » a commenté un ministre.


Ecrit le 13 juin 2008

 Consultée par référendum, l’Irlande a dit non.

Lire l’article du Nouvel Obs

* Le texte du traité de Lisbonne

* Carte de l’Irlande

*L’Irlande fera-t-elle dérailler l’Europe ?

* Histoire de l’Irlande

*Irlande : présentation générale

*Histoire de l’Union européenne

Des photos de Dublin :


Note du 20 mai 2009

 Rapport accablant pour l’Eglise catholique

Une commission d’enquête irlandaise a publié un rapport dénonçant des décennies d’abus sexuels, survenus à partir des années 1930 dans les institutions pour enfants dirigées par l’Eglise catholique, accusée d’avoir gardé le silence. « Les abus sexuels étaient endémiques dans les institutions pour garçons », écrivent les auteurs du rapport, précisant que les filles étaient quant à elles « soumises à des abus sexuels (qui) n’étaient pas érigés en système ». Le rapport dénonce également de nombreux autres mauvais traitements, qu’ils aient été physiques, tels « des punitions corporelles sévères », ou mentaux. Réagissant au rapport, le cardinal Sean Brady, numéro un de l’Eglise catholique irlandaise, s’est déclaré « profondément désolé et extrêmement honteux ».

Ce rapport, qui compte cinq volumes, est le fruit de neuf années d’enquête sur des institutions qui ont aujourd’hui fermé leurs portes et ont accueilli des enfants des années 1930 à 1990. Il pointe du doigt la déférence qui était celle du ministère de l’Education envers les ordres religieux et son incapacité à faire cesser les violences infligées aux enfants.

Pour mettre au point son rapport, la commission d’enquête a interrogé 1.090 hommes et femmes qui ont été hébergés dans 216 institutions, dont des foyers pour enfants, des hôpitaux et des écoles.

Tom Sweeney, qui a passé cinq années dans des écoles techniques, dont deux dans une où, selon le rapport, les violences sexuelles étaient un « problème chronique », a déclaré aux auteurs que l’école technique d’Artane continuait de hanter la mémoire de ses anciens pensionnaires.

« Ceux qui sont passés par Artane ne sont jamais devenus des personnes heureuses et, malheureusement, il y a eu pas mal de suicides. Beaucoup d’autres ont fini dans des hôpitaux(...). »

« Vous n’oubliez pas Artane, jamais », résume ce témoin.

Tom Hayes, né hors mariage, a été placé à 2 ans. « On m’a dit que ma mère était morte à ma naissance. C’était faux. Je n’ai découvert la vérité qu’en 2003 », raconte-t-il.

Patrick Walsh, lui, avait 3 ans quand la justice de son pays l’a séparé de ses parents « parce que ma mère voulait divorcer, ce qui était illégal en 1955. Pour récupérer ses enfants, il fallait qu’elle retourne avec son mari ».

Tous deux ont connu les viols par des prêtres ou des garçons plus âgés, le désœuvrement, la faim.

Lire ce rapport ici

et l’article du Monde

L’enquête La Commission d’enquête irlandaise, dirigée par le juge Sean Ryan, a mis neuf ans avant de rendre son rapport.

Elle a examiné 2 500 plaintes pour abus sexuels ou pour maltraitance physique, auditionné plus de 1 000 victimes et étudié de manière approfondie le fonctionnement de plus de 200 écoles, maisons de redressement et autres orphelinats.

Certains témoins sont venus des Etats-Unis ou d’Australie raconter leur passé douloureux.

L’indemnisation Depuis 2002, l’Etat irlandais a déjà versé plus d’un milliard d’euros de dédommagements à 12 500 victimes des établissements publics gérés par des ordres religieux entre 1936 et la fin des années 1990. En contrepartie, ces victimes ont renoncé à attaquer en justice l’Etat comme l’Eglise.

Quelque 2 000 autres dossiers sont en cours d’examen. Les autorités estiment à 1,3 milliard d’euros le coût global de cette opération, qui sera financée, pour l’essentiel, par le contribuable irlandais.

Un accord de 2002 passé entre le gouvernement et l’Eglise stipule en effet que cette dernière devra contribuer à hauteur de 128 millions d’euros.


Note du 27 novembre 2009

 L’Eglise catholique irlandaise et la pédophilie

L’émotion prévaut après la reconnaissance par les autorités catholiques irlandaises d’abus sexuels et de violences systématiques perpétrées durant trente ans par le clergé sur des enfants.

Le quotidien anglais The Guardian revient sur les détails d’un rapport, mettant en cause des connivences au sein du haut clergé irlandais pour étouffer les plaintes des enfants maltraités.
L’une des victimes se dit soulagée que sa parole soit enfin entendue et reconnue.

Quatre archevêques sont notamment accusés d’avoir couvert les faits en facilitant les mutations de prêtres pédophiles d’une paroisse   à une autre, explique le Times.

Une dissimulation rendue possible grâce à des complicités qui remontent jusqu’au Vatican, qui a d’ailleurs refusé jusqu’à présent de se soumettre à des investigations sur le sujet, souligne The Irish Times.

Un éditorial du même journal dénonce la loi du silence et le recours du clergé au droit canon pour s’exempter de crimes « non exceptionnels ». Des crimes rendus possibles par la collusion de l’Eglise et de l’Etat, rappelle The Irish Independent

La colère des catholiques irlandais


Ecrit le 24 mars 2010

 Ephébophilie

Une première. Le pape a exprimé, le 20 mars, la « honte » et le « remords » de l’Eglise catholique, dans une lettre adressée aux catholiques irlandais confrontés aux actes pédophiles commis par des prêtres. La déclaration de Benoît XVI a beau revêtir un caractère exceptionnel, les victimes de sévices pédophiles commis par des religieux irlandais, qui attendaient des « excuses », se disent déçues. La lettre papale a par ailleurs suscité des réactions en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, des pays aussi touchés par des scandales d’actes pédophiles commis par des hommes d’Eglise. Mais pour Mgr Charles Scicluna, 60 % de ces actes ne sont pas de la pédophilie mais de l’éphébophilie (attirance pour des adolescents, consentants, âgés de plus de 15 ans).

Du « jésuitisme » en somme !


Voilà ce qu’écrit le journal La Croix à ce sujet :

Une confiance à restaurer

Benoît XVI a adressé samedi une Lettre pastorale à tous les catholiques d’Irlande après les affaires d’abus sexuels qui secouent le pays depuis plusieurs mois. Sur le site du Vatican, le document est déjà disponible en sept langues. Une synthèse de deux pages a aussi été mise en ligne, preuve additionnelle d’un souci de communication aussi large que possible de la part du Vatican.

À travers cette lettre au ton très personnel, c’est de fait à l’Église universelle que s’adresse le pape. La révélation de diverses affaires d’abus sexuels au cours de ces dernières semaines montre qu’elles ne sont pas l’apanage d’une Église particulière. C’est pourquoi le pape invite tout le peuple de Dieu « à réfléchir sur les blessures infligées au Corps du Christ ». À travers les violences imposées à des enfants, c’est en effet tout le corps de l’Église qui a été violenté. C’est la confiance que des jeunes, des parents, des fidèles mettaient dans l’Église qui a été trahie. D’où l’enjeu fondamental pour l’Église d’Irlande et d’ailleurs : restaurer une confiance bafouée par des prêtres et des religieux qui ont posé des actes abjects, et par des évêques qui n’ont pas su prendre leurs responsabilités.

Mais comment restaurer cette confiance ? Benoît XVI ne donne que quelques orientations générales. Avant tout, il convient que la vérité soit faite sur les événements passés, que les prêtres coupables reconnaissent ouvertement leurs fautes et se soumettent aux exigences de la justice humaine. Plus fondamentalement, le pape invite tous les fidèles à s’engager dans un chemin de pénitence pour obtenir la guérison des blessures infligées à l’Église par certains de ceux à qui elle avait été confiée.

Pour Benoît XVI, la manière dont l’Église a géré les affaires de pédophilie est symptomatique d’un manque de foi. Il souligne ainsi que la prévention de la pédophilie n’est pas qu’une affaire de procédures disciplinaires ou de critères de discernement. Reste cependant que les tendances pédophiles sont de l’ordre de la pathologie. Pour guérir, les personnes concernées ont besoin des ressources de la foi, mais aussi de celles des savoirs sur le psychisme humain. La tonalité très spirituelle des propos de Benoît XVI ne doit pas nous le faire oublier.