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Italie : la botte

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La botte

Relevé dans le Courrier International du 17 au 23 janvier 2002 (de la Republica de Rome) : « Un dignitaire fasciste de 7 mètres de haut sur la place principale de Raguse en Sicile — une statue de MUSSOLINI, format standard, à San Severo dans les Pouilles — une inscription - « croire, obéir, combattre » (l’une des devises de MUSSOLINI) de deux mètres de long restaurée à Palmanova, dans le Frioul — des faisceaux de licteurs, emblème du parti fasciste, installés dans un parc de Foggia — un petit colloque à Trieste avec l’ancien Waffen SS français Christian DE LA MAZIERE — un petit congrès dans un lycée de Palerme sur le nazi roumain Corneliu ZELEA-CEDREANU — et, à Vico del Gargano, toujours dans les Pouilles, l’arrachage de stèles qui commémorent l’assassinat par les fascistes du député socialiste Giacomo MATTEOTTI, un crime, selon les autorités locales, inventé par les communistes.

Voilà quelques-unes des initiatives prises un peu partout en Italie par les représentants locaux d’Alliance Nationale ou de ses partis satellites. Voici quelques aspects, quand même assez inquiétants, des sympathies d’une partie non négligeable de l’équipe BERLUSCONI en Italie (voire d’une partie des électeurs qui l’ont portée au pouvoir). Il n’y a pas si longtemps qu’on a mis l’Autriche à l’index pour moins que cela. Seulement voilà, l’Autriche n’est qu’un petit pays et n’occupe pas la position stratégique de ce qui risque d’être, doublement, la botte européenne .

Cueilli par Jean Gilois


(écrit le 16 septembre 2002) :

Sauver Berlusconi

ou la Justice ?

Les députés italiens doivent s’exprimer le 25 septembre 2002 sur un projet de réforme du Code Pénal, qui donne à un juge la possibilité d’évaluer si un autre juge est impartial ou non. L’hebdomadaire de centre-droit, Corrriere della Serra reconnaît que « si la proposition était approuvée, le premier à en bénéficier serait Silvio Berlusconi » chef du gouvernement italien.

La dictature du clientélisme

Selon le journal L’Espresso, « la guerre berlusconienne menée contre la magistrature sert l’impunité des plus puissants. Elle conduit surtout à la dissolution morale. Les crimes cesseront d’être des crimes si la conscience dominante ne les considère pas comme tels. Il a fallu des siècles pour en finir avec les privilèges de l’aristocratie et pour modérer les égoïsmes de la société de classe. Aujourd’hui nous en sommes à la dictature du clientélisme »

Manif’citoyenne

Une manifestation « citoyenne » contre cette loi « Sauvez Berlusconi » a été organisée samedi 14 septembre à Rome . De Turin à Palerme, la mobilisation fut importante. Des centaines de cars ont été loués, des milliers de places ont été réservées à bord de trains et nombre de manifestants sont venus par leurs propres moyens à Rome. Les manifestants espèrent que l’écho de leur protestation arrivera jusqu’aux Etats-Unis où le président américain George Bush doit recevoir Silvio Berlusconi. Ils veulent dénoncer un projet de loi dont l’adoption entraverait le déroulement d’un procès dans lequel le chef du gouvernement et homme d’affaires est poursuivi pour corruption de magistrats et faux en bilan, deux délits considérés comme très graves aux Etats-Unis.

L’appel à la manifestation a été lancé fin juillet par le cinéaste Nanni Moretti, Palme d’Or au Festival de Cannes 2001 pour « La chambre du fils ». Des centaines de personnalités italiennes ont souscrit à cette protestation et nombre d’entre elles étaient dans la foule. La plupart des dirigeants politiques de l’opposition ont également annoncé leur présence « en tant que citoyens ». Devant l’ampleur du mouvement, la manifestation est devenue une « fête de la protestation » et ses initiateurs ont reconnu être quelque peu débordés.

Aucun appareil politique ou syndical n’a soutenu en effet cette manifestation, voulue comme un mouvement de protestation citoyen.« Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire de la démocratie en Italie qu’un mouvement spontané réussisse, sans le soutien des partis ou des syndicats, à réunir dans la rue tant de personnes », ont souligné les journaux comme La Republica.


Écrit le 24 septembre 2003 :

Berlusconi absout le fascisme

« Berlusconi : polémique sur le fascisme », titre le journal La Stampa tandis que Le Corriere della Sera demande au Cavaliere de « [se] replonger dans [ses] livres d’histoire ». La raison de ce nouveau tumulte autour du Premier ministre italien ? Lors d’un entretien accordé à deux journalistes britanniques, le président du Conseil italien a déclaré que Mussolini « n’a jamais tué personne. Il envoyait les gens en vacances aux confins du pays », raconte le Corriere della Sera. Drôle de façon de présenter la guerre !

Le journal La Repubblica estime que le Cavaliere a, en agissant de la sorte, « absout le fascisme ». « Qu’un chef de gouvernement puisse traiter sur le mode de la farce une telle tragédie historique est un défi à la conscience et à l’intelligence de chacun », ajoute ce journal.